Et non, Dante n’est pas qu’un gamin irrévérencieux qui combat des démons adeptes de boissons énergisantes. Bien avant cela, début des années 2000, il était aussi les restes de Léon S. Kennedy, une version abandonnée lors des errements de développement de Resident Evil 4. Projet trop bien fichu pour être jeté, Capcom a donc remanié la recette et relooké Léon en chasseur de démon charismatique armé d’une énorme épée et de deux flingues affectueusement nommés Ebony et Ivory (qui vivent bien en parfaite harmonie on vous rassure). A l’ère des portages, collections et Remaster HD, voilà que le plus cool des fils de démon rejoint la nouvelle génération… une façon de tâter le terrain ? Sans doute, mais à quel prix…?

Le lissage ne fait que souligner le manque de polygones sur nos écrans actuels

My Name is Trish

Au prix de 30€, en fait, pour la collection des trois premiers Devil May Cry en HD et en 60fps. Si vous voulez mettre la main sur les 4 épisodes, il existe aussi une version bundle incluant l’épisode 4 Special Edition pour 15€ de plus en dématérialisé. Néanmoins, si votre but est de découvrir un pan de l’histoire vidéoludique avec cette compilation, il va falloir vous accrocher un peu.

Car oui, le premier Devil May Cry était un épisode consacré, d’une violence mais aussi d’une “coolitude” rare pour l’époque, redéfinissant un genre un peu en perte de vitesse. Fils du démon Sparda et d’une humaine, Dante n’a de cesse d’abattre ses frères démoniaques depuis que sa mère et son frère se sont fait tuer par les engeances. Jusqu’au jour où la troublante Trish fit une entrée fracassante dans son bureau, l’empalant sur sa propre épée avant de lui jeter une moto au visage. Les présentations amicales étant faites, la jeune femme au visage familier est venue chercher l’aide de Dante pour repousser la venue de Mundus, l’empereur des Enfers sur l’île de Mallet.

Relancer DMC 1 donne bien des frissons, et le lissage est appréciable… de loin

La particularité à l’époque tenait au dynamisme des combats, Dante maniant aussi bien l’épée que les pistolets, passant de l’un à l’autre pour venir à bout des ennemis les plus coriaces peuplant le château de Mallet, allant jusqu’à les projeter en l’air avant de les maintenir en suspension à l’aide de rafales de balles. Une jauge de Style évalue d’ailleurs en permanence le joueur et sa capacité à varier les combos plus cool les uns que les autres pour le rétribuer en orbes rouges, destinées à booster les caractéristiques de notre Dante. S’ajoutent à cela divers artefacts récupérés au fil de l’aventure, comme des cestes de feu ou des bottes démoniaques, afin de varier les plaisirs et les beignes.

Les boss n’étaient d’ailleurs en pas en reste avec des affrontements mémorables, souvent en plusieurs phases et accompagnés des remarques cinglantes d’un Dante désinvolte qui sait qu’il va lui botter le cul de toute manière. Ces boss ont d’ailleurs souvent une fin misérable et leur mort parvient souvent à toucher le joueur, à l’image de l’aigle de foudre pitoyablement écrasé par Mundus lui-même pour son incompétence à stopper la progression de Dante. Les décors rivalisaient de beauté avec de superbes plans fixes (même s’ils pouvaient causer quelques soucis de maniabilité) dans des environnements gothiques à souhait, avec la qualité des jeux japonais qui s’approprient l’esthétique européenne.

Une galerie est disponible pour apprécier le travail graphique

Si le premier et le troisième épisode font clairement figure de hits, ce dernier s’attardant sur la “jeunesse” de Dante et ses conflit familiaux effleurés dans le premier épisode (ce coquin de Vergil), le second était tout de même moins inspiré, avec un second personnage jouable pour booster un peu la durée de vie, mais nous faisant repasser dans les mêmes environnements qu’avec Dante. Mais ceci s’expliquait partiellement par une équipe de développement différente du premier épisode, un peu dans les bottes des “faiseurs” et non celles des “créateurs”, reléguant ce deuxième jeu dans les étagères assez rapidement. Néanmoins, s’il ne corrigeait pas les soucis de caméra, Devil May Cry 2 introduisait le changement d’armes à la volée (là où il fallait repasser dans les menus dans le premier), de nouvelles transformations en démon et la possibilité d’esquiver.

Bien plus réussi, Devil May Cry 3 reprenait toutes les bonnes idées des deux jeux, rajeunissait drastiquement Dante et Vergil et donnait la possibilité de sélectionner un style de combat parmi 4 au début de chaque niveau, styles qu’il était possible d’améliorer au fil de l’expérience engrangée. La Special Edition ici incluse permet d’ailleurs d’incarner le surpuissant Vergil.

(é)Dante

Mais voilà, aussi bonnes et précurseuses que furent les aventures de Dante, elles ont tout de même assez vieilli tant au niveau du gameplay qui – en 2018 et après une foule de jeux s’étant basés sur la série – parait un peu limité, que visuellement où il va falloir faire preuve de plus d’ouverture d’esprit. Certes, cette version apporte enfin les 60fps dont nous étions privés sur les versions originales, mais cela était déjà le cas du Remaster Ps3/Xbox 360 sorti en 2012.

La pilule DMC2 ne passe pas forcément mieux en HD

Cette nouvelle sortie PS4/Xbox One ne rajoute en fait que l’affichage en 1080p et d’un rendu plus net de la 3D. C’est là qu’on se rend compte de l’âge de ce brave Dante à qui une cure de polygones tout frais aurait profité, puisque sur nos écrans actuels, la modélisation apparaît grossière, les décors très pixelisés et – comble du tout – les cinématiques comme le menu sont restés inexplicablement dans leur définition d’origine et en 4:3.

Conclusion

3 jeux d’anthologie, proposés dans un écrin indigne d’une nouvelle compilation. Morceaux d’histoire vidéoludique, il est certain que parcourir de nouveau Devil May Cry 1 et 3 (principalement) en 60 images par seconde et en 1080p vaut le coup pour les sensations de gampelay, le personnage de Dante et le rythme frénétique des combats, mais visuellement, les jeux portent le poids de leur âge sans qu’un soin particulier n’ait été apporté par les développeurs pour le réaligner avec notre époque. Alors que les éditions « Remastered » bichonnées se multiplient, c’est un peu triste de voir Devil May Cry revenir dans cet état.

Devil May Cry HD Collection

  • Développeurs Capcom
  • Type Action
  • Support PS4, PC, XBox One
  • Sortie 13 Mars 2018
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Titiks

Quadra assumé, daron de 3 apprenties gameuses, fan de tout ce qui est capable de raconter une bonne histoire. Touche-à-tout, mais surtout de bonnes aventures qui savent surprendre, et dévoué à l'univers console depuis que Sega était plus fort que tout, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée #2AMFather.

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