Hitman : Paris | Test

Un Chauve à Paris

Bon bon bon… voilà une critique bien compliquée à aborder, puisqu’elle doit être faite sur un titre disposant d’un modèle de distribution inhabituel pour le genre. Hitman : Paris est en effet sorti la semaine dernière en deux éditions digitales (la version physique n’étant pas prévue avant 2017), l’une donnant accès à l’intégralité de l’expérience Hitman à venir, l’autre – à un prix moindre – permettant simplement de jouer au tutoriel et à la première réelle mission de Paris. Sachez simplement que dans les deux cas, vous jouerez actuellement au même contenu, si ce n’est que les détenteurs de la version complète verront leur jeu mis à jour dans les prochains mois avec de nouvelles cartes, tandis que les autres devront se contenter de Paris et de ses nombreux défis.

Bienvenue au défilé

La Beta avait déjà lancé les hostilités sur les quelques possibilités qu’offraient le jeu pour atteindre sa cible. On avait déjà pu voir que le système de costumes avait été remanié et était cette fois aussi intéressant qu’indispensable à utiliser. En effet, 47 devra souvent se procurer un costume sur une autre personne pour atteindre sa ou ses cibles le plus discrètement possible, sans éveiller les soupçons. Et de ce côté, le résultat s’avère plutôt réussi, avec différents niveaux de costumes permettant d’atteindre des lieux de plus en plus sécurisés. On ne s’étonnera donc pas de voir un garde du corps déambuler dans les couloirs en portant une arme dans son dos avant d’entrer dans un salon privé, ce qui n’est pas le cas d’un simple serveur, qui lui pourra manipuler les cocktails sans éveiller les soupçons pour les rendre un peu plus… piquant. Attention cependant, certaines personnes – plus alertes – pourront devenir suspicieuses en ne reconnaissant pas un membre de leur équipe. Les corps découverts trahissent également votre camouflage, car vos ennemis pourront déduire rapidement sous quel costume vous vous cachez.

Ce pauvre bougre a toute les chances de vous fournir votre premier costume

Ce pauvre bougre a toutes les chances de vous fournir votre premier costume

Heureusement, l’attitude de l’IA n’est pas de prime abord agressive (enfin, si vous sortez votre arme en face de la sécurité, elle ne va pas vous chanter une berceuse), et se contentera de vous éjecter de la zone… dans un premier temps.

Oh, une diversion potentielle

Oh, une diversion potentielle

De très nombreux outils sont également disponibles sur place, de la mort au rat destinée à aller faire vomir votre victime dans un coin tranquille, en passant par des armes à feu diverses, blanches, des pièces de monnaie pour faire diversion ou des cordes pour faire moins de bruit. Car oui, il vous est possible de tuer quelqu’un dans une salle bondée pour peu que personne ne vous voit et que vous le faites en silence.

Ce qui change radicalement de ce qu’on a pu tous voir sur la Beta, c’est le lieu. Le château aux abords de la capitale française accueille un prestigieux défilé de mode élaboré par un couple milliardaire qui en profite pour gérer des transactions d’informations confidentielles bien plus lucratives. Ces deux méchants – *bhou-les-vilains* – sont les cibles principales de l’Agent 47 et même si jusqu’ici l’intrigue ne casse pas 3 pattes à un ver de terre mutant, on s’en contente comme mise en bouche. Le lieu est énorme et rempli de monde. Des salles dédiées au défilés en passant par les discrètes cuisines, les salons privés du second étage ou toutes les pièces servant aux invités ou au service technique, le château est immense et regorge de possibilité.

Le maître-mot de ce nouveau Hitman semble être “diversité”. Les possibilités pullulent, que l’on parle des moyens découverts sur le tas (oh, un projecteur qui ne tient pas beaucoup… hum, quel hasard j’ai justement trouvé une clé à molette – hohoho) ou les fameuses “Opportunités” qui vous définissent un chemin relativement précis à emprunter pour atteindre votre cible. Toute aide est bien entendu désactivable, mais elle peut s’avérer utile lors des premières parties pour comprendre les comportements des ennemis, repérer les différentes possibilités ou simplement effectuer vos tests d’IA.

Un membre de l'équipe technique seul dans les escaliers... hum.. tentant...

Un membre de l’équipe technique seul dans les escaliers… hum.. tentant…

IA IA – Oh…

Car venons-en au principal problème de ce Hitman – si tant est que le format de distribution ne constitue pas déjà un frein pour la plupart – que constituent les errances de l’intelligence artificielle. A titre d’exemple, j’ai abattu ma première cible dans les jardins, après avoir arrangé un rendez-vous bidon avec un autre invité. Planqué derrière un muret, l’endroit grouillait de gardes. Il m’a pourtant été facile de sortir mon silencieux, de coller deux ou trois balles dans la tête de la cible (une seule ne suffisant pas à le tuer… hum…) et de m’enfuir en courant (en trottinant serait plus juste) pour me planquer dans un coffre en retrait des loges du défilé, attendant un long moment que l’IA baisse sa garde.

Un score évalue votre performance en fin de mission, vous allouant des modificateurs pour recommencer le niveau

Un score évalue votre performance en fin de mission, vous allouant des modificateurs pour recommencer le niveau

Pour la seconde, après avoir réussi péniblement à atteindre le second étage (alors qu’il y a un accès direct…), je me suis rendu dans le grenier occupé par quelque garde. Après en avoir éliminé deux en silence, je me suis simplement posté à la fenêtre intérieure surplombant le défilé pour apercevoir ma cible juste en face à quelque dizaines de mètres. Quelques balles silencieuses dans la tête plus tard, je me suis simplement dirigé vers la cave où une sortie discrète était possible. Bien entendu, je vous épargne ici la liste des choses à réussir pour y parvenir (trouver les bons costumes, berner les gardes trop suspicieux…), mais en substance, ce n’était pas plus compliqué que cela. A aucun moment la sécurité n’a averti le survivant que sa moitié venait de se faire dessouder, et n’a donc pas renforcé sa sécurité. S’il m’est arrivé de me faire débusquer par magie dans la foule (un grand chauve parmi les grands chauves), la plupart du temps, un sprint suffit vers une zone exempte de garde pour s’y cacher quelques minutes. Il est également possible de se pendre à la façade du château à quelques mètres à peine d’une grande réception sans que personne ne remarque rien.. Que dire aussi du moment un peu gênant où – après avoir flingué sans grande précaution une cible de contrat au bout d’un couloir – les gardes arrivés sur les lieux dans la seconde n’ont pas jugé bon de suspecter la seule et unique personne au bout du couloir qui tentait de se coller sans succès au mur.

Nan, il m'a pas vu...

Nan, il m’a pas vu…

Autre gros défaut qui devra être réglé dans les futures mises à jour : les temps de chargement. Comptez une minute pour démarrer la mission de Paris sur un bel écran rouge dénué de toute astuce ou petit texte permettant de passer le temps. Ceci étant valable également en cas de chargement d’une sauvegarde (le jeu créant de multiples sauvegardes automatiques en cas d’erreur – ou vous pouvez créer des sauvegardes manuelles à tout moment) et même lors de l’accès au menu du jeu en pleine partie (pourtant bien utile avec la carte complète et les différentes informations indispensables), cela devient vite un calvaire de devoir relancer une partie.

Conclusion

Cette première partie d’Hitman sonne comme une promesse : les lieux sont magnifiques (mais pensez à brider le framerate à 30fps sur console pour plus de confort), truffés de possibilités et de cibles potentielles, de dangers et d’outils mortels à utiliser. On prend plaisir à relancer une partie pour tenter une autre approche, en se lançant des défis à soi-même ou en suivant les défis proposés par le jeu. Une fois les cibles principales éliminées, on nous en propose d’autres, parfois plus compliquées à atteindre et on nous débloque de nouveaux points d’entrée.

Il est presque impossible de réussir correctement (comprenez  – sans se faire gauler une fois) lors de la première partie, ce qui pousse à tenter de nouvelles approches, à explorer les lieux immenses et à tester les « autorisations » des costumes. A savoir aussi qu’un mode « Escalade » vous imposera de recommencer la même mission plusieurs fois en augmentant à chaque fois le challenge et qu’il est tout à fait possible – et agréable – de concocter nos propres contrats pour les proposer en ligne – à condition de parvenir à les remplir soi-même, à l’image d’Absolution. Voilà – en l’état – ce que vous pouvez vous procurer aujourd’hui pour 15€. On vous présentera bien entendu chaque nouvelle carte pour que vous puissiez vous faire une opinion sur le jeu complet qui – je le rappelle – sera disponible courant 2017 en version physique.

En l’état c’est fort sympathique, mais difficile de se prononcer réellement quand le titre a encore l’opportunité de s’améliorer au fil des mois (l’IA, les chargements). Néanmoins, il devrait osciller entre les « très sympa » et le « Quasi indispensable pour les fans d’infiltration« .

Hitman

  • Développeurs IO Interactive
  • Type Infiltration létale
  • Support PS4, XBox One, PC
  • Sortie 11 Mars 2016
Note Cuisson à feux doux
Note Pas de pxlection

Y’a bon!

  • Pléthore de possibilités
  • Le level design est très bien pensé
  • Le système de costumes
  • De beaux effets de lumières
  • Le mode escalade pour les puristes
  • Une rejouabilité maximale

Beuargh!

  • Un scénario jusqu’ici inintéressant
  • Une IA mignonne…
  • Les temps de chargement, bordel !
  • Chauds, les 60fps sur console…
  • Le modèle épisodique est un choix étrange

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Tests jeux
Xavier Henry - Titiks

Joueur trentenaire assumé et 2AM Father confirmé, fan de tout ce qui est capable de lui raconter une bonne histoire, touche à tout invétéré et dévoué à l'univers console depuis la MegaDrive de sa jeunesse, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée.
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