Je n’avais vu dans The Adventures of Eliot : The Millennium Tales qu’un titre surfant un peu mollement sur la mode des HD-2D, au final, j’y ai retrouvé tout un charme qui semblait avoir disparu des production Square-Enix dans un titre assez ramassé mais qui ne perd pas une minute.
Eliot l’aventurier du temps
Le pitch de départ de The Adventures of Eliot : The Millennium Tales joue la carte d’une aventure classique. On y incarne Eliot, un aventurier ordinaire élevé dans un orphelinat du royaume d’Huther, seul bastion humain dans un continent peuplé de tribus d’hommes-bêtes hostiles. Un jour, une mission confiée par le roi l’entraîne dans des ruines anciennes où il découvre un portail temporel. Ce qui commence comme une simple exploration bascule rapidement lorsque des forces menacent l’équilibre du passé et du présent. Accompagné de Faye, une fée espiègle et bavarde qu’il est le seul à percevoir, Eliot voyage à travers les époques pour recoller les morceaux d’une histoire qui nous dépasse.
Je me suis lancé dans cette aventure sans aucune attente démesurée, simplement curieux de voir ce que la Team Asano, habituée aux tours par tour raffinés d’Octopath Traveler et Triangle Strategy, pouvait proposer en Action-RPG. Le résultat m’a surpris par sa cohérence et sa capacité à tisser un récit personnel autour d’un héros attachant. Eliot n’est pas un élu silencieux : il porte ses blessures d’orphelin, son sens du devoir et une bienveillance naturelle qui transparaissent dans chacune de ses interactions. Faye, avec son innocence et ses commentaires constants, forme avec lui un duo dont la complicité grandit au fil des voyages. Leurs échanges, souvent légers, apportent une vraie chaleur dans une trame qui explore les thèmes de la famille choisie, des origines perdues et des conséquences de nos actes à travers le temps.
Le voyage à travers les époques constitue le cœur de l’expérience. Le continent reste globalement le même et même plutôt ridiculement petit, mais chaque époque transforme la ville principale, modifie les chemins accessibles et révèle de nouvelles couches de l’histoire. Nous revisitons des lieux familiers sous des angles différents, avec des coffres et des sanctuaires qui changent de position, des environnements altérés par le passage du temps.
Cette approche crée un sentiment de familiarité réconfortante tout en évitant la lassitude grâce à de nouvelles capacités et armes qui ouvrent de nouvelles voies : bombes et marteau nous poussent à revenir dans toutes les époques pour débloquer de s templs annexe ou des nouveaux chemins. Les quêtes secondaires enrichissent encore ce tableau : elles creusent le quotidien des habitants, offrent des récompenses utiles (comme des améliorations de carquois) et donnent du poids aux décisions que nous prenons à une époque et qui résonnent dans une autre.
Le gameplay repose sur une formule simple mais efficace. Nous manions jusqu’à sept types d’armes – épée, lance, arc, boomerang, marteau, chaîne, bombes – en en équipant deux simultanément. Chaque arme dispose d’une attaque standard et d’une charge, ce qui permet d’adapter son style selon la situation. Le bouclier et les parades parfaites apportent une dimension de timing très dynamique, tandis que Faye, contrôlable séparément, lance des sorts de foudre, de vitesse, de téléportation ou même de duplication. Ces mécaniques s’intègrent naturellement aux énigmes et à l’exploration, transformant chaque traversée en une suite de choix tactiques.
Les boss exigent d’observer leurs patterns et de combiner armes et pouvoirs de Faye avec précision. Les combats gagnent en profondeur grâce aux magicites, ces fragments que nous assemblons pour booster statistiques ou ajouter des effets spéciaux aux armes. Le système introduit une part d’aléatoire plaisante lors du crafting chez les marchands itinérants.
L’exploration reste un plaisir constant et on a du mal à lâcher la manette. Sanctuaires, temples d’épreuves, mini-jeux et recoins cachés récompensent la curiosité. Nous passons d’un rythme soutenu pendant les séquences principales à des moments plus contemplatifs où nous errons simplement pour dénicher des améliorations de santé, des capacités ou des matériaux. Le voyage rapide facilite les allers-retours entre points de sauvegardes (nombreux) même à travers les époques sans frustration. Même si certaines zones se répètent, les modifications temporelles et les nouveaux outils maintiennent l’intérêt.
Visuellement, le style HD-2D s’épanouit pleinement. Les environnements regorgent de détails – traces de pas dans la neige, jeux de lumière, sprites animés avec soin – et chaque époque apporte sa propre identité visuelle et vestimentaire. La bande-son accompagne avec justesse les ambiances : thèmes entraînants en exploration, morceaux plus intenses en combat, compositions qui capturent l’atmosphère de chaque période sans forcément marquer durablement la mémoire. Le doublage japonais se révèle particulièrement convaincant, surtout pour Faye.
Malgré ces qualités, quelques soucis subsistent. Le recyclage des environnements et surtout des monstres peut donner une impression de répétition, surtout si l’on compare au potentiel infini que promet le voyage temporel. Certains accessoires facilitent excessivement certaines mécaniques, au point de rendre des défis moins pertinents. Les cutscenes parfois trop nombreuses ralentissent le rythme par moments, et bien sûr. Faye peut aussi se montrer trop loquace, même si un réglage permet d’atténuer cela.
The Adventures of Eliot : The Millennium Tales
| Supports | PC, IOS, Android |
| Genre | Action RPG |
| Date de sortie | 11 août 2022 |
| Éditeur | Level Infinite |
| Développeur | Hotta Studio |
| Multi | Oui |

Eliot m’a rappelé la grande époque des JRPG, invoquant des Chrono Trigger, Soleil, Zelda, Secret of MAna ou encore Illusion of Time au avec une touche de modernité et de charme propre au HD-2D.
On a aimé
- Une narration portée par des personnages attachants et une relation centrale touchante entre Eliot et Faye.
- Un gameplay fluide qui équilibre simplicité et variété grâce aux armes et aux pouvoirs de la fée.
- Une exploration gratifiante avec de nombreux secrets et des effets temporels bien pensés.
- Une présentation HD-2D magnifique qui donne vie au monde.
On a moins aimé
- Une certaine répétitivité des environnements malgré les changements d’époque.
- Quelques facilités optionnelles qui déséquilibrent des défis.
- Un rythme parfois haché par les séquences narratives.
The Adventures of Eliot : The Millennium Tales
Auteur

En bref
The Adventures of Eliot : The Millennium Tales s’impose comme une belle réussite pour la Team Asano dans le domaine de l’action. Il ne révolutionne pas le genre, mais il exécute ses inspirations avec soin et y ajoute une touche d’émotion. Dans un paysage où beaucoup de productions misent sur l’ampleur au détriment de la densité, ce titre rappelle que 15 à 30 heures bien remplies valent souvent mieux que des expériences interminables et diluées. Je le recommande chaleureusement à tous ceux qui apprécient les aventures classiques modernisées avec cœur.
À propos de l’auteur
Titiks
Quadra assumé, daron de 3 apprenties gameuses, fan de tout ce qui est capable de raconter une bonne histoire. Touche-à-tout, mais surtout de bonnes aventures qui savent surprendre, et dévoué à l’univers console depuis que Sega était plus fort que tout, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée #2AMFather.