Je n’avais pas touché à un Call of Duty en solo depuis la fin de l’été dernier. Black Ops 6 m’avait laissé un goût bizarre, entre l’euphorie d’un retour aux sources et cette sensation diffuse que quelque chose clochait déjà. Un an plus tard, presque jour pour jour, Black Ops 7 débarque. Et cette fois, il n’y a plus de doute possible : c’est la chute.

Quand j’ai lancé la campagne pour la première fois. Pas de menu classique, pas de « Nouvelle partie » qui rassure. Juste un gros bouton « Trouver un match » en bas à gauche, comme si on allait tomber dans une partie publique de Warzone. J’ai cliqué quand même, parce qu’on espère toujours. Cinq heures et demie plus tard, les crédits défilaient et je fixais l’écran, sonné, en me demandant si c’était ça, l’expérience ultime Black Ops.

2035. Raul Menendez est revenu – ou du moins une version hallucinogène de lui, recyclée par une multinationale de robots qui s’appelle la Guild parce qu’évidemment il fallait un nom qui sonne faux. David Mason, le fils d’Alex, traîne toujours sa culpabilité comme un boulet. Troy Marshall, le héros de Black Ops 6, fait une apparition pour nous rappeler qu’on est dans la continuité directe. Et puis il y a Woods, Harper, des flashbacks, des cauchemars, des machettes qui tombent du ciel comme dans un animé sous acide. Tout y passe.

Le pire, c’est que ça commence presque bien. La première mission à Tokyo est un feu d’artifice : on traverse des toits, on plonge dans le métro, on finit par crasher un yacht de luxe dans le port « parce que c’est une déclaration forte ». Pendant vingt minutes, on se dit que Treyarch et Raven ont retrouvé la formule des grands moments cinématographiques. Et puis la mission suivante arrive, et on comprend que ce pic était l’exception, pas la règle.

Le reste alterne entre deux extrêmes. D’un côté, des couloirs linéaires où l’on tire sur des vagues d’ennemis sans savoir pourquoi ils sont là (la Guild ? Des mercenaires ? Des hallucinations ? On ne sait plus). De l’autre, des zones semi-ouvertes sur Avalon, cette île-cité qui sert de hub récurrent et qui préfigure l’endgame PvE. Ces zones sont immenses, vides, et remplies d’objectifs du niveau « va poser quatre charges C4 » ou « scanne trois cadavres ». On a déjà vu ça dans Modern Warfare 3 l’an dernier, mais en pire : ici, même l’illusion d’un monde vivant a disparu.

Et puis il y a le co-op, cette grande promesse. Quatre joueurs, boss avec plusieurs points faibles, gimmicks sympas quand on est à plusieurs. Oui mais moi, je joue en solo. Et pour moi, rien. Pas d’IA pour remplacer les coéquipiers absents (me suis senti très con quand j’ai réalisé que personne ne me suivait dans la première salle remplie d’ennemis… mais la cinématique me montre bien tous mes alliés !). Pas de pause possible (le jeu est always-online, même en campagne). Pas de checkpoints décents : vous mourrez à la 28ème minute d’une mission de 30 minutes ? Recommencez tout. J’ai été déconnecté à cause d’une mise à jour automatique du launcher pendant une séquence de boss. J’ai dû refaire quarante minutes de jeu. À ce moment-là, j’ai éteint la console et j’ai lancé Crescent Tower. Vraiment.

Le gunplay, lui, reste impeccable – c’est la seule chose que Call of Duty n’a jamais ratée ces quinze dernières années. Les armes explosent, les SMG déchiquettent, les snipers font éclater les têtes avec une satisfaction immédiate. Le grappin, le super-saut, la wingsuit : tout ça fonctionne à merveille quand on traverse Avalon en freestyle. Pendant quelques secondes, on retrouve l’ivresse de Blackout à l’époque où il était frais. Et puis on retombe dans une mission où Woods se transforme en monstre végétal pendant que des zombies nous courent après, et le sortilège est rompu.

Le Endgame, cette fameuse zone ouverte post-générique où l’on monte son « combat rating » en nettoyant des checkpoints, ressemble à une version low-effort de DMZ sans l’extraction et sans le moindre mystère. On tire, on loot des armes épiques via des machines, on regarde un chiffre monter. C’est répétitif, c’est vide, et surtout c’est obligatoire si l’on veut voir le vrai boss final (un Harper géant, paraît-il). Je n’ai même pas eu le courage d’y aller.

Il y a quelque chose de profondément triste dans tout ça. Black Ops, c’était autrefois la série qui osait : la guerre froide paranoïaque ou des twists qui nous laissaient hagard à 4 h du matin. Aujourd’hui, on nous ressert les mêmes visages vieillis numériquement, les mêmes traumas recyclés, mais sans la moindre cohérence narrative. Menendez hurle « Souffrez avec moi ! » pour la quinzième fois en treize ans et on souffle.

Je ne vais pas vous dire que c’est le pire jeu du monde – le multi et le zombies existent, et ils sauveront sans doute les ventes, puisque c’est pour ça que les gens achètent le jeu. Mais pour les type comme moi qui viennent jouer à un blockbuster en solo, Black Ops 7 est un échec. Pas juste mauvais : il est fatigué. Il donne l’impression que plus personne chez Activision ne croit à l’idée même d’une histoire solo dans Call of Duty. Et le plus terrifiant, c’est qu’ils ont peut-être raison. Quand je vois les files d’attente multijoueurs pleines à craquer dès minuit et les forums campagne presque déserts, je me dis que le message est passé depuis longtemps. Pourtant, n’est-ce pas une bonne histoire solo qui rend un jeu mémorable et galvaniser les joueurs en leur donnant le souffle épique nécessaire pour le multijoueur ?

Call of Duty: Black Ops 7


SupportsPC, PS4, PS5, XBox One, XBox Series
GenreFPS
Date de sortie14 novembre 2025
ÉditeurActivision
DéveloppeurTreyarch, Raven Software
MultiOui


  • Le feeling des armes reste irréprochable
  • Les phases de mouvement (grappin, wingsuit, super-saut) sont top manette en main
  • La mission de Tokyo est un vrai moment de cinéma
  • Quelques boss fights visuellement spectaculaires (quand on est à quatre)
  • Always-online même en solo, pas de pause
  • Une campagne coop ou rien.
  • Checkpoints absurdes
  • Aucune IA alliée, aucune option de difficulté
  • Histoire confuse, remplie de nostalgie forcée qui ne touchent plus personne
  • Zones ouvertes vides et répétitives
  • Endgame PvE qui tourne en rond au bout de deux runs

Call of Duty: Black Ops 7

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En bref

J’avais aimé les campagnes pendant toutes ces années. Nous avons pardonné No Russian, nous avons pleuré à la fin de Modern Warfare 2, nous avons refait Black Ops 1 en vétéran juste pour les dialogues. Aujourd’hui, on nous propose une expérience qui punit activement le joueur solo et qui transforme les grandes séquences narratives en horde mode low-cost. Et on nous demande 70 euros pour ça. Peut-être qu’il est temps d’arrêter de faire semblant.

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