Depuis que je suis sur PXLBBQ, j’ai passé de nombreuses années à tester des souris gaming, des plus simples aux plus onéreuses et la DeathAdder reste pour moi l’une des formes ergonomiques les plus réussie sur le marché. Quand Razer a sorti la V4 Pro, j’ai voulu voir si ce nouveau modèle apportait vraiment quelque chose de tangible ou s’il s’agissait surtout d’une mise à jour. Après plusieurs semaines d’utilisation intensive en jeu et en bureautique, je peux vous dire que la souris conserve l’ADN qui a fait le succès de la lignée tout en poussant plusieurs aspects techniques un cran plus loin.
La forme n’a pas bougé d’un millimètre par rapport à la V3 Pro. Nous retrouvons ce grand corps ergonomique droitier qui épouse bien la paume et un support pour l’annulaire qui tombe naturellement. Pour des grandes mains comme les miennes, elle reste confortable en palm grip ou en claw, même si elle se sent clairement grande. Razer a toutefois affiné l’intérieur : le poids descend à 57gr sur la version noire que j’ai testée contre environ 63gr sur la V3 Pro. Ce gain de six grammes se perçoit dès les premiers mouvements et la souris glisse avec encore plus de facilité sans jamais donner l’impression de flotter de manière incontrôlée.


Sous le capot, les ingénieurs ont tout revu. Le capteur Focus Pro 45K Gen 2 offre maintenant jusqu’à 45 000 DPI avec une précision annoncée à 99,8 %. En pratique, je n’ai remarqué aucun délai notable, même sur des surfaces variées, et le tracking reste d’une fluidité exemplaire. Les switches optiques de quatrième génération se montrent sur le papier 12 % plus légers à l’actionnement et tiennent jusqu’à 100 millions de clics. Mais ça se sont des chiffres. Ils délivrent un retour net et rapide que j’apprécie particulièrement quand je spamme des clics en combat rapproché. Ils sonnent un peu plus haut et métallique que sur la génération précédente, ce qui peut déranger si vous êtes sensible au bruit, mais la sensation reste agréable.


La roue de défilement passe elle aussi en version optique. Razer promet une durabilité triplée et l’élimination des ghost inputs que l’on pouvait rencontrer sur les mécanismes traditionnels. Dans mon usage, les crans se montrent précis, moins mous que sur ma V3 Pro qui commence à montrer des signes de fatigue après des mois d’utilisation. Ce n’est pas encore le summum de la catégorie, mais l’amélioration se ressent au quotidien, surtout quand on alterne entre scrolling rapide et ajustements fins.
L’un des changements les plus visibles et qui divisera sans doute concerne le dongle. Razer l’a baptisé Hemisphere : un boîtier plus haut, lesté, avec une antenne qui dépasse légèrement pour améliorer la stabilité du signal. Les trois LED avant indiquent en temps réel l’état de connexion, le niveau de batterie et le taux de polling (la fréquence à laquelle la souris envoie des informations à l’ordinateur). Il supporte nativement le 8000 Hz sans accessoire supplémentaire, et la nouvelle génération HyperSpeed Gen 2 réduit encore la latence tout en gagnant en efficacité énergétique. En usage normal à 1000 Hz, j’ai facilement dépassé les 140 heures avant de devoir recharger et à 8000 Hz en continu, on tombe autour de 22 heures, ce qui reste très correct pour un usage compétitif intensif. Synapse permet de créer des profils par jeu qui basculent automatiquement le polling, un détail bienvenu qui préserve l’autonomie sans intervention manuelle.


Razer a aussi renforcé les parois latérales de 72 %. Sur la V3 Pro, je sentais parfois un léger flex quand je serrais un peu fort mais ici, rien ne bouge. Les skates plus larges facilitent les levées et les repositionnements, et le revêtement mat lisse accroche juste assez les doigts sans devenir désagréable. Les boutons latéraux, plus espacés, se distinguent mieux au toucher, ce qui évite les appuis accidentels.
Sur le plan des performances pures, tout fonctionne comme attendu d’un équipement esports. Le capteur suit sans accroc, les clics répondent instantanément, et la connexion sans fil reste stable même à plusieurs mètres. Je n’ai pas ressenti de différence notable par rapport à une bonne V3 Pro en 4K ou 8K, mais l’ensemble gagne en cohérence et en longévité. Les joueurs qui chassent chaque milliseconde et participent à des tournois y trouveront leur compte, mais ceux comme vous et moi n’iront tout simplement pas chasser sur ce terrain là.
Le prix, en revanche, pose question. À 160€, la V4 Pro se positionne clairement dans le haut de gamme, loin de l’esprit « accessible » des premières DeathAdder. Si vous possédez déjà une V3 Pro et que vous n’êtes pas en quête permanente du moindre gain, passez votre chemin. En revanche, pour ceux qui recherchent la version la plus aboutie de cette forme ergonomique très réussie, avec une batterie améliorée, un dongle plus fiable et des composants optiques partout, le modèle tient ses promesses.
Deathadder V4 Pro : Ce qu’on a aimé
- Forme ergonomique toujours aussi confortable pour les grandes mains
- Poids réduit à 57 g tout en gagnant en rigidité
- Autonomie impressionnante (150 h à 1000 Hz)
- Capteur, switches et roue optique qui améliorent durabilité et précision
- Dongle Hemisphere stable et informatif
Deathadder V4 Pro : Ce qu’on aime moins
- Prix élevé qui éloigne la souris du grand public
- Son des switches un peu trop métallique pour certains
- Dongle imposant, peu pratique en déplacement
- Améliorations réelles mais pas révolutionnaires si on vient d’une V3 Pro
Au final, Razer livre ici une souris taillée pour les compétiteurs qui veulent le meilleur de la lignée DeathAdder sans compromis sur les performances brutes. Elle ne conviendra pas à tout le monde à cause de son tarif et de sa taille, mais pour ceux que l’ergonomie rassurante de la DeathAdder a déjà conquis, elle représente l’évolution la plus aboutie à ce jour.