D’Arlsan, je ne connaissais rien, ou presque. Un trailer il y a quelques mois, le nom de son auteur, déjà à l’origine de Full Metal Alchemist, et 25 épisodes de la nouvelle série plus tard, j’étais relativement impatient de poser mes mains sur la version Muso bien nommée Arslan The Warriors of Legend (une sonorité qui n’est pas sans rappeler également Dynasty Warriors). Pour le meilleur ?

Pour l'honneur
Pour l’honneur

Ça se passe en Parse

Arslan aura fort à faire pour reconquérir son trône
Arslan aura fort à faire pour reconquérir son trône

Pour les néophytes, Il est ici question du royaume de Parse, dirigé d’une main de fer par le roi Andragoras. A la tête de sa prestigieuse et invaincue cavalerie, Andragoras repousse sans mal les envahisseurs des pays voisins désireux de mettre la main sur les richesses de Parse. C’est alors que les Lusitaniens – peuple au dieu unique désireux de propager la bonne parole à coup de lance et de bûchers – attaquent Parse et mettent en déroute l’armée d’Andragoras. Le roi est capturé, la capitale prise, et le jeune Prince Arslan échappe de  peu à la mort face à un traître dans son propre camp. Commence alors la reconquête progressive de Parse à la tête d’un petit groupe d’idéalistes ayant la ferme intention de mettre le gentil prince Arslan sur son trône légitime…

Sans atteindre des sommets, les décors sont plutôt réussis, à défaut d'être nombreux
Sans atteindre des sommets, les décors sont plutôt réussis, à défaut d’être nombreux

C’est grossièrement résumé pour faire simple, mais le propos est un peu plus nuancé que cela, alors qu’il est question de conflits tant religieux qu’idéologiques dans les deux camps, et rien n’est aussi manichéen qu’il n’y paraît de prime abord. A savoir qu’il s’agit également de l’adaptation en série animée d’un roman ayant débuté en 1986 écrit par Yoshiki Tanaka. Dans la lignée d’un Lodoss, les personnages répondent à des stéréotypes assez connus, mais c’est bien le monde dans lequel ils évoluent qui rend le tout intéressant, renvoyant aux nôtre par certaines références (la Parse, la capitale Ecbatana, renvoyant à un site iranien…) et mettant en valeur autant de points de vue que d’idéologies.

Kishwald déchaîne ses deux épées
Kishwald déchaîne ses deux épées

L’histoire  faisant la part belle aux batailles entre armées tout comme aux duels épiques, Omega Force  semblait tout indiqué pour adapter cette série en jeu vidéo, et le moins qu’on puisse dire c’est que le résultat est très loin d’être honteux.

Sacré Parseur

Tahaminé, reine mudite
Tahaminé, reine maudite

La série n’étant pas encore terminée, il sera question de vivre ici l’intégralité de la première saison. Une fois n’est pas coutume, la narration est parfaitement rythmée, le jeu utilisant les temps de chargements pour narrer l’histoire entre deux batailles, donnant ainsi l’impression de regarder une série, alternant séquences de gameplay contre des milliers de soldats et plans semi-fixes purement narratifs. On enchaîne ainsi sans temps morts les différentes batailles (même les plus anecdotiques, comme la fuite de Ghib et de la reine dans les égouts d’Ecbatâna) tout en suivant la narration au plus près du manga. A ce niveau, Arslan se révèle être une vraie réussite ! On passe au cours d’une même bataille d’un héros à un autre pour suivre leurs aventures et varier le gameplay. On pense notamment à l’arrivée à Peshawar, qui nous fait incarner tour à tour plusieurs personnages (dont Kishwald) pour d’abord se frayer un passage vers la forteresse à travers les troupes Lusitaniennes, puis contourner le premier chemin à travers une rivière pour porter secours à Ghib et Farangis restés coincés sous la pression de l’ennemi. La progression est donc très dynamique et saura à coup sûr convaincre les réfractaires à la recette Dynasty Warriors. Les personnages étant très bien modélisés en Cell-Shading et parfaitement doublés en japonais (pour des textes en anglais), l’impression de se retrouver dans les combats de la série n’en est que plus grande, l’histoire étant de plus ponctuées de cinématiques usant du moteur de jeu pour souligner les passages les plus importants.

Arslan déferle littéralement sur les ennemis grâce au Marzban Rush
“Yashassin !”

Si l’on peut regretter que les ennemis aient l’air de surgir de nulle part à certains moments, le jeu reste fluide à chaque instant, même au coeur de la mêlée ou pendant les fameux Marzban Rush, ces moment où – en pleine bataille – le joueur prend la tête de 500 soldats un court instant pour défoncer des barrages avec la cavalerie, faire énormément de dégâts grâce aux fantassins ou brûler certains obstacles grâce aux archers. Les batailles rendent parfaitement l’aspect épique de la série (voire l’accentuent), voletant d’un héros à l’autre, défouraillant les hordes d’ennemis à coups de lance ou de sabots (voire de pinceau… oui, Narsus se bat aussi avec un pinceau).

De nombreuses cinématiques appuient le récit pour un rythme soutenu
De nombreuses cinématiques appuient le récit pour un rythme soutenu

Chaque personnage est équipé de deux armes, lesquelles peuvent être échangées à la volée grâce aux touches directionnelles, variant d’un coup le gameplay et la nature des combos. Fidèle à la tradition du Musô, les touches carré et triangle servent respectivement aux coups faibles et forts, et la combinaison de celles-ci permet une variation de combos, alors que de nouveaux enchaînements se débloquent à mesure que l’on maîtrise l’arme équipée. La touche R1, quant à elle, sert au coup unique de chaque personnage (Daryûn empale un adversaire avant de le projeter sur ses ennemis, Arslan recule brusquement avant de foncer droit devant lui, Narsus envoie de la couleur qui explose au bout d’un moment…), mais peut aussi être utilisée en plein combo après une frappe forte pour enchaîner directement avec la seconde arme équipée, rendant les coups encore plus dévastateurs pour les hordes ennemies. L1 servant à la garde (couplé au stick, cela devient une esquive), la touche rond est employée pour exécuté une attaque spéciale surpuissante rendue possible par une jauge qui se rempli au fil des coups ou des items ramassés. Chaque héros ayant un gameplay complètement différents, se battant à la lance, à l’épée, au luth, à l’arc ou avec diverses autres armes, le gameplay de la campagne se renouvelle souvent, d’autant que les environnements – relativement vides mais plutôt jolis en regarde de la série – se permettent de nombreux passages à coups d’échelles, de chutes de rochers ou de passages uniquement atteignables avec Elam et son saut unique.

Et à Parse ça ?

En plus des armes, il est possible au fil des niveaux de s’équiper de cartes à découvrir sur le champ de bataille apportant divers bonus de statistiques. Des sets prédéfinis peuvent même être automatiquement équipés (à condition de posséder les cartes idoines) pour profiter de nouveaux bonus spécifiques. Un système de fusion de cartes permettra aux complétionnistes de fusionner plusieurs cartes entre elles pour en obtenir de plus puissantes.

Dommage que les duels souffrent de l'imprécision du gameplay
Dommage que les duels souffrent de l’imprécision du gameplay

Si parcourir Arslan est vraiment agréable pour le joueur grâce à sa narration, à son habillage graphique et à son gameplay très efficace et varié, il n’en reste pas moins que certains défauts viennent entacher un peu le tout. Outre les petits problèmes liés aux surnombres d’ennemis évoqués plus haut, le jeu reste intégralement en anglais, ce qui pourra rebuter les joueurs, car sans connaître les enjeux et les liens entre les personnages , le titre perd beaucoup de sa saveur. En outre, les habitués des Dynasty Warriors pourront être déçus du manque de variétés des modes annexes, car à part un mode en ligne coopératif (en ligne et hors-ligne) pour parcourir les missions du jeu, une galerie encyclopédique ou un Mode Libre permettant de rejouer des missions annexes mettant en avant un autre point de vue (celui d’Hilmes ou Zandeh par exemple), rien d’autre ne vient égayer le mode principal. En outre, seuls une quinzaine de personnages sont jouables pour une dizaine d’environnements différents, c’est cohérent en regard du matériel original, mais peu pour les fans habitués au genre.

La technique unique de Jaswant est un peu hors de propos mais assez efficace
La technique unique de Jaswant est un peu hors de propos mais assez efficace

Enfin, si le gameplay s’avère extrêmement efficace et jouissif lors des mêlées, il devient très brouillon quand il s’agit de duels. Viser un seul ennemi s’avère compliqué pour une maniabilité pensée à la base pour les combats de masse. Surtout que les ennemis principaux sont dotés d’une armure qu’il faut d’abord briser pour espérer leur infliger des dégâts, et qui se régénère en quelques secondes, leur permettant d’absorber vos coups tout en préparant leurs attaques.

Conclusion

Au final, je dirais qu’il faut voir Arslan The Warriors of Legend comme une adaptation très réussie d’une série intéressante. Si l’on devait voir ce titre au travers du prisme unique d’un Dynasty Warriors, il n’offre pas assez de contenu pour satisfaire les habitués biberonnés à Samurai Warriors 4, mais à mon avis, il faut voir ici l’une des meilleures adaptations possibles d’une série animée, qui arrive à mélanger une excellente narration, un rythme ininterrompu qui nous empêche de lâcher la manette, des graphismes réellement réussis et un gameplay varié et très dynamique. Les quelques défauts ne suffisent vraiment pas à couler ce titre, il réussira à plaire aux fans d’animation qui – si ils ne connaissent pas déjà la série – trouveront ici une histoire très bien racontée enrobée de beaux graphismes, d’un système de combat dynamique et sans aucun temps mort. Bref…

Arslan The Warriors of Legend

  • Développeurs Omega Force
  • Type Beat’m Up narratif
  • Support PS4, PS3, PC, XBox One
  • Sortie 12 Février 2016

Y’a bon!

  • Un rythme parfait
  • Joli graphiquement
  • Affrontements hyper dynamiques
  • Environnements réussis
  • Gameplay varié
  • Une adaptation pertinente

Beuargh!

  • Manque de variété dans les modes annexes
  • Brouillon en duel
  • En anglais
  • C’est juste la saison 1
  • La carte qui prend beaucoup de place sur l’écran

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Xavier Henry - Titiks
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

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