Vous parler de Danganronpa reste très difficile. Déjà il faut rester objectif alors que l’amour que je porte à cette série est grand, mais alors très grand. Ensuite parce que ce n’est pas pour tout le monde, qu’il faut adhérer à son univers, laisser la suspension d’incrédulité prendre le dessus à chaque instant et se plonger tête la première dans le jeu de massacre le plus réjouissant de toute la création.

\o/ C’est repartiiiii \o/>

Que le massacre commence

Je ne vais pas m’appesantir sur le scénario du jeu, puisqu’il s’agit encore une fois de 16 étudiants Ultimes mystérieusement emprisonnés dans une école par un ours en peluche mécanique nommé Monokuma. Complètement coupés du monde mais disposant de tout le confort nécessaire pour mener une vie presque normale, ils seront poussés par le maître des lieux à s’entre-tuer jusqu’à ce qu’il n’en reste que deux. Au terme d’un jugement tenu par les survivants, l’assassin parvient à faire porter le chapeau à un autre, il sera libéré et tous les autres seront exécutés. Si à l’inverse, le tueur est confondu, c’est lui qui en paiera le prix avant que la vie ne reprenne dans l’école… jusqu’au prochain meurtre. Car Monokuma n’est jamais à cours d’idée pour pousser les personnes les plus innocentes au crime, la terreur et le chantage étant ses armes de prédilection.

Vous pouvez toujours essayer de fuir hein… essayer…

Un troisième épisode donc qui reprend plus ou moins le même constat de base que le premier, à savoir des étudiants amnésiques dotés de capacités propres enfermés ensemble et voués à tuer ou être tués. Mais ne vous attendez pas à de la redite… ou plutôt si, puisque Danganronpa prend son temps à démarrer après un faux départ brisant le 4ème mur. Attendez-vous toujours à lire des dialogues s’adressant soit directement à vous ou évoquant le scénario du jeu voire le gameplay tout au long du titre, Danganronpa se faisant un malin plaisir de partir dans absolument tous les sens.

Et cette fois, Monokuma n’est plus seul. Ses 5 enfants – les Monokumers – sont également présents, tout aussi barrés mais pas moins dangereux puisque leur père les a gratifiés d’Exisals, d’énormes armures de combats mortelles… On incarne alors Kaede, la Pianiste Ultime qui essayera de maintenir la cohésion de l’équipe, malgré des caractères très différents, des personnages ambigus et les tentations perverses de Monokuma… qui ira jusqu’à promettre la liberté sans condition au premier meurtrier, histoire de lancer les hostilités dans la joie après leur avoir bien montré qu’aucune autre échappatoire n’était possible.

Mentir ce n’est pas bien, Monokuma ne ment jamais. A p’luche !

Ding Dong, il est 22 heures

Et Dieu sait que j’ai envie de vous en dire plus, de vous parler des événements dépassant le premier chapitre, du premier meurtre injuste, de la première punition révoltante, des nouvelles idées toujours plus inattendues, des revirements à chaque nouveau chapitre. Mais quel gâchis ce serait. Les nouveaux étudiants ultimes sont au pire intéressants, au mieux parfaitement adaptés à l’histoire, du versatile Kokichi à l’étrange Korekiyo en passant par la dévote Angie, qui sous son apparence douce et enfantine se révèle au fil du jeu à proprement parler terrifiante.

Danganronpa V3 vous emmène à tombeau ouvert dans les limbes du désespoir !

Mais ce n’est pas tout puisque les Monokumers réservent aussi des surprises inattendues et une tonne de secrets, en plus des frasques habituelles de Monokuma. “Habitudes” voilà un mot que les développeurs ont voulu bannir de ce nouvel épisode, puisque si le déroulement des séquences reste assez classique (avec les phases de “mobiles” de Monokuma, la “vie normale”, la découverte d’un corps, la phase d’enquête et enfin le jugement menant à la mort d’un protagoniste) chaque chapitre offre des nouvelles zones à explorer, de nouvelles pistes scénaristiques qui prennent la logique à contre-pied, des révélations sur les étranges étudiants, dont certains cachent bien des choses ou plus d’informations sur le monde extérieur.

De tous, Kokichi est le plus difficile à cerner… mais pas forcément le pire

Que les nouveaux venus se rassurent : il est possible de se plonger dans l’aventure sans avoir fait les deux premiers – même si l’histoire est plus savoureuse avec les événements précédents en tête – d’autant que c’est le premier épisode intégralement traduit en français. Et quand je dis intégralement, il s’agit d’une excellente traduction en français qui conserve autant le ton que la vulgarité de certains protagonistes, tout en affichant également les éléments visuels en français également. Les jeux de mots ont également été conservés au mieux, des “Bonj’Ours” des Monokumers au “A Peluche” qu’ils lâchent en partant. On comprend d’autant moins que les versions PS4 récemment disponibles des précédents titres n’aient pas profité d’un patch identique à leur sortie. A noter tout de même que pour la version PSVita (la plus adaptée selon moi), le français et le doublage japonais sont à télécharger sur le Playstation Store gratuitement, mais grappillant quelques gigas supplémentaires sur nos cartes mémoires.

Class Trials

De la nouveauté également lors des phases de jugement, puisque de nouvelles mécaniques s’ajoutent à celles déjà connues. Le “Non-Stop Debate” est toujours au coeur de ces phases tendues où vous devez écouter tout le monde avancer des arguments en temps réel et appuyer ou contredire le bon avec les “Balles de vérités” façon Phoenix Wright. Attention, car en cas d’erreur, la suspicion augmentera en votre défaveur.  Nouvelle possibilité lorsque le débat s’enlise où que vous sentez qu’une la discussion de mène à rien, le mensonge permet également de contredire un adversaire et d’affirmer par exemple qu’un personnage ne peut pas être suspect puisqu’il était – par exemple – en votre compagnie au moment des faits. A user avec parcimonie, et lors de phases précises, le mensonge rajoute un peu de piment aux confrontations verbales sans toutefois chambouler la tenue du procès.

Angie crois en un dieu “Divinementiel” ! C’est flippant

Il peut se produire également que les survivants se regroupent en deux camps opposés, phases durant lesquelles vous devrez user de vos contre-arguments en un temps limité à chaque affirmation adverse. Quelques mini-jeux viennent donc ponctuer les débats, comme le Outlaw Run, sorte de Outrun où vous devez récupérer des morceaux de phrases, ou l’affrontement final contre le meurtrier sous forme de jeu de rythme métaphorique. Épuisants nerveusement, et ne proposant qu’une seule sauvegarde à mi-parcours, les Jugements sont passionnants à suivre, et sont conclus par un récapitulatif des  faits par le biais d’une BD à reconstituer résumant le modus operandi du meurtre.

Conclusion

Les fous furieux derrière la série Danganronpa se sont une fois de plus surpassés pour nous offrir une aventure drôle, cruelle et terriblement bien ficelée et jusqu’au-boutiste. On ne saurait que vous conseiller ce nouvel épisode, qui profite d’une traduction française de qualité, d’un univers complètement dingue et des personnages ambigus.

Toujours aussi joli et profitant une fois de plus de ses mécaniques riches et d’un scénario diabolique, Danganronpa V3 Killing Harmony est exactement ce qu’on pouvait espérer : la même chose, en encore plus fou. Alors certes il faut être amateur de bonnes histoires et accepter une certaine lenteur de l’action, mais l’histoire elle, vous emmène à tombeau ouvert dans les limbes du désespoir !

Danganronpa V3 Killing Harmony

  • Développeurs Spike Chunsoft
  • Type VNovel diabolique
  • Support PS4, PSVita, PC
  • Sortie 29 Septembre 2017
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Xavier Henry - Titiks
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

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