Si le précédent épisode m’avait un peu surpris dans sa narration d’aventure un peu plus popcorn, “Strange Case” revient vite se placer dans l’univers de Lovecraft Country. On a un peu l’impression que la récréation est terminée et qu’on est de retour dans les enjeux sérieux de la série. Et si jusqu’ici chaque épisode mettait un personnage plus en avant que les autres, c’est au tour de Ruby – tombée dans les filet de l’étrange William – de briller.

Attention, cette critique va forcément révéler des moments de l’intrigue globale de Lovecraft Country épisode 5 « Strange Case »

Question d’apparence

Après une nuit torride passée avec le valet des Braithwhite, une jeune femme blanche se réveille apeurée, ne se reconnaissant pas dans le miroir. Affolée et à moitié habillée dans les rues du Southside, Ruby, dans son corps étranger, renverse un jeune afro-américain venu l’aider, ce qui déclenche une intervention policière musclée pour la défendre. Car après tout, une pauvre femme blanche dans un quartier noir est forcément une victime n’est-ce pas ? Ramenée de force chez William, Ruby est en proie à d’étranges et douloureuses convulsions. Et c’est sur un plancher précautionneusement recouvert de plastique que William viendra la dépecer vivante. Bienvenue dans le cinquième épisode de Lovecraft Country.

Et aux infos, une invasion de sauterelles

Si je devais donner un thème à cet épisode “Strange Case”, ce serait celui de la libération. En effet, Ruby n’est pas morte, mais a en quelque sorte “mué”, et a vécu l’espace d’un instant les “privilèges des blancs”. Une phrase est d’ailleurs très intéressante, quand elle dit que les autres n’avaient pas peur d’elle, mais peur pour elle tandis qu’elle appelait à l’aide. Grâce à la magie de William, et en échange d’un peu de souffrance tout de même, Ruby se retrouve à pouvoir disposer d’un alter-ego blanc qui lui permet de décrocher un emploi dans un magasin non pas en tant que vendeuse mais directement comme assistante de direction.

Elle se retrouve aussi à conseiller l’unique vendeuse de couleur, Tamara – bien moins qualifiée qu’elle – pour l’aider à s’en sortir, et à supporter le racisme des autres vendeuses qui ne se privent pas pour être des plus ignobles. Mais le marché avec William n’est pas gratuit, Ruby devant lui rendre un service un peu plus tard, à savoir placer “un certain objet” dans le bureau de la Loge de Chicago – que l’on sait  maintenant ennemie des Braithwhite.

Une autre réflexion de Ruby est intéressante, car elle se demande s’il est plus compliqué d’être de couleur ou d’être une femme. Un sentiment d’entraves perpétuel qui reste d’actualité, montrant que le combat n’est toujours pas terminé pour les femmes.

Mais comme Christina le lui rappelle, la magie ne sert au final qu’à briser les limites et à montrer au monde ce dont on est capable sans entrave. S’ensuit tout un cheminement de pensée pour Ruby, qui tente d’abord de profiter de ses privilèges de femme blanche dans un monde de blancs. Mais après un âpre combat interne, et un choix quant aux sentiments de compassion et de jalousie envers Tamara qu’elle éprouve, Ruby finira par profiter de son nouveau pouvoir pour se venger dans la deuxième scène la plus violente de l’épisode, qui met en avant de la domination, des talons aiguilles et un certain sadisme. Ruby est un personnage en colère, constamment frustrée par sa condition malgré ses compétences et ses efforts. Avec la magie, sa part sombre peut prendre le dessus sur ses bourreaux.

On pourrait par contre se demander pourquoi Ruby – en changeant de peau – devient une femme blanche et mince, alors que son vrai “moi” est d’une toute autre corpulence. J’avoue ne pas avoir compris le pourquoi de ce choix, mais cela donne lieu à des scènes de transformation impressionnantes et visuellement douloureuses, quand la peau blanche craque et éclate sous l’effet de la pression quand le sérum de William cesse de faire effet, et que les lambeaux de chair retombent sur le sol. 

Libération également pour Montrose, qui après s’être fait battre très violemment par Atticus suite à la disparition de Yahima, se retrouve chez son amant Sammy pour une scène de sexe explicite, confirmant finalement son identité sexuelle. Cette dernière est également assumée un peu plus tard, dans un bar tandis qu’il se laisse envahir par la musique. A cet instant, il se dévoile réellement, embrasse publiquement Sammy, en même temps qu’il assume son changement.

Libération pour Atticus et Leti, qui se laissent aller à leur passion dévorante, ou quand Atticus libère littéralement sa rage contre son propre père. On remet aussi en cause la traduction des pages du Livre des Noms, un livre maudit dans lequel ils pourraient trouver un moyen de se protéger des sorciers. Mais le désir de protection pourrait – comme l’indique Leti – faire plus de mal que de bien, en témoignent les actes de Montrose pour protéger son fils.

L’identité et les apparences sont au cœur de cet épisode, les corps et les esprits changeant pour le pire et le meilleur, et les apparences étant toujours trompeuses.

On termine sur deux éléments qui serviront d’intrigue pour plus tard, puisque Ruby ne cesse de demander à William et à Christina (on laisse tomber le suspense tout de suite : ils sont la même personne, prouvant ici aussi que même elle a besoin d’un garant masculin pour être prise au sérieux) ce qui se cache au sous-sol, et une traduction partielle des pages par Atticus, qui semble être paniqué par ce qu’il en comprend. Alors qu’il décroche le téléphone, on comprend qu’il appelle Ji-ah, un personnage énigmatique lié au passé d’Atticus en Corée, qui a déjà été évoqué dans les deux premiers épisodes, à la fois comme soutien et comme ennemie. Et c’est en Corée que nous amènera le prochain épisode de Lovecraft Country où nous aurons vraisemblablement beaucoup d’explications quant à la mystérieuse Coréenne et ses liens avec la magie.

La semaine prochaine, on lève le voile sur Ji-ha

Par contre, on se demande tout de même si Yahima reviendra sous une forme ou l’autre, le personnage ayant été l’intérêt principal d’un épisode complet avant d’être complètement écarté dans « A History of Violence« , je trouve étrange qu’on n’en entende déjà plus parler.

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Xavier Henry - Titiks
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

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