Attention : expérience. Oubliez la notion de jeu vidéo, oubliez tout même. Everything est un titre qui n’est pas destiné à vous faire jouer, mais à vous proposer une philosophie, celle exprimée par Alan Watts, dont le jeu vous propose plusieurs véritables enregistrements audio.

Welcome to Everything

La notion principale à retenir dans Everything, c’est que vous allez pouvoir incarner absolument tout ce que vous verrez. Alors, il n’est pas question de mondes extrêmement riches, mais d’une quasi infinité de mondes générés de façon procédurale, dans une forme techniquement assez simple et aux animations limitées (la façon de se déplacer des quadrupèdes est à mourir de rire). On apprend à penser, à interagir avec le monde, à danser, à faire des groupes avec d’autres créatures et on parcourt le monde, dans la peau d’une infime bactérie jusqu’à l’abstraction de l’univers, en passant par des êtres vivants, des planètes, des continents ou n’importe quel objet rencontré.

L’idée est fascinante, même si elle est parfois mal branlée.

Parcourir Everything s’avère d’abord curieux, voire même décevant aux premiers abords. Puis on découvre les pensées des êtres environnants, on apprend à changer de perspective et parcourir l’univers dans la forme que l’on souhaite. Un genre d’énorme encyclopédie permet de cataloguer toutes les formes – vivantes ou inertes – que nous incarnons au fil des heures, allant jusqu’à nous permettre de modifier la nature du monde où nous évoluons. Il devient en effet possible au bout d’un moment de sélectionner une apparence parmi celles déjà découvertes et de l’incarner où nous le souhaitons. Vous voulez incarner un soleil géant au milieu d’une ville ? C’est possible. Une fourmi aux dimensions cyclopéennes dans l’immensité de l’univers ? Faites-vous plaisir.

Chacun de nous est une manifestation de l’énergie totale de l’univers.

Au fil de vos pérégrinations parfois hilarantes, ennuyeuses ou hypnotiques, vous aurez le loisir d’écouter de véritables enregistrements du philosophe Alan Watts, dont les idées étaient fortement influencées par le Zen asiatique, dont il a passé sa vie à adapter au monde occidental. L’idée principale de cet Everything est alors – à travers son concept et les enregistrements audio – de vous enfoncer dans le crâne les concepts du philosophe et que tout contient tout, que nous sommes une partie de l’univers, que celui-ci nous contient autant qu’il fait partie intégrante de nous. Il le fait d’ailleurs de manière fort ludique puisque vous pourrez rapidement passer de l’échelle microscopique à celle au-delà de l’univers en quelques instants, et j’avoue avoir trouvé l’idée fascinante, même si elle est parfois mal branlée.

En effet, outre les animations limitées des quadrupèdes qui nous sortent immédiatement du voyage mental – mais qui s’explique par un budget limité j’imagine – l’intégralité du soft est resté en anglais. Ceci ne pose pas réellement de problème pour la progression ou l’intégration purement systémique du gameplay, mais se farcir les réflexions philosophiques en anglais sous-titré anglais n’a rien de très reposant et n’invite pas à s’immerger complètement dans le concept. C’est d’autant plus dommage qu’il aurait fallu simplement traduire les sous-titres. En l’état, Everything ne peut pas être conseillé au plus grand nombre, puisque privé de ses enjeux philosophiques, Everything n’est qu’un petit jeu étrange vendu trop cher.

Conclusion

J’ai beaucoup ri au début mais je suis resté, dans mes fins de soirées un peu vaporeuses, complètement captif de la proposition étrange qu’est Everything. Ce n’est pas très beau, intégralement en anglais, pas très optimisé à complètement fascinant en terme d’expérience, en plus de nous faire découvrir une personnalité originale connue des années 70. Malgré son côté maladroit par moment, on sent que Everything reste un projet sérieux dans ses détails et son propos, même si les limites budgétaires semblent avoir quelque peu saboté le projet.

Everything

  • Développeurs David OReilly
  • Type Expérience philosophique
  • Support PS4, PC
  • Sortie 21 Mars 2017
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Titiks

Quadra assumé, daron de 3 apprenties gameuses, fan de tout ce qui est capable de raconter une bonne histoire. Touche-à-tout, mais surtout de bonnes aventures qui savent surprendre, et dévoué à l'univers console depuis que Sega était plus fort que tout, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée #2AMFather.

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