Test : The Town of Light – Dans l’antre de la folie

Retour à la maison

Je n’ai jamais caché mon attirance pour les univers malsains. Que ça soit pour la ville dérangée de Silent Hill, de l’excellent voyage parcouru dans Sanitarium en passant par le cauchemar de Here They Lie, la folie et les élucubrations de l’esprit m’ont toujours fasciné. Voici qu’un titre sobrement nommé The Town of Light m’emmène dans l’horreur et la folie en m’incarnant dans Renée, une jeune femme qui revient visiter les ruines d’un asile psychiatrique où elle a été internée adolescente, dans la première moitié du XXème siècle en Italie…

Et ça a pourtant l’air d’un endroit sympa… de loin

L’horreur simple

Car The Town of Light relate des procédés et des traitements réels de l’époque, à travers les souvenirs de cette pauvre Renée. Les maladies mentales – ou ce qui était considéré comme telles – étaient alors moins bien comprises qu’aujourd’hui et surtout abominablement traitées.

Et le jeu de préciser que son histoire se base sur des faits réels.

Bienvenue dans l’enfer physique et mental de Renée.

Au fil de notre progression dans les différentes parties de l’Asile, Renée se remémorera certains passages de son séjour en ces lieux, les traitements qu’elle a reçu, mais surtout, elle vous livrera sa propre version. Pas de monstres, sinon humains, pas de sursauts ou d’action, juste un voyage dans la mémoire dérangée d’une jeune femme en quête de vérité.

Le jeu n’édulcore pas les traitements réservés aux « malades » de l’époque…

Extrêmement scripté, The Town of Light est découpé en chapitres distincts qui vous feront parcourir des ailes spécifiques de l’asile, des douches en passant par les cuisines ou les archives, un élément spécifique – comme une note, un objet à trouver ou une petite énigme à résoudre – libérant l’accès à une nouvelle zone. Si on note de malheureux soucis à ce niveau – notamment au niveau du déclenchement des scripts qui parfois ne fonctionnent pas, vous forçant alors à relancer la sauvegarde automatique – et qu’on peut trouver la technique défaillante parfois sur console – merci Unity – on se prend rapidement d’empathie pour Renée et son histoire. L’entrée en matière est fort calme, voire un peu ennuyeuse, mais on réalise progressivement toute l’horreur des traitements réservés aux personnes internées, le malaise remplaçant l’impression cotonneuse des walking simulators. Les visuels et les thèmes abordés s’avèrent crus et relativement sans filtre, allant des violences aux viols en passant par les traitements inhumains de l’époque.

On réalise progressivement toute l’horreur des traitements réservés aux personnes internées

La durée de vie dépendra de vos pérégrinations, si vous cherchez à lire tous les documents de l’époque et à chercher les souvenirs de Renée, il faudra compter entre 5 et 7h pour voir le bout du cauchemar – bugs non-compris et marche rapide non-disponible. On se retrouve souvent aussi à tourner en rond, cherchant l’élément déclencheur précis de la séquence suivante, parfois simplement masqué par un reflet de lumière ou tout bonnement manquant à cause d’un bug de script. Heureusement, d’une touche, Renée vous indique la chose à faire ou l’endroit où vous rendre, vous évitant bien souvent d’errer dans les couloirs de l’asile, si tant est que vous vous aidez des plans accrochés aux murs.

Retrouvez toutes les mémoires de Renée, consignées dans son journal

A noter que si Renée parle toute seule pendant sa visite des lieux, elle semble s’adresser à vous, joueur, entité présente avec elle et elle vous demandera parfois votre avis parmi plusieurs options, modifiant alors la nature des événements relatés par Renée, débouchant sur des versions alternatives des chapitres et sur des doutes quand à la véracité des événements retranscrits par la jeune femme.

Conclusion

The Town of Light est d’avantage une prise de conscience qu’un jeu. On n’y joue pas, on parcours l’horreur de la médecine mentale italienne des années 30 aux travers du témoignage d’une jeune patiente traumatisée. Si la fin reste la même, les modifications apportées par les quelques choix laissent assez de mystère pour douter de la vérité et laisser perdurer le sentiment de malaise qui s’installe au fil des heures. Dommage que la technique s’en mêle, à coup de bugs de scripts ou de défaillances du moteur Unity. On ressort de The Town of Light quelque peu mal à l’aise, se posant beaucoup de question sur les raisons qui poussèrent les médecins à infliger de tels traitements à des personnes malades et en ayant l’impression d’avoir déambulé des jours entres les quelques murs de l’asile. Une impression désagréable donc, mais n’était-ce pas le but ?

Temps de lecture : environ 3 minutes

The Town of Light

  • Développeurs LKA.it
  • Type Aventure, Walking Sim
  • Support PS4, PC, XBox One
  • Sortie 06 Juin 2017
The Town of Light à notre sauce
6/10
The Town of Light à notre sauce
Y'a bon
  • Des mémoires terribles
  • Les différents chemins
  • Un sujet traité sans œillère
Beuuuuwark
  • Pas pour tous les publics
  • Une progression trop scriptée
  • Un peu long à démarrer
  • Des bugs de progression
  • Technique
    5/10
  • Esthétique
    7/10
  • Ergonomie
    5/10
  • Audio
    8/10
  • Contenu
    7/10
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Tests jeux
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.
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