Unravel | Test

Choupi over 9000

Choupi tout plein. Ce sont les premiers mots qui me sont venus à la bouche lorsqu’EA a dévoilé Unravel pour la première fois lors de l’E3 2015. Un titre d’autant plus intriguant qu’il brisait les codes habituels établis par l’éditeur en offrant une présentation simple, touchante et authentique. Il n’en fallait pas plus pour que le studio Coldwood Interactive hype directement le public. Quelques mois de développement plus tard, nous voici avec la version finale du jeu entre les paluches. L’heure pour nous de la détricoter pour voir ce qu’elle cache sous cette couche de mignonnerie dans notre test.

Commençons par ce qui saute aux yeux dès l’entame de l’aventure : la réalisation graphique qui claque. Avec Unravel, les aficionados de sucreries visuelles en auront clairement pour leur argent. La qualité des textures, la modélisation, la précision des animations et, plus généralement, la finition quasi-inattaquable de l’ensemble concourent à faire d’Unravel une spectaculaire démonstration technique. Mention spéciale love au travail sur les lumières qui apportent la touche esthétique finale à des tableaux somptueux. Non content d’être beau, le titre est également une ode à la mignonnerie. Comme on pouvait s’y attendre après tous ces teasers, l’univers du jeu est absolument craquant et enchanteur, à commencer par son héros laineux, Yarny.

Unravel Image du jeu

Sur le fil

Yarny, c’est un être minuscule et fragile en laine rouge qui, un beau matin, se met en quête d’explorer les souvenirs d’une grand-mère. Souvenirs narrant une histoire de famille saupoudrée d’un brin d’écologie (trop vite expédiée cela dit). Dans sa globalité, le récit arrive à être à la fois simple et touchant. Mais il faut néanmoins pointer du doigt cette impression poisseuse que les développeurs ajoutent constamment une couche de drama, juste pour vous tirer une petite larme. La faute, notamment, à une bande-son violon/folk/mélodramatique pas toujours à propos. On n’aurait pas craché sur des boucles sonores plus discrètes et tantôt plus appuyées pour souligner les moments forts. Mais non, là, on a du mélo non-stop. Bon, la partition du jeu est plutôt réussie dans son ensemble mais elle flirte trop souvent avec le pathos quitte à être en décalage total avec l’action à l’écran. Une surenchère un poil lassante. Ajoutez à cela une palette de bons sentiments un peu trop convenue n’effleurant que la surface de la chose et vous comprendrez que le background scénaristique est passable mais loin d’être top. Bien évidemment, tout dépendra de votre sensibilité personnelle et de votre propension à la rattacher à votre vécu ou non. Certains vont sans doute me ranger dans la catégorie cœur de pierre, mais sincèrement je n’ai pas été ému par toute cette histoire. Sachons tout de même raison garder et souvenons-nous que nous sommes dans un jeu de plates-formes et que l’histoire peut passer au second plan sans pour autant que le jeu en devienne un fiasco. Après tout, est-ce que vous blâmeriez Mario pour le manque d’épaisseur de son pitch ?

Unravel Image du jeu

Gentil Yarni

Bon, du coup comment ça se passe manette en main ? S’il fallait classer Unravel dans une catégorie vidéoludique, il squatterait l’intersection platformer/puzzle game. Bien que le gameplay ne soit pas fondamentalement novateur (sauter – réfléchir – avancer), le soft est tout de même ponctué de quelques chouettes idées découlant de la nature même du héros. En effet, Yarny étant entièrement composé de laine, il pourra utiliser son corps laineux de bien des manières. Par exemple, ses fils se transformeront en un lasso pour attraper des objets et les déplacer ou pour suspendre et se balancer de branche en branche. Ces mêmes fils pourront également servir pour donner vie à des ponts ou des trampolines en nouant deux extrémités rapprochées. Ou ils deviendront des nœuds nécessaires pour activer divers mécanismes. Mais attention, Yarni a un petit souci : il est constamment attaché et se décharne à chaque pas. Son autonomie est donc limitée par la longueur du fil qui le compose. Heureusement, divers pelotes-checkpoints parsèment les niveaux et permettent de refaire le plein. Toute la subtilité de l’avancement réside donc dans l’optimisation de ses trajets. Si toutes ces mécaniques et contraintes semblent un poil confuses à première vue, après un petit temps d’adaptation la prise en main se révèle finalement agréable, intuitive et bien huilée. Bref, une fois qu’on a chopé le truc, on s’amuse vite et s’enfilent sans lassitude les casse-têtes utilisant habilement la physique du jeu et vos neurones.

Unravel Image du jeu

Le hic, c’est que  l’entreprise n’offre qu’assez peu de résistance. Sa gentillesse désarmante ne malmène jamais le joueur bien longtemps. D’autant plus que les énigmes se renouvellent très peu et qu’on comprend vite où le jeu veut en venir. D’une manière générale, la progression se fait dès lors sans accroc et tient plus de la promenade pépère que du parcours du combattant. Comptez 5 ou 6 heures pour un premier run et quelques heures supplémentaires pour récolter tous les collectibles facultatifs liés aux succès/trophées et plier ainsi définitivement le jeu. Si le manque de challenge est pointé d’un doigt inquisiteur, ça n’empêche qu’Unravel fait tout de même preuve de suffisamment de qualités que pour nous mettre le grappin dessus. Du coup, les plus jeunes apprécieront, tout comme les hardcore gamers en vacances, mais les vieux briscards resteront peut-être sur leur faim.

Conclusion

Unravel est un sympathique platformer servi dans un joli écrin trop choupinou. En dépit d’un manque de challenge évident et d’une propension à vouloir faire pleurer le chaland, il reste efficace dans son gameplay et dans son déroulement. En somme, c’est une belle balade paisible et douce comme de la laine (comme celle de l’alpaga).

Unravel

  • Développeurs : Coldwood Interactive
  • Type : platformer / puzzle game laineux
  • Supports : PS4 / Xbox One / PC
  • Sortie : 09 février 2016
Note Les feux de l'amour
Note Pas de pxlection

Y’a bon!

  • C’est beau
  • C’est choupi
  • C’est facile à prendre en main

Beuargh!

  • Ça manque de challenge
  • Ça veut trop te faire verser une petite larme

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