Depuis sa sortie en… 2020 (Quoi ? Déjà 5 ans ?), Dragon Ball Z: Kakarot occupe une place spéciale dans ma ludothèque. Pas tant pour ses combats, qui n’ont jamais rivalisé avec la technicité des jeux de baston purs, mais pour son monde ouvert débordant de cette nostalgie qui me ramène à mes soirées d’enfance à rêver des exploits de Goku. C’est sans doute encore la meilleure adaptation en jeu d’aventure du manga de Toriyama, et c’est une excellente nouvelle qu’il continue de se mettre à jour au lieu de sortir de nouvelles itérations. Avec le temps, pourtant, ma sauvegarde s’est couverte de poussièr, puis est arrivé DAIMA, un premier DLC en deux parties inspiré de l’anime un peu controversé Dragon Ball DAIMA. Et je suis forcé d’admettre que si je n’ai pas été client de la série animée, ce contenu m’a quand même redonné envie de chausser les bottes de Goku.
Bienvenue au Royaume des démons
Dès les premières minutes, ce DLC bouscule tout. Fini les envolées rapides dans les cieux : Goku en version Mini se retrouve cloué au sol, incapable de voler. Cette contrainte imposée par la série animée un peu sans raison change radicalement la manière dont on explore le Royaume des démons. Les vastes étendues de ce monde, avec ses îles flottantes, ses plantes luminescentes et ses reliefs escarpés, paraissent immenses quand on doit les parcourir… à pied. Comme chaque colline devient un obstacle, ce choix donne une échelle impressionnante à la carte, bien plus vaste que les zones du jeu de base. On ressent le poids de chaque pas, et cette sensation, au départ un peu frustrante, rappelle les premières aventures de Dragon Ball, où l’exploration primait sur la recherche des combats.

Le Royaume des démons lui-même est un personnage à part entière. Ses paysages qui mêlent jungles luxuriantes, structures extraterrestres et cieux lourds, dégagent une aura de mystèrieuse surtout pour les nouveaux arrivants. On y croise les insectes qui remplacent les Senzus et qui confèrent des bonus stratégiques en combat, et des Rumeurs, des bribes d’histoires qui enrichissent l’univers au-delà de ce que propose l’anime DAIMA. CyberConnect2, fidèle à sa réputation, a conçu un monde qui ne se contente pas d’être une toile de fond : il vous invite à fouiller chaque recoin pour dénicher des collectibles ou des petites quêtes secondaires.


La transformation de Goku en Goku (Mini) ne se limite pas à un simple relooking. Son arsenal s’adapte à sa nouvelle forme, et le Nyoi Bô arrive au cœur du gameplay. Dans Kakarot, ce n’est pas juste un clin d’œil nostalgique : le bâton redéfinit les combats. Les attaques s’enchaînent avec une nouvelle fluidité, moins axée sur les combos aériens et plus sur des coups précis, presque tactiques. J’ai pris un plaisir à frapper les Gendarmes insignifiants du Royaume des démons avec ce bâton, surtout quand il s’allonge pour toucher plusieurs ennemis d’un coup. Les combats, entièrement au sol à l’image du DLC Tenkaichi Budokai, gagnent en intensité grâce à cette contrainte. On doit réfléchir à ses déplacements, anticiper les attaques des adversaires, surtout contre les fameux Tamagami.

Les alliés jouent aussi un rôle clé. Glorio et Panzy partagent avec Goku des interactions pleines d’humour et de camaraderie, capturent parfaitement l’esprit de Dragon Ball. J’ai bien retrouvé leur caractère, grâce à des dialogues qui sonnent juste et un doublage impeccable. Comme indiqués plus haut, les Insectes ajoutent une couche stratégique : en les collectant, on peut déclencher des effets temporaires, comme des boosts de stats ou des malus pour les ennemis, ce qui rend les affrontements plus variés.

Ce qui m’a marqué, c’est l’effort mis dans la construction de la nouvelle carte. Contrairement aux DLC précédents, qui se contentaient souvent d’adapter des arcs narratifs connus, celui-ci recrée un univers original. Les quêtes secondaires, comme chasser des dinosaures pour des repas boostant les stats ou discuter avec des PNJ pour glaner des informations sur les Rumeurs, donnent mieux vie au monde.
Un contenu généreux, mais pas sans défauts
Avec des dizaines de quêtes secondaires, des collectibles disséminés partout et une liberté d’exploration surprenante pour un DLC, il surpasse en ampleur tout ce que Kakarot a proposé jusqu’ici. Les activités annexes, comme la pêche ou la chasse, rappellent le jeu de base, mais le Royaume des démons leur donne une nouvelle saveur grâce à son esthétique unique. J’ai apprécié la liberté de choisir mon chemin entre les objectifs, même si la linéarité imposée par l’absence de vol peut dérouter au début. Ce DLC ne se contente pas d’ajouter une poignée de missions : il propose une aventure complète qui m’a motivé à reprendre le jeu, bien plus que le DLC du Tournoi.

Cela dit, tout n’est pas parfait. Si l’exploration à pied apporte une certaine originalité, elle peut sembler restrictive pour ceux d’entre vous habitués à survoler les vastes cartes de Kakarot. Certains environnements, bien que magnifiques, manquent parfois de variété, et les activités secondaires, comme la pêche, reprennent des mécaniques déjà vues sans les réinventer. Enfin, la transition vers le Royaume des démons peut déstabiliser si vous n’êtes pas familier avec DAIMA, même si le jeu fait un bon travail pour contextualiser l’histoire.
Ce DLC m’a surpris par sa capacité à renouveler l’expérience Kakarot. En misant sur l’exploration terrestre, un gameplay repensé et une narration riche en humour, il offre une aventure qui se démarque des extensions précédentes tout en enrichissant le jeu de base. Que vous soyez un fan de Dragon Ball – même très critique envers Daima – ou que vous découvriez DAIMA, ce nouveau voyage a de quoi vous happer. La deuxième partie, prévue pour début 2026, devra confirmer cette ambition et apporter les versions adultes des nouvelles formes, mais ce premier chapitre pose de bonnes bases. Si vous avez laissé Kakarot de côté, comme moi, ce DLC est une excellente raison de reprendre la manette.