Transcending History and the World…” Voilà des mots que nous n’avions plus entendus depuis fort longtemps, mais qui nous ont fait vibrer au milieu des années 90, à la sortie de Soul Edge (ou Soul Calibur, c’est selon). Accompagné par une introduction restée gravée dans la mémoire de tous ceux qui y ont joué (“To Love ! To Shine !”). Allez, on se la remet parce que quelque part, elle est de circonstance puisque ce Soul Calibur VI fait en quelque sorte office de Reboot de la série.

De belles illustrations résument l’histoire du premier Soul Calibur

A tale of soul and swords eternally told

Bien qu’intéressante à suivre, l’habillage de la Chronique d’Âme est peu attirant

Reboot n’est d’ailleurs pas la meilleure des qualifications pour ce Soul Calibur VI, on parlerait plutôt de remise à plat des événements, puisque dès l’introduction, nous avons droit à un résumé en plans fixes qui nous conte les événements du premier Soul Calibur, la tyrannie de Cervantès, la victoire de Taki et Sophitia, l’infection de celle-ci par les débris de Soul Edge et bien entendu, la naissance de Nightmare. Plutôt salvateur pour une série qui mettait autant en avant les histoires de ses différents personnages ces vingt dernières années, laissant sur le carreau les néophytes curieux de cet univers. Ici Soul Calibur VI propose un vrai mode histoire nommé “Chronique d’Âme” qui nous permet de suivre les événements à travers les arcs narratifs de chaque personnage jouable sur une durée de sept années, couvrant les événements jusque Soul Calibur III. Un beau contenu solo et narratif qui explique bien les motivations de chacun à poursuivre la quête de l’épée maudite Soul Edge.

Le seul réel souci est que tout ceci nous est présenté en plans fixes avec du texte un peu longuet sur des fonds plutôt pauvres. Quelques magnifiques illustrations viennent parfois soutenir la narration, mais globalement, l’enrobage de toute l’histoire se révèle plutôt décevant et ennuyeux. Néanmoins, ce mode permet de (re)prendre en main chaque personnage et de vivre leur propre aventure chronologiquement, ce qui donne au contenu solo une véritable consistance, à défaut d’être passionnant à suivre.

De manière général, l’enrobage du jeu reste très austère, que cela soit en combat ou pendant les phases narratives

Outre les modes Entraînement, Versus et bien entendu Arcade que l’on parcourra avec plaisir, avec notre propre avatar issu du créateur et à qui on pourra donner l’aspect le plus exotique qui soit, un mode “Balance de l’Âme” lui est intégralement dédié. Dans ce mode, vous pourrez parcourir le monde après l’arrivée de Nightmare dans le but de fermer des fissures qui corrompent l’humanité. Doté d’un habillage narratif également très pauvre et peu engageant, ce mode Balance de l’Âme vous ouvre les portes du monde, enchaînant les rencontres, les dialogues à choix et bien entendu les combats – parfois avec modificateurs – contre des ennemis de plus en plus puissants.

Soul Calibur VI est un diamant brut à qui il ne manque qu’un bon coup de polish pour resplendir

La Balance d’Âme propose un contenu solo très conséquent

Outre cela, vous pourrez remplir diverses quêtes annexes qui vous rapporteront des pièces d’équipements, de l’expérience et de l’argent à dépenser dans les boutiques contre de la nourriture (qui octroie différents effets pour le combat suivant), de l’équipement plus puissant, voire même engager des mercenaires pour se battre à votre place. Très riche en contenu ici aussi, la Balance des Âmes fait également office de tutoriel puisque c’est dans ce mode que vous seront introduits les deux nouvelles mécaniques de jeu, à savoir le Critical Edge et le Revirement Edge.

Le premier peut se résumer à une furie unique par personnage qui se déclenche d’une touche une fois la jauge idoine remplie, et occasionne de nombreux dégâts à votre adversaire, en plus d’être facilement esquivable. Le Revirement Edge par contre consiste en une garde haute active chargée qui déclenche une attaque une fois la touche relâchée, ce qui vous laisse donc vulnérable un instant en position basse. Si l’attaque porte, elle déclenche alors une confrontation ralentie sous forme de Pierre-Feuille-Ciseau ou chacun appuie sur une touche, un peu comme dans la série Injustice par exemple. En cas d’égalité, l’animation se relance jusqu’à ce que l’un l’emporte, ouvrant alors la garde adverse à un enchaînement dévastateur. Spectaculaire et facile à placer (le Revirement Edge ne nécessite aucune jauge), cette opportunité de gameplay rend les combats encore plus beaux à suivre même pour ceux qui ne jouent pas.

Le Revirement Edge impose une tension qui touchera même les spectateurs du jeu

Car en terme de gameplay, les habitués seront “à la maison” avec les enchaînement bien connus de chaque personnage à base de touche et de direction, même si certains coups plus lents ont étés modifiés ou supprimés, comme pour Raphael, bien plus offensif. Les combattants sont vraiment réactifs et l’accent a été mis ici sur l’offensive, de sorte que la tension soit permanente, avec une accentuation de la vitesse des personnages les plus lourds. Un très bon point donc pour une licence qui avait eu du mal à convaincre avec le cinquième épisode centré sur une nouvelle génération peu inspirée.

Les Critical Edges font de gros dégâts et sont visuellement très réussis

De retour à l’origine de l’histoire, c’est avec plaisir que l’on retrouve Sophitia, Mitsurugi, Taki, Maxi  ou Siegfried, sans  oublier les petits nouveaux comme Groh ou le très charismatique Geralt de Riv, pour le coup vraiment bien intégré au casting et au gameplay en général. Il faut avouer que même si c’était sympa, les ajouts de Dark Vador, Spawn, Link ou Kratos étaient du pur fan service. Ici, le héros de The Witcher trouve une place plus cohérente parmi ses congénères. Par contre, on pestera sans doute sur une Tira bloquée sous un Season Pass ou l’absence des redoutables Hildegard et Setsuka, mais en soit le casting est suffisamment complet pour que tout le monde y trouve son compte, à défaut de retrouver son petit préféré.

Outre sa narration très austère, mais néanmoins complète, Soul Calibur VI souffre d’un autre problème que l’on aurait pu plus facilement pardonner à un autre titre : sa réalisation graphique. Attention, le jeu est propre, les effets lumineux sont biens rendus, mais si les personnages sont bien modélisés sans toutefois attirer l’œil, les différents décors – en plus d’être assez peu nombreux – sont réellement quelconques. Au  revoir les combats dans de belles cathédrales baignée de lumière irréelle et bonjour les plaines verdoyantes ou désertiques banales, et les petites clairières de nuit génériques. Vous l’avez sans doute lu ailleurs, mais ce manque d’ambition graphique pour un Soul Calibur est criant. Tournant sous Unreal Engine 4, le titre semble avoir pris des assets livrés en exemple avec le moteur et les a appliqué sans plus de recherche.

Geralt de Riv est sans doute le meilleur « guest » de la série

Pas d’effets ou de détails dans les décors, pas de personnalité, rien qui ne ressorte particulièrement. Comme conscient de cette faiblesse, le titre applique un flou constant sur les décors, faisant ressortir les combattants à l’avant-plan, mais ce procédé donne vraiment l’impression d’un cache-misère, comme si les décors avaient étés portés sur le moteur en dernière minute. Pour être honnête, cela m’a donné la même impression que lors du premier trailer de Shenmue III : une utilisation stricto sensu du moteur graphique, sans aucune surcouche qui lui donnerait du caractère. On pourrait d’ailleurs imputer à ce manque de finition graphique les faibles performances de la série au Japon, remettant en question son avenir. Avec un moteur aussi puissant et malléable que l’Unreal Engine, on se demande pourquoi aucune mise en scène avec le moteur du jeu n’ai été réalisée. Cela aurait donné une véritable ampleur à la narration et aux enjeux épiques de la saga, qui a narrativement bien plus à offrir qu’une série comme Tekken.

Conclusion

Si l’on s’en tient au contenu et au gameplay, ce nouveau Soul Calibur VI a clairement de quoi revendiquer sa place parmi les meilleurs représentants du genre. Vif, porté sur l’attaque, avec un casting varié et un gameplay nerveux et spectaculaire, Soul Calibur VI est un vrai plaisir manette en main. Néanmoins, si son mode solo est très conséquent et promet de très longues heures de jeu, son interface et son habillage restent très austères, tandis que la partie graphique manque vraiment de caractère et d’identité, au point d’en devenir générique. Un comble pour la série qui a toujours cherché à impressionner à ce niveau. Accessible aux nouveaux venus et très intéressant à se réapproprier pour les habitués, Soul Calibur VI est un diamant brut à qui il ne manque qu’un bon coup de polish pour resplendir.

SoulCalibur VI

  • Développeurs Bandaï Namco
  • Type Combat
  • Support PS4, PC, Xbox One
  • Sortie 19 Octobre 2018
Show Full Content

About Author View Posts

Xavier Henry - Titiks
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

Previous Yooka-Laylee: le downgrade « 64-bit Tonic » se présente en vidéo
Next Playstation Classic : les 20 jeux dévoilés
Close

NEXT STORY

Close

Concours PXLBBQ – Selma and the Wisp : Les résultats

08/06/2019
Close