Test : Déraciné – Enfance et désespoir

Quand From Software s'essaye au conte

Déraciné est un titre qui de prime abord ressemble beaucoup à toutes les expériences VR que le casque de Sony propose depuis sa sortie. Cela dit, il y a une composante importante qui confère à ce projet une certaine aura : Déraciné est un projet né de Japan Studio et de From Software, le studio de développement derrière la saga Dark Souls et Bloodborne. Et quand on connaît un peu le travail d’Hidetaka Miyazaki, il y a de quoi être intrigué.

Faites connaissance avec 6 charmants enfants

Doux Esprit, es-tu là ?

Nous ne savons pas trop au début ce que nous incarnons. Un esprit, comme le nomme les enfants de l’orphelinat, une fée ou autre chose. L’orphelinat n’est peuplé que d’un vieux directeur et de quelques enfants que nous apprenons à connaître pendant les premiers chapitres. Point de violence ou de réelle action ici puisque le temps semble figé tandis que nous arpentons d’abord les couloirs du bâtiments, et d’autres environnements par la suite.

Comme toujours, la mort et ses implications sont une thématique importante

La progression du jeu est totalement scriptée, nous n’avons accès pendant chaque chapitre qu’à un certain nombre de lieux que nous pourront explorer comme nous le souhaitons pour découvrir quelques objets cachés, mais aussi les détails, puisque la réalisation est de très bonne facture pour un jeu en réalité virtuelle. Si l’on reste très éloigné des titres phares de From Software, il subsiste tout de même cette ambiance éthérée et crépusculaire constante, comme un calme avant une tempête à venir.

Si le temps est figé, nous somme libres de nous déplacer via téléportation dans les pièces ouvertes (ou dans certains extérieurs, essayez les fenêtres), assister à des mémoires voire à des scénettes où il nous est possible d’interagir avec certains objets pour faire connaître notre présence aux enfants ou pour récupérer un objet spécifique sur eux. Nous sommes capable de nous baisser, de manipuler des objets, de tourner sur nous-mêmes ou encore de gérer un inventaire via les différentes touches des manettes sans que cela ne devienne jamais compliqué. On peut même dire que passé le tutoriel, les manipulations deviennent agréablement instinctives et nous laissent alors profiter des décors.

Déraciné joue avec la proximité et notre empathie

Intégralement jouables aux PSMoves (attention, ils sont indispensables), le titre confère au joueur deux pouvoirs particuliers : Le premier étant de voler et stocker du temps dans la main droite pour le transférer à quelque chose d’autre. Il est donc par exemple possible de rendre la vie à un petit animal à condition d’avoir volé le temps restant à vivre à une autre entité du même type.

Prendre le temps de vie pour corriger le passé est un système trop peu exploité

Mécanique très intéressante mais aussi largement sous-exploitée car n’apparaissant que très rarement et de manière totalement scriptée. L’autre mécanique étant de pouvoir voyager dans différentes époques liées à des événements importants du lieu pour corriger certaines erreurs et influer sur l’avenir. Même souci de ce côté puisque cette mécanique ne sera principalement utilisée que pour mettre fin à un chapitre une fois l’objectif atteint.

Nous ressentons parfois une réelle détresse

L’accent a clairement été mis sur la narration et l’ambiance plus que sur le gameplay, conférant au jeu un aspect de conte sinistre, débutant pourtant légèrement. On se retrouve dans le dernier tiers avec des thématiques plus sombres et désespérées, mais aussi avec un déroulé quelque peu confus.

Reste que l’on se prend d’affection pour ce lieu hors du temps et ces 6 enfants esseulés tandis que l’on déambule dans les couloirs figés de l’orphelinat et l’on a assez rapidement à cœur de prendre soin d’eux et de leur éviter – si possible – un sinistre sort. Intégralement doublé en français, Déraciné prend son temps pour poser son univers, ses personnages et son intrigue parfois un peu cryptique.

Conclusion

Étrange mais fascinant, Déraciné utilise la réalité virtuelle pour nous immerger dans une ambiance et joue avec la proximité et notre empathie l’espace de quelques heures. Petit conte sombre qui se parcourt comme on lit un livre pour enfant un soir de tempête de neige, dirigiste sans toutefois nous laisser pur spectateur, ses promesses de systèmes s’effacent cependant trop rapidement et cela risque de décevoir ceux qui attendaient du gameplay. Le voyage est par contre de qualité, tout comme la réalisation de l’ensemble.

Temps de lecture : environ 4 minutes

Déraciné

  • Développeurs From Software Japan Studio
  • Type Aventure
  • Support PSVR
  • Sortie 6 Novembre 2018
Déraciné à notre sauce
7/10
Déraciné à notre sauce
Y'a bon
  • Ambiance très réussie
  • Doublé en français
  • Interactions assez riches
  • Visuellement détaillé
  • Un vrai conte sinistre
Beuuuuwark
  • Mécaniques de gameplay sous-exploitées
  • Prend du temps à démarrer
  • Ultra dirigiste
  • Technique
    8/10
  • Esthétique
    8/10
  • Ergonomie
    8/10
  • Audio
    7/10
  • Contenu
    6/10
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Tests jeux
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.
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