Le mythe de Cthulhu exerce depuis longtemps une fascination étrange sur moi. Cette horreur venue d’ailleurs, où l’humain se découvre minuscule face à des forces qui dépassent l’entendement, m’a toujours parlé. Et plus encore depuis que j’ai découvert l’œuvre de Robert Chambers qui a influencé le maître de Providence, mais c’est une autre histoire.

Au cours des âges la mort même peut mourir.

Quand j’ai lancé Cthulhu: The Cosmic Abyss, je ne savais pas exactement à quoi m’attendre. Je cherchais à la fois cette sensation d’insignifiance cosmique et une vraie expérience de jeu d’enquête. Le titre de Big Bad Wolf (que j’avais déjà apprécié pour son jeu épisodique narratif The Council et Vampire The Masquerade : Swansong) m’a offert les deux, parfois de manière surprenante, parfois de manière frustrante, et m’a laissé avec des images qui tournent encore dans ma tête.

Nous incarnons Noah Williams, agent d’une organisation qui gère les affaires occultes dans un monde de 2053 où les phénomènes inexplicables se multiplient. Après un tutoriel qui donne le ton, l’histoire commence réellement par une mission de routine qui tourne rapidement au cauchemar : la disparition d’une équipe de minage au fond du Pacifique. Derrière cette opération se cache un milliardaire aux ambitions bien plus sombres et les vestiges d’une cité cyclopéenne nommée R’lyeh. Le jeu nous place en position d’observateur d’une horreur déjà consommée. On fouille des lieux figés, on lit les traces laissées par ceux qui ont perdu pied avant nous. Cette distance renforce paradoxalement l’impact. On ne subit pas directement la terreur, on la reconstitue morceau par morceau, ce qui laisse notre imagination combler les vides avec une efficacité redoutable. Là, le jeu a bien compris ce qui faisait le sel des écrits de Lovecraft.

Le gameplay repose presque entièrement sur l’enquête et la déduction. Chaque chapitre nous lâche dans un environnement étendu que nous explorons en ramassant documents, enregistrements et indices physiques. Tout atterrit dans un « Palais Mental » façon Sherlock Holmes où nous relions les éléments, formulons des hypothèses et validons des déductions.

Le sonar constitue l’autre pilier du système : analyser un objet consomme de l’énergie, mais révèle ensuite tous les éléments similaires dans la zone, parfois à travers des murs ou dans l’obscurité. Il faut combiner jusqu’à trois signatures pour affiner les recherches. Ce mélange de fouille, d’analyse et de réflexion donne des moments de satisfaction réelle, surtout quand une connexion surgit après de longues minutes de tâtonnement. Les énigmes gagnent en complexité au fil des chapitres et culminent dans un final particulièrement retors qui m’a obligé à prendre des notes et à tout relire avec attention.

Le jeu propose des choix qui influencent une jauge de corruption. Selon la voie empruntée pour résoudre certaines énigmes, on renforce ou on limite l’influence des forces anciennes. Ce système modifie légèrement le parcours et mène à plusieurs fins. J’ai privilégié la voie la moins corrompue, mais l’envie de refaire certains chapitres pour explorer l’autre option reste forte. Les développeurs ont aussi intégré des modes de difficulté (Investigation et Exploration) ainsi que des aides via l’IA Key, ce qui permet d’ajuster l’expérience sans trahir l’esprit du titre.

Visuellement, Cthulhu: The Cosmic Abyss m’a souvent beaucoup plu. Les abysses océaniques, les structures impossibles suspendues dans le vide, les ruines cyclopéennes et les scènes cosmiques grandioses profitent pleinement d’Unreal Engine 5. L’éclairage volumétrique et les effets sous-marins créent une ambiance dense et oppressante. La bande-son accompagne parfaitement ces moments : discrète quand elle doit laisser place au silence angoissant, ample et inquiétante lors des révélations. On passe d’instants de pure contemplation à des séquences où l’échelle des éléments nous rappelle à quel point nous sommes petits.

Bien sûr, le jeu n’est pas exempt de défauts. Les contrôles et l’interface manquent d’intuitivité, surtout quand il s’agit de manipuler les indices ou de placer des objets. Je ne vous conseille pas de poser la manette quelques jours avant de reprendre, on est facilement perdu au retour. Certains passages de plateforme tombent un peu à plat et les animations faciales oscillent entre le très bon et l’étrange. Le doublage souffre aussi de quelques baisses de régime selon les personnages. Ces défauts existent, mais elles ne parviennent pas à gâcher l’expérience globale quand on accepte le rythme lent et contemplatif que propose le titre.

Cthulhu: The Cosmic Abyss


SupportsPC, PS5, XBox Series
GenreEnquête
Date de sortie16 avril 2026
ÉditeurNacon
DéveloppeurBig Bad Wolf
MultiNon


  • Un système d’enquête profond et gratifiant qui récompense vraiment l’attention portée aux détails.
  • Une direction artistique et une ambiance qui traduisent avec force l’esprit lovecraftien.
  • Des énigmes variées qui utilisent intelligemment le sonar et l’environnement.
  • Une progression qui sait surprendre même quand on pense avoir tout vu.
  • Une ergonomie et des contrôles parfois maladroits.
  • Un platforming superflu dans un niveau précis.
  • Quelques problèmes techniques (crashes, animations inégales) encore présents au lancement.

Cthulhu: The Cosmic Abyss

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En bref

Au final, Cthulhu: The Cosmic Abyss m’a offert exactement ce que j’étais venu chercher : une plongée sérieuse et respectueuse dans le mythe, servie par un gameplay d’enquête et une présentation souvent splendide. Il ne révolutionne pas le genre, mais il l’incarne avec une conviction et une cohérence rares. Si vous appréciez les jeux d’enquête posés, les ambiances cosmiques et les univers lovecraftiens, je vous le recommande sans hésiter.

4
Close

NEXT STORY

Close

Nacon espère faire de vous des designers avec Architect Life: A House Design Simulator

30/05/2024
Close