Voilà bien longtemps que je voulais commencer ce titre. Néanmoins, piètre joueur PC désireux d’un meilleur confort, j’ai attendu la sortie de The Banner Saga sur console de salon.

Amateurs de récit fantastique et épique, n’attendez même pas d’avoir atteint le bas de cette page et courrez vous procurer cette petite pépite sur la plateforme de votre choix !

Quelque chose les a réveillé

Voilà longtemps que les Dieux sont morts et le soleil ne se couche plus. Les humains et les géants Varls vivent maintenant en paix, malgré leurs différents passés. Car c’est bien connu : pour rallier deux ennemis, il leur faut un danger commun plus grand encore, qui fut matérialisé sous la forme des Dredges, des entités humanoïdes semblant faites de pierre et ravageant tout sur leur passage. Ils furent repoussés grâce aux efforts combinés des humains et des Varls il y a bien longtemps et confinés dans les terres du nord… Alors que l’arrogant prince humain est en route pour sceller une alliance plus ferme avec les Varls, des rumeurs provenant du nord attestent du retour des Dredges… Telle une marée instopable de pierre et de rage, les Dredges commencent alors leur lente et implacable marche sur le monde, menés par les terrifiants Sundr…

On est comme qui dirait dans la panade
On est comme qui dirait dans la panade

Voilà en quelques mot le point de départ de The Banner Saga. Vous prendrez les commandes de différents héros, tels que le chasseur Rook et sa douce fille Arlette, leur compagnon Varl Iver, le jeune Egil, l’arrogant Ludin ou les jumeaux Hogun et Mogun pour un total de 25 personnages jouables, suivant les cas de figures.

Plus le temps passe, plus la marche se fait harassante et désespérée
Plus le temps passe, plus la marche se fait harassante et désespérée

L’ambiance y est désespérée, la narration parfaitement rythmée et il est très difficile de lâcher la partie avant la fin. On s’attache rapidement à nos protagonistes et la peur de les perdre augmente au fil des heures, tandis que le monde s’écroule et que l’incroyable background se contente de se laisser effleurer au terme de cette première aventure. Chaque personnage possède sa description, son caractère, son histoire, tandis que la carte du pays dévoile l’histoire du monde à travers des descriptions succinctes mais très claires sur la moindre chaîne de montagnes, ville ou ruisseau, même ceux que vous ne croiserez jamais. Un travail fabuleux a été porté sur l’écriture, et on se retrouve très rapidement happé dans un roman de Fantasy à la Terry GoodKind, rythmé par la marche lente de la caravane.

Usez des pouvoirs des Magniens pour repoussez le terrifiant Sundr
Usez des pouvoirs des Magniens pour repoussez le terrifiant Sundr

On se surprend à redouter chaque pas et à scruter le côté de l’écran à l’affût de la prochaine ville où se ressourcer, en priant pour qu’elle n’ait pas été dévastée par l’ennemi sans cesse sur nos talons. Prendrons-nous alors le risque de foncer à sa rencontre et prendre possession des lieux ou de contourner le danger au risque de perdre plusieurs jours de vivres ? Et quand vient l’affrontement, laisserons-nous la caravane défendre sa peau ou assumerons-nous le plus gros des troupes ennemies pour limiter les pertes civiles ? A moins que la fuite soit encore la meilleure option…

Quelque chose d'autre se trame derrière l'invasion Dredge...
Quelque chose d’autre se trame derrière l’invasion Dredge…

Car n’imaginez pas repousser vaillamment la menace à la tête d’une armée organisée. Vous ne tentez que de fuir les Dredges en menant une caravane toujours plus peuplée à travers le pays, espérant survivre assez longtemps pour mettre vos proches à l’abri. Le moral baisse sans cesse et les vivres diminuent à vue d’oeil, causant de nombreux ravages dans vos rangs si vous ne prenez pas garde à en trouver régulièrement ou si vous acceptez trop de monde dans votre caravane. Les rencontres seront nombreuses et il vous incombera de faire preuve de discernement quant à ceux que vous acceptez au sein de votre groupe. Nombreux sont ceux en effet qui n’hésiteront pas à vous voler ou à tenter de vos tuer après vous avoir rejoint, mais à l’inverse, les vagabonds menaçants peuvent aussi se révéler de puissants et fidèles alliés renforçant vos effectifs ou apportant des vivres bienvenus. Tout est affaire de choix, et le jeu se permet même le luxe de sauvegarder automatiquement après chaque décision, vous empêchant de revenir sur une décision fâcheuse ou un manque de discernement.

Stratégie

Au fil des affrontements, ou lors de certains événements liés à votre gestion humaine de la caravane; vous gagnerez des points de renommée indispensables pour continuer votre périple. Ces points servent tout d’abord à augmenter le niveau de vos guerriers, par pallier de 5, 10 ou 15 points de renommée par niveau. Autant dire que vous ne pourrez pas améliorer toute votre troupe, tout en sachant que vous ne pourrez pas forcément prévoir qui va vous quitter et à quel moment. Chaque niveau permet alors d’allouer deux points de compétences à l’une des statistique du personnages (mais j’y reviendrai après). La renommée sert également de monnaie pour acheter quelques équipements pour vos héros, mais aussi et surtout de la nourriture. Car plus votre caravane est peuplée, plus celle-ci diminue vite.

Placez correctement vos unités
Placez correctement vos unités

Les nombreux combats sont gérés au tour par tour, en alternance avec l’ennemi, et il convient de placer correctement ses unités sur le damier de départ en tenant compte des aptitudes de chacun.

Alliés comme ennemis possèdent deux jauges : la bleue servant d’armure et la rouge, représentant la vie et la force. Oui vous avez bien lu : enfin un titre qui prend en compte le fait qu’être au seuil de la mort influe sur la force de frappe. L’armure quand à elle servira à diminuer de sa valeur les attaques infligées ou reçues. Par exemple, si votre force/vie est de 10 et que l’armure ennemie est de 8, vous diminuerez sa jauge de vie de 2 points, sans entamer l’armure. De même, si le rapport est inversé (si vous possédez 8 points de force contre 10 d’armure) vous raterez votre attaque.

Dépensez vos points avec retenue, ils servent aussi à acheter de la nourriture
Dépensez vos points avec retenue, ils servent aussi à acheter de la nourriture

A chaque coup porté, il est possible de choisir si l’on s’attaque à l’armure (augmentant ainsi les dégâts infligés par les alliés aux tours suivants) ou directement à la vie/force de l’ennemi, diminuant par là même sa force de frappe. Chaque personnage dispose aussi de points de volonté, utiles pour déclencher leurs coups spéciaux uniques, renforcer leurs attaques ou se déplacer quelques cases plus loin. Ces derniers points ne se régénèrent pas tout seul, chaque ennemi vaincu remplit peu à peu une corne de combat en haut de l’écran, et il est possible de redistribuer ensuite ces points aux héros en cours de combat. Les combats pouvant être assez longs, éprouvants et sur plusieurs vagues, la gestion des points de force/vie/défense et volonté est un élément primordial, rendant chaque affrontement aussi incertain que palpitant à mener.

Je n’en ai pas encore parlé, mais la direction artistique est juste magnifique, des décors en 2D somptueux aux thèmes musicaux magnifiques (Austin Wintory inside, les gars !) en passant par les personnages que l’on dirait sortis d’un ancien film d’animation. Quelques défauts viennent malheureusement entacher le tout, comme les temps de chargement très nombreux et relativement longs entre chaque séquence ou la traduction parfois étrange des dialogues en français, correcte mais manquant parfois d’unité. Certaines phrases semblent traduites indépendamment des conversations, rendant ces dernières complètement décalées avec l’écriture sérieuse et épique globale. Heureusement, cela ne se produit pas trop souvent.

Rien que pour vos oreilles, écoutez donc les compositions d’Austin Wintory.

Conclusion

The Banner Saga se savoure comme un roman de Fantasy de qualité, happant le joueur dans la spirale d’événements, le lançant dans une marche désespérée pour sa survie et le confrontant sans cesse à ses choix. Enveloppé d’une magnifique 2D, de très belles animations et de musiques envoûtantes, The Banner Saga offre en plus un système de combat très bien pensé et rapide à prendre en main. On regrette quelques menus détails, comme l’écriture parfois trop petite dans les fenêtres lors des combats, les temps de chargement un peu excessifs ou la traduction à quelques rares moments approximatives, mais on ressort de ce périple avec une seule idée en tête : voir arriver la suite.

The Banner Saga

  • Développeurs Versus Evil
  • Type Roman tactique
  • Support PS4, PC, Android, IOS, PSVita
  • Sortie 12 Janvier 2016

Y’a bon!

  • Des décors magnifiques
  • Une histoire passionnante et rythmée
  • Un système de combat très stratégique
  • La lente progression de la caravane, facteur de tension
  • Des musiques épiques
  • L’aspect « survie désespérée »
  • Les choix constants
  • Traduit intégralement

Beuargh!

  • Les temps de chargement
  • Des traductions parfois approximatives au niveau du sens
  • L’ergonomie manette un peu foutraque de l’écran de combat
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Titiks

Quadra assumé, daron de 3 apprenties gameuses, fan de tout ce qui est capable de raconter une bonne histoire. Touche-à-tout, mais surtout de bonnes aventures qui savent surprendre, et dévoué à l'univers console depuis que Sega était plus fort que tout, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée #2AMFather.

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