FATED The Silent Oath | Test

Le silence a le poids des larmes

Déjà disponible sur PC depuis un an, Fated : The Silent Oath a débarqué il y a peu sur Playstation VR. L’occasion de nous plonger dans cette aventure narrative au temps des Vikings qui nous place dans la peau d’Ulfur, un père et mari aimant qui a été ramené à la vie en échange de sa voix, pour protéger ceux qu’il aime alors qu’une menace gigantesque menace leur monde.

Le serment du silence

Fated se veut davantage une expérience cinématographique qu’un réel jeu, même si il s’agit ici de progresser dans des environnements, d’interagir avec d’autres personnages ou de résoudre quelques énigmes très simples. Ce qui frappe de prime abord, c’est la qualité de la réalisation. Pour un jeu VR, qui plus est tournant sur console, les développeurs de Frima Studios ont réussi à obtenir des environnements qui ont une réelle présence et qui paraissent tangibles, en ne cherchant absolument pas à être réalistes. On évolue plutôt dans une ambiance assez sombre, mais sans pour autant vouloir se rapprocher du réel. Cela cadre d’ailleurs très bien avec la narration, contée à travers les yeux d’Ulfur à la manière d’une légende. Par contre, la modélisation des personnages pourra en rebuter plus d’un, même si on s’y habitue au final assez rapidement. Leurs animations quant à elles manquent un peu de naturel. Mais nous sommes assez vite happés dans l’aventure, sans trop de malaise, puisque si les déplacements se font à la manette, les rotations se font par à-coup via des angles paramétrables dans les options. Les habitués auraient sans doute préférés avoir le choix des déplacements complètement libres, mais cela limite au moins la cinétose au maximum.

Ragnarök

Ah mais toi t’as un doublage insupportable !

L’histoire déploie d’ailleurs son background à travers les dialogues, sans grands moyens, le but étant justement de nous faire vivre l’aventure du point de vue d’une famille tout simple, en proie à des événements qui la dépasse. Des personnages sont évoqués sans jamais être rencontrés, tout comme des notions de mythologies nordiques, ce qui demande au joueur d’être impliqué dans l’histoire, et cela fonctionne plutôt bien, les dialogues étant tous doublés en français mais d’une qualité inégale je dois dire (la fille d’Ulfur a un doublage atroce).

Imparfait, Fated : The Silent Oath ouvre la voie des productions narratives convaincantes en réalité virtuelle.

Le rythme est également assez lent, avec cependant quelques passages d’action aussi efficaces que rares, à l’image de la fuite en chariot ou la traversée d’un ravin immense. L’immersion fonctionne, et la lenteur générale du jeu – même si l’aventure ne dure au final d’une bonne heure – rend les passages d’action plus spectaculaires.

Quelques énigmes d’une facilité déconcertante parsèment l’aventure, et si elles participent à l’immersion et s’avèrent cohérentes avec l’aventure, la volonté de les rendre extrêmement simples pour ne pas bloquer les joueurs les rend presque inutiles, ce qui est dommage, d’autant qu’elles n’apportent pas d’éléments narratifs supplémentaires.

Si Ulfur est muet, il peut néanmoins communiquer avec son entourage, en hochant la tête lorsqu’on lui pose une question. Et même si cela n’impacte pas la progression, ce simple système de oui-non aide à s’immerger dans cette petite famille, d’autant qu’ils réagissent sur le coup différemment à votre réponse.

Un corbeau sur la charrue… jamais un bon présage…

Le plus gros défaut pourrait venir de la durée de vie du titre, qui ne semble être une première partie introduisant une suite inévitable. En témoigne la fin extrêmement abrupte du jeu qui laisse le périple en suspens après un événement tragique. Si cela se justifie narrativement, on se retrouve quelque peu frustré avec une histoire incomplète et pour l’instant sans information supplémentaire sur la suite.

Conclusion

Imparfait, Fated : The Silent Oath ouvre la voie des productions narratives convaincantes en réalité virtuelle. Très joliment réalisé, introduisant plusieurs façons de jouer malheureusement trop séquencées (l’arc à flèche par exemple), le titre de Frima joue la carte de l’implication émotionnelle à travers l’histoire simple d’une famille confrontée au Ragnarök. Si l’intégralité de la production souffre de maladresses (le doublage inégal, les énigmes simplistes, la dernière partie frustrante), le jeu est une promesse d’un second épisode qui devra améliorer la recette pour réussir l’essai. En l’état, c’est très prometteur.

Temps de lecture : environ 3 minutes

FATED : The Silent Oath

  • Développeurs Frima Studio
  • Type Légende VR
  • Support PS4, PC
  • Sortie 28 Mars 2017
FATED : The Silent Oath à notre sauce
7/10
FATED : The Silent Oath à notre sauce
Y'a bon
  • Très joliment réalisé
  • Une histoire à l'échelle humaine
  • Quelques lieux magnifiques
  • Une variété dans le gameplay
  • Le joueur muet peut interagir avec les autres
Beuuuuwark
  • Plutôt court
  • Doublage inégal
  • Une fin abrupte
  • Des énigmes anecdotiques
  • Les déplacements bridés à des angles prédéfinis
  • Technique
    7/10
  • Esthétique
    9/10
  • Ergonomie
    9/10
  • Audio
    6/10
  • Contenu
    4/10
  • Cinétose
    9/10
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Tests jeux
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.
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