Cinq ans après sa sortie initiale, Dragon Ball Z: Kakarot continue de me surprendre. C’est le jeu qui a su capturer l’essence de l’univers d’Akira Toriyama, et il ne cesse de s’enrichir avec des extensions qui explorent des pans entiers de la saga Dragon Ball. On attend toujours certains arcs, mais des arcs narratifs comme l’histoire de Trunks du futur, Le père de Goku ou le 23e Tournoi des Arts Martiaux ont déjà élargi énormément le jeu, mais la dernière en date, Aventure dans le domaine des Démons – partie 1, va encore plus loin.

Un monde à explorer qui respire l’aventure

Inspirée de l’anime récent Dragon Ball DAIMA – qui pour moi reste l’une des séries les plus mal fichue de toute la licence – cette extension nous entraîne dans le Troisième Royaume Démoniaque, un monde aussi étrange que nouveau, où Goku, redevenu enfant (non, ce n’est pas GT), redécouvre l’aventure à l’ancienne, les pieds bien ancrés au sol, dans l’incapacité de voler (parce que scénario). Avec une exploration repensée, un casting attachant et une ambiance qui rappelle les débuts de Dragon Ball, ce DLC m’a vraiment raccroché à un jeu que je pensais avoir poncé, même si son final en demi-teinte et quelques accrocs techniques m’ont laissé sur ma faim.

Dès les premières minutes, DAIMA nous plonge dans un univers qui tranche avec tout ce que Kakarot a proposé jusqu’ici. Après la saga Majin Buu cataclysmique, le Roi Démon Gomah utilise les Dragon Balls pour transformer Goku, Vegeta et leurs alliés en enfants. Dende se fait kidnapper, et c’est à Goku (Mini) de partir à sa rescousse dans le Troisième Royaume Démoniaque, un lieu aux paysages aussi fantasques qu’hostiles. Imaginez des plaines arides ponctuées de Sky Seeds, des îles flottantes qui narguent vos talents d’explorateur, et un ciel rose qui donne à chaque panorama une aura presque onirique.

Le monde, conçu par CyberConnect2, est un régal pour les yeux, avec des textures et une direction artistique qui évoque les aventures farfelues du jeune Goku dans Dragon Ball. Faute de véritables Arcs dédiés à la jeunesse de Goku, Daima fait bien illusion.

Ce qui va choquer rapidement les fans du jeu, c’est l’incapacité de voler. Dans Kakarot, planer dans les cieux pour ramasser des orbes ou traquer des quêtes secondaires était une seconde nature. Ici, l’air dense du Royaume Démoniaque cloue Goku au sol, nous obligeant à courir, grimper et explorer à l’ancienne. Au début, j’ai tiqué : perdre cette liberté semblait presque sacrilège. Mais après quelques heures, j’ai réalisé que cette contrainte redonnait un nouvel intérêt à l’exploration. Chaque coffre au trésor, chaque orbe ou chaque quête secondaire devient une petite victoire, car il faut jauger le terrain, contourner des ennemis (ou les murs invisibles) ou escalader des falaises pour les atteindre. Les Sky Seeds, des points de voyage rapide à débloquer, et plus tard un avion, facilitent les déplacements, mais le cœur de l’expérience reste cette sensation d’aventure terrestre. J’ai passé des heures à fouiller les moindres recoins, à dénicher des matériaux rares ou à pêcher et chasser pour cuisiner des plats qui boostent les stats, et je me suis surpris à apprécier cette simplicité moins « directe ».

Le monde lui-même est immense, plus grand que n’importe quelle zone du jeu de base. Les paysages varient des déserts rocailleux aux forêts luxuriantes, avec des villages peuplés de PNJ qui enrichissent l’univers. Les Rumeurs, des « collectibles » sous forme d’images accompagnées de courtes scènes doublées, ajoutent une couche de background rapide pour que ceux qui n’ont pas suivi la série s’y retrouvent rapidement sans faire de l’exposition barbante. On y découvre des bribes sur la faune locale, les habitants opprimés par Gomah ou l’histoire des trois Royaumes Démoniaques. Ces touches ajoutent un peu de corps au jeu, même si l’intrigue principale reste une chasse aux Dragon Balls. Si vous cherchez des enjeux cosmiques à la Dragon Ball Z, vous risquez de trouver le scénario un peu léger. Mais vous ne serez pas pour autant en manque de combats titanesques contre les Tamagami. Enfin, le troisième ici.

L’un des points forts de ce DLC, ce sont ses personnages. Goku (Mini) est rejoint par Kaio Shin rajeuni, Glorio, leur mystérieux guide, et Panzy, une jeune démone pleine d’énergie qui rêve de renverser Gomah. Oui, on a ici un arière goût de GT avec l’équipe mais que voulez-vous… tout est canon paraît-il. Leurs échanges, souvent drôles et spontanés, donnent un peu de vie à vos escapades. Glorio, avec son attitude stoïque, apporte un contraste parfait, tandis que Shin, plus réservé, révèle peu à peu ses doutes sur le Royaume Démoniaque. Bon, j’avoue qu’on a du mal à croire au « il n’y a pas de genre chez les Glinds quand on le voit lui et sa sœur, mais que voulez-vous, c’est l’inclusivité façon « c’est là, foutez-nous la paix ». Ces interactions, doublées avec soin en japonais, m’ont fait oublier que je jouais à un DLC. On dirait une nouvelle série animée, tant les dialogues et les cinématiques sont soignés.

Les cinématiques, qui ouvrent le DLC avec une séquence de 19 minutes (que l’on choisi ou non de regarder) reprenant le premier épisode de DAIMA, sont de qualité. J’ai choisi de ne pas les skipper, et je ne l’ai pas regretté : elles posent l’ambiance et plantent le décor avec une fluidité que l’on retrouvera durant tout ce premier DLC. J’ai trouvé que l’histoire s’introduisait naturellement, sans jamais me perdre. On garde même le running gag de Goku qui ne prononce jamais correctement le nom de Glorio (on ne saura jamais pourquoi d’ailleurs).

Côté gameplay, DAIMA ne réinvente pas la roue, mais peaufine ce qui fait le sel de Kakarot. Les combats, toujours accessibles mais exclusivement au sol, reposent sur des inputs simples : attaques de mêlée, boules de ki, et coups spéciaux qui s’enchaînent avec une fluidité grisante. Goku se bat avec son bâton magique, et des techniques tirées des débuts de Dragon Ball, comme Pierre-Feuille-Ciseaux ou le Tayoken. Ces mouvements, combinés à l’accès aux formes Super Saiyan 1 et 2 (débloquées après des combats précis), donnent aux affrontements une énergie brute, amplifiée par des angles de caméra dynamiques et des effets sonores percutants. J’ai particulièrement aimé le petit Genkidama, adorable dans sa version miniature, qui évolue plus tard en une attaque plus classique via les points d’entraînement.

Faute d’un roster étendu dans ce premier DLC, Shin et Glorio jouent les soutiens, avec leurs propres arbres de compétences et capacités activables. Les soins de Shin m’ont sauvé la mise plus d’une fois, surtout face aux nouveaux ennemis comme les Medi-Bugs, qui infligent des debuffs comme le poison, la brûlure ou même une “migraine” qui draine votre ki. Ces effets, contrebalancés par des insectes consommables ramassés dans le monde et à placer dans votre inventaire rapide. abusez-en lors du combat contre le Tamagami, parce que àça pique. Panzy, en tant que personnage invité, agit de manière autonome, attaquant à sa guise depuis l’extérieur de la zone de combat, mais son arbre de compétences permet de personnaliser ses actions. Ces ajouts rendent les combats plus variés, même si la base reste familière aux habitués de Kakarot.

Les batailles de horde, où l’on affronte des vagues d’ennemis comme les Gendarmes protégeant des points d’intérêt, sont un régal. Elles capturent parfaitement le fantasme de puissance de Dragon Ball, nous laissant déchaîner des combos dévastateurs sur des groupes entiers, tout en restant un petit défi.

Les deux boss du DLC offrent des moments mémorables (mais un tantinet moins que dans la série), avec des cinématiques spectaculaires et des movesets uniques. Mais un bémol de taille : le scaling des niveaux est bancal. Les ennemis du monde ouvert s’adaptent à votre niveau, mais les boss semblent faiblards si vous explorez beaucoup. À force de moudre des quêtes secondaires, j’étais à niveau 85 lors de son combat, et il m’a à peine chatouillé. Heureusement, le mode d’entraînement expert post-game permet de rejouer ces affrontements avec une difficulté accrue, révélant leur vrai potentiel.

Si DAIMA: Partie 1 est sans conteste un DLC ambitieux, il trébuche sur quelques points. Le plus frustrant est sa durée : environ 3 grosses heures en ligne droite, et une dizaine selon votre degré de complétion, il se termine sur un cliffhanger abrupt façon épisode hebdomadaire, juste au moment où l’histoire trouve son rythme. Savoir que la seconde n’arrivera qu’en 2026 est très frustrante, comme si on m’avait servi la moitié d’un plat.

Une sortie combinée des deux parties aurait peut-être offert une expérience plus satisfaisante, même au prix d’un peu d’attente. La seconde partie aura de plus fort à faire, avec les affrontements contre les deux derniers Tamagami, Majin Duu et Majin Kuu, Gomah Végéta SSJ3 et bien entendu, les formes SSJ4 Minis et adultes. Ça fait beaucoup pour une seule extension !

Côté technique, j’ai noté quelques ratés. Un bug audio a rendu certaines transformations, comme le Super Saiyan, muettes. Les animations hors combat, notamment pour Shin, manquent parfois de fluidité, avec des transitions raides qui trahissent le budget d’un DLC. Et bien que le monde soit vaste, les quêtes secondaires, au nombre de huit, restent dans la veine classique de Kakarot : des quêtes FedEx ou des missions de pêche, souvent sans doublage, qui ne brillent pas par leur originalité. Elles enrichissent l’univers, mais j’aurais aimé plus de variété ou des récompenses plus marquantes, comme des trophées pour guider les complétionnistes.

Malgré ces écueils, DAIMA: Adventure Through the Demon Realm Part 1 est une vraie réussite. Il capture l’esprit d’aventure des débuts de Dragon Ball, tout en modernisant la formule de Kakarot avec une vraie nouvelle carte, des personnages attachants et des combats qui gagnent en intensité. Que vous soyez fan ou simplement curieux de découvrir le Royaume Démoniaque, ce DLC offre une expérience qui se savoure comme une promenade.

Dragon Ball Z Kakarot x DAIMA


SupportsPC, PS4, Ps5, XBox One, XBox Series, Switch
GenreDLC
Date de sortie17 juillet 2025
ÉditeurBandai Namco
DéveloppeurCyberConnect2
MultiNon


  • Un monde immense et vibrant, qui donne un nouveau souffle à l’exploration.
  • Des personnages nouveaux et attachants, avec des dialogues qui rendent chaque moment vivant.
  • Des combats simples mais dynamiques, amplifiés par des cinématiques spectaculaires.
  • Un retour aux racines de Dragon Ball, avec une aventure terrestre pleine de charme.
  • Une fin abrupte qui laisse sur sa faim, avec une attente très longue pour la Part 2.
  • Des bugs audio et des animations parfois raides.
  • Un scaling des boss mal calibré, rendant certains combats trop faciles.
  • Des quêtes secondaires un peu trop génériques, manquant de panache.

Dragon Ball Z Kakarot x DAIMA

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En bref

Oui, il faut attendre 2026 pour la suite, et oui, il y a des imperfections. Mais pour nous, les fans de l’univers de Dragon Ball, c’est une extension qui vaut le détour.

4.5
Close

NEXT STORY

Close

Méga-Lucario Z découvert dans Légendes Pokémon : Z-A – Méga-Dimension

02/12/2025
Close