J’ai déjà rendu une preview enjouée sur Kingdom Come: Deliverance 2 sur PS5, et la bonne nouvelle, c’est que ce que j’ai ressenti par rapport au travail de Warhorse Studios s’est confirmé au fil des heures. Ce nouveau volet nous plonge dans la Bohême du XVème siècle, où la vie quotidienne se mesure en besoins essentiels et en choix lourds de conséquences. Je vais essayer de ne pas trop me répéter.

Survivre pour remonter en selle

Petite piqûre de rappel : Kingdom Come Deliverance 2 n’est pas un univers fantaisiste, mais un monde brutalement réel comme nous sommes assez peu habitué à voir. L’idée de devoir gérer des aspects aussi fondamentaux que l’alimentation, le sommeil et même l’hygiène impose une rigueur qui m’a contraint à repenser la notion de « plaisir de jeu ». J’ai par exemple mangé une pomme un peu gâtée avant de me coucher et de sauvegarder ma partie, et en la reprenant, mon pauvre Henry s’était empoisonné. Je ne l’ai pas vu tout de suite, ce qui m’a conduit à voir mon personnage mourir à cheval alors que je poussais plus loin ma route vers l’ouest. Il m’a donc fallu passer un certain moment – et plusieurs vies – avant de trouver un moyen de me soigner de cette bête affliction. Cette approche, que certains pourraient trouver contraignante, m’a néanmoins séduit par sa sincérité : nous sommes confrontés à la dure réalité d’un quotidien médiéval, et chaque geste, chaque décision, a son importance.

Dans Kingdom Come: Deliverance 2, nous reprenons donc le parcours de Henry de Skalice, un personnage désormais contraint de repartir de zéro après avoir tout perdu, sauf son slip. Et il va même tout perdre plusieurs fois. L’intrigue se déploie à nouveau dans un contexte politique tendu, où la lutte pour le pouvoir entre Venceslas IV et son demi-frère Sigismond impose un décor d’une certaine lourdeur. Pour ma part, cette tension se ressent non seulement dans les dialogues et les confrontations, mais aussi dans la manière dont le jeu nous invite à gérer nos actions avec la plus grande minutie. En avançant, j’ai découvert que la plupart des rencontres avec un personnage pouvaient influencer l’évolution de l’histoire et, par conséquent, le destin de Henry. Nous ne sommes pas de simples témoins d’un récit figé, nous participons activement à la construction d’un monde dont la moindre nuance compte.

Je ne saurais trop insister sur la richesse narrative de ce titre. La trame principale se construit de manière progressive, mêlant habilement les événements historiques à des choix personnels qui, selon moi, renforcent la crédibilité de l’ensemble. J’ai pu observer, au fil de mes heures de jeu, comment le récit s’adapte à nos décisions, sans jamais nous imposer un chemin unique trop cadenassé. Le jeu propose une évolution naturelle de l’intrigue, où chaque petite victoire ou défaite a son impact sur le déroulement global. Cela m’a souvent amené à m’interroger sur la meilleure manière d’aborder une situation complexe, que ce soit lors d’un duel ou en tentant de négocier avec des personnages aux motivations floues.

Sur le plan du gameplay, Kingdom Come: Deliverance 2 s’impose d’emblée par la technicité de ses mécanismes. Dès mes premières minutes, j’ai dû réapprendre à maîtriser un système de combat qui demande une implication réelle, mais qui est devenu plus clair dans ce deuxième épisode. L’affrontement ne se résume pas à une simple alternance de coups, mais requiert une gestion de l’endurance, une observation précise des mouvements adverses et une adaptation rapide aux imprévus. J’ai ainsi appris à doser mes attaques, à parer avec méthode et surtout à contre-attaquer au moment opportun. Ca m’a d’abord semblé rude, mais elle m’a rapidement séduit par la profondeur qu’elle apporte à chaque duel. Chaque combat se transforme en une véritable partie d’échecs en temps réel, où l’anticipation et la réactivité deviennent essentielles. Enfin, ça c’est pour les duels, parce que je ne vous cache pas que dans les batailles de groupe, c’est bien plus le bordel, mais on a au moins la possibilité de frapper son adversaire lâchement aux tendons par derrière quand il est occupé avec un compagnon. Ben quoi ?

Au-delà du système de combat, le jeu se distingue également par la liberté offerte dans la gestion de l’infiltration. J’ai expérimenté plusieurs approches pour m’introduire dans des zones sécurisées – parfois en adoptant la discrétion la plus absolue, parfois en optant pour des déguisements bien choisis afin de passer inaperçu. Cette mécanique, qui exige de nous observer le comportement des gardes et de saisir la moindre opportunité, est à la fois gratifiante et exigeante. J’ai souvent dû ralentir mon élan pour prendre le temps d’étudier mon environnement et de planifier mes mouvements, ce qui m’a permis de ressentir pleinement la tension de ces moments d’infiltration. Même si le système n’est pas exempt de quelques imprécisions, notamment lorsque l’alerte se déclenche de façon un peu trop rapide, j’ai apprécié cette approche qui nous oblige à nous adapter en permanence.

L’exploration constitue un autre pilier de cette expérience. Sur PS5, j’ai parcouru de vastes zones aux ambiances distinctes. La première, dans la région de Trosky, m’a plongé dans une nature sauvage où la moindre erreur pouvait se révéler fatale (surtout contre les chiens sauvages, bordel !). Ici, les paysages sont d’une authenticité saisissante : des forêts denses aux clairières inopinées, chaque recoin semble avoir été façonné avec une attention particulière. Ensuite, noius avons les villes qui offre une vision contrastée de la vie médiévale.

Ce souci du détail se retrouve également dans la réalisation graphique du jeu. Utilisant le CryEngine, Kingdom Come: Deliverance 2 nous offre des décors d’une qualité visuelle indéniable. J’ai été particulièrement impressionné par la finesse des textures et par la manière dont la lumière se joue sur les surfaces – une qualité qui, à mon sens, contribue énormément à l’immersion. Même si, à certains moments, les animations faciales de certains personnages laissent à désirer, cette imperfection reste marginale par rapport à la qualité globale du rendu. Je me suis souvent surpris à m’arrêter pour observer un lieu ou la lumière filtrant à travers les feuillages.

L’expérience de crafting et de gestion de l’inventaire mérite également d’être soulignée. Dès les premières heures, j’ai appris à forger mes propres armes, à concocter des potions et à réparer mon équipement de manière plus intuitive qu’auparavant. Bien que l’interface puisse parfois paraître un peu lourde, surtout lorsque je devais consulter mon journal en pleine situation de tension, la gestion minutieuse des ressources s’inscrit dans la logique même du jeu, qui nous oblige à rester constamment vigilants.

Sur le plan technique, la version PS5 ne m’a laissé aucun doute quant à la maîtrise de l’optimisation. La fluidité lors des scènes d’action est remarquable, et les temps de chargement, nettement réduits par rapport aux précédents opus, permettent une continuité dans l’expérience de jeu. Même lors des combats les plus intenses ou durant l’exploration de vastes environnements, la console ne semble pas faiblir. Certes, j’ai relevé quelques bugs graphiques mineurs, notamment des effets de clipping dans certaines zones, mais ces défauts restent rares.

L’aspect sonore complète habilement l’ensemble du titre. La bande-son, subtile et bien orchestrée, se fond dans le décor sans jamais imposer sa présence. Le doublage, quant à lui, présente quelques bémols : alors que les voix de Henry ou Hans, interprétées avec conviction, parviennent à transmettre toute la détermination de leurs personnages, certaines prestations des personnages secondaires manquent parfois d’énergie, ou sont complètement à la rue. Heureusement, suite aux retours, les développeurs semblent avoir conscience de ces points faibles et qu’ils envisagent des mises à jour pour améliorer la qualité du doublage.

Au-delà de l’histoire et du gameplay, ce qui m’a le plus marqué, c’est la manière dont Kingdom Come: Deliverance 2 nous invite à repenser notre manière d’interagir avec un monde ouvert. Nous sommes amenés à adapter notre style de jeu à la complexité d’un univers qui, tout en étant impitoyable, nous offre une liberté de choix quasi totale. Chaque mission, chaque dialogue, chaque combat nous pousse à être méthodiques, à observer notre environnement avec attention et à mesurer le moindre geste. Ce degré de réalisme dans la gestion du quotidien et dans l’approche des situations, qui demande à la fois patience et persévérance.Et croyez-moi, quand vous croupirez dans une geôle, vous serez heureux d’avoir investi du temps dans le crochetage.

La qualité narrative de Kingdom Come: Deliverance 2 se révèle dans la sobriété et la pertinence de ses dialogues. Contrairement à certains titres qui se contentent de phrases toutes faites, ici, chaque dialogue semble bien réfléchi. Les échanges, même les plus anodins, apportent leur lot d’indices sur les enjeux du récit et contribuent à la cohérence d’un univers où chaque détail compte. J’ai souvent ressenti l’impression de surprendre une discussion qui, bien que simple en apparence, était le reflet d’un contexte historique dense et roiche en informations à ranger dans un coin de son esprit.

En définitive, Kingdom Come: Deliverance 2 sur PS5 se présente comme une expérience exigeante, aussi bien sur le plan narratif que technique. Je ne peux que recommander ce titre à ceux qui cherchent à vivre une aventure authentique, sans fioritures, avec une pointe d’humour et où la réalité du quotidien se mêle à l’intensité des conflits historiques. Ce RPG n’est pas un divertissement facile ; il demande de l’implication, une adaptation constante et un véritable engagement. Toutefois, pour ceux d’entre nous qui apprécient les défis et qui n’ont pas peur d’affronter la rudesse d’un monde où chaque geste a son importance, il offre une richesse qui, je pense, mérite qu’on a ici l’un des ténors de l’année.

Kingdom Come Deliverance 2


SupportsPC, PS5, XBox Series
GenreRPG
Date de sortie04 février 2025
ÉditeurPlaion
DéveloppeurWarhorse Studios
MultiNon


  • La fidélité historique du décor
  • la diversité des approches en combat – plus clair – et en infiltration
  • la qualité graphique sur PS5
  • l’interaction poussée avec des personnages aux comportements réalistes
  • Une narration qui évolue au gré de nos décisions.
  • Le doublage parfois inégal voire ridicule chez certains personnages secondaires
  • L’interface qui peut s’avérer lourde lors des phases de gestion de ressources
  • Quelques imperfections techniques mineures qui, bien qu’elles n’affectent pas l’ensemble, rappellent que le réalisme a un coût.

Kingdom Come Deliverance 2

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En bref

Si vous êtes prêts à vous investir dans un univers où chaque détail compte, alors vous découvrirez un RPG qui vous pousse à repenser votre manière d’aborder le jeu. Ce n’est pas une balade de santé, loin de là, mais une expérience qui, malgré ses quelques imperfections, offre une profondeur et une authenticité rares. Kingdom Come: Deliverance 2 est une invitation à écrire notre propre histoire dans un monde impitoyable et réaliste.

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