Le State of Play de juin 2025 vient de se terminer, et je dois l’avouer, je ressens un mélange étrange de curiosité et de légère déception. Comme beaucoup d’entre nous, j’attendais un moment fort, une annonce qui ferait vibrer, un peu comme à l’époque où les conférences E3 nous laissaient tous scotchés collectivement devant nos écrans. PlayStation a livré une présentation soignée, variée, avec une flopée de jeux et de dates de sortie, sans toutefois provoquer l’étincelle que j’espérais. Pas de grosse exclusivité signée PlayStation Studios, pas de trailer iconique pour marquer les esprits. Pourtant, tout n’est pas à jeter, loin de là.
Un State of Play convenu, mais pas sans mérite
Dès les premières minutes, on a senti que ce State of Play jouait la carte de la prudence. La communication de PlayStation semble diluée ces derniers temps, comme si les annonces majeures se dispersaient entre différents événements sans jamais créer un véritable choc. On attendait un grand moment, une révélation qui nous rappellerait pourquoi on aime cette marque. Mais PlayStation, peut-être trop confiant face à une concurrence moins agressive sur le marché des consoles (cette situation de domination n’a historiquement jamais joué en la faveur de Sony et encore moins de ses joueurs), n’a pas sorti l’artillerie lourde. Et ça, ça rappelle des souvenirs douloureux, comme l’époque de la PS3 où une stratégie trop relax a coûté cher. Sony n’a jamais été meilleur que quand il était challenger.
Cela dit, je ne vais pas noircir le tableau plus que nécessaire. La présentation a quand même aligné une belle variété de jeux, avec une qualité globale qui tient la route. Les nombreuses dates de sortie annoncées promettent un calendrier chargé pour les mois à venir, et j’ai vaiment apprécié le retour en force des jeux japonais, qui manquaient un peu ces derniers temps. Alors, même si l’événement n’a pas atteint des sommets, il a posé des bases solides pour la suite. Voyons maintenant ce qui a été dévoilé.
Un tour d’dorizon chargé
Astrobot : toujours plus de fun
On commence avec Astrobot, qui continue de prouver que Team Asobi sait comment nous faire sourire. De nouveaux niveaux gratuits viennent enrichir le jeu, portant le total à 90 planètes à explorer. Chaque planète est une petite planque de créativité, avec des défis qui mélangent plateforme et exploration dans cet univers coloré. Mais ce n’est pas tout : une manette collector a été dévoilée, avec un design original où les yeux du robot sont fermés – un clin d’œil amusant par rapport à la version précédente. J’ai aussi noté l’ajout de nouveaux bots spéciaux, dont un inspiré d’Atsu de Ghost of Yotei. Le suivi autour de ce jeu est impressionnant, et je ne peux qu’applaudir l’équipe pour cet amour continu du détail.
Ninja Gaiden Ragebound : retour d’un classique brutal
Le 31 juillet, Ninja Gaiden Ragebound débarque sur PS5 et PS4. Ce nouvel opus de la série d’action légendaire met en scène deux protagonistes issus de clans rivaux, avec un gameplay qui promet de rester fidèle à la réputation de difficulté de la franchise. Les combats, rapides et exigeants, demandent une précision chirurgicale, et les premières images montrent une fluidité qui fait saliver. Si vous aimez les jeux où chaque erreur se paye cash, celui-ci pourrait bien vous parler.
Sword of the Sea : Une perle visuelle
Sword of the Sea, prévu pour le 19 août et offert dès le premier jour aux abonnés PS Plus Extra et Premium, m’a tout de suite tapé dans l’œil. Développé par Giant Squid, le studio derrière Abzu et The Pathless, ce jeu évoque l’esthétique onirique de Journey. On y glisse sur des dunes de sable dans un monde fluide et coloré, avec une direction artistique qui semble taillée pour en mettre plein la vue. Ce n’est pas un blockbuster, mais une expérience plus intimiste, dans la veine des titres « double A » qui savent nous surprendre par leur créativité.
PlayStation Plus Classics : Une dose de nostalgie
Les abonnés PS Plus vont être gâtés cet été avec l’ajout de plusieurs classiques au catalogue. On parle de Deus Ex (version PS2), Twisted Metal 3 et 4, ainsi que Resident Evil 2 et 3 de la PlayStation originale. Plus tard ce mois-ci, Mist et Riven rejoindront aussi la liste. Ces titres, piliers de l’histoire du jeu vidéo, rappellent à quel point la PS1 et la PS2 ont marqué leur époque. Pour ceux d’entre nous qui ont grandi avec ces jeux, c’est une belle occasion de replonger dans le passé.
Metal Gear Solid Delta : Un remake toujours aussi mystérieux
Le remake de Metal Gear Solid 3, baptisé MGS Delta, a montré un trailer capturé sur PS5 Pro, avec des visuels impressionnants. Ce qui a piqué ma curiosité, c’est un léger teasing qui pourrait laisser entendre l’ajout d’un mode multijoueur ou en ligne. Rien n’est confirmé, mais l’idée d’un Snake en ligne dans cet univers stealth mythique me fait déjà rêver. En attendant, le travail sur les graphismes et l’ambiance semble respecter l’héritage de la série.
Hirogami : papier et aventure
Prévu pour le 3 septembre sur PS5, Hirogami propose une expérience d’action-aventure où l’on se transforme en formes de papier. Le concept, original et visuellement intrigant, mélange exploration et combats dans un monde qui semble plié à la main. Ce genre de proposition audacieuse, qui sort des sentiers battus, montre que les studios indépendants ont encore des choses à dire.
Everybody’s Golf Hot Shots : Plaisir sur le green
Le 5 septembre, Everybody’s Golf Hot Shots arrive sur PS5 avec une promesse : la plus grande liste de personnages de la série, des parcours variés avec des effets météo et des variantes nocturnes. Cerise sur le green, une précommande débloque Pac-Man comme personnage jouable. Ce titre, fidèle à l’esprit arcade et accessible de la série, semble parfait pour des sessions détendues entre amis.
Baby Steps : Un pas à la fois
Annoncé pour le 8 septembre sur PS5, Baby Steps m’a fait sourire dès les premières images. On y incarne Nate, un personnage qui progresse avec des mouvements délibérés dans un monde ouvert. L’humour et la maladresse du gameplay, où chaque pas est une petite victoire, donnent une vibe unique. Ce n’est pas le genre de jeu qui révolutionne tout, mais il a l’air de proposer une expérience légère et originale.
Silent Hill F : frissons au Japon
Le 25 septembre, Silent Hill F arrivera sur PS5, Xbox Series et PC, avec un trailer capturé sur PS5 Pro. Ce nouvel opus, qui se déroule pour la première fois au Japon, dégage une ambiance oppressante, avec des inspirations tirées de Project Zero et Siren. Les images montrent un univers brumeux, presque suffocant, qui promet des frissons. Pour ceux d’entre nous qui adorent les survival-horror, ce changement de cadre pourrait bien redonner un coup de jeune à la série.
Final Fantasy Tactics : Retour d’un monument
La rumeur était vraie : Final Fantasy Tactics: The Ivalice Chronicles revient le 30 septembre sur PS4 et PS5. Cette remasterisation du classique de la PS1 propose deux modes : un amélioré avec des graphismes retravaillés, des dialogues doublés et une interface optimisée, et un mode classique pour les puristes du pixel art. Les musiques, toujours aussi envoûtantes, et le gameplay stratégique font de ce titre un incontournable. Un mode histoire simplifié a même été ajouté pour rendre l’expérience plus accessible. Pour moi, c’est l’une des annonces les plus excitantes de ce State of Play.
Ghost of Yotei : Une attente frustrante
Ghost of Yotei, prévu pour le 2 octobre, a montré un court extrait, mais PlayStation a décidé de garder le gros du gameplay pour un State of Play dédié en juillet 2025. Franchement, cette stratégie m’a un peu agacé. Pourquoi teaser quelque chose sans aller jusqu’au bout ? Cela dit, ce que j’ai vu laisse présager une suite dans la lignée de Ghost of Tsushima, avec une exploration fluide et des combats dynamiques. J’attends juillet avec impatience, mais là, c’était un peu léger.
Cairn : Survie à la française
Cairn, un jeu français prévu pour le 5 novembre, propose une expérience de survie et d’escalade. Une démo est déjà disponible, et les premières images montrent un univers rude où chaque pas compte. Ce genre de projet, porté par un studio indépendant, rappelle qu’on n’a pas toujours besoin d’un budget colossal pour proposer quelque chose de solide.
Pragmata : Enfin une date
Pragmata, après des années de reports, revient avec une date fixée à 2026 et un trailer capturé sur PS5 Pro. Ce jeu de science-fiction signé Capcom met en scène Yuu et Diana, un duo évoluant dans un univers futuriste. Les visuels sont somptueux, avec des environnements qui semblent tout droit sortis d’un film. Le gameplay, centré sur le piratage et l’exploration, intrigue, mais il faudra attendre pour en savoir plus. En tout cas, c’est l’un des trailers qui m’a le plus marqué.
Nioh 3 : toujours aussi violent
Nioh 3, annoncé pour début 2026, promet de marier les styles ninja et samouraï dans des zones plus ouvertes que ses prédécesseurs. Une démo gratuite est disponible jusqu’au 18 juin pour les joueurs PS5, et je vous conseille de la tester si vous aimez les défis corsés. La série reste fidèle à sa réputation de difficulté, mais ces nouvelles zones ouvertes pourraient apporter un vent de fraîcheur.
Marvel Tocon Fighting Souls : La surprise
Et puis, il y a Marvel Tocon Fighting Souls, la grosse annonce de ce State of Play. Ce jeu de combat en 4v4, fruit d’une collaboration entre PlayStation Studios, Marvel Games et Arc System Works, m’a scotché. Les animations, ultra fluides et stylées, rappellent les belles heures de Marvel vs. Capcom. Avec un roster varié – Iron Man, Ghost Rider, Tornade, Dr Doom, Miss Marvel, et j’en passe – et des mécaniques de tag fighter poussées, ce titre s’annonce explosif. Sortie prévue pour 2026, et je compte déjà les jours.
Autres Annonces Notables
D’autres jeux ont marqué l’événement, comme Romeo is a Dead Man de Suda51, un titre complètement barré où l’on incarne un agent du FBI armé d’épées et de flingues. Tides of Tomorrow (26 avril 2026) mise sur une direction artistique soignée et un message écologique fort, tandis que Sea Remnant (2026) propose un univers de pirates visuellement unique avec des pantins de bois. Enfin, 007 First Light, prévu pour 2026, nous met dans la peau d’un jeune James Bond dans une aventure à la troisième personne qui rappelle Uncharted. Les premières images sont prometteuses, et IO Interactive semble avoir une vision claire pour ce projet.
Qu »est ce qu’on en retient ?
Ce State of Play a brillé par sa diversité. Les jeux japonais, comme Silent Hill F ou Final Fantasy Tactics, ont fait vibrer ma corde nostalgique tout en montrant une ambition moderne. Les expériences « double A », comme Sword of the Sea ou Hiroami, prouvent que PlayStation soutient des projets originaux. Les dates de sortie précises et le focus sur la PS5 Pro montrent une volonté de structurer l’avenir. Et bien sûr, Marvel Tocon Fighting Souls a tout pour devenir un hit.
Mais l’absence de grosses exclusivités PlayStation Studios pèse lourd. On sent un manque de vision claire pour les jeux solo narratifs, et la stratégie de communication, avec des annonces dispersées, dilue l’impact. Le teasing de Ghost of Yotei sans gameplay consistant m’a frustré, et les inquiétudes sur les projets annulés – vestiges des « années Jim Ryan » – planent toujours. On attendait un moment mémorable, et il n’est pas venu.
Au final, ce State of Play de juin 2025 n’a pas répondu à toutes mes attentes, mais il a su poser des jalons intéressants. La variété des jeux, le retour des classiques et l’accent sur des titres japonais et « double A » montrent que PlayStation n’a pas perdu la main. Mais sans une grosse exclusivité ou un moment fort, l’événement reste dans l’ombre des grandes conférences d’antan. J’espère que le State of Play dédié à Ghost of Yotei en juillet viendra rattraper le coup. En attendant, je garde un œil sur Final Fantasy Tactics et Marvel Tocon Fighting Souls, qui pourraient bien marquer cette fin d’année et au-delà.