Je me souviens encore des articles écrits sur la série Life is Strange. Au il des tests, je me demandais où la franchise allait nous emmener. Quand Reunion a fini par arriver, je n’avais pas prévu de l’acheter au prix fort le jour du lancement. Pourtant, quelque chose m’a poussé à franchir le pas. Avec des attentes plutôt basses, mais ouvert à tout.
Réunion
Le résultat me laisse… mitigé. Reunion possède des qualités réelles, notamment dans son récit et sa façon de nous faire avancer. On est sur le meilleur épisode depuis la reprise par Deck Nine, mais toujours pas au niveau de Don’t Nod. On sent que le jeu aurait eu besoin de plus de temps en cuisine. L’aspect visuel accuse parfois une baisse sensible par rapport à Double Exposure ou True Colors. Sur PS5, le titre tourne sans gros bugs, mais les imperfections s’accumulent : cheveux qui se chevauchent de manière étrange, assets génériques posés un peu partout comme s’ils avaient été copiés-collés à la hâte, problèmes d’éclairages qui blanchissent soudain une scène entière, et ces petits glitches de rendu qui reviennent régulièrement.
Je ne veux pas me montrer trop sévère. La plupart du temps, l’ça passe sans trop accrocher l’œil. Mais dès que l’on regarde de près, surtout pendant les dialogues, certains détails sautent aux yeux. Un personnage qui semble scanner la pièce au lieu de fixer son interlocuteur, des animations faciales qui perdent leur naturel, ou encore ces boucles d’animation un peu trop mécaniques chez les PNJ. On rit presque devant un garde qui scrolle frénétiquement sur son téléphone ou un client de bar qui monologue dans le vide. Ces moments comiques involontaires rappellent que le studio a travaillé avec une équipe réduite après plusieurs vagues de licenciements chez Deck Nine. Cela n’excuse pas tout, mais cela explique pourquoi certaines zones paraissent plus vides ou trop propres pour un campus censé être soumis à une tension palpable.
Heureusement, on peut passer au-delà de ces aspérités techniques. Le gameplay, lui, tient la route. J’ai apprécié le passage d’un protagoniste à l’autre. Max retrouve son pouvoir de retour dans le temps, toujours aussi pratique pour corriger une erreur ou explorer une autre voie. La chaotique Chloé apporte son énergie avec sa répartie qui permet de rembarrer les interlocuteurs avec un certain panache, et ses croquis qui contrastent joliment avec les photos de Max pour la collecte d’objets. Je pouvais pas piffer Chloé, mais elle passe mieux dans cet épisode. Ce duo crée un bon équilibre. Les puzzles servent l’histoire sans jamais la ralentir trop longtemps. On alterne entre exploration du campus de Caledon, moments de tension où le temps presse, et phases plus calmes où l’on discute simplement.
On ne reste jamais coincé trop longtemps dans une mécanique avant de revenir au récit. Comparé à Double Exposure, Reunion me paraît plus vivant, plus drôle par moments, et surtout plus porté par ses personnages. Le campus dégage une ambiance cosy au premier abord, avec ses salles de classe, ses dortoirs et ses extérieurs, même si certaines zones manquent un peu de vie pour coller à l’univers Life is Strange.
Côté histoire, je suis entré avec l’idée que tout pouvait partir dans tous les sens, surtout après la fusion des lignes temporelles du volet précédent. Le jeu nous plonge dans un compte à rebours : un incendie va ravager l’université dans trois jours. Max revient sur place, Chloé réapparaît avec ses propres visions troublantes, et ensemble, aidées par Moses, elles tentent de comprendre ce qui se passe et d’empêcher le drame. Chloé porte une grande partie du poids émotionnel. Son attitude, son humour direct et ses moments plus vulnérables donnent une vraie épaisseur à l’aventure. Bien joué Chloé, moi qui avait tenté de me débarrasser de toi par tous les moyens dans le premier jeu, ici, tu fonctionne mieux. Leurs échanges oscillent entre complicité retrouvée, maladresses et profondeur. Pour tout qui a suivi leur histoire, c’est parfois un peu touchant.
Le titre propose trois fins différents, des options de romance, et la possibilité que certains personnages disparaissent selon nos choix. Cela renforce la rejouabilité, même si je n’ai découvert l’étendue des conclusions qu’après coup. Sans entrer dans les détails, je dirais que le jeu offre une conclusion satisfaisante à la saga Max et Chloe. Elle ne plaira pas à tout le monde, surtout à ceux qui tiennent à certains choix des opus précédents (dont certains sont à valider en début de partie), mais elle assume sa direction. Pour ma part, j’espère que la franchise passera maintenant à une nouvelle ville, de nouveaux visages et une histoire fraîche si un prochain volet voit le jour.
Life is Strange Reunion
| Supports | PC, P5, Xbox Series, |
| Genre | Aventure |
| Date de sortie | 26 mars 2026 |
| Éditeur | Square-Enix |
| Développeur | Deck Nine |
| Multi | Non |

Pas le meilleur de la série, mais le meilleur de Deck Nine, malgré ses imperfections évidentes
On a aimé
- Un récit solide et souvent touchant, bien servi par le duo Max/Chloe.
- Un bon équilibre entre gameplay et narration, avec un pacing qui évite de traîner.
- La mécanique duale qui met en valeur les forces de chacune (rewind et répartie/croquis).
- Une rejouabilité réelle grâce aux multiples fins et aux conséquences des choix.
On a moins aimé
- Des problèmes visuels récurrents (clipping, assets génériques, glitches de lighting et d’animation) qui cassent parfois l’immersion.
- Un rendu global en deçà des précédents volets, sans doute lié à un développement contraint.
- Quelques zones qui manquent de densité et de détails vivants.
Life is Strange Reunion
Titiks

En bref
Au final, Reunion ne révolutionne pas la formule, mais il offre un moment honnête pour ceux qui ont suivi Max et Chloé depuis le début. Le prix pique un peu à cause des finitions approximatives. J’attendrais plutôt une promotion pour ceux qui hésitent. Pour les fans, en revanche, il y a de quoi trouver son compte, même si l’expérience reste imparfaite.
À propos de l’auteur
Titiks
Quadra assumé, daron de 3 apprenties gameuses, fan de tout ce qui est capable de raconter une bonne histoire. Touche-à-tout, mais surtout de bonnes aventures qui savent surprendre, et dévoué à l’univers console depuis que Sega était plus fort que tout, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée #2AMFather.