Test : Divinity Original Sin 2 Definitive Edition – La référence

On a rarement vu aussi grand, surtout sur consoles

Adapter un jeu de rôle PC sur console a tout de l’opération casse-gueule et rares sont ceux qui y parviennent. Nous avons déjà eu des réussites en A-RPG avec l’excellent Diablo III, admirablement adapté à la manette, et voici le tour du studio belge (et oui, il faut le rappeler) Larian Studios de s’essayer à l’exercice pour Divinity Original Sin 2 un an après sa sortie en early access sur PC. Pari gagné ?

L’intro pose rapidement les enjeux avec de magnifiques artworks

Divine adaptation

Déjà parent des titres de la “Saga” Divinity (Divine Divinity, Beyond Divinity, Divinity III…) qui existe sur PC depuis une bonne quinzaine d’années, le studio gantois de Larian Studios a pu toucher une plus large audience avec la sortie de Original Sin en 2014. Titre auquel – à mon grand regret – je n’ai pu approcher. Chose en quelque sorte réparée avec cette suite, qui plus est disponible sur console, même si je ne soupçonnais pas l’ampleur du monde qu’offre cette suite. Avec plus de 2 millions de dollars récolté sur Kickstarter pour cette suite (soit 4 fois ce que le studio demandait à la base, c’est dire si les attentes étaient énormes), les gantois ne se sont pas privés pour mettre le paquet et propose un monde et des histoires merveilleusement décrites où chaque élément semble avoir été détaillé avec le plus grand soin.

On a connu des débuts plus glorieux, mais on fait avec ce qu’on trouve

Et c’est dans la peau d’un mage enfermé sur un navire de prisonniers que nous débutons l’aventure. Si l’on loue les systèmes de choix des titres de Bioware, croyez-moi vous n’avez encore rien vu en comparaison avec ce que Divinity Original Sin 2 propose tant chaque choix semble définir la personne que vous êtes dans le regard des autres. C’est idiot dit comme cela, tant cela paraît logique, mais dans un jeu, on ne s’attend pas forcément à une telle richesse et à de telles implications. Car c’est bientôt sur des rivages inhospitaliers et avec des compagnons d’infortunes que vous allez écrire la légende.

Avancer précautionneusement et jauger chaque choix est donc primordial, tant dans les dialogues que dans les différentes situations. Et ce ne sont pas les situations d’apparence anodines et se révélant de grande ampleur qui manquent, soyez donc vigilant, tout le temps, et cela ne suffira de toute façon pas, tant le jeu s’amuse à s’adapter tout le temps et à vous prendre par surprise, tantôt dans l’une de vos action anodine, tantôt en donnant à un objet ramassé un peu par hasard une importance capitale dans un conflit, offrant une autre issue que la violence.

C’est difficile de tout prévoir, mais on ne peut s’empêcher d’essayer, de tenter de contrôler la situation en tant que joueur, mais – pour le plus grand bien du jeu – c’est impossible et ce qui fait son grand intérêt. Avec aussi pour conséquences de ne pas réellement savoir à quel moment les choses ont pu déraper… vous savez… histoire de relancer une sauvegarde. Il n’y a nulle situation ou résolution parfaite, tout n’est que conséquences et inévitablement, vos actions pourtant bénéfiques pourraient s’avérer désastreuses pour d’autres ou d’un autre point de vue.

Le monde vit et bouge autour de nous sans que nous n’en soyons le point central. En résulte un livre de quête très – trop – touffu dans lequel il est facile de se perdre, de passer du temps à lire des informations floues, voire inutiles, ou encore complexes à appréhender, ce qui peut être problématique quand il s’agit de compléter les quêtes des compagnons. Même constat pour tous les menus de personnages ou d’inventaires, déroulant ses sous-menus laborieux à consulter à la manette et débordant de statistiques et données. La lisibilité général du jeu s’en ressent un peu, tant dans les décors magnifiques mais surchargés de détails dans lesquels il est parfois compliqué de visualiser correctement les choses, que dans les menus très complets.

Visuellement c’est très beau, mais aussi un peu chargé

Privilégiez-vous la subtilité, la brutalité, la manipulation ? Vous êtes libre de mener chaque mission, dialogue ou situation de la manière qui vous plaît, en prenant bien garde donc que cela aura un impact plus ou moins important sur votre réputation. Néanmoins, cette liberté sera quelque peu cloisonnée aux choix de compétences que vous ferez en cours de route, celles plus avancées auront par définition plus de statistiques et donc vous faciliteront la tâche.

Original Sin 2 tient tout autant des JRPG (je vous entends hurler d’ici “QUOI ?! Du JRPG dans un CRPG ?”) avec ses combats au tour par tour – véritable attrait pour ma part –  mais prenant aussi en compte les environnements pour positionner son équipe le plus efficacement possible tout en jouant avec ce qui se présente : l’ennemi a les pieds dans l’eau ? Un sort de Foudre et c’est terminé, voire du poison pour les plus pernicieux ! Mais évitez de marcher sur une flaque d’huile, sait-on jamais que l’ennemi dispose de quoi l’enflammer… Et faites aussi attention à vos coéquipiers, il serait dommage qu’ils soient pris dans l’une de vos attaques de zone. Un peu délicat à prendre en main les premières heures – la faute aussi à des alliés qui ont parfois du mal à vous suivre et se trouve trop loin de l’action – le système de combat se révèle riche en possibilités malgré l’absence du combo souris/clavier plus adapté au genre. On attaque, se déplace, utilise des sorts ou des parchemins assez aisément via des raccourcis bien utilisés.

Et avec  plus de 200 sorts, le joueur est libre de créer les combinaisons qui lui conviennent le mieux. Disposant de 3 jauges à gérer (Vie, Armure et Bouclier magique), le joueur devra d’abord essayer de percer l’une des deux armures avant de pouvoir faire des dégâts direct à la jauge de vie, obligeant le joueur à jongler avec ses personnages et à penser à leur complémentarité sans se reposer sur les attaques les plus puissantes de certains, puisqu’elles peuvent se révéler parfaitement médiocre sur certains ennemis. D’ailleurs, en rejoignant votre équipe, chacun vous parlera de ses atouts tout en vous laissant libre de leur attribuer un autre rôle, afin de monter un groupe complémentaire aux capacités de ceux déjà présents. En découle donc un certain bazar sur l’écran, entre vos personnages, les ennemis, les décors interactifs et détaillés et les différents effets de sorts.

On ne soupçonne pas l’ampleur de ce que Divinity Original Sin 2 Definitive Edition propose

Si le jeu permet de créer son propre avatar, il propose également (et surtout dirais-je) d’incarner 6 héros (personnalisables aussi, de la classe à son apparence), chacun doté de sa propre histoire, qui rejoindront le vôtre (avec une partie de leurs arcs narratifs), et il serait vraiment dommage de créer son propre avatar, en se privant des arcs scénaristiques prévus par les développeurs tant le travail fourni en écriture est gigantesque et de qualité. Même si il faut avouer que les combinaisons possibles sont vraiment intéressantes, vous privant certes de l’arc scénaristiques, mais proposant des choix originaux, comme jouer un mort-vivant (avec ce que cela comporte de relation sociale problématique) ou un Lézard Moine. D’ailleurs, sachez qu’un Mort-Vivant dans l’équipe vous permettra de déverrouiller les serrures à l’aide de ses phalanges, ou qu’un Lézard saura se passer de pelle pour déterrer des objets.

Néanmoins, je ne cacherais pas que – comme tout bon livre également – la mise en route (bien que très rythmée et intéressante) est assez longue et qu’il vous faudra vous dédier au jeu pour en tirer la substantifique moëlle (oui, on cite Rabelais dans un test de jeu vidéo, la qualité d’écriture vaut bien cela). Avec une durée de vie colossale et une difficulté bien dosée mais présente, Divinity Original Sin 2 n’est pas le genre de titre à lancer sur votre console le soir pour vous vider la tête. C’est lui qui vous aspirera dans son monde.

Je vous déconseille de partir avec le Prince Rouge au départ, l’avoir comme compagnon est bien plus délicieux

Si l’on oublie un peu sa date de sortie en early access, cette Definitive Edition se pose sans trop de souci comme sérieux prétendant au titre de Jeu de l’Année, titre Ô combien contesté cette année. C’est beau, détaillé, riche, bien écrit, rempli à raz-bord de contenu et impliquant comme rarement. On peut par contre trouver un revers à cette liberté totale. Le jeu – tout codé qu’il est – ne parvient pas toujours à tout prendre la mesure de ses possibilités, permettant par exemple de tuer n’importe quel PNJ – dont ceux relatifs à des quêtes importantes – ou en omettant certaines de vos actions parce que vous n’êtes pas encore censé les avoir accomplies.

Ouais, de la coop’ online ET locale en écran splitté

Si le jeu dispose d’un mode multijoueur en arène pour des affrontements entre joueurs, il propose aussi – asseyez-vous – de la coopération en local ou en ligne ! Quoi de mieux de profiter de l’aventure entre amis ? Fort heureusement pour vos amis justement (et pour moi en passant) il ne faut pas nécessairement passer par la case Divinity Original Sin premier du nom pour se plonger dans cette suite, les personnages et l’intrigue étant complètement indépendante puisque de mémoire, nous nous situons environ 1000 ans plus tard.

Néanmoins, vous démarrez avec le petit désavantage de ne pas connaître le monde et sa logique, un apprentissage qui se fera donc les premières heures et tout au long du jeu à travers les dialogues, et un nombre invraisemblable de lectures optionnelles, mais à disposition pour tout qui voudrait se plonger dans l’histoire du monde. L’exploration est également un grand moteur de progression, car on ne sait jamais ce qui se cache dans les décors, ce que l’on peut y récupérer et quelles petites aventures cela peut mener.

Conclusion

Si la forme pourra surprendre les joueurs consoles tant le titre respire le C-RPG, e qui demandera d’ailleurs un certain temps d’adaptation en terme de prise en main, le travail de Larian Studio reste exemplaire sur console. Le titre est beau, fluide, fourmille de détail et propose une aventure de grande qualité. C’est sans doute un peu plus laborieux manette en main qu’avec une bonne vieille souris, néanmoins, on ne peut nier le grand soin qui a été apporter pour rendre le jeu le plus digeste possible à la manette sans trahir sa richesse.

Temps de lecture : environ 6 minutes

Divinity Original Sin 2 Definitive Edition

  • Développeurs Larian Studios
  • Type Jeu de rôle
  • Support PS4, Xbox One, PC
  • Sortie 31 Août 2018
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Divinity Original Sin 2 Definitive Edition à notre sauce
9/10
Divinity Original Sin 2 Definitive Edition à notre sauce
Y'a bon
  • Un contenu gigantesque
  • Une grande qualité d'écriture
  • Une liberté inouïe
  • Chaque détail est travaillé
  • Du multijoueur coopératif local
Beuuuuwark
  • Un livre des quêtes assez fouilli
  • C'est un peu bordélique pendant les combats
  • La liberté entraîne parfois des d'incohérence
  • L'exploration est assez peu lisible sur grand écran tant les décors fourmillent de détails
  • Les sauvegardes automatiques qui figent le jeu
  • Technique
    9/10
  • Esthétique
    8/10
  • Ergonomie
    8/10
  • Audio
    9/10
  • Contenu
    9/10
Catégories
Tests jeux
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.
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