Test: Toki

Gare au gori-i-i-i-ille-euh!

Je me souviens avec nostalgie de l’époque des salles d’arcade. Je me souviens aussi qu’il y en avait même une dans mon village paumé… Enfin, c’était plutôt la grande cave horriblement enfumée de la taverne du coin face au parc. C’est là que j’ai découvert la plupart des gros hits d’arcades et les joies des billards, flippers et autres jeux de fléchettes…

C’était la fin des années 80, début des 90’s, on écoutait du Nirvana et portait des Converse… C’est aussi à cet endroit et cette époque que j’ai découvert Toki. Et ce jeu a quelque chose de particulier à mes yeux. J’adorais surtout la direction artistique de celui-ci et le délire de jouer avec un gorille qui défonce ses ennemis en crachant des bouboules et qui peut porter un casque de football US. Pourtant, il était d’une difficulté assez frustrante pour un enfant de mon âge…

Le début du calvaire de Toki… l’enlèvement de Miho.

Je m’appelle Cheetah, et toi, quel est ton nom?

Posons les bases. L’histoire de Toki (pas le frère de Kenshiro hein…) commence par l’enlèvement de sa petite amie, Miho par la main géante du démon Bashtar. Notre Toki reçoit un sort par le maître de ce démon, le sorcier vaudou Vookimedlo, qui le transforme alors en singe. Du coup, notre désormais gorille va devoir courir après ces vilains pour libérer la belle et retrouver son apparence de bellâtre… Et il n’ira pas par quatre chemins: on fonce dans le tas! Très classique donc pour un jeu d’arcade du style run & gun de l’époque…

Alors, on va être clair dès le début pour ceux qui ont déjà dosé l’original: cette version est identique au jeu d’arcade de 1989 avec une remise à niveau graphique. Mais, ce gap n’est pas à dénigrer, au contraire, car c’est Philippe Dessoly (Mr. Nutz) qui s’est occupé de la partie direction artistique du soft et c’est superbe! Du crayonné pour les personnages avec de jolies couleurs pastel en arrière-plan, ce qui correspond très bien au titre. Totalement réussi! Notre homme connaît déjà bien Toki vu qu’il s’était déjà occupé du portage des versions Amiga et Atari ST éditées chez Océan au début des années 90.

Des crachats, un casque de football US… Un vrai dur ce Toki!

Il a des tocs Toki?

Revenons au gameplay. Toki est devenu un singe, mais pourquoi? On le remarque dès la prise en main, le fait d’être réduit à l’état de primate ralentit considérablement les mouvements du personnage. C’est un fait qu’il faut accepter d’avance tout comme le fait de perdre une vie au moindre contact. Néanmoins, ce dernier réagit parfaitement au doit et à l’œil et aura la possibilité d’utiliser ses fameux… crachats destructeurs pour vaincre ses ennemis. Oui, crachats… je ne vois pas ce que ça pourrait être d’autre…

Bien entendu, des items bonus se trouveront sur votre chemin: casque de footballeur US comme protection, possibilité de dédoubler vos crachats ou de lancer des flammes tel un Dhalsim et d’autres… Heureusement car, comme tout bon jeu d’arcade des 80’s, Toki est difficile et propose un sacré challenge.

Certes, il est assez court avec ses 6 niveaux qui ont chacun leur boss, puis le boss final; mais faut-il encore y arriver. Alors, il y a bien différents niveaux de difficulté mais même en facile, les plus jeunes risquent de s’y casser les dents, enfin… même les plus vieux finalement. Il va falloir apprendre les patterns de chaque ennemi pour avoir une chance d’éviter leurs projectiles et ainsi les terrasser. C’est presque du par cœur.

Bref, une durée de vie courte mais avec du challenge et de la re-jouabilité: un vrai die & retry à l’ancienne comme, récemment, le fameux Cuphead. Il faudra s’armer de patience, ne pas se précipiter et faire preuve de dextérité!

Il faudra retenir les patterns des boss pour pouvoir éviter leurs attaques.

Donkey Tomb

Si vous chercher du contenu et de l’exploration, il faudra vous y faire: c’est un jeu d’arcade donc, au risque de me répéter, après les 6 niveaux et le boss final, il faudra reprendre dès le début juste pour scorer si le cœur vous en dit. Petite précision également: il n’y a aucune sauvegarde. Et oui, il faudra faire le jeu d’une traite! Le contenu de l’opus original n’a pas été étoffé pour autant… Malgré tout, les speedrunners risquent d’y prendre leur pied.

Par contre, on peut remarquer que les musiques ont été joliment réorchestrées, même si parfois un peu redondantes à force d’entendre les mêmes vu le nombre de fois qu’on peut recommencer un niveau dans une difficulté plus importante.

Un petit mot pour le level design qui fait également partie de la difficulté du jeu, mais également de sa beauté. Entre les pièges bien pensés et une finesse du dessin travaillée, ce jeu n’est pas avare en détails et en précision à tous niveaux.

Toki, content! Houhouhou!

Conclusion

Sous son air amical et attachant, Toki est et restera ce jeu d’arcade d’une difficulté très old school que bon nombre de gamers affectionnent. Ceux-ci ainsi que les speedrunners se feront une joie d’y replonger avec de nouveaux graphismes qui claquent et des musiques réarrangées.

Néanmoins, le jeu reste toujours aussi court et sur une console, on en aimerait un peu plus que sur une borne d’arcades. Le fait de ne pas pouvoir sauvegarder risque, également, d’en refroidir plus d’un.

Clairement un jeu réservé aux nostalgiques du titre original ou aux néophytes qui recherchent du challenge.

Temps de lecture : environ 4 minutes

Toki

  • Développeurs Microïds
  • Type Plateforme
  • Support Switch
  • Sortie 22 novembre 2018
Toki à notre sauce
6/10
Toki à notre sauce
Y'a bon
  • La direction artistique
  • La nostalgie intacte
  • La re-jouabilité
  • Musiques réorchestrées...
Beuuuuwark
  • ... parfois redondantes néanmoins
  • Plutôt court
  • Aucun contenu en plus de l'original
  • La difficulté peut faire "peur"...
  • Technique
    7/10
  • Esthétique
    8/10
  • Ergonomie
    8/10
  • Audio
    6/10
  • Contenu
    3/10
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Tests jeux
ManuSupra

Passionné, collectionneur et historien vidéoludique trentenaire ayant grandit avec un enfant à queue de singe et un plombier moustachu s'empiffrant de champi. Chasseur de monstres à l'insectoglaive, archéologue gaming et adepte du "bas, diagonal, droit + poing". Sushivore et burgerovore professionnel!
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