Test : Yomawari Midnight Shadows – Les monstres

L'enfance et la mort

Le premier Yomawari proposait une aventure certes relativement courte mais agréable, mélangeant des graphismes mignons à des situations horribles. Yomawari Midnight Shadows propose cette fois une aventure un tantinet plus longue, mais plus intense et avec deux personnages à suivre indépendamment.

L’introduction champêtre s’achève de façon dramatique

L’intro qui tue

Divers documents utiles sont à découvrir

Tout qui n’a jamais touché à Yomawari aura un choc à l’issue de l’introduction. Une petite fille se rend dans les collines proches de la ville pour enterrer son petit chien, mort peu avant. Et disons-le franchement : au bout de 5 minutes, on sait dans quoi on pose les pieds et que rien ne nous sera épargné au terme de cette courte introduction au final aussi inattendue que choquante. Le tout porté par une patte graphique enfantine, dans des décors riches en détails et aux personnages très mignons. Comme dans la série Corpse Party, le décalage entre les situations horribles vécues et l’esthétique renforce le côté horrifique, comme si nous jouions avec deux petites poupées précieuses dans la Maison des Milles morts. Yomawari confronte l’enfance à la mort de manière aussi crue que violente, et on vous déconseille bien entendu de vous fier aux graphismes.

L’aspect mignon renforce encore le côté glauque

Le premier chapitre voit deux amies d’enfance, Yui et Haru, assister à un feu d’artifice au sommet d’une colline. Le spectacle est magnifique, mais teinté de tristesse, puisque le lendemain, Haru doit quitter la ville avec ses parents. Dans cette ambiance un peu maussade, les deux jeunes filles prennent le chemin du retour quand un bruit se fait entendre dans les fourrés. Apeurée, Haru file se cacher dans les buissons tandis que son amie va voir ce qu’il se passe, armée de sa lampe torche… et disparaît.

Prenant son courage à deux mains, Haru récupère la lampe et se met en quête de son amie dans la ville endormie.

Yui no Kamikakushi

Le jeu joue sans cesse sur l’angoisse

La vue isométrique de Yomawari permet de se déplacer aisément dans les décors, réellement magnifiques et chaleureux. Contre toute attente, le passage sur console de salon s’est opéré en douceur et si le premier Yomawari distille son ambiance glauque sur PSVita, l’effet n’en est pas amoindri sur grand écran. On a peur dans Yomawari, à différents degrés, peur pour ces deux petites filles qui n’aspirent qu’à se retrouver, mais on sursaute aussi, car la vie nocturne de la ville n’a rien de plaisant. De nombreux esprits rôdent, prêts à les dévorer, et la mort se fait au premier contact, dans une gerbe de sang.

Heureusement, les points de sauvegarde sont assez rapprochés pour éviter toute frustration, et même si ces derniers sont à activer à l’aide de pièces à ramasser, il y en a en suffisance et toujours autour de la statuette de sauvegarde pour ne pas en manquer. D’autant que ces dernières sont conservées après chaque mort, rendant donc possible leur récupération en masse (jusque 10) pour ne jamais en manquer. Si c’est pratique, cela appauvrit un peu le sentiment de stress, mais pour le meilleur, vu que Yomawari est moins un jeu de challenge qu’une aventure à vivre et à ressentir. Oui, on meurt souvent, de manière horrible, subites, mais toujours compréhensibles. Là un bébé fantôme nous a dévoré, ici un spectre armé de grands ciseaux nous a tranché en deux, là encore, une énorme bouche uniquement visible à la lueur de la lampe de poche nous a croqué… Mais on apprend rapidement à contourner ces épreuves pour progresser dans la ville, dont la taille est plus importante que dans Night Alone.

Faites attention à tout, la mort prend bien des formes

On explore à petits pas, on passe dans le dos de spectre, on sursaute quand ceux-ci apparaissent soudainement en hurlant ou on court se cacher derrière un buisson, au son de nos battements de cœur, attendant qu’ils passent… mais attention, notre endurance est limitée et il faudra veiller à ne pas abuser de la fuite, voire de la lampe de poche, indispensable pour voir le danger ou les objets à ramasser, mais vous exposant bien plus à la vue des esprits.

Divers effets surprenants vous sautent littéralement au visage

A chaque nouveau chapitre, on change de point de vue, car si Yui semble trépasser en boucle, elle n’est pas morte, elle a été “Kamikakushi” “Cachée par un Kami”, une disparition ou une mort mystérieuse et inexpliquée que l’on attribue au Japon aux esprits (les Yokai – dont il est question ici, ou les Tengus). Ainsi, elle se réveille dans d’autres lieux de la ville, qu’elle explore elle aussi dans un silence glaçant, comme dans cette bibliothèque où l’on entend des pas énigmatiques la suivre, ou un froissement de tissu impossible à situer.

Encore une fois, le sound-design est à la hauteur, puisque même sur un grand écran, même sans écouteurs, on retient son souffle, on attend, on scrute, on écoute… Et on réalise au fil des heures que les développeurs ne se sont pas embarrassés de tabous concernant la violence faite aux enfants, puisque rien, à part les magnifiques graphismes, ne vient atténuer l’horreur des événements.

Ce petit chien s’avère un guide précieux…

Et la ville de prendre des allures de Silent Hill à la japonaise, vidée de toute vie humaine à l’exception de deux enfants séparées par des esprits vengeurs. Ces derniers sont d’ailleurs assez variés, et mis en scène, comme ce passage à niveau où un spectre se tient au milieu des rails, fauchée par un train, ou ce cadavre hurlant sans cesse lors de sa chute d’un immeuble… le plaisir de la mise en scène, sans fioriture ou effet inutile, avec une lenteur toute asiatique nous propulse encore plus loin dans le cauchemar.

Conclusion

Reprenant sans doute un peu trop le même concept que Night Alone, Yomawari Midnight Shadows y apporte une certaine maîtrise, une tension ininterrompue et une histoire déchirante. Rien n’est épargné, et on reste les yeux rivés sur l’écran – comme cela nous est conseillé d’ailleurs au démarrage du jeu – avec l’espoir de réunir les deux enfants. Le côté frustrant des morts à répétition du premier opus est ici balayé par une jauge de fuite plus importante et des sauvegardes bien plus permissives, tandis que la durée de vie a été rallongée à une petite dizaine d’heures en vagabondant un peu. C’est typiquement le genre de jeu qui reste avec nous un bon moment après avoir vu défiler les crédits.

Temps de lecture : environ 4 minutes

Yomawari Midnight Shadows

  • Développeurs NIS
  • Type Horreur
  • Support PS4, PC, PSVita
  • Sortie 27 Octobre 2017
Yomawari Midnight Shadows à notre sauce
8/10
Yomawari Midnight Shadows à notre sauce
Y'a bon
  • Une pression constante
  • Des graphismes superbes
  • Une histoire glaçante
  • Une belle variété de créatures uniques
Beuuuuwark
  • Ressemble sans doute un peu trop au premier
  • Une certaine redondance dans le déroulement
  • Pourquoi demander des pièces pour sauvegarder si on en trouve partout ?
  • Les leurres trop peu utiles
  • Technique
    8/10
  • Esthétique
    9/10
  • Ergonomie
    8/10
  • Audio
    9/10
  • Contenu
    7/10
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Tests jeux
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l’univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

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