Ressortir un jeu sous une forme quasi complète dix-huit mois après son lancement initial, voilà une pratique qui devient presque la norme chez les gros éditeurs japonais. Et Bandai Namco ne fait pas exception à la règle avec Dragon Ball Sparking! ZERO. Après un accueil en demi-teinte concernant son contenu post-lancement, le studio vient de déployer ce qui ressemble fort à sa réponse la plus sérieuse depuis la sortie du jeu : l’extension Super Limit Breaking Neo, disponible depuis le 30 juillet 2026 sur PlayStation 5, Xbox Series et PC, contre un bon 35€.
Avant de nous pencher sur ce qu’apporte concrètement ce DLC, il faut remettre les choses dans leur contexte. Parce qu’un contenu généreux dans l’absolu peut tout de même laisser un goût amer selon la manière dont il arrive.
Un jeu qui a payé cher sa nostalgie
Sparking! ZERO est sorti en octobre 2024 comme l’héritier tant attendu de la saga Budokai Tenkaichi, dormante depuis près de vingt ans. Le succès critique et commercial fut immédiat – chez moi également – porté par une nostalgie massive chez les fans de la première heure. Le jeu culminait alors à plus de 122 000 joueurs simultanés sur Steam, un chiffre qui donnait raison à Bandai Namco d’avoir ressuscité la licence.
Mais force est d’admettre que cette euphorie s’est effritée rapidement. Le jeu proposait à son lancement un tarif de 70€, avec des éditions plus complètes grimpant jusqu’à 110€ voire davantage pour l’édition ultime. Un investissement conséquent pour un titre qui souffrait déjà d’un défaut structurel majeur : l’absence totale de crossplay entre PlayStation, Xbox et PC. Le producteur avait reconnu dès l’annonce que l’implémentation du crossplay représentait une difficulté technique importante pour l’équipe, sans exclure de l’ajouter ultérieurement. Cette promesse n’a jamais été tenue.
Résultat, sur PC et Xbox, plateformes où la base de joueurs de ce type de jeu de combat reste historiquement plus faible que sur PlayStation, la communauté s’est effondrée à toute vitesse. Aujourd’hui, le nombre de joueurs simultanés sur Steam tourne autour de 3 000, contre un pic historique de 122 000. Un écart qui illustre bien à quel point la nostalgie a une durée de vie limitée lorsqu’elle n’est pas accompagnée d’une infrastructure en ligne solide.
Ce que Super Limit Breaking Neo apporte
Passons au contenu, parce qu’il y a effectivement de quoi faire. Cette extension ajoute encore 33 nouveaux combattants au roster, qui dépasse désormais la barre des 200 personnages jouables. On y retrouve des personnages issus de Dragon Ball première génération comme Grand-père Gohan, Tao Pai Pai ou le Piccolo Daimao, mais aussi des personnages assez inédits à la licence Sparking à l’image de Super 17, Bardock Super Saiyan ou encore Champa et Vegeta version GT. D’autres comme Tora, Fasha et Chilled complètent également un pan du roster que les jeux Dragon Ball avaient toujours négligé.
Quatre nouvelles arènes rejoignent la sélection, dont le Palais du Tout-Puissant, lieu emblématique d’entraînement et de combat, et la Stratosphère au-dessus de la planète Vegeta, théâtre de l’affrontement entre Bardock et les forces de Freezer. On note aussi une vingtaine d’options de personnalisation supplémentaires, costumes et super attaques permettant de recréer certaines scènes cultes de l’anime ou simplement d’adapter le style de jeu de chaque combattant à ses goûts.
Côté épisodes de combat, quatre nouveaux scénarios font leur apparition, centrés cette fois sur des personnages historiquement moins mis en avant comme Krillin, Yamcha, Tenshinhan ou (enfin \o/) Cell – même si on What if est discutable niveau cohérence. Ce n’est pas la partie la plus attendue, mais l’ajout reste appréciable pour qui veut prolonger l’expérience solo au-delà de l’histoire principale.
Le mode Aventure Brise-limites, vraie nouveauté du DLC
Le morceau de choix de cette extension reste sans doute son mode solo inédit, baptisé Aventure Brise-limites. Contrairement à un simple mode arcade recyclé, il s’agit ici d’une progression construite autour d’un personnage que nous choisissons librement pour le faire évoluer au fil de multiples expéditions.
Concrètement, nous naviguons sur une carte où chaque destination propose un combat ou un événement propre. Chaque victoire rapporte de l’expérience et débloque des arts de combat, des compétences passives spéciales qui viennent enrichir notre guerrier au point de le rendre unique par rapport à sa version de base. Plus la puissance de l’adversaire affronté est élevée, plus le gain en expérience est conséquent, ce qui pousse naturellement à prendre des risques calculés plutôt qu’à s’en tenir aux combats les plus faciles, mais à vos risques et périls. Une fois construit, ce personnage sur mesure devient utilisable aussi bien en combat hors ligne que dans les parties en ligne classiques, avec en prime une aura qui grandit visuellement à mesure que sa force augmente.
Cette approche évoque un système de progression léger façon rogue-lite, où chaque run reste différent selon les choix de trajectoire effectués sur la carte. Un ajout qui a du sens et qui comble une lacune réelle du jeu de base, centré presque exclusivement sur ses combats scénarisés et son mode histoire linéaire.
Mais y’a aussi une mise à jour gratuite
Indépendamment du DLC payant, Bandai Namco a profité de l’occasion pour distribuer une mise à jour gratuite qui modifie plusieurs mécaniques fondamentales. Le Blast enchaîné permet désormais, après avoir projeté un adversaire en l’air, de faire entrer immédiatement un combattant de réserve pour enchaîner avec une attaque à distance prédéfinie, ouvrant la voie à des combos en équipe bien plus travaillés qu’auparavant.
Le Boost Sparking, de son côté, autorise la consommation de plusieurs jauges de compétence d’un coup pour obtenir une hausse temporaire mais spectaculaire de la puissance offensive, au prix d’un malus sur les statistiques une fois l’effet dissipé. Utilisé sur une attaque chargée type Genkidama, les dégâts occasionnés peuvent réduire à néant la barre de vie d’un adversaire en une seule offensive, sachant qu’un combattant standard dispose généralement de 40 000 points de vie.
D’autres ajustements, plus discrets, viennent compléter le tableau. La possibilité de voler à travers les structures du décor, qu’il s’agisse d’immeubles ou de montagnes, en chargeant son ascension ou sa descente corrige un vieux défaut qui coinçait régulièrement les joueurs à l’intérieur des bâtiments détruits. La durée du verrouillage Z varie désormais selon le personnage utilisé, Goku conservant par exemple son verrouillage une seconde de plus que Gohan. Les charges rush ne peuvent plus être contrées par la perception supérieure et traversent maintenant sans distinction les tirs perçants comme celui de Cell Parfait. Enfin, Vegeta voit le coût en compétence de sa capacité « Brise-limites » réduit de cinq à quatre stocks, ce qui facilite grandement l’accès à son mode Sparking en plein combat. Petit clin d’œil aux puristes, Goku SSJ3 dévie désormais un rayon directement vers son adversaire au lieu de le renvoyer sur le côté, un détail visuel qui colle davantage à sa référence à l’arc Boo.
Le prix qui fait légitimement grincer des dents
Voilà pour la partie réjouissante. Reste la question qui fâche : celle du prix. À 34,99€, cette extension coûte quasiment la moitié du tarif de lancement du jeu de base, pour un public qui, dans sa majorité, a déjà investi une somme conséquente dans l’édition ultime au moment de la sortie. Sur Steam, l’accueil reste globalement positif avec environ 71% d’avis favorables sur les premiers retours, mais ce chiffre masque une frustration réelle exprimée dans de nombreux commentaires négatifs, qui pointent du doigt le fait qu’un mode de jeu entier se retrouve derrière un paywall alors que le jeu de base était déjà vendu comme complet. Tout le mode s’accordera à dire que ce DLC aurait dû être inclus dans la version Ultime au moins.
On peut légitimement se demander si une partie de ce contenu, notamment le mode solo, n’aurait pas eu davantage sa place directement intégrée au jeu à sa sortie plutôt que distillée au compte-gouttes dix-huit mois plus tard. La comparaison avec la trilogie Budokai Tenkaichi originelle, sortie sur trois années consécutives entre 2005 et 2007, ne tient d’ailleurs pas vraiment la route : à l’époque, chaque épisode constituait une itération entièrement nouvelle, alors qu’ici il s’agit bien du même jeu qui continue d’être découpé en tranches payantes. La structure tarifaire actuelle en atteste, entre l’édition de base à 50€, l’édition Super Limit Breaking Neo à 60€ et l’édition Légendaire à 90€ en promotion de lancement, sans que ces différentes offres ne résolvent le problème structurel du jeu qu’est l’absence persistante de crossplay, toujours pas au rendez-vous en 2026.
Dragon Ball Sparking! ZERO Super Limit Breaking NEO
| Supports | PC, PS5, XBox Series, SW2 |
| Genre | Combat |
| Date de sortie | 30 juillet 2026 |
| Éditeur | Bandai Namco |
| Développeur | Spike Chunsoft |
| Multi | Oui |

En soi, le contenu ajouté est solide. C’est seulement quand on remet ça dans son contexte, celui d’un public qui a déjà déboursé plus de cent euros un an et demi plus tôt, que le malaise s’installe.
On a aimé
- Un roster qui dépasse les 200 personnages avec 33 ajouts couvrant toutes les époques de la franchise
- Le mode Aventure Brise-limites, une vraie proposition de progression solo inédite
- Une mise à jour gratuite qui corrige des irritants de gameplay présents depuis le lancement
- Quatre nouvelles arènes fidèles à des lieux emblématiques de l’anime
- Une vingtaine d’options de personnalisation supplémentaires pour varier les styles de combat
On a moins aimé
- Un prix de 34,99€ qui s’ajoute à un jeu de base déjà vendu jusqu’à 110€ à sa sortie
- L’absence toujours actuelle de crossplay entre PlayStation, Xbox et PC
- Une communauté en ligne sur PC largement éteinte, avec à peine quelques milliers de joueurs simultanés
- Un sentiment de contenu qui aurait dû figurer dans le jeu de base plutôt que d’être vendu séparément
Dragon Ball Sparking! ZERO Super Limit Breaking NEO
Titiks

En bref
Super Limit Breaking Neo illustre une contradiction difficile à trancher. Pris isolément, ce DLC constitue une bonne extension généreuse, avec un roster qui s’enrichit intelligemment, un mode solo qui ajoute une vraie profondeur au jeu et une mise à jour gratuite qui gomme plusieurs défauts persistants depuis le lancement. Replacé dans son contexte, celui d’un jeu déjà vendu à prix fort et rongé par une communauté en ligne exsangue sur deux de ses trois plateformes, l’addition devient plus difficile à avaler pour qui a déjà investi dans l’édition ultime. Reste à savoir si Bandai Namco compte poursuivre sur cette voie du contenu distillé au fil des mois, à l’image de ce qu’il pratique déjà avec Dragon Ball Kakarot, ou si cette extension marque au contraire la dernière pièce du puzzle avant de refermer le chapitre Sparking! ZERO.
À propos de l’auteur
Titiks
Quadra assumé, daron de 3 apprenties gameuses, fan de tout ce qui est capable de raconter une bonne histoire. Touche-à-tout, mais surtout de bonnes aventures qui savent surprendre, et dévoué à l’univers console depuis que Sega était plus fort que tout, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée #2AMFather.