Après avoir bouclé Tales of Graces f Remastered il y a quelques mois, l’envie de plonger plus loin dans l’univers des Tales m’a rattrapé. Bandai Namco enchaîne avec fluidité dans son projet des 30 ans de la saga Tales, et Tales of Xillia Remastered arrive pile au bon moment, fin octobre 2025, sur PS5, Xbox Series, Switch et PC.
Jule et Maxwell
Ce titre PS3 de 2011, sorti en Occident en 2013, marque un tournant avec ses deux protagonistes et son monde de Rieze Maxia, où humains et esprits coexistent depuis des millénaires. Malgré avoir poncé le jeu sur PS3, je me suis relancé dans une nouvelle partie ici, curieux de voir comment ces ajouts « Quality of Life » transforment l’expérience sans altérer l’essence d’un RPG qui nous avait marqués il n’y a pas si longtemps que ça.
Dans l’univers de Rieze Maxia, les humains puisent leur mana dans des lobes internes pour invoquer les esprits, qui soutiennent la nature et la civilisation en retour. Mais cette harmonie masque des tensions : Rashugal, empire prospère aux tours élancées de Fennmont, mise sur la puissance spirituelle, Auj Oule, plus militariste, dompte les monstres pour asseoir son autorité. Au cœur de tout cela trône Maxwell, seigneur des esprits, figure divine qui sépara jadis Rieze Maxia d’Elympios, pour protéger les esprits d’une technologie destructrice appelée spyrix.
De retour sur ces terres pour la première fois depuis des années, je remarque que le remaster affine les textures sans trahir son esthétique anime pastel, où les paysages montagneux et les villages évoquent des illustrations, même si les maps linéaires, ces longs couloirs naturels, trahissent encore ses origines PS3.
Dès le départ, le choix des protagonistes définit notre parcours. J’avais opté pour Jude à l’époque, étudiant en médecine au cœur compatissant, originaire de Fennmont. Je vous conseille de faire de même si c’est votre première partie, car narrativement, c’est plus logique. Il infiltre un labo militaire pour retrouver son maître de stage, et croise Milla Maxwell, femme énigmatique escortée par les quatre grands esprits élémentaires. Milla, incarnation humaine de Maxwell, traque la Lance de Kresnik, un engin qui aspire la puissance des esprits. Et leur rencontre déclenche le bazar : l’arme s’active, prive Milla de ses compagnons élémentaires, et les deux doivent fuir. Comment repartir de zéro quand on était surpuissant…
Jude offre un rythme idéal, avec une meilleure construction progressive de l’univers et de contexte sur les factions. La perspective de Milla, plus bonus, révèle des scènes parallèles, mais spoil certains twists et saute des pivots narratifs. Ce dualisme, première du genre dans Tales, force deux parties pour l’ensemble, et le remaster le rend plus digeste avec ses marqueurs d’objectifs et sa vitesse de déplacement et de progression accrue.
La narration avance sans temps mort. Jude, idéaliste, affronte la réalité : un étudiant censé soigner ne sauve pas le monde seul. Il grandit via ses compagnons, apprenant que prioriser exige des sacrifices. Milla, froide et déterminée, découvre l’empathie humaine, loin de son rôle divin isolé. Leur duo chemine vers la destruction de la Lance, mais l’intrigue prend évidemment plus d’ampleur : Exodus, groupe terroriste d’Elympios infiltré, veut briser la barrière entre les mondes, les rois rivaux, Gaius d’Auj Oule et le souverain de Rashugal, ourdissent de sombres plans.
Notre équipe grandit rapidement avec Alvin, mercenaire opportuniste, Elize, gamine timide avec son pantin Teepo, Leia, amie d’enfance énergique de Jude et Rowan, aîné posé qui veille sur le groupe comme un père. Ce casting hétéroclite fusionne vite, sans forcer : disputes, soutiens mutuels, et les saynète– ces dialogues courts et animés – tissent des liens profonds de façon fluide et intégrée aux déplacements. Les quêtes secondaires, courtes, enrichissent sans alourdir, et les arcs compagnons explorent regrets et rédemption, comme Elize face à son passé expérimental.
Pas aussi mature que le sombre Berseria (qui sera certainement le prochain Remaster), Xillia nous apprend qu’il n’y a pas de héros infaillible, mais des convictions qui se heurtent à la réalité géopolitique. L’histoire culmine quand la Lance perce la barrière, libérant l’armée d’Elympios. Milla se sacrifie pour sauver le groupe, révélant sa nature (que je ne vais pas vous spoiler quand même). Reunifiée en esprit, elle aide Jude à convaincre le seigneur des esprits sur une fin ouverte, avec Xillia 2 en vue – dont le remaster se profile certainement aussi.
Le système de combat fonctionne toujours très bien. Nous contrôlons un personnage, l’IA gère les autres via des instructions tactiques affinées. Les attaques basiques s’enchaînent via l’Assault Counter (AC), jauge qui limite les coups consécutifs – jauge qui peut être améliorée pour des combos plus fluides. Liez-vous à un allié via la croix directionnelle : votre partenaire flanque l’ennemi, booste les critiques, et remplit la Link Gauge pour des attaques fusionnées dévastatrices. Seules certaines paires fonctionnent – Jude/Alvin casse les gardes tandis que Milla/Elize soignent. Ce remaster accélère tout, ajoute la possibilité de recommencer les combats normaux voire de les annuler.
La progression via les orbes évoque un toile d’araignée : les GP gagnés à chaque niveau activent des nœuds pour augmenter les stats, artes et compétences. L’Auto-assignation sauve du farm intensif, mais je vous conseille de bidouiller manuellement pour Milla pour améliorer ses résistances au malus de status. Les boutiques évoluent permettant le dépôt de matériaux et les investissement pour armes/armures supérieures. Mais le plus gros ajout reste le Grade Shop accessible dès le départ qui vous permet de personnaliser la partie et de gagner beaucoup de temps. Ces ajouts, hérités de Graces f Remastered, facilitent beaucoup le jeu sans le dénaturer.
Tales of Xillia Remastered
| Supports | PC, PS5, XBox Series, Switch |
| Genre | JRPG |
| Date de sortie | 30 octobre 2025 |
| Éditeur | Bandai Namco |
| Développeur | Dokidoki Grooveworks |
| Multi | Non |

Tales of Xillia Remastered ranime un pilier PS3, mais il serait temps de sortir un nouvel opus
On a aimé
- Combat fluide et stratégique.
- Les deux héros ont leur propre route, ce qui enrichi la narration sans redite forcée.
- Grosses améliorations de qualité de vie : Grade Shop dés le démarrage, auto-save, map markers, sprint boosté…
- Casting attachant.
- DLC originaux inclus.
On a moins aimé
- Maps linéaires, les couloirs artificiels usent sur la durée.
- La route de Milla spoile et saute du contexte si on la fait en première.
- Remaster technique inégal.
- Pas de bundle avec Xillia 2.
- Saynètes tardives et manquables si on utilise le sprint.
Tales of Xillia Remastered
Titiks

En bref
Avec comme principal intérêt de le rendre accessible à nouveau sur les nouvelles plateformes, Tales of Xillia Remastered rafraîchit un classique sans le réinventer. Son histoire de choix impitoyables est toujours une réussite. Les combats restent un régal, la narration est mature, mais maps et dualisme demandent investissement. Parfait pour revisiter Rieze Maxia avant Xillia 2, malgré une remise à neuf quelque peu limitée.
À propos de l’auteur
Titiks
Quadra assumé, daron de 3 apprenties gameuses, fan de tout ce qui est capable de raconter une bonne histoire. Touche-à-tout, mais surtout de bonnes aventures qui savent surprendre, et dévoué à l’univers console depuis que Sega était plus fort que tout, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée #2AMFather.