The Legend of Zelda – Perfect Editions

La série culte chez Soleil Manga

Parce que le jeu vidéo est aujourd’hui un vaste univers étendu, qu’il se compose maintenant de séries, jeux, films, livres et bandes-dessinées, voire spectacles et concerts, on profite de l’opportunité offerte par Delcourt pour vous parler de 3 adaptations manga de Zelda par Akira Himekawa, mais via les “Perfect Editions”, ces éditions de luxe cartonnées comportant bonus et pages en couleurs. Parce que bon… avoir en une seule édition reliée l’ensemble de l’histoire permettra de garnir nos bibliothèques aux côtés des éditions collectors et Amiibos de la licence.

Mais plus prosaïquement, il y a du bon, de l’excellent mais aussi du plus discutable dans ces adaptations.

The Legend of Zelda – Ocarina of Time

Des pages couleurs rafraîchissantes

Et on débute avec le gros morceau, puisque Ocarina of Time est littéralement un chef d’oeuvre vidéoludique qu’il paraît dangereux d’adapter en seulement deux tomes de mangas… et bien vous n’auriez pas totalement tort de le penser. Doté d’un premier chapitre tout en couleur, Ocarina of Time le manga prend le temps de retranscrire les événements de Link enfant avec une fidélité qui plaira aux fans du jeu. Paradoxalement, j’ai trouvé cette première partie un peu longuette justement, elle aurait pu occuper un tiers du récit que l’histoire aurait gagné en dynamisme. La seconde moitié de l’histoire avec Link adulte est par contre plus expéditive, alors qu’elle contient tous les enjeux de la première qui paraît du coup trop importante. Une troisième partie n’aurait pas été de trop (et aurait complété plus aisément ces Perfect Edition, mais j’y reviendrais). Néanmoins, si cette seconde partie comporte des modifications scénaristiques, ces dernières s’inscrivent dans un souci de cohérence général servant cette adaptation. De concessions compréhensibles pour un manga qui n’est pas stricto sensu un décalque du jeu, mais qui soulignent encore une fois la rapidité avec laquelle la seconde partie est résumée.

La première partie d’Ocarina of Time prend son temps

Graphiquement, le trait est dynamique et chaque personnage est bien représenté, tout comme les décors, aérés. On dispose également de deux récits annexes, le premier se focalisant sur Skull Kid et sur des masques (mais il ne s’agit pas de Majora’s Mask) et l’autre sur un enfant Watarara – une race volante inédite. Ocarina of Time le manga reste cependant une excellente façon de suivre l’histoire ou de la faire découvrir dans des conditions sans doute plus simples que le jeu vidéo, et si l’on peut regretter la rapidité avec laquelle certains événements sont retranscrits, un oeil non-averti y trouvera certainement son compte !

The Legend of Zelda – Majora’s Mask  / A Link to the Past

Une édition qui présente bien une fois débarrassée de sa couverture détachable

Voilà une suite qui n’en est pas une, puisque comme vous le savez certainement, Majora’s Mask se situe chronologiquement après les événements d’Ocarina of Time, lorsque Link enfant part à la recherche de la fée Navi ayant disparu, tandis qu’A Link to the Past s’intéresse à une autre incarnation de Link. Coupler le très particulier – voire intimiste – Majora’s Mask à l’aventure épique plus classique  et plus fondatrice d’A Link to the Past reste un choix que je trouve étrange et recoupe mon impression de troisième partie manquante d’Ocarina of Time évoquée plus haut, qui aurait pu être liée à Majora’s Mask dans un diptyque en 2 volumes de cette “Perfect Edition”.

Mais soit. Pour un épisode aussi particulier que celui mettant en évidence le monde de Termina, Majora’s Mask propose ici aussi une atmosphère lourde et choisi de passer rapidement sur la gestion du temps très particulière de cette histoire pour se focaliser sur les sous-intrigues liées aux masques principaux et à l’affrontement contre Skull Kid. En arrière-plan, l’étrange marchand de masques itinérant qui laisse une impression de malaise sur fond de fin du monde. Ici aussi, le trait est vif et l’aventure est très intéressante à suivre, même si certains passages sont peut-être un peu rapidement résumés. Néanmoins, adapter une structure relativement répétitive d’un jeu vidéo et de ses donjons dans un manga aurait été une erreur impactant le rythme de ce dernier. Les choix scénaristiques opérés ici font certes passer les originalités de gameplay du jeu au second plan, mais se focalisent efficacement sur les personnages et événements importants. En bonus, nous avons même droit à une histoire non-canonique évoquant la création du masque de Majora, qui a l’avantage de faire travailler notre imagination sur une créature encore plus ancienne et un autre héros inconnu.

Un style moins enfantin contre Agahnim dans A Link to the Past

Changement de registre pour A Link to the Past, qui adopte un style graphique très différent, plus rétro mais aussi plus proche des magnifiques illustration du booklet de Legend of Zelda sur Nes. Link est toujours un hylien qui s’ignore et qui perd son oncle alors que celui-ci part une nuit porter secours à la princesse Zelda, aux prises avec le sorcier Agahnim. Un récit épique qui m’a personnellement beaucoup plu (mais A Link to the Past était après tout mon premier Zelda) de par sa dimension héroïque, son graphisme superbe et son histoire légendaire mettant en place la Triforce, le rôle de Zelda, de Link et bien entendu un Ganondorf qui semble poser son emprise noire sur tout le récit alors qu’il n’apparaît au final que très peu.

Une association d’histoires plutôt curieuse pour cette Perfect Edition, mais certainement LE volume qui mettra tout le monde d’accord de par sa qualité et la nature différente de ses récits, qui reflète au final très bien la richesse des différents jeux.

The Legend of Zelda – Oracle of Seasons / Oracle of Ages

On s’attaque là à un diptyque auquel je n’ai malheureusement pas eu la chance de jouer sur console, l’occasion parfaite donc de me plonger dans le scénario de cette adaptation qui parvient à trouver le juste ton. Des 3 livres ici présentés, le tandem Oracle of Seasons et Ages propose un scénario complet qui – même s’il paraît un peu “facile” en relatant les aventures de Link et Din – propose une quête complète cohérente de Link à travers d’autres pays qu’Hyrule et d’autres périodes.

Allant jusqu’à faire équipe avec son ancêtre pour déjouer un complot à travers le temps, et qui est amorcé dans la première partie, le souffle épique présent dans A Link to the Past – et malheureusement moins présent dans Ocarina of Time – revient en force dans Oracle of Ages, jusqu’à la confrontation finale avec une version de Ganon.

Graphiquement, on est très proche d’un Shonen classique et dynamique. Les personnages sont présentés et efficacement développés – même Ralph qui prendra une certaine importance à mesure que le récit avance – et de nombreuses péripéties ponctuent l’histoire, la rythmant sans aucun temps mort. Je ne peux pas trop juger de l’adaptation depuis les deux jeux, mais en terme d’aventure, on a ici le récit le plus indépendant du statut d’adaptation de jeu vidéo, là où les précédents gardent une structures très proches et parfois maladroites pour coller le plus possible aux matériaux d’origine.

Conclusion

Voilà une collection qui saura trouver grâce auprès des fans de Link et de la princesse Zelda sans trop de mal, malgré les quelques adaptations narratives. Dommage sans doute qu’Ocarina of Time – considéré comme le meilleur jeu – n’ai pas pris le temps de mieux étendre son scénario, préférant se limiter à deux tomes là où un troisième aurait pu se justifier, surtout pour enchaîner dans cette Perfect Edition avec Majora’s Mask. Une manière aussi de faire découvrir des titres mythique à une nouvelle génération qui n’a plus la patience de se lancer dans de grandes aventures de ce type.

Temps de lecture : environ 4 minutes

The Legend of Zelda – Perfect Edition

  • Auteur Akira Himekawa
  • Type Manga
  • Editeur Soleil Manga
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Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l’univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

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