Digimon Kezaco ? Jusqu’il y a peu, j’avoue avoir été très ignorant de la licence. J’étais plutôt versé dans les Pokemon, avant qu’ils ne dépassent les 250. Digimon ne semblait être qu’une imitation au design douteux avec des bestioles qui parlent… Bref, je n’étais pas hyper attiré par la série. L’occasion pour moi de mourir moins bête, Digimon Story Cyber Sleuth (et pitié, ne le prononcez pas “Cyber Slut” comme je l’entend beaucoup, ça signifie complètement autre chose) débarque sur nos PS4 et PSVita occidentale pour une chasse aux monstres digitaux sur fond de mystères corporatistes, de coma “.hack//signiens” (j’invente les mots que je veux) et de digivolution hasardeuse.

Choisissez le genre de votre avatar en début de partie, tout le monde est content !
Choisissez le genre de votre avatar en début de partie, tout le monde est content !

Eden

Derrière ce nom paradisiaque se cache un réseau virtuel très populaire. On s’y retrouve pour discuter dans des forums privés ou non, faire des courses ou simplement flâner. C’est aussi le repaire de Hackers de tout poil prompts à pirater les comptes et les données “mémorielles” des utilisateurs, Eden créant une sorte de duplicata de la mémoire des internautes. C’est lors d’une discussion sur un forum privé que 3 utilisateurs vont se faire inviter dans une ancienne version d’Eden pour se voir confier les capacités de scanner des Digimons, ces créatures numériques étranges possédant une vie propre au sein du réseau. Alors que nos protagonistes ne réalisent pas encore ce qui leur arrive et tentent de quitter le réseau, ils se font attaquer par un Dévoreur, une créature numérique mortelle qui semble corrompre à jamais les données utilisateur, affectant par la même le corps réel des internautes en les plongeant dans le coma. Votre avatar se faisant malheureusement attaqué par cette créature juste au moment de la déconnexion, il parvient à quitter le monde numérique… sous une forme assez peu commune. Constitué à présent de données digitales et pouvant à loisir infiltrer tous les réseaux informatiques, il se fait recruter par la cyber-détective Kyoko en vue de mener des enquêtes touchant parfois au paranormal en plein cœur de Tokyo.

Oui, au paranormal. Je trouve ça cool, mais quel rapport avec les Digimons ?
Oui, au paranormal. Je trouve ça cool, mais quel rapport avec les Digimons ?

En trame de fond, la quête de votre héros pour récupérer son enveloppe charnelle et lever le voile sur les mystères d’Eden et de la société Kamishiro qui l’a développé…

Kowloon

Nos pérégrinations dans Digimon sont assez étranges, car nous passons autant de temps dans le monde réel à discuter avec différentes personnes qu’à combattre et interagir avec les Digimon dans le monde numérique, souvent en parcourant les étages de Kowloon, ce labyrinthe qui se déverrouille au fil de votre montée en puissance. Plus l’intrigue avance, plus nos héros se rendent compte que le numérique envahit le réel et que tant les Dévoreurs que la société Kamishiro n’y semblent pas étrangers.

L’intrigue du jeu se dévoile peu à peu au fil des enquêtes confiées à Kyoko et qui ont toutes comme point commun des piratages de comptes ou des comportements étranges des visiteurs d’Eden. Par moment, on semble même nager en plein Shin Megami Tenseï / Persona avec ses ambiances glauques et ses créatures inquiétantes. Car si les Digimons sont d’adorables créatures aux grands yeux brillants, certains n’hésitent pas à influencer les utilisateurs d’Eden, voire de corrompre entièrement leurs données numériques pour les manipuler.

Oui par moment c'est flippant quand même
Oui par moment c’est flippant quand même

En résultent des disparition étranges, des apparitions fantômatiques voire des tentatives de meurtres ou des cas de “possessions” numériques assez décalées compte tenu de la cible de l’univers Digimon. Car si l’on peut déplorer que le jeu soit intégralement en anglais et compte de nombreux dialogues, le côté “fan service” de certains personnages et le malaise provoqué par certaines conversations (Le côté très sexué des protagonistes adultes, des références au “viol” lors de l’intro – même si c’est un viol de compte – ou le côté malsain et violent de certaines possessions dues aux Digimon…) seront autant de déconvenues pour les joueurs plus jeunes à qui le titre semble au préalable être destiné.

Le mot que vous cherchez est "vertigineux"
Le mot que vous cherchez est « vertigineux »

Techniquement, il faut également savoir que cette version PS4 est un portage du jeu PSVita original japonais, ce qui explique les environnements limités et la modélisation sommaire des donjons. Rien d’affreux cependant, mais très en deçà de de que la PS4 est sensée offrir. Néanmoins, cela a aussi pour effet de réduire les  temps de chargement entre les zones à peau de chagrin, rendant les déplacements très rapides, et le jeu reste fluide sans faillir à tout instant.

Extrêmement bavard, le jeu enchaîne les phases de dialogues expliquant les enquêtes, leurs implications ou des discussions banales à un rythme infernal, mais cela permet aussi de s’immerger dans le monde et de s’attacher aux personnages. Les phases d’enquêtes dans le monde numérique font aussi appel à des mots clés à activer chez certains utilisateurs pour obtenir des informations. Au départ unique, le nombre de mots-clés à utiliser à bon escient deviendra plus important au fil des enquêtes.

Lancer une enquête depuis le tableau débloque souvent le scénario principal
Lancer une enquête depuis le tableau débloque souvent le scénario principal

Kyoko dispose d’ailleurs dans son bureau d’un grand tableau sur lequel elle épingle les différents cas à élucider, synonyme de quêtes annexes et principales, les premières devant parfois être réalisées pour déclencher les secondes. Ce n’est pas toujours très clair durant les premières heures, mais ce système devient presque naturel après quelques temps, le but de notre héros étant de régler son problème de coma mais aussi d’élucider les mystères liés à Eden – et ils sont nombreux.

Ceci étant dit, attaquons-nous au nerf du jeu, à savoir les Digimons

Digivolution !

Ce n’est pas loin de 250 Digimons que vous pourrez contrôler dans cette aventure qui compte tout de même 21 chapitres. Mais ceux qui s’attendent à trouver un système équivalent à celui des Pokemons en auront pour leur frais, Digimon proposant une alternative bien plus rapide et directe de la capture et de l’entraînement.

Les mots clés déverrouillent des conversations utiles à l'enquête
Les mots clés déverrouillent des conversations utiles à l’enquête

A chaque fois que vous croiserez un Digimon dans le monde numérique, il sera partiellement scanné en début de combat par votre programme de Hacker. Une fois la créature scannée à 100% au bout de plusieurs rencontres, vous serez en mesure de la télécharger dans le DigiLab pour qu’elle rejoigne votre équipe. Si vous poussez le scan à 200%, les statistiques de votre petite bestiole n’en seront que meilleures. Une fois le téléchargement terminé, il vous faudra scanner une nouvelle fois intégralement la même créature si vous désirez l’obtenir une seconde fois. Seulement voilà, votre équipe active ne pourra être constituée que de 3 Digimons à la fois, et jusque 6 supplémentaires de réserve, un tour de jeu étant nécessaire pendant les combats pour échanger un ou plusieurs Digimons.

A chaque rencontre, les Digimons adverses sont scannés
A chaque rencontre, les Digimons adverses sont scannés

N’imaginez cependant pas vous constituer une équipe de gros bras rapidement. Car si le gain d’expérience et les montées de niveaux sont globalement très rapides, données numériques obligent, vous serez limité par la mémoire de votre DigiVice, chaque Digimon occupant une part plus ou moins importante de cette mémoire. Vous pourrez mettre la main sur des extensions de mémoire lors de combat de boss le plus souvent, vous permettant d’emporter avec vous des créatures plus puissantes.

Autre donnée, ce n’est pas le niveau des Digimons qui influent sur leur occupation de la mémoire, mais leur statut. Plus vous faites évoluer vos créatures vers de nouvelles formes, plus leur potentiel augmente et plus ils occupent de place. Les premières créatures ne pouvant pas évoluer au delà des 5 ou 10 premiers niveaux et n’occupant qu’un ou deux blocs mémoire chacune, vous serez vite obligé de les faire “Digivoluer” vers une forme plus puissante, augmentant leur coût de transport. Cependant, si la Digivolution est possible  dés qu’un certain niveau est atteint et / ou que certaines conditions de statistiques sont remplies, elle ne se fera pas obligatoirement vers une forme fixe. Chaque Digimon peut en effet évoluer vers plusieurs formes, dont vous ne connaîtrez l’apparence et les statistiques qu’une fois la Digivolution opérée ou si vous avez déjà croisé la forme choisie auparavant. En résultent quelques surprises, parfois décevantes quand vous décidez de faire évoluer une créature graphiquement très réussie en espérant avoir une forme plus puissante et plus charismatique et que vous vous retrouvez littéralement avec un tas d’excrément doré arborant une langue énorme et un collier de perle.

Ma tête quand j'ai vu la sienne après la Digivolution... Sérieusement, on dirait Lambique !
Ma tête quand j’ai vu la sienne après la Digivolution… Sérieusement, on dirait Lambique !

DigiLab

De nombreux tuto parsèment le début du jeu pour vous expliquer simplement tout ça
De nombreux tuto parsèment le début du jeu pour vous expliquer simplement tout ça

Chaque Digimon est également affilié à un type (vaccin, virus…) et à un élément (feu, eau…). La Digivolution peut aussi influer sur ces caractéritiques et transformer votre meilleure créature en une autre bien moins intéressante dans la composition de votre équipe, d’autant que chaque créature Digivoluée retombe au niveau 1 et est également soumise à une limite de niveau supérieure à la forme précédente. Ces éléments ont une importance capitale dans les combats, car les dégâts et résistances en dépendent et influencent énormément la difficulté des combats. Avoir une équipe équilibrée permet en effet de traverser une grande partie du jeu les mains dans les poches (le mode “combat automatique” permettant d’abréger la plupart des affrontements), les combats étant rarement difficiles si vous maintenez votre équipe en bonne forme, mais certains ennemis de fin de chapitre se révèlent bien plus complexes et délicats à vaincre si vous ne disposez pas de la bonne configuration et seront en mesure de vous infliger des défaites cuisantes en quelques tours. Ces pics de difficultés sont d’ailleurs surprenants, car ils surviennent sans crier gare à quelques moments du jeu, vous prenant par surprise. Heureusement, il est toujours possible de s’entraîner un peu, la santé et les SP étant régénérés à chaque montée de niveau, toutes les créatures de l’équipe bénéficiant de l’expérience de combat.

Certaines évolutions ne sont aussi accessibles qu’au-delà de la limite de niveau de vos créatures, ce qui nous amène à la seconde possibilité : la Dé-Digivolution. Vous pouvez en effet ramener un Digimon à une forme précédente, ce qui aura aussi pour effet de réinitialiser son niveau mais aussi d’augmenter sa limite de niveau, permettant ainsi d’atteindre des formes auparavant impossibles à obtenir.

Plus vos créatures combattent ensemble, plus elles ont de chance de combiner leurs attaques
Plus vos créatures combattent ensemble, plus elles ont de chance de combiner leurs attaques

A chaque évolution, le Digimon hérite d’une attaque de sa forme précédente et peut en apprendre de nouvelles au fur et à mesure de sa prise de niveau. 6 capacités peuvent être allouées simultanément pour être utilisables en combat, les autres étant stockées dans sa mémoire pour être éventuellement remplacée suivant les besoins. Pas de système d’oubli à la Pokemon donc, les Digimon pouvant être reconfigurés au final assez rapidement via la Dé-Digivolution, voire même équipé de quelques objets visant à augmenter leurs statistiques ou à les prémunir d’altérations d’état.

Vos amis et vos Digimons vous enverront aussi des SMS, l'occasion d'en apprendre plus sur l'entourage du héros
Vos amis et vos Digimons vous enverront aussi des SMS, l’occasion d’en apprendre plus sur l’entourage du héros

Les Digimon constituant votre équipe influent aussi sur les piratages de porte que vous pouvez effectuer pour déverrouiller des nouvelles zones du labyrinthe, celles-ci restant fermées si la forme de vos créatures est trop faible. Divers hacks sont également à la disposition du héros, comme la possibilité de devenir invisible sur le réseau (pour ainsi fouiner tranquillement sans laisser de log) ou de copier une partie du code pour le coller ailleurs et ouvrir de nouvelles voies, voire réduire les rencontres aléatoires ou au contraire les augmenter pour farmer un peu.

Le Digilab, tenu par l’exquise Mirei et accessible via des terminaux disséminés partout dans le monde réel ou dans le monde numérique vous permettra de soigner vos créatures, de gérer leurs évolutions, de les ranger et de les placer dans la ferme. Cet espace numérique vous permettra de les faire évoluer au-dehors des combats ainsi que d’augmenter certaines statistiques en les nourrissant. Ils pourront ici également enquêter sur des cas de maltraitance de Digimon ou vous créer des objets si vous avez toutefois de quoi payer.

Bref ce ne sont pas les mécaniques qui manquent pour gérer tout ce petit monde et on y passe souvent plus de temps qu’à arpenter les donjons – assez courts au demeurant.

Conclusion

Que penser au final de Digimon Story Cyber Sleuth ? J’ai trouvé personnellement l’histoire assez prenante, mais cela est dû au fait que je suis plutôt client des histoire glauques et paranormales à la japonaise, d’autant que le titre exploite assez bien l’univers numérique et ses potentielles dérives en y ajoutant la composante « créature digitale ». Côté gestion et combat, c’est du tour par tour au système rodé et facilement assimilable, malgré l’absence de challenge général.

La gestion de ses créatures est un énorme point fort, on a toujours envie de voir la prochaine évolution, de tester les nouvelles formes ou de télécharger des créatures au potentiel encore inconnu. Les heures défilent et les carences techniques héritées de la PSVita (qui dispose d’une version réussie techniquement pour son support) disparaissent au profit d’une progression fluide, rapide et avec beaucoup de contenu. Les mystères s’épaississent au fil du temps, les frontières se brouillent de plus en plus, et on se demande réellement si c’est un jeu Digimon qu’on a en face de soi. Plus violent par moment qu’il le laisse supposer, Digimon Story Cyber Sleuth ne semble pas trop savoir à qui s’adresser, entre ses mécaniques de jeu hyper simples et sa progression sans grands obstacles, ses situations plus glauques et la relative complexité de son univers. Bref, si on adhère au modèle de pur JRPG bavard et à la gestion des créatures, le titre n’a aucun mal à convaincre. A réserver non pas à un large jeune public, mais bien à une certaine niche nostalgique des Digimons.

Digimon Story Cyber Sleuth

  • Développeurs Bandaï Namco
  • Type JRPG de capture
  • Support PS4, PSVita
  • Sortie 05 Février 2016

Y’a bon!

  • La modélisation des Digimon
  • La durée de vie
  • Le système de Digivolution très rapide
  • Le côté Persona

Beuargh!

  • Techniquement limité (portage PSVita oblige)
  • Les références sexuelles explicites dans un jeu Digimon ?
  • Le rythme haché par des quêtes sans grand intérêt
  • Le design de certaines bestioles, sérieusement…
  • Les pics de difficulté incompréhensibles
  • Uniquement en anglais

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Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.
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