Bhou voilà un bon mois pour voir arriver la suite d’un jeu encyclopédique The Evil Within 2. Dire que le premier épisode était marquant relève de l’euphémisme. Véritable synthèse du Survival Horror sauce Mikami, The Evil Within possédait tout de même quelques casseroles assez indigestes pour nous faire lâcher la manette en cours de route. Ce qui – et malgré l’amour que je voue au genre – a été mon cas au bout de quelques heures. Qu’en est-il de sa suite ?

Bon, c’est pas tout ça, mais va falloir gérer ce bordel…

Je STEM, moi non plus

Les casseroles on les voit vite arriver : une réalisation correcte sans être transcendante, des personnages et dialogues creux et un prétexte scénaristique assez facile pour replonger dans l’horreur. “Bonjour Sebastian, tu sais ta fille Lily que tu pensais morte avant les événements de Beacon ? Ben en fait, elle est vivante, on lui a connecté un STEM nouvelle génération et on a créé une ville entière connectée à son esprit. Mais manque de pot, on a eu un problème et plus personne ne répond. Tu n’irais pas voir pour nous ce qu’il se passe ? *wink* *wink*”. Ni une ni deux, notre brave Castellianos replonge tête baissée dans l’infernale machinerie de Mobius pour sauver sa fille d’un nouveau cauchemar… 

La première heure révèle son lot de scènes fascinantes

Ou comment débuter le jeu en devant choisir entre la peste et le choléra, à savoir laisser sa progéniture chérie que l’on pensait disparue mourir dans un monde étrange ou la ramener saine et sauve à Mobius pour qu’il la refoute dans un caisson. Worst.Dad.Ever.

Mais qu’importe, on le sait, nous sommes ici d’avantage dans un titre chorale que dans une proposition pleinement originale, et les premières heures vont s’appliquer à nous le démontrer en allant piocher ça et là dans The Last of Us, avec la possibilité de ramasser un peu tout et n’importe quoi pour fabriquer divers objets ou munitions, en sus des sempiternelles munitions. A leur propos d’ailleurs, si on comprend la possibilité d’en fabriquer aux établis (ou n’importe où en échange de plus de ressources), il reste le beau cliché d’en découvrir dans des tables de nuit ou des lieux communs d’une ville sensée être paisible. On y retrouve aussi pas mal de Silent Hill, plus précisément le dernier et mésestimé Downpour, qui avait le charme de proposer de petites quêtes annexes, nous faisant découvrir la ville ouverte à travers de nouvelles petites histoires souvent bien scénarisées.

Une créature tout droit sortie de [REC] debout au milieu de la rue… #backstab … ou bien…?

C’est le même constat pour The Evil Within 2 : outre le fait de récupérer des équipements ou des objets utiles, les quêtes facultatives nous plongent un peu plus dans l’histoire de la ville à travers des histoires souvent plus intéressantes que la recherche de la gamine. Mais on citera aussi l’épisode fondateur de Silent Hill, voire la relecture Shattered Memories aussi, lançant un père à la recherche de sa fille à travers une ville hostile où les cauchemars deviennent réalité.

Coucou Tatiana, tu m’avais pas manqué

Enfin, on retrouve quelques références visuelles à Resident Evil premier du nom, via les mouvements de caméra emblématiques de l’apparition du Tyran, ou d’autres références aux titres Project Zero… bref, un gros mélange de références qui forment un tout assez cohérent, mais qui n’évite pas l’écueil des personnages clichés.

De petites surprises attendent aussi les joueurs qui explorent la ville, des séquences facultatives très intéressantes les attendent aux détour d’un salon, Sebastian se trouvant alors plongé dans son propre monde mental, et confronté quelques instants de nouveau aux horreurs de Beacon. A noter aussi que les scripts sont nombreux, mais bien utilisés, à l’image d’une porte qui claque alors qu’on fouille une petite maison, signe d’une créature est peut-être entrée, ce mystérieux antagoniste photographe qui aime les cliché “sur le vif” – et créateur de magnifiques mais macabres œuvres d’art dans la ville d’Union, voire des événements inattendus rameutant en un coup les ennemis environnants dans votre direction… bref, on ne s’ennuie pas un instant et – malgré son ambiance morte – la petite bourgade offre bien des divertissements aux joueurs.

J’taime bien Lily

Le craft occupe une place importante, vous allez ramasser un tas de crasses brillantes

Si la ville – Union –  créée par l’esprit de Lily est censément calme et proche des petites bourgades américaines idylliques, Sebastian y découvre un lieu sombre, tombant en lambeaux, créant de magnifiques panoramas de fin du monde. Et si la technique n’est pas toujours très propre (avec notamment des textures qui peuvent apparaître fort tardivement), j’avoue que les ambiances et effets de lumières ont largement compensé ces désagréments. Niveau sonore, la possibilité de laisser les voix en anglais et de mettre les sous-titres reste un confort appréciable.

Encore une fois visuellement, le titre alterne les séquences visuelles plus calmes d’Union à celles plus extravagantes mais toujours fascinantes, touchant ça et là aux thèmes de la famille ou de la religion. On remarque aussi que l’histoire est bien plus simple à suivre, surtout grâce à une intro qui prend certes son temps, mais vraiment bien fichue. Ce n’est pas techniquement parfait, mais artistiquement, certains passages sont à tomber.

Ne négligez pas les quêtes annexes ou l’exploration

Niveau progression, on retrouve la belle Tatiana – sorte ici encore d’hommage à Lisa de Silent Hill croisée avec Bayonetta – qui nous propose d’échanger le gel vert collecté sur les ennemis contre des améliorations de statistiques, là où le gel rouge – plus rare – permet d’en débloquer les paliers. De petites statues cachées un peu partout contiennent également des clés de casiers, qui nous permettent d’ouvrir des coffres dans la planque de Sebastian, contenant le plus souvent des ressources bienvenues pour améliorer les armes récupérées.

The Evil Within 2 propose un univers interne aussi malade que fascinant

Par contre, la caméra reste toujours bien trop collée au dos de Sebastian, réduisant la visibilité inutilement – même si cela était une volonté du premier pour renforcer le sentiment de peur, au même titre que ces foutues bandes noirs supprimées ici – tandis que le protagoniste lui-même reste aussi facile à diriger qu’un semi-remorque. Bon, heureusement, la visée automatique – désactivable – comble ce déficit de maniabilité de manière efficace, et la frustration ressentie est ici aussi largement contrebalancée par les aides fournies, permettant à tous de profiter de l’aventure.

Conclusion

Est-ce que The Evil Within 2 est une digne suite ? Oui, sans conteste. On pestera toujours contre l’écriture des personnages au raz des pâquerettes, contre quelques carences techniques, cette foutue caméra ou sur le référentiel qui nous est balancé au visage sans cesse, mais l’un dans l’autre, The Evil Within 2 tient bien la route, proposant un univers interne aussi malade que fascinant, des scènes fabuleuses et macabres qui nous plongent dans un véritable cauchemar. Des silences de la ville d’Union aux festivals artistiques et visuels des lieux visités, The Evil Within 2 n’aurait pas pu trouver un meilleur moment pour s’offrir à nous.

The Evil Within 2

  • Développeurs Tango Gameworks
  • Type Aventure / Survival
  • Support PS4, PC, XBox One
  • Sortie 13 Octobre 2017
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A propos de l'auteur Voir les articles

Xavier Henry - Titiks
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

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