Supermassive Games nous avait habitués à des soirées horrifiques entre amis avec Until Dawn et la série Dark Pictures Anthology. Après des manoirs isolés et des camps d’été qui tournaient mal, le studio britannique nous emmène cette fois dans l’espace avec Directive 8020, sorti le 12 mai 2026 sur PS5, Xbox Series et PC.

Dans l’espace, personne ne vous entend muter

Gros fan de cinéma, et des propositions du studio Supermassive, j’ai passé une petite semaine à bord du vaisseau Cassiopeia, et j’en ressors avec des sentiments partagés. Le jeu marque une évolution claire pour le studio, mais il ne parvient pas toujours à transformer ses ambitions en une expérience pleinement convaincante.

L’équipage du Cassiopeia part en mission vers Tau Ceti f, une planète située à 12 années-lumière de la Terre, présentée comme le dernier espoir de l’humanité face à une Terre mourante. Nous incarnons tour à tour plusieurs membres de cet équipage d’élite : techniciens de sommeil, pilotes, scientifiques et responsables de mission. Très vite après le réveil, une collision avec un météorite endommage le vaisseau et introduit une entité extraterrestre capable de se répliquer et d’imiter les humains. La paranoïa s’installe, les soupçons grandissent et chaque décision peut mener à la survie ou à la mort d’un membre d’équipage.

Le pitch s’inspire trop ouvertement de classiques comme Alien, The Thing et même Among Us dans sa dimension de méfiance. On explore des coursives étroites, on fouille des laboratoires et des conduits de ventilation, on discute avec les survivants et on prend des choix qui influencent les relations et l’issue de l’histoire. Supermassive pousse ici la formule plus loin que dans les précédents Dark Pictures avec un contrôle en temps réel à la troisième personne, des phases d’infiltration et un système d’arborescence façon Detroit : Become Human qui permet de revenir sur certains moments clés pour explorer d’autres embranchements sans tout recommencer.

Ce dernier point change sensiblement la donne. On peut ainsi corriger un choix malheureux ou simplement satisfaire sa curiosité narrative. Le jeu propose aussi plusieurs modes de difficulté, dont un mode Histoire plus permissif et un mode Hardcore où les QTE deviennent très exigeants. On sent une volonté de rendre l’expérience plus accessible tout en gardant une certaine tension.

Manette en main, on passe donc d’une formule très cinématographique à quelque chose de plus « jeu » : marche, course, accroupi, utilisation d’un scanner, résolution d’énigmes simples et phases de discrétion contre des créatures qui patrouillent. Ces séquences d’infiltration constituent la grande nouveauté, mais elles se répètent souvent selon le même schéma. Les ennemis suivent des routines prévisibles, et l’on finit par connaître la chorégraphie par cœur, ce qui dilue une partie de la tension recherchée.

L’ambiance fonctionne pourtant dans les meilleurs moments. Les grincements métalliques du vaisseau, les alarmes lointaines, les communications radio parasites et un bon travail sur les sons contribuent à créer un sentiment d’isolement et de menace permanente. L’éclairage et l’utilisation de l’Unreal Engine 5 apportent une vraie montée en gamme visuelle par rapport aux précédents titres du studio, même si le rendu reste parfois un peu terne dans les environnements répétitifs du vaisseau.

L’écriture par contre est un peu décevante. Certains personnages possèdent des arcs intéressants et des relations qui gagnent en épaisseur au fil des chapitres. D’autres tombent dans des archétypes trop marqués ou des dialogues plats, surtout quand le jeu tente d’alléger l’atmosphère avec des répliques qui font plouf. La paranoïa liée aux imitateurs marche bien sur le papier, mais elle peine parfois à se traduire réellement en jeu : on doute, on interroge les expressions, on scanne, pourtant les révélations arrivent souvent de manière un peu mécanique.

Le twist majeur, que je ne spoilerai pas ici, apporte une dimension meta plutôt maline qui dialogue intelligemment avec la structure même du jeu et sa rejouabilité. C’est probablement le moment où Directive 8020 se montre le plus intéressant.

Directive 8020 représente une étape logique pour Supermassive Games. Le studio tente de sortir de sa zone de confort en ajoutant du gameplay plus concret tout en gardant son ADN narratif. Le résultat reste intéressant pour les amateurs de jeux cinématographiques et de science-fiction horrifique, surtout si vous appréciez l’idée de rejouer pour explorer d’autres chemins. Il manque cependant cette étincelle de folie ou cette maîtrise parfaite qui transformerait l’expérience en véritable claque. On sent un jeu ambitieux, propre, bien produit, mais qui reste parfois un peu trop sage et prévisible dans ses ficelles.

Directive 8020


SupportsPC, PS5, Xbox Series
GenreAventure
Date de sortie12 mai 2026
ÉditeurBandai Namco
DéveloppeurSupermassive Games
MultiNon


  • Une vraie évolution avec des contrôles en temps réel et des phases d’infiltration
  • Le système de Turning Points qui enrichit la rejouabilité sans tout casser
  • Une ambiance spatiale oppressante réussie dans ses meilleurs instants
  • Un twist narratif qui donne du sens à la formule du studio
  • Des choix qui influencent vraiment les relations et plusieurs fins
  • Des phases d’infiltration répétitives et pas assez variées
  • Un rythme inégal avec des longueurs, surtout en début d’aventure
  • Des personnages parfois trop archétypaux et des dialogues inégaux
  • Une tension qui ne monte pas toujours aussi haut qu’espéré
  • Un level design un peu trop linéaire et répétitif

Directive 8020

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En bref

Si vous avez aimé les précédents titres du studio et que l’espace vous attire, Directive 8020 mérite que l’on s’y attarde. Il ne révolutionne pas le genre, mais il avance dans la bonne direction.

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