Les jeux adaptés d’anime, c’est un peu la roulette russe du jeu vidéo. Pour un Naruto Ultimate Ninja Storm qui claque sévèrement jusqu’à plus soif, combien de Jump Force ou de Jujutsu Kaisen: Cursed Clash viennent ternir le tableau ? C’est simple : ce genre relève presque plus du pari que de la production vidéoludique classique. Alors, quand Bleach: Rebirth of Souls a été annoncé, j’étais plus que réticent. J’ai appris à me méfier des adaptations de mangas aux qualités trop aléatoires.

Une adaptation bankai

À première vue, ça sentait le déjà-vu, le genre de titre qui surfe mollement sur une licence culte sans trop se fouler. Mais après y avoir passé des heures, je dois l’avouer : ce jeu m’a surpris, et pas qu’un peu. Développé par Tamsoft et édité par Bandai Namco, cet opus et semble avoir l’ambition de ne pas se contenter d’être un produit dérivé paresseux (comme bien trop d’adaptations).

Dès les premières minutes de jeu, le ton est donné : on n’est pas là pour bourriner sans réfléchir. Le gameplay repose sur un rythme rapide, presque frénétique, mais il exige de la précision et une vraie stratégie. Chaque personnage a son propre style, et ça change tout. Par exemple, avec Ichigo, je peux enchaîner des combos légers et rapides jusqu’à 65 coups si je m’applique, même si les dégâts restent modérés. À l’inverse, un Chad bien boosté cogne dur, mais il faut le placer avec soin, parce qu’il est plus lent à démarrer. Cette diversité force à s’adapter constamment, et ça m’a vite accroché. Personnellement, j’ai énormément de plaisir à manier Yoruichi, qui est inarrêtable une fois lancée à pleine vitesse.

Le système de combat mélange attaques légères et lourdes, faciles à lier en combos fluides, avec une gestion de positionnement qui donne une vraie profondeur. Les coups spéciaux, comme les Kion, sont un plaisir à balancer : il faut d’abord affaiblir l’adversaire jusqu’au dernier quart de sa barre de vie, puis le cueillir avec une attaque bien timée pour faire descendre son compteur de vies. J’ai adoré ce côté échecs, où chaque échange devient une partie de lecture et de bluff. Si je baisse ma garde une seconde, l’adversaire peut retourner la situation avec un contre bien placé – et croyez-moi, ça m’est arrivé plus d’une fois.

Il y a aussi la jauge de reverse, une sorte de ressource grise qui permet de prolonger les combos ou de déclencher des compétences spéciales. Elle se vide vite, mais elle offre des options tactiques intéressantes : je peux spammer deux ou trois attaques boostées avant de devoir temporiser. Ajoutez à ça une jauge de garde qui s’épuise si je bloque trop longtemps, et vous comprenez qu’on ne peut pas jouer les tortues éternellement.

Si l’adversaire me met la pression, je peux briser sa garde ou tenter un breaker (R1 sur PS5) pour interrompre son assaut et riposter. Et puis, il y a les téléportations – un petit coup de stick au bon moment quand l’ennemi frappe, et hop, je me retrouve dans son dos, prêt à enchaîner avec une petite mise en scène qui met la pression. C’est jouissif quand ça passe, mais ça demande un timing d’horloger.

Les déplacements latéraux et les dashs ajoutent encore une couche : je peux feinter, esquiver, revenir dans la mêlée. Au début, j’ai galéré à maîtriser tout ça, surtout sur manette – ce n’est pas hyper intuitif de prime abord. Mais une fois le déclic fait, ça devient un plaisir. Le tutoriel aide bien, d’ailleurs : il détaille chaque mécanique sans trop nous noyer d’informations, même si j’ai dû m’y reprendre à deux fois pour tout intégrer. Bref, c’est accessible sans être simpliste, et ça récompense ceux qui creusent.

Avec des dizaines de personnages au compteur, Rebirth of Souls ne fait pas semblant. Je n’ai pas encore tout exploré, mais chaque combattant que j’ai essayé m’a semblé viable, avec ses forces et ses failles. Ichigo mise sur la vitesse et les combos aériens, tandis que Chad encaisse et punit avec des coups massifs. Même les matchups qui m’ont donné du fil à retordre ne m’ont jamais semblé trop déséquilibrés. Il suffisait d’ajuster mon approche, de lire leurs patterns, et de frapper au bon moment. Cette variété m’a bluffé : on n’est pas sur du copié-collé avec des skins différents, chaque perso a vraiment sa patte.

Le système d’équipement et de progression renforce ça. En ramassant des Soul Fragments dans les modes solo ou en ligne, on peut débloquer des talismans, des améliorations ou des buffs temporaires via la boutique. Rien de révolutionnaire, mais ça motive à grinder un peu pour optimiser son main. Et franchement, voir Chad se buffer et démolir tout sur son passage, c’est le genre de moment qui fait sourire.

J’y ai peu joué, parce que clairement, ça ne m’intéresse pas, mais en ligne, le jeu ne semble pas avoir de lag dans les inputs. Les matchs avec des amis sont simples à lancer grâce à un système de codes de salle, et les duels restent tendus. J’ai eu des parties serrées où tout se jouait sur une esquive bien placée. Même face à des humains, le gameplay tient ses promesses : il y a de la profondeur, du mindgame, et assez de diversité dans les styles pour que ça ne tourne pas en rond. Ça ne rivalise pas avec les ténors du genre, mais pour un jeu à licence, c’est mieux qu’espéré.

Visuellement, Rebirth of Souls met le paquet sur le style. Les poses des persos à l’écran de sélection, la musique qui cogne dès le menu principal – on sent que Tamsoft a voulu rendre hommage à Bleach. Les cutscenes alternent entre séquences animées parfosi un peu molassonnes et portraits illustrés qui bougent subtilement, avec un doublage intégral (anglais et japonais). J’ai opté pour la VO japonaise, bien évidemment, les doublages anglais de mangas sont toujours spéciaux. Les attaques spéciales, comme un Getsuga Tensho bien senti, claquent à l’écran avec une mise en scène qui fait mouche.

Mais tout n’est pas parfait. Les cutscenes trahissent un budget limité : un Abarai qui tire à l’arc sur du vide, des animations faciales un peu raides, ou une légère sensation de flou sur les modèles 3D. Ça ne ruine pas le plaisir, mais on sent que le polish visuel aurait pu aller plus loin. Les environnements, eux, restent corrects, vides, parfois destructibles pour renforcer l’impression de puissance (le sol principalement) sans marquer les esprits. Disons que le style compense largement ces petits accrocs.

Autant le dire cash : le mode histoire m’a déçu. Il suit le début du manga jusqu’à l’arc des Arrancars, entre dialogues en visual novel et combats ponctuels, mais la mise en scène manque cruellement de punch. Les modèles à peine animés parlent pendant des plombes sur des fonds statiques, et l’ensemble donne une vibe low-cost qui jure avec le soin apporté ailleurs. Jespérais retrouver le punch de la série animée qui m’avait bien scotché à l’époque, mais là, j’ai rapidement fini par passer toutes les séquences narratives. Les fans y trouveront peut-être leur compte pour revivre des moments clés, mais pour ceux comme moi qui ont vu la série il y a une dizaine d’années et qui espéraient raccrocher grâce à l’ambiance, c’est une occasion ratée. Heureusement, il y a les Real Moments – des scènes bonus à débloquer en remplissant des défis – qui ajoutent un peu de sel, mais ça ne sauve pas l’ensemble.

En dehors de l’histoire, le jeu propose des histoires annexes qui se débloquent au fil du jeu, et un mode Missions façon arcade, où je peux farmer des ressources avec n’importe quel perso. C’est basique, mais efficace pour tester de nouveaux combattants ou grinder sans pression.

Au final, Bleach: Rebirth of Souls m’a conquis par son gameplay. Ce n’est pas un titre qui se repose sur la licence pour exister – il tente des choses, et souvent avec succès. Le combat est nerveux, technique, et récompense la patience autant que l’audace. Le roster varié et le multi solide en font un vrai plaisir à jouer, seul ou avec des potes. Mais je ne vais pas mentir : le mode histoire bancal et les petits défauts visuels empêchent le sans-faute. Si vous aimez les arena fighters et que Bleach vous parle, foncez sans hésiter. Pour les autres, ça reste un excellent jeu de baston qui peut vous happer, même sans connaître l’anime.

Le jeu ne restera sans doute pas dans les annales du genre, mais clairement, on est en face d’une proposition très honnête pour un titre qui a eu aussi peu d’adaptations. Il me semble que la dernière proposition sur console date de 2011 sur PS3… il y a donc 14 ans !

Bleach Rebirth of Souls


SupportsPC, PS4, PS5, XBox Series
GenreVersus Fighting
Date de sortie20 mars 2025
ÉditeurBandaï Namco
DéveloppeurTamsoft
MultiOui


  • Couvre une large partie du manga
  • Un gameplay nerveux et profond qui mélange combos, contres et stratégie.
  • Des effets visuels réussis
  • Les histoires annexes
  • Une belle brochette de personnages
  • Le mode histoire, cheap et peu inspiré.
  • Des cutscenes parfois raides et un léger manque de polish visuel.
  • Une prise en main qui demande un temps d’adaptation.

Bleach Rebirth of Souls

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En bref

Bleach Rebirth of Souls aurait mérité plus d’ambition, notamment sur l’aspect technique et la mise en scène. En l’état, c’est un jeu correct pour les inconditionnels de Bleach, mais qui ne tiendra pas sur la durée face aux mastodontes du genre. Une résurrection incomplète, en somme.

3.5

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