Robocop Rogue City : Unfinished Business, la dernière production du studio polonais Teyon, nous plonge dans une aventure standalone qui cogne dur, tout en traînant quelques imperfections dans son sillage. Murphy revient pour le meilleur mais aussi le moins bon, mais toujours avec un flegme admirable.

Quand Murphy se la joue Dredd

Dès les premières minutes, Unfinished Business nous balance dans le grand bain sans ménagement. L’histoire s’ouvre sur un Detroit futuriste où l’OCP, la mégacorporation qui tire les ficelles de la ville, voit son autorité contestée. Des mercenaires suréquipés, menés par un certain Casius Graves, ont mis la main sur des technologies critiques, faisant un carnage dans le Metro Police Center et, pire encore, subtilisant la chaise de Robocop – un affront personnel pour notre cyborg préféré. Notre mission ? Gravir les étages d’Omni Tower, étage par étage, pour rétablir l’ordre à grands coups de flingue façon Karl Urban dans le Dredd de 2012. Si le premier Robocop Rogue City prenait son temps pour poser son ambiance rétro-futuriste, cette extension – standalone, pas besoin du jeu de base – opte pour une approche bien plus directe, à l’image du film Dredd. On avance, on tire, on progresse, et on ne s’arrête que pour recharger ou enquêter un peu. Juste un peu.

Le scénario, bien que ramassé sur une dizaine d’heures, ne perd pas de temps pour planter le décor. RoboCep est un classqiue, vous savez où vous mettez les pieds (et c’est souvent dans la gueule, Little John) Casius Graves, l’antagoniste principal, oscille entre un meneur charismatique aux motivations troubles et un vilain très archétypal typique des 80’s. J’ai aimé la tension qu’il instaure, surtout lors de son introduction tardive, qui donne du poids à ses confrontations avec l’inflexible Alex Murphy. Cela dit, le rythme du jeu laisse peu de place pour explorer ses motivations ou celles des personnages secondaires, qui auraient mérité plus de lumière. L’histoire est efficace, mais nous sommes ici dans un standalone qui aurait pu être une grosse extension. Un format plus long aurait permis de creuser davantage les enjeux du jeu.

Manette en main, Unfinished Business offre une montée d’adrénaline presque constante. L’Auto-9, cette arme iconique, reste un pur régal à manier, avec son recul satisfaisant et ses améliorations via un système de circuits PCB qui permet de personnaliser ses performances. J’ai passé du temps à bidouiller ces circuits pour booster la cadence de tir ou la précision, un peu comme si je jouais les ingénieurs d’OCP. Le jeu introduit aussi de nouvelles armes, comme un fusil cryogénique qui gèle les ennemis sur place – imaginez un BFG version congélation, et vous comprendrez pourquoi on adore l’utiliser. Les combats sont brutaux, viscéraux, avec des têtes qui explosent, des corps projetés contre les murs, et des drones qui fondent sur vous comme des frelons high-tech. Chaque pièce que je nettoyais me donnait envie de recharger le dernier checkpoint pour refaire le carnage, juste pour tester une approche différente, comme balancer un mercenaire dans une unité de climatisation. Heureusement, les ennemis ne manquent pas et à l’image de Dredd, toujours, ça canarde presque sans arrêt.

Mais tout n’est pas parfait. Le jeu repose beaucoup sur des systèmes de scripts, et parfois, ça coince. À plusieurs reprises, un PNJ censé ouvrir une porte s’est retrouvé bloqué, m’obligeant à recharger un checkpoint. J’ai aussi croisé des bugs graphiques, comme des textures qui tardaient à charger, ou des ennemis qui apparaissaient là où ils n’auraient pas dû, me tirant dessus alors que je n’avais pas accès à mon arme. Ces accrocs techniques rappellent le côté un peu “AA” du titre.

Détours narratifs

L’un des aspects les plus surprenants de Unfinished Business, ce sont les séquences où l’on ne joue pas Robocop. Parfois, on se retrouve dans la peau d’Alex Murphy avant sa transformation, arme au poing, dans des flashbacks qui contextualisent son passé. Ces moments, bien que corrects, passent sans trop marquer. Mais là où le bât blesse, c’est une section dans laquelle on incarne une femme dans une maison, à faire des tâches domestiques – nourrir un chat, répondre au téléphone, ramasser des papiers. Autant le dire franchement : j’ai trouvé ça d’un ennui mortel et ça a coupé l’ambiance du jeu. Dans un jeu qui mise tout sur l’action, ces séquences m’ont semblé hors de propos, comme une blague des développeurs. J’ai accéléré les dialogues pour revenir au plus vite à mon armure de cyborg et à mon flingue.

Cela dit, les quêtes secondaires offrent des moments plus intéressants. J’ai aidé des résidents d’Omni Tower avec des demandes allant du banal (retrouver des objets) au carrément étrange ou au plus tristre. Ces détours permettent de montrer une facette plus humaine de RoboCop, notamment via des choix de dialogues qui influencent la façon dont les PNJ me perçoivent. Mais soyons honnêtes, certaines de ces quêtes m’ont agacé, comme ce type qui me demandait de chercher ses dents en or. J’avais juste envie de lui coller une droite pour aligner celles qui lui restaient, mais le jeu m’oblige à rester “gentil”. C’est là que Unfinished Business m’a frustré : Teyon impose une vision très cadrée de RoboCop, sans me laisser la liberté de jouer un cyborg plus brutal ou imprévisible, contrairement à des jeux comme Kingdom Come: Deliverance, où l’on peut tout casser et faire en sorte que le monde réagisse à vos actions. Certains trouveront ça fidèle et narratif, d’autres y verront de la frustration de ne pas pouvoir jouer Robo comme ils le souhaitent.

L’Omni Tower, c’est un peu le cœur du jeu, un personnage à lui tout seul, et Teyon a fait un bon boulot pour lui donner vie. Les couloirs et les espaces ouverts, bien que répétitifs par moments, dégagent une ambiance rétro-dystopique, avec des piles de déchets et des signes d’abandon qui rappellent la cupidité d’OCP. Les détails, comme une émission de radio vantant des produits douteux nous plongent dans cette réalité.

Visuellement, le jeu tient la route, avec une armure de Robocop qui brille dans les cinématiques et des explosions de feu et de glace qui claquent. Dans ma version pré-patch, j’ai eu quelques bugs techniques, comme des scripts qui ne déclenchainent pas comme je disais, mais aussi des cinématiques où les assets ne chargeaient pas. Mais cela semble avoir disparu lors de la mise à jour de lancement. L’audio n’est pas en reste : chaque pas lourd de Robocop résonne comme un coup de marteau, et les tirs à l’Auto-9 produisent un “splat” satisfaisant à chaque headshot. Quelques décalages sonores dans les cutscenes m’ont fait tiquer, mais rien de rédhibitoire.

Cela dit, la tour manque cruellement de diversité dans ses environnements. Les étages supérieurs apportent un peu de nouveauté, mais globalement, on a l’impression de parcourir les mêmes couloirs. Heureusement, le gameplay compense avec des petits puzzles, comme utiliser la Robo Vision pour repérer des barils explosifs ou des panneaux pour des tirs ricochets (très amusant ça). Ces mécaniques, couplées à la possibilité d’attraper les ennemis pour les fracasser contre l’environnement, font du jeu un bon défouloir.

Robocop Rogue City Unfinished Business


SupportsPC, PS5, XBox Series
GenreAction, FPS
Date de sortie17 juillet 2025
ÉditeurNacon
DéveloppeurTeyon
MultiNon


  • L’action est brutale et jouissive, avec des combats qui donnent l’impression d’être un rouleau compresseur.
  • L’Auto-9 et les nouvelles armes, comme le fusil cryogénique, sont un régal à manier.
  • L’ambiance rétro-futuriste, fidèle aux films, est renforcée par des détails comme les émissions radio et les visuels soignés.
  • Le rythme effréné maintient l’adrénaline, et les options de personnalisation des compétences offrent une bonne rejouabilité.
  • Les bugs, bien que rares, peuvent frustrer, surtout avec les déclencheurs de scripts défaillants.
  • Les séquences non-Robocop, notamment celle des tâches domestiques, cassent le rythme.
  • Les quêtes secondaires manquent souvent d’intérêt, et l’impossibilité de jouer un Robocop plus “libre” limite l’expérience.
  • Enfin, l’histoire aurait gagné à être plus développée.

Robocop Rogue City : Unfinished Business

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En bref

Avec Robocop Rogue City : Unfinished Business, Teyon livre une expérience fidèle à l’esprit des films, avec une action qui ne faiblit presque jamais et une nostalgie qui parlera aux fans des années 80. Mais le jeu souffre de ses ambitions limitées : une histoire trop courte, des bugs occasionnels et des quêtes secondaires parfois soporifiques empêchent le titre d’atteindre d’être vraiment excellent. Si vous avez aimé Rogue City, vous trouverez ici une dose d’action pure qui fait mouche.

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