« Final Fantasy VII ». Ça évoque tout de suite l’une des pages les plus importantes de l’histoire du RPG japonais. Un jeu culte Playstation 1 qui a dynamité le paysage de notre microcosme il y a plus de 20 ans. Un titre si marquant que le monde entier a réclamé corps et âme un remake depuis d’innombrables années. Après une officialisation lors d’un E3 2015 de folie, nous voici (enfin) à quelques encablures de la sortie de ce retour tant attendu. S’il faudra patienter jusqu’au mois d’avril prochain pour qu’un verdict final tombe, nous avons pu poser nos paluches sur une preview build de Final Fantasy VII Remake. Voici ce qu’il faut en retenir.

Petit préambule nécessaire : j’ai volontairement décidé de ne pas vous spoiler comme un sagouin. C’est pourquoi j’omettrai volontairement de détailler les pans du scénario parcouru, histoire de vous laisser le plaisir de la découverte intacte. Maintenant que c’est posé, rentrons dans le vif du sujet.

Après plus de trois heures de jeu, il apparaît clairement que Final Fantasy VII Remake est bien plus qu’un remake. Alors que certains éditeurs se seraient contentés de pondre vite fait bien fait une mise à jour HD paresseuse, Square Enix a pris la décision de ré imaginer son œuvre pour l’adapter à son époque, quitte à ajouter et modifier divers éléments canoniques. N’en déplaise aux hordes de fans hardcore outrées au moindre cm³ soustrait des seins de Tifa.

La modernité de ce remake passe avant tout par son ravalement de façade. Les paysages dark-steampunk-moderne de Midgar flattent clairement la rétine après être passés à la moulinette d’un Unreal Engine bourré de tweaks. Il en est de même pour les héros finement modelés après avoir subi un lifting impressionnant (par contre, pour les PNJ, on repassera, ils sont vraiment trop lambda). Mention spéciale pour les effets de lumières mettant en avant un art raffiné de la composition du décor. Dans leur réappropriation du Final Fantasy VII de 1997, les développeurs ne se sont pas contentés de recréer les tableaux de jadis puisqu’ils ont ajouté ça et là de nouvelles zones inédites. L’occasion de découvrir Midgar sous un autre jour. Profitons-en pour préciser que les développeurs nous ont confirmé (une fois de plus) que Midgar sera bel et bien la seule destination du jeu. Celui-ci se clôturant lors de l’échappée de notre équipe. Pour prendre l’air, il faudra donc patienter jusqu’à l’épisode 2 (déjà en chantier – rassurez-vous).

Enfoncer le Cloud

La modernité se retrouve également dans les combats ; exit l’ancien système de la race du tour par tour avec les pieds rivés au sol en face à face avec l’ennemi. Final Fantasy VII Remake perpétue l’évolution entamée il y a quelques épisodes de cela en proposant de l’action dynamique. Le résultat est une mixture dopée pleine de patate. En temps réel, Cloud frappe, esquive ou bloque les attaques ennemies. A chacun de ses mouvements, sa jauge d’ATB se recharge doucement et permet ensuite de balancer magie, objet ou coup spéciaux (contre une ou deux barres ATB). La bonne idée est le super slow-motion (proche de la pause active) se déclenchant lorsque l’on parcourt les menus à la recherche de la commande adéquate à lancer (ce qui confère un petit côté tactique à l’exercice). Notez qu’il existe des raccourcis façon Kingdom Hearts, mais votre scribouilleur n’a pas vraiment eu le temps de se familiariser avec pour poser un flow assez classe et sans interruption lors des combats. Pour les nostalgiques, Final Fantasy VII embarquera également un mode permettant de simuler le bon vieux tour par tour, mais ne l’ayant pas trouvé dans les menus, je ne saurai vous en parler (autant l’avouer, je n’ai pas non plus fouillé énormément les menus).

Si le bourinage (aka spam le « carré ») passe facilement dans les premiers chapitres, les ennemis sac-à-PV requerront plus de finesses. En plus d’abuser de la pseudo pause-active, il sera nécessaire de zapper d’un personnage à l’autre (ou de simplement leur donner des ordres). Hop, on enjoint à Barret de dézinguer les ennemis situés en hauteur avec ses attaques à distance, avant de passer sur Aerith pour lancer un petit heal de groupe pendant qu’on demande à Clad d’invoquer Shiva (vous l’aurez compris, chaque perso à ses spécificités un peu à la façon d’un MMO). Maîtriser l’ensemble du système de combat demande un petit temps d’adaptation, mais reste très agréable et offre finalement un bon compromis entre action directe et stratégie plus réfléchie. Pour un résultat sans temps mort. Même pas le temps d’aller se faire un chocolat chaud pendant que ça bute un boss. Il faut constamment aviser, réagir. Les quelques boss que j’ai pu occire du bout de mon épée broyeuse étaient d’ailleurs joliment mis en scène avec différentes phases distinctes parfaitement chorégraphiées pour en mettre plein les mirettes. Au rayon des regrets, il faut souligner une caméra collée au dos des personnages qui fait de temps en temps n’importe quoi dans les endroits exigus. Et ça handicape clairement la lisibilité de l’action (façon Sekiro, m’voyez). Dommage. Malgré cela, le feeling manette en main est vraiment bon.

Barret ton char

Square Enix l’a clamé haut et fort depuis de nombreuses années : Final Fantasy VII Remake sera une réinterprétation de l’histoire de Clad et sa clique. Sur le premier chapitre que j’ai pu parcourir dans son intégralité (comptez plus ou moins 1h30 pour le boucler), l’histoire trouve effectivement un groove différent par l’agencement de certaines séquences et l’ajout de nouveautés totalement inédites par rapport à l’épisode original. Reste à vérifier si le récit tiendra sur la longueur sans se délayer inutilement juste pour remplir son cahier des charges exigeant 30 à 40 heures de jeu. Parce que oui, on nous promet une durée de vie équivalente aux autres Final Fantasy et ce juste pour cette partie de Midgar (qui, pour rappel, se terminait en 5 à 10 heures dans le FF7 de 1997). Ce que j’ai vu jusqu’à présent est néanmoins rassurant avec un rythme narratif soutenu et un renouvellement de situation suffisant. Exception faite d’une séquence tirant inutilement en longueur à base de ses increvables cartes à trouver pour déverrouiller des ordinateurs (heureusement la finalité de l’opération a une motivation scénaristique intéressante – pour la préservation de la surprise, je n’en dirai plus). Pendant cette preview de Final Fantasy VII Remake, le découpage de l’aventure en chapitres et l’exploration des réacteurs en mode couloirs donnaient cependant cette inévitable impression de tunnel, sensation qui est loin d’égaler celle dégagée par Final Fantasy XIII, mais qui reste un peu trop old school. Espérons que cette nouvelle itération de Midgar arrive à donner vie à des espaces plus ouverts propices à la flânerie avec des quartiers permettant d’assurer le changement d’ambiance sur plusieurs heures.

Petite digression qui n’en est pas vraiment une : Final Fantasy VII Remake parlera français. La build que j’ai pratiqué était néanmoins verrouillée sur de l’anglais sous-titré français. Je ne saurai donc évoquer la qualité et l’opportunité du doublage dans la langue de Matt Pokora. Retenez que c’est correct en anglais, sans casser trois pattes à un chocobo.

Last but not least (comme disent les gens qui disent Cloud au lieu de Clad), saluons le travail effectué sur la partition musicale. Les réorchestrations de l’immense patrimoine musical de Final Fantasy VII sont classieuses et leur intégration est de bon gout. Final Fantasy VII Remake utilise un tapis musical de base qui évolue en fonction de ce qui se passe à l’écran ; par exemple la musique va s’intensifier en combat, se calmer en exploration et se dramatiser en phase scénaristique. Croyez-moi, le résultat flatte l’oreille. Le genre de truc qui m’a fait lâcher un petit « wow » en guise de râle de plaisir du gamer.

Conclusion

Après plus de trois heures de jeu en preview, Final Fantasy VII Remake semble être bien plus qu’un simple remake haut def’ de l’original. Si le pari de cette réinterprétation s’avère gagnant, on tiendra là un RPG vibrant qui restera collé dans les synapses pour longtemps grâce à ses combats percutant et à son histoire au groove à la fois familier et différent. En attendant notre verdict final, je peux vous confirmer que cette mise en bouche s’est croquée comme une délicieuse madeleine de Proust réinterprétée à merveille.

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Mr Scintillant
Mr Scintillant

Actuellement, je tape la carte sur MTG Arena et Legends of Runeterra, tout en continuant mon marathon Kingdom Hearts

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