Test : Star Ocean First Departure R – La tête dans les étoiles

Et les yeux sur les pixels

Les joueurs qui connaissent Star Ocean aujourd’hui appartiennent à deux catégories difficilement conciliables : ceux qui savent ce qui se cache derrière les vérités de l’univers grâce à Till the End of Time et ceux qui se demandent toujours pourquoi les très moyens Last Hope et Integrity & Faithlessness s’évertuent à ne pas être des suites. Avec cette nouvelle sortie de Star Ocean First Departure R sur PS4 et Switch, le fossé pourrait peut-être enfin se combler.

Le début des ennuis… en SD

Le monde est stone

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Car ne l’oublions pas : la série Star Ocean a été prévue à la base comme une trilogie, et j’imagine la mine déconfite des développeurs quand un quatrième épisode canonique a été mis en chantier avec Last Hope. Cela dit, rares sont ceux qui ont pu toucher l’intégralité de la série, le premier épisode n’étant sorti dans nos contrées que sous la forme d’un remake PSP en 2007, (First Departure) tandis que l’original n’avait pas quitté l’archipel nippon en 1996 sur Super Nintendo.

Et c’est cette adaptation de 2007 qui nous parvient ce mois-ci sur PS4 et Switch, agrémentée de petits ajouts indispensables pour les joueurs de 2019, à savoir un doublage japonais jusqu’ici exclusif au Japon, le choix entre deux character-design (entre ceux de 2007 et ceux de 2019 par Katsumi Enami – mais qui sont un peu incohérents avec le design des personnages et des cinématiques) et surtout la possibilité de courir plus vite durant l’exploration. Mais gare tout de même, il s’agit en fait d’un portage du jeu PSP, pas d’un Remaster. On le constate bien vite en étant accueilli par la cinématique PSP très compressée ou par l’aspect “vieux pixels mis en évidence avec la haute définition” du titre en lui-même. Pas réellement de soin apporté à l’enrobage visuel, et si cela passe en mode nomade sur Switch, vos yeux risquent de saigner un peu sur Playstation 4.

Heeerrrrrr… m’enfin mademoiselle

Les plus vieux se souviennent peut-être de la publicité diffusée chez nous lors de la sortie de Star Ocean The Second Story, misant sur des extraits de cinématiques et avançant 100 fins différentes (on parle plutôt de variations de fins… ) et du joli succès de Till the End of Time tant chez nous qu’au Japon (une fois la version définitive expurgée de bugs commercialisée), mais étrangement, peu de vague sur le premier Star Ocean et pour cause : il n’est pas le meilleur de la série, loin s’en faut.

La carte du monde… NON NE PARTEZ PAS !

Cette version PSP a de surcroît eu la mauvaise idée de reprendre quelques pires idées du second épisode, à l’image de la carte du monde en 3D abominable, là où la version Super Nintendo arborait de beaux environnements en 2D. Pensée pour être un genre de concurrent à la série naissante de Tales of (Phantasia à l’époque), Star Ocean en reprenait beaucoup d’éléments de gameplay comme le système de combat, pensé ici sur plusieurs niveau et non exclusivement en 2D comme sur ToP. 

Néanmoins, c’est ici l’occasion pour ceux ayant foulé Expel avec Rena et Claude de faire la connaissance avec le père de ce dernier lors de sa première aventure : Ronyxis J.Kenny et sa comparse Ilia, tandis que les fans de l’épisode Last Hope trouveront dans cet épisode un lien scénaristique plus que parlant avec l’antagoniste principal (Asmodeus) et le fameux Eye of Truth. En débutant son aventure comme un JRPG médiéval classique pour l’époque, Star Ocean a su surprendre les joueurs en les emmenant bien vite dans les étoiles et à travers le temps pour une aventure épique qui aura des répercussions dans le autres épisodes. En tant que pilier de la série, Star Ocean First Departure R donne en quelque sorte des clés de lecture indispensables à la bonne compréhension de la série, du fameux UP3 (Underdeveloped Planet Preservation Pact), la base même des relations entre les personnages – et qui trouve son origine dans Last Hope, à l’Heraldry (Symbologie) qui est en fait le système de magie, dont l’usage est en partie responsable des événements de Till the End of Time.

Mais nous avons ici principalement un jeu à systèmes créé par des développeurs moins enclins à s’embarrasser de mise en scène ou de narration poussée. Les éléments scénaristiques sont jetés, tout comme les quelques passages narratifs. La première heure est d’ailleurs symptomatique de cet état de fait, l’histoire avançant vite à coup d’ellipse et en moins de temps qu’il ne  faut pour le dire, Roddick et ses compagnons passent de leur village natal à un vaisseau spatial avant de remonter le temps. Un enchantement qui ne perd pas de temps et qui pourra surprendre les amateurs de JRPG qui ont tendance à plutôt s’étaler en dialogues interminables.

Le système de Skills et de spécialités est vraiment prenant

Non, Star Ocean a été bâti autour de son système de jeu et si l’univers proposé est riche, il n’est ici qu’esquissé. A l’époque, il proposait un système de personnalisation extrêmement poussé alliant création d’équipement à la cuisine permettant à qui s’y implique de littéralement craquer le jeu avec des équipements surpuissants. L’apprentissage se fait via l’achat de livres de compétences qui déloquent des skills dans lesquels investir les points gagnés lors des combats.

Ces skills peuvent améliorer les soins, optimiser l’attaque, la magie ou la défense, mais débloquent aussi des spécialités, débouchant elles-même sur des super spécialités. Un vrai terrain d’expérimentation pour les joueurs adeptes du farm, d’autant que la fréquence des combats est – comme à l’époque – assez élevée. Vos personnages apprennent leurs nouvelles attaques au fil de la montée de niveau, et vous pouvez en attribuer jusque deux aux gâchettes de la manette, tandis que leur fréquence d’utilisation améliore leur puissance. En cela, même si Star Ocean est un jeu qui a assez mal vieilli depuis la version PSP, il reste très plaisant à jouer et à customiser, d’autant qu’en ligne droite, il n’est guère très long avec une bonne vingtaine d’heures au compteur.

Conclusion

C’est l’occasion de découvrir facilement les débuts de la série Star Ocean, même si graphiquement, on aurait apprécié un réel travail des développeurs pour le remettre au goût du jour. Si le scénario ne casse pas trois pattes à un canard, il reste suffisamment accrocheur pour nous pousser à avancer, surtout si nous connaissons déjà les autres épisodes. La bande originale est à la hauteur de son compositeur même si aujourd’hui on est habitué aux sonorités typiques de Motoï Sakuraba. Mais si vous êtes curieux et que vous aimez farmer pour casser un jeu grâce aux outils qu’il vous donne, Star Ocean First Departure R devrait vous satisfaire.

Temps de lecture : environ 4 minutes

Star Ocean First Departure R

  • Développeurs Square Enix
  • Type JRPG
  • Support PS4, Switch
  • Sortie 05 Décembre 2019
Star Ocean First Departure R à notre sauce
6/10
Star Ocean First Departure R à notre sauce
Y'a bon
  • Le premier Star Ocean
  • Des systèmes très prenants
  • Les fondations de toute la trilogie, qui feront échos à tous les épisodes suivants
  • Le choix entre 3 doublages (2 japonais, un anglais)
  • Le choix du chara-design, le nouveau est très réussi
  • Le système de combat pêchu
Beuuuuwark
  • Le portage PSP, ni vraiment plus, ni moins
  • La cartes 3D...
  • Toujours en anglais
  • Niveau narration, c'est pas vraiment le meilleur épisode
  • Le chara-design 2019 en rupture avec les modèles in-game et les cinématiques
  • Cinématiques elles-même en SD
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Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.
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