Test : Perception – La maison des damnés

Osez le diable

Visiter une maison hantée, c’est un sujet qui a été essoré des milliers de fois. Perception s’attarde sur Cassie, une jeune femme obnubilée par une étrange maison dans laquelle elle décide de se rendre seule pour en avoir le coeur net. Une fois sur place, Cassie se rend compte qu’une présence lui veut du mal. Classique ? Certes, mais vous ai-je précisé que Cassie était aveugle ?

Mais c’est HYPER ACCUEILLANT chez vous, dites voir !

Perception for the Devil

Et je suis certain que le jeu de mot de mon sous-titre est passé complètement inaperçu. C’est décevant. Comme Cassie est aveugle, elle dispose d’un super talent assez semblable à DareDevil (vous l’avez ?) puisqu’elle se repère uniquement en écholocalisation. Pour faire simple, elle ne voit rien, mais les ondes sonores qui se répercutent sur les objets les matérialisent un court instant devant elle. De ce fait, chaque pas fait apparaître quelques centimètres du plancher, tandis que frapper une surface dévoile une plus grande part du décors de la maison. On peut également compter sur quelques objets bruyants comme des magnétophones, des chauffages ou simplement le vent pour nous repérer dans l’espace.

Au début de l’aventure, vous pourrez choisir entre connaître toutes les pensées de Cassie… ou qu’elle la boucle

Dans un premier temps, elle parcourt la maison de nuit (ou de jour, en fait, on n’en sait rien) alors qu’un certain Serge la supplie par téléphone de l’attendre avant d’entrer. Mais Cassie est déterminée à savoir pourquoi cette maison qu’elle ne connaît pas et n’a – forcément – jamais vue, la hante à ce point. Des objets en particulier, comme une pomme ou une corde. Si le lieu semble inhabité, des vestiges d’une ancienne famille y sont conservés, mais surtout, des bruits étranges se font entendre. Bien vite, Cassie réalise qu’une présence néfaste en veut à sa vie, une entité surnaturelle dotée d’une voix glaçante semble la poursuivre dans la demeure. Mais d’autres échos du passé, inoffensifs, lui apparaissent également, comme des fragments de la vie des anciens occupants de la demeure. 

Cache-cache

Certains éléments produisent du son, ça aide…

La canne de Cassie revêt donc une importance capitale, puisqu’en frappant le sol ou les murs (et le bruit est différent suivant la surface, détail appréciable), elle peut se repérer dans l’espace, mais elle attire également l’attention de l’entité. Ainsi, le joueur sera partagé entre le désir de “voir” sa route constamment et celui de rester le plus invisible possible aux yeux de la créature. Car lorsqu’elle s’approche, la couleur des environnements habituellement bleue, vire au orange puis au rouge, signe qu’il est tout proche et qu’il faut trouver une cachette. Coffres ou palissades, les quelques cachettes présentent dans la demeure suffisent amplement à tromper l’ennemi, puisqu’au final, à part en rares situation, on le croisera assez peu.

« Il » n’est pas loin !

Perception se dote donc d’une ambiance assez glaçante, même si l’épouvante laisse place au malaise au bout de quelques heures, puisqu’on sera plus intéressé par le passé des habitants de la maison – de différentes époques – qu’à éviter le fantôme tant celui-ci pourra être leurré facilement. Reste quelques passages haut en tension, comme cette chambre tapissée de papier-bulle, éclatant au moindre pas et attirant la créature à nous. Si son apparence est un peu fantoche, sa voix est particulièrement malsaine et très réussie. On n’en dira pas forcément autant du reste du casting, car si Cassie parvient à être convaincante, c’est peu le cas de son compagnon Serge, ou le sympathique Nick que notre héroïne contacte pour lui décrire des photos. De plus, grâce à son téléphone et l’application Delphi, Cassie est capable de “lire” du texte, révélant peu à peu l’histoire des habitants de la demeure à plusieurs époques.

Ghost in the Hell

Tout n’est pourtant pas tout rose, car si Perception profite de belles idées et d’un gameplay simple mais usant très efficacement de son gimmick de cécité, il nous ramène souvent à notre condition de joueur en nous affichant les objectifs éloignés à travers les murs d’une simple pression d’une touche, utile pour savoir dans quelle direction aller, mais complètement impossible à justifier dans la réalité de Cassie (bon déjà que l’écholocalisation, c’est pas hyper-réaliste, mais soit, la suspension d’incrédulité fonctionne). Aussi, on aura vite fait d’éviter de faire trop de bruit, nous repérant de mémoire dans les nombreuses pièces de la maison, évitant par là de fréquentes rencontres avec le spectre.

Graphiquement c’est simple, mais ça donne une sacrée ambiance

Aussi, si l’ambiance sonore est de grande qualité – heureusement, d’ailleurs – on pestera sur les doubleurs secondaires peu impliqués. Le système de sauvegarde peut aussi poser souci, puisque la mort ou la recharge d’une partie peut vous faire perdre pas mal de temps, étant donné que se déplacer reste assez long dans cet univers sombre.

Conclusion

Original dans son approche, Perception parvient à nous tenir en haleine grâce à son ambiance glaçante et à sa narration simple mais prenante. On écoute beaucoup d’enregistrements, on assiste à des apparitions spectrales et on fait le moins de bruit possible pour ne pas attirer l’entité maléfique. A part quelques erreurs qui tiennent plus de la cohérence générale que du gameplay, Perception parvient à donner une touche de fraîcheur au Walking Simulator en nous perdant dans une demeure changeante, en proie à un spectre qui nous veut du mal. On en vient à espérer une déclinaison VR pour plus de sensation !

Temps de lecture : environ 2 minutes

Perception

  • Développeurs The Deep End Games
  • Type Walking Sim/ Aventure
  • Support PS4, PC, Xbox One
  • Sortie 07 Juin 2017
Perception à notre sauce
7/10
Perception à notre sauce
Y'a bon
  • Un système original
  • Davantage épouvante qu'horreur
  • La voix du spectre... brrrrr
  • Une durée de vie satisfaisante
  • Un histoire simple mais racontée de façon originale
  • Des idées sympathiques (Nick, Delphi...)
Beuuuuwark
  • Un doublage parfois bancal pour les autres protagonistes
  • Un spectre finalement facile à esquiver
  • Des objectifs un peu facile à "voir"
  • Un système de sauvegarde pénible
  • Hyper scripté
  • Quelques bugs de traductions de sous-titre
  • Technique
    7/10
  • Esthétique
    7/10
  • Ergonomie
    8/10
  • Audio
    9/10
  • Contenu
    7/10
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Tests jeux
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l’univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.

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