The Flame in the Flood

The Flame in the Flood | Critique

Le long de la rivière pas tendre

Comme si l’absence de cataclysme du 21 décembre 2012 avait déçu l’humanité, celle-ci s’évertue depuis à explorer les possibilités d’une apocalypse à l’aide du jeu vidéo. On pourra objecter que la tendance n’est pas récente puisque le post-apo comme on l’appelle est un genre à part entière de la fiction, quel que soit le média qui s’en empare. Mais le jeu vidéo s’est accaparé une mécanique quasi-systématique, devenue presque intrinsèque au genre : la survie. Et The Flame in the Flood est l’un d’eux.

Car la survie, The Flame in the Flood s’y engouffre avec allégresse. Le titre sorti des studios de The Molasses Flood et passé par Kickstarter et l’Early Access, vient emprunter aux ténors du genre pour proposer une fuite en avant aux accents folk. A Don’t Starve, The Flame in the Flood emprunte sa récolte de ressources, et à d’autres titres comme DayZ (pour ne citer que lui, dont on rappelle par ailleurs qu’il est toujours dans un état déplorable), sa dimension nomade.

C’est donc dans les bottes de Scout, une jeune survivante, que l’on se retrouve. Déterminée à rejoindre d’autres survivants d’une catastrophe naturelle, Scout suit le cours d’une rivière en crue, à bord d’un radeau de fortune et accompagnée d’Aesop, son chien. Le fleuve est jalonné de différents endroits où il est possible de faire escale. Plusieurs variantes de ces endroits existent, comme la station essence ou l’église, et fournissent chacun un service et des ressources spécifiques. Il faudra donc composer avec l’impossibilité de prendre racine et la gestion habituelle des ressources et autres caractéristiques physiques du personnage pour espérer terminer l’aventure en un seul morceau. Maladies, faune farouche et autres carences physiologiques viendront entraver l’aventure de Scout et d’Aesop, et marquée par plusieurs fois d’un game over.

The Flame in the Flood

Les phases en radeau, accompagnées par la musique de Chuck Ragan, sont très réussies.

Loin d’être fatal, celui-ci est, à l’instar des jeux du genre avec une composante de génération procédurale, un passage obligé et l’occasion pour le joueur d’apprendre de ses erreurs pour enfin maîtriser les différents mécanismes de la survie en territoire hostile. Mieux, The Flame in the Flood emprunte au rogue-lite en permettant, après un game over, de bénéficier des objets déposés dans le sac d’Aesop lors de la partie précédente. Un choix de game design qu’on pourrait qualifier de bienvenu si celui-ci ne venait pas se ranger aux côtés d’autres cadeaux faits au joueur.

S’il est clair que la volonté de The Molasses Flood avec leur titre n’est pas de proposer une expérience de survie hardcore comme DayZ, Rust, ou toujours Don’t Starve et ses hivers abominables, force est de constater que les possibilités d’améliorations du radeau de Scout permettent, après quelques parties, de s’en sortir sans forcer. Une fois équipé pour la cuisine et le repos, le radeau, également plus maniable grâce au gouvernail et doté d’emplacements d’inventaire supplémentaires, devient en fait une capsule où l’on a tôt fait de s’enfermer plutôt que de mettre son aventure en péril en rejoignant la terre ferme.

The Flame in the Flood

Les animaux sauvages dans The Flame in the Flood sont à éviter et à fuir à tout prix.

L’inventaire par ailleurs est assez mal fichu, tant au niveau de l’interface que de son fonctionnement. Exemple typique : le jeu ne stack pas automatiquement une même ressource si celle-ci est présente dans le sac d’Aesop, et la stockera dans celui de Scout. On se retrouve dès lors à constamment vérifier les emplacements d’inventaire, à faire du tri et à corriger les approximations d’une interface tout sauf intuitive, et d’une livre de craft du même tonneau.

The Flame in the Flood fait le choix du survival à dimension procédurale pour proposer au joueur une expérience teinté de fraîcheur et joliment enrobée de low-poly du plus bel effet ainsi que d’une bande-son folk dépaysante et entraînante. Difficile de nier le boulot du studio sur la forme de leur titre; en revanche, The Flame in the Flood pêche par son manque de profondeur et effleure les mécaniques d’un genre déjà bien encombré. Il sait se montrer agréable lors de la découverte de son univers et de ses rouages, mais la monotonie et la routine face à une expérience réduite à un combat perpétuel contre l’interface décourageront les plus enthousiastes des navigateurs en herbe.

Le premier essai du jeune studio du Massachussetts donne un résultat en demi-teinte. En misant sur un style rafraîchissant et des aspects ludiques déjà éprouvés, The Flame in the Flood veut captiver le joueur et l’emmener voyager le long de son fleuve loin d’être tranquille. Le jeu se savoure avec plaisir lors des premières excursions, mais son manque cruel de profondeur vient malheureusement entâcher l’ensemble du périple, qu’il est difficile de recommander les yeux fermés, même aux mordus du genre.

The Flame in the Flood

The Flame in the Flood

  • Développeur The Molasses Flood
  • Type Survie/Craft/Rogue-lite
  • Support PC & Mac (Steam, Humble Store, GoG), Xbox One
  • Sortie 24 février 2016

Les plus

  • La descente de la rivière, rafrâichissante
  • Le style en low-poly, très mignon et maîtrisé
  • La B.O. folk par Chuck Ragan
  • Dispo en français et jouable entièrement au pad
  • Quelques petits moments agréables au début de l’aventure

Les moins

  • Manque de profondeur
  • Interface de craft et inventaire pas du tout intuitifs
  • Monotone après quelques essais
Commentaires Facebook
Catégories
HotPxlTests

Rédacteur sous perfusion de jeux alternatifs et obsédé par ceux qui se cachent derrière. Ce sémillant individu attend sans sourciller la sortie de Red Dead Redemption sur PC en goûtant des bières belges les fesses posées sur la selle de son vélo. Accessoirement dépendant à Grand Theft Auto V.
Autres articles jeux vidéo
Dernier podcast: JV

Dans le même genre