Test : Impact Winter (PC v2.0) – Aglagla que frio

Y a de quoi être refroidi !

L’hiver vient ! Le froid, les journées courtes, les microbes qui pointent le bout de leur nez et autres joyeusetés du genre reviennent et c’est le moment de se caler bien confortablement dans son divan pour se lancer un bon jeu, bien au chaud. Dans ce cas, pourquoi ne pas se mettre carrément dans l’ambiance en lançant un jeu post-apocalyptique hivernal qui vous fera relativiser vos quelques minutes à attendre votre bus/train dans le froid matinal ? Sorti en mai dernier, Impact Winter nous promettait bien des frissons, qu’ils soient de froid ou d’angoisse, grâce à son ambiance qui ferait pâlir de jalousie des films comme « Le jour d’après » ou « The thing ». L’accueil fut cependant à l’image de son atmosphère : froid, pour ne pas dire glacial. Hormis une direction artistique très léchée, le soft de Mojo Bones était entaché de nombreux bugs, le rendant complètement injouable. Suite à la sortie du patch 2.0 en septembre dernier, c’était l’occasion de remettre le couvert pour lui donner une deuxième chance. A-t-elle été saisie ?

Senor météo, aglagla quel frigo

Dans Impact Winter, vous incarner Jacob Salomon, un rescapé qui tente de survivre dans un monde devenu glacial suite à un radical changement de conditions climatiques. Seule lumière à l’horizon : un appel radio vous promettant un sauvetage endéans 30 jours. D’ici-là, il devra tenter de survivre.

Pour ce faire, notre cher Jacob ne sera pas seul : entouré de ses 4 amis d’infortune, ils tenteront de sauver leur peau, chacun y allant de sa petite spécialité : si l’un est bricoleur, l’autre sera une excellente cuisinière, etc. En bref, cela se traduira de la manière suivante : Jacob partira à l’aventure pour faire de l’exploration et de la collecte pendant que les autres attendront bien sagement dans votre hub, fabriquant à l’occasion un objet qui pourra vous aider à survivre : une meilleure chaudière, de l’équipement de chasse, de bons repas, améliorer votre robot qui vous aide dans vos phases d’exploration, etc. Si, au début, on commence modeste, votre petit business de la récup prendra de l’ampleur. Seulement, pour arriver à un tel résultat, il ne faudra pas chômer.

Ha ha, ce bon vieux Blane qui ne sait pas remettre du bois dans le feu quand je ne suis pas là et qui meurt d’un rhume. Repose en paix, mon ami.

Crafte-moi un bonhomme de neige

Jacob devra donc braver la tempête hivernale pour se frayer un chemin vers des lieux où se trouvent de précieuses ressources qu’il devra ramener au hub. Si, jeu de survie oblige, on retrouvera fréquemment de la nourriture, il faudra également récolter différents objets pour faire évoluer votre situation via du crafting. A cet égard, les termes « différents objets » semblent être un doux euphémisme : la variété de biens à récolter est hallucinante, à tel point que s’en est complètement ridicule. Par exemple, il existe plusieurs types de câbles : des petits, des gros, des angoraaaaaas (je m’égare). Si par malheur vous ne ramenez pas la bonne taille de câble, vous l’avez dans l’os. Vous avez affronté la glace manquant de céder sous votre poids, les loups, les tempêtes etc. et votre purificateur d’eau ne fonctionnera pas car le câble est trop long. On imagine facilement Jacob tenir ce genre de discours : « La porte ne tient pas parce que ce n’est pas la bonne taille de clous/boulons ? Laisse-moi glisser mon fusil dans ma bouche, histoire qu’on en finisse rapidement ». Bref, soyons honnête : on aime bien le challenge, surtout quand on joue à un jeu de survie, mais il y a peut-être exagération, non ?

Certes, on peut choisir un objet dans la liste de craft pour que le jeu nous mette en surbrillance les éléments nécessaires pour le confectionner et, ainsi, ne prendre que ce dont on a besoin. Mais ça ne marche que pour un item à la fois : il faudra donc faire fréquemment des allers-retours dans le menu. Et, croyez-moi ou non, arpenter ce menu relève de l’enfer. Incroyablement compliquée, l’interface ne permet qu’une navigation laborieuse à travers moult options classés dans des onglets, sous-onglets et sous-sous-onglets, chacun étant activé par des touches à chaque fois différentes. Si, par malheur vous appuyez sur une mauvaise touche, paf, vous êtes bon pour recommencer la manipulation depuis zéro. Il n’est pas rare de se laisser mourir de soif jusqu’à l’extrême limite pour ne pas devoir galérer dans ce fichu menu et perdre son temps (surtout que, rappelons-le, votre temps est compté…).

Simple en apparence…

L’Espace-temps selon Impact Winter

Et dieu sait que les pertes de temps seront nombreuses et vous ennuieront d’une manière colossale : les distances entre votre hub et les lieux à explorer sont gargantuesques, à tel point que l’exploration s’apparente à une longue suite de « frou-frou » (j’imite super bien le mec qui marche dans la neige, non ?) dans une immensité blanche où peu d’éléments viendront tromper votre ennui, si ce n’est à votre désavantage.

Comme vous le voyez, c’est le fun intégral (au passage, les bandes 4:3 ne sont pas un bug : c’était bien à ça que ressemblait le jeu à sa sortie…)

On pourrait résumer les sorties à l’extérieur de la manière suivante : « *marche depuis 5 minutes* Trop cool, des items dans la neige ! Je vais creuser et les ramener ! Robot, creuse pour moi stp… comment on fait déjà ? Fichu menu ! Ah, ça y est ! Waw, des déchets inutiles, trop bien ! Et c’est quoi ce truc noir qui fonce sur moi ? Et @[#’!, je me suis fait croquer par un loup ».

Je n’ai même pas eu le temps de riposter vu que l’animation pour dégainer notre arme mets des plombes à se terminer ! Rajoutez le fait que Jacob a visé, pour une raison qui m’échappe encore, le cerf à la place du loup…

Et encore, ça, ça passe relativement bien à côté des terribles murs invisibles qui sont légions et vous feront bisquer derrière votre écran. Petite cerise sur le gâteau : imaginez maintenant que vos camarades qui patientent au hub sont incapables de bien s’entendre et que, après 20 minutes de trajet (temps réel), vous devez faire demi-tour pour les empêcher de se péter le boule comme de vieux chiffonniers, vous verrez alors que votre sourire se déformera en un horrible rictus d’où émergera une écume blanche de folie, obligeant vos proches à se saisir du numéro de téléphone de l’exorciste le plus proche.

Et encore, imaginez-vous qu’avant la sortie du patch 2.0, c’était bien pire : le jeu ralentissait ou se plantait de manière incompréhensible, les bugs pouvaient corrompre de manière définitive votre partie car, par exemple, votre personnage avait fusionné avec le décor (quand ce n’était pas les NPC ultra importants qui disparaissaient de manière fortuite) et, surtout, best of the best, les temps de chargement. Sérieusement, si des cours de développement de jeu vidéo devaient prendre l’exemple d’un jeu à ne pas suivre pour ses temps de chargement inhumains, Impact Winter serait le meilleur choix. Pour vous donner une idée, à sa sortie, il fallait entre 1 à 2 minutes de temps de chargement entre deux écrans… la version 2.0 oscille entre 15 et 30 secondes (pour les fans de Diablo, on est, en quelque sorte, passé du mode enfer au mode cauchemar – et je pèse mes mots, dixit celui qui a terminé Skyrim sur PS3 et ses temps de chargement de l’infini). Ça irait encore si les temps de chargement n’était pas nombreux, mais même pas : vous passez votre temps à faire des allers-retours entre différentes zones. Partir en exploration est une véritable torture où vous affrontez un écran blanc de neige pendant 10 minutes et un écran de chargement interminable pour quelques minutes de récolte.

Votre pire cauchemar

Pour ne pas partir complètement fâché avec ce jeu, soulignons tout de même sa réalisation artistique qui fait mouche : que ce soit au niveau des graphismes (plus qu’honorables), du soin apporté aux décors (sauf l’extérieur enneigé bien entendu) et de la bande sonore (discrète mais efficace), tout est en place pour vous plonger dans une atmosphère prenante et glacée à souhait. C’est clairement son point fort le plus saillant comme je le mentionnais en introduction. Les plus pinailleurs trouveront toujours quelque chose à redire, mais le commun des mortels appréciera les efforts faits à ce niveau. On appréciera également sa durée de vie plus qu’honnête grâce à sa rejouabilité bien pensée, à l’instar d’un This War of Mine (si vous avez le courage de faire plusieurs parties).

Conclusion

Impact Winter est indubitablement une déception : les promesses de ce soft s’effondrent dès les premières minutes de jeu et laissent place à un immense vide dans lequel ne subsiste qu’une direction artistique bien léchée. En lieu et place du fun auquel on pourrait s’attendre, des heures d’ennuis et frustrations prennent place dont seuls les plus patients des joueurs pourront en venir à bout. La version 2.0 est venue corriger de nombreux bugs qui rendaient le soft injouable à sa sortie, mais force est de constater que le gameplay du jeu ne s’est, pour autant, pas amélioré. Dommage, on en attendait beaucoup de la part de ce jeu.

Temps de lecture : environ 7 minutes

Impact Winter

  • Développeurs Mojo Bones
  • Type Aventure/survie
  • Support PC
  • Sortie v 1.0 : 23 mai 2017 – v 2.0 : 15 septembre 2017
Impact Winter à notre sauce
4/10
Impact Winter à notre sauce
Y'a bon
  • De bons graphismes
  • Une ambiance prenante
  • Une direction artistique soignée
  • Bonne rejouabilité
Beuuuuwark
  • De nombreux bugs qui subsistent malgré son patch 2.0
  • Un gameplay mal fichu
  • Répétitif à souhait
  • Un menu digne de l'enfer
  • Des temps de chargement un poil mieux en 2.0, mais toujours aussi interminables
  • Technique
    3/10
  • Esthétique
    8/10
  • Ergonomie
    2/10
  • Audio
    8/10
  • Contenu
    7/10
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Tests jeux
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Comme vous pouvez vous en douter, j'aime bien les quêtes. Le RPG, c'est la vie (Baldur's Gate, Pillars of Eternity, Neverwinter Nights, et patati). Je suis également preneur de jeux de gestion (Europa Universalis, Stellaris, Tropico, Civilization, etc) et de FPS avec un bon scénar' (Metro 2033, Bioshock, etc.). Je geek actuellement sur Civilization 6, Europa Universalis 4 et Fallout 4.
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