Tester un jeu Pat’Patrouille par an, ça ne surprend plus grand monde tant la licence enchaîne les sorties depuis plus d’une décennie. Mais avec Mission Dino, l’équipe de 3D Clouds et l’éditeur Outright Games tentent un pari un peu différent : profiter du futur long-métrage animé consacré aux dinosaures pour bâtir une aventure originale, située sur la même île préhistorique que le film, sans pour autant en recopier le scénario.

Sorti le 31 juillet 2026 sur PC, PlayStation 4, PlayStation 5, Xbox One, Xbox Series et Nintendo Switch (compatible Switch 2, avec une version native prévue plus tard), Mission Dino s’inscrit dans la lignée directe de Paw Patrol World, sorti en 2023 chez le même duo développeur-éditeur. On y retrouve la recette qui avait fait le succès de cet épisode précédent pourtant légèrement plombé par sa technique : un monde ouvert compact, découpé en plusieurs zones à explorer librement, peuplé de quêtes annexes et de collectibles à foison. Rien de révolutionnaire donc, mais une formule qui a fait ses preuves auprès du jeune public.

Une île à reconstruire, chiot par chiot

L’histoire démarre sur les chapeaux de roue, ou plutôt de pattes. Le maire Hellinger sème une nouvelle fois la pagaille, cette fois sur l’île des dinosaures. Les créatures préhistoriques prennent peur, se dispersent aux quatre coins de l’île et certaines familles se retrouvent séparées. Ryder appelle alors la Pat’Patrouille en renfort pour épauler Rex, le spécialiste local des dinosaures, avec un objectif limpide : retrouver les bêtes égarées, réunir les familles, empêcher une catastrophe volcanique et, au passage, contrecarrer les plans du maire.

Le studio annonce un gameplay pensé pour tous, mêlant exploration, défis ludiques et coopération jusqu’à deux joueurs. Concrètement, on peut y jouer seul ou en écran partagé local à deux, chaque joueur prenant le contrôle d’un chiot différent pour avancer ensemble dans les missions.

Quatre territoires, une carte sans coupure

Contrairement à un jeu à niveaux cloisonnés, Mission Dino mise sur un semblant de monde ouvert où les zones s’enchaînent sans temps de chargement une fois débloquées. On commence dans la Plaine des Dinos, avant de rejoindre progressivement la Côte, où évoluent les tricératops, la Jungle, repaire des stégosaures, puis les grottes volcaniques qui referment l’aventure. Chaque secteur cache son lot de trésors : cinq œufs de dinosaures à dénicher et entre cinq et sept coffres contenant des cosmétiques, qu’il s’agisse de lunettes de soleil pour un tricératops ou d’une dentition improbable pour un brachiosaure. Se déplacer d’une zone à l’autre se fait à pied, en véhicule, ou directement via un point de téléportation une fois la région débloquée, ce qui évite les allers-retours interminables chers à d’autres titres du genre.

Au fil de la progression, on retrouve également un institut de paléontologie qui héberge tous les dinosaures déjà secourus. Là, un mini-jeu tout simple permet de nourrir les pensionnaires : le remplir dix fois débloque un trophée dédié. Ce genre de petite boucle annexe, sans réelle difficulté, illustre bien la philosophie du jeu : proposer suffisamment d’activités pour occuper un enfant sur la durée, sans jamais le mettre en situation d’échec.

Six chiots, six façons de jouer

La vraie richesse du titre tient dans la complémentarité des personnages jouables. Chase envoie des balles de tennis grâce à son lance-balles, ce qui permet de récolter des fruits, de faire tomber des branches ou de déclencher certains mécanismes à distance. Marshall arrose tout ce qui bouge avec son canon à eau, éteint des feux et fait pousser des plantes rebondissantes qui servent ensuite de tremplins. Rocky sort son outil universel pour réparer des objets cassés, tandis que Rubble démolit rochers et obstacles à coups de marteau-piqueur. Zuma, lui, plonge et nage sous l’eau, une capacité indispensable pour explorer certaines zones côtières. Skye complète l’équipe avec sa capacité à planer et à voler sur de courtes distances, un atout précieux pour survoler l’eau ou atteindre des plateformes isolées.

Chaque chiot dispose en plus de son propre véhicule, aux caractéristiques différenciées : le camion de pompier de Marcus et la voiture de police de Chase comptent parmi les plus rapides, l’hydroglisseur de Zuma navigue aussi bien sur terre que sur l’eau, quand celui de Ruben se montre nettement plus lent à l’usage. Un détail amusant mérite d’être signalé : Rex, pourtant central dans le scénario, ne devient jouable que lors d’une séquence de poursuite bien précise vers la fin de l’aventure, ce qui laisse un goût d’inachevé pour un personnage aussi mis en avant dans la promotion du jeu. Notez que ces le premier chiot handicapé des pattes arrières de la série, j’ai trouvé ça sympa de l’intégrer sans forcer dessus.

Coffres, friandises et garde-robe pour chiots stylés

La personnalisation occupe une place de choix dans Mission Dino. En récoltant des friandises disséminées un peu partout — certaines en surbrillance, d’autres fondues dans le décor — on remplit une jauge qui débloque régulièrement une récompense, tantôt pour le chiot lui-même, tantôt pour son véhicule. Les coffres cachés dans chaque zone offrent quant à eux des tenues ou accessoires plus exclusifs : chapeaux improbables, lunettes flashy, décorations de véhicules. Une fois la jauge remplie et l’ensemble des coffres d’une zone récupérés, les friandises restantes ne servent plus à rien, ce qui pousse les complétionnistes à optimiser leur collecte plutôt qu’à ramasser au hasard.

Le souci, c’est qu’aucun radar ni aucune carte de collecte ne vient guider cette chasse au trésor. Il faut arpenter chaque recoin à l’instinct, ou se tourner vers des guides en ligne pour viser le 100 %. Une partie non négligeable des retours de joueurs mentionne d’ailleurs cette difficulté à repérer les derniers objets manquants, en particulier le total exact de friandises à collecter, qui reste flou même pour des joueurs très investis dans leur partie.

Techniquement honnête, mais une caméra à revoir

Graphiquement, Mission Dino ne cherche pas à impressionner. La direction artistique reste fidèle à l’identité visuelle de la série télévisée, avec des couleurs vives et des modèles de personnages immédiatement reconnaissables, mais certains éléments de décor affichent un rendu flou une fois éloignés de la caméra, en particulier sur PC. Les effets d’eau tirent leur épingle du jeu, avec des reflets soignés sur les zones côtières qui tranchent agréablement avec le reste de la modélisation, plus fonctionnelle qu’ambitieuse. Le doublage français est intégral, un vrai plus pour le public visé qui n’a pas à lire de sous-titres.

Le vrai point noir du titre se situe du côté du gameplay pur. La caméra reste fixe et suit le chiot sans qu’on puisse la réorienter librement au stick droit, ce qui pose régulièrement problème dans les environnements encombrés : elle se bloque contre des murs ou des éléments de décor, parfois volontairement pour cadrer une scène, mais souvent de façon purement accidentelle pendant l’exploration. À cela s’ajoutent des phases de plateforme un peu flottantes, avec une inertie du personnage assez étrange à la réception des sauts, qui provoque quelques chutes inutiles. Rien de rédhibitoire pour un joueur aguerri, mais de quoi frustrer un enfant peu habitué aux mécaniques de saut.

Ça vaut le coup pour les gamins ?

La durée de vie varie fortement selon le profil du joueur. En ligne droite, sans quête annexe, se boucle en une poignée d’heures pour un adulte habitué au genre, quand un complétionniste cherchant tous les œufs, tous les coffres et l’intégralité des friandises peut largement dépasser la dizaine d’heures. Sans surprise, les enfants mettront naturellement plus de temps à tout terminer, entre exploration tâtonnante et curiosité pour chaque recoin de l’île. J’ai terminé intégralement la première zone en deux fois moins de temps que ma fille de 6 ans, par exemple.

Côté tarif, le jeu est commercialisé au prix conseillé de 40€, une fourchette cohérente avec les précédentes productions Outright Games consacrées à la licence. Les versions boîte en grande surface se négocient généralement moins cher, aux alentours de 25 à 30 €, ce qui en fait un cadeau abordable pour les familles déjà acquises à la cause de la Pat’Patrouille.

Difficile de parler de ce nouvel épisode sans le comparer à Paw Patrol World, sorti en 2023 chez le même studio et plutôt salué comme la meilleure entrée de la franchise sur consoles et PC malgré sa technique limite. Les deux jeux partagent la même architecture : quatre zones ouvertes, tous les chiots jouables, de la personnalisation à foison et une coopération locale à deux joueurs. On n’évite pas un sentiment de redite chez les joueurs ayant déjà parcouru plusieurs épisodes de la saga, la thématique dinosaure paraissant moins renouvelée que prévu par rapport aux mondes explorés dans les précédents titres. Mais je dirais que Mission Dino est un cran au-dessus, j’aime particulièrement la structure narrative plus travaillée que celle de titres comme Adventure City ou Grand Prix.

On reste sur une production familiale calibrée avant tout pour son public cible de jeunes enfants, dont l’appréciation dépendra largement de l’attachement préalable à la licence, du nombre d’épisodes déjà parcourus en famille et de la tolérance à la caméra.

Paw Patrol la Pat’Patrouille: Mission Dino


SupportsPC, PS4, PS5, XBox One, XBox Series, Switch
GenreAventure – Jeunesse
Date de sortie31 juillet 2026
Éditeur3D Clouds
DéveloppeurOutright Games
MultiOui


  • Monde ouvert sympa et sans temps de chargement entre les quatre zones
  • Compétences des six chiots bien différenciées.
  • Personnalisation des chiots et de leurs véhicules via coffres et friandises
  • Coopération locale à deux fluide, pensée pour jouer en famille
  • Doublage intégral en français
  • Aucune frustration liée à la difficulté, jeu totalement accessible aux plus jeunes
  • Caméra fixe capricieuse, qui se bloque régulièrement dans le décor
  • Phases de plateforme imprécises, avec une inertie du personnage parfois gênante
  • Absence de radar ou de carte de collecte pour guider les complétionnistes
  • Réalisation graphique fonctionnelle… mais datée.
  • Sentiment de redite pour les joueurs ayant déjà terminé plusieurs épisodes Pat’Patrouille

Paw Patrol la Pat’Patrouille: Mission Dino

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En bref

PAW Patrol, la Pat’Patrouille : Mission Dino ne réinvente pas la licence, mais reprend bien la structure de Paw Patrol World pour l’habiller d’un nouveau décor préhistorique. Le résultat reste une aventure sans pression, calibrée pour occuper des heures durant un jeune public déjà conquis par la série télévisée, avec suffisamment de contenu annexe pour satisfaire les plus curieux d’entre eux. Les défauts techniques, caméra en tête, resteront anecdotiques pour un enfant mais pourront agacer les parents comme moi amenés à partager la manette. Si votre foyer compte un fan inconditionnel de Chase, Marshall et compagnie, l’achat se justifie sans hésiter, mais pour les habitués de la franchise, l’impression de déjà-vu pourrait en revanche diminuer l’enthousiasme.

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