Dans The Precinct, on se retrouvé projete dans une ville baignée de néons, avec une bande-son synthwave qui semblait tout droit sortie d’un épisode de Hooker ou d’un film de Schwarzie. 1983, Averno City est une métropole crasseuse où les gangs règnent en maîtres, où les sirènes hurlent à chaque coin de rue, et dans laquelle Nick Cordell Jr., jeune flic tout juste sorti de l’académie, dois faire ses preuves. Ce titre, développé par Fallen Tree Games, un petit studio britannique de cinq personnes, intrigue d’emblée par son parti pris : troquer le rôle de voyou des GTA-like pour celui d’un policier.

Une ville qui vit et respire les années 80

Averno City, c’est le cœur battant de The Precinct. Dès les premières minutes, on se sent plongé dans une carte postale des années 80, avec ses néons criards, ses immeubles défraîchis et ses références assumées à Robocop, Terminator ou Starsky & Hutch. La direction artistique, en 3D isométrique, rappelle les premiers GTA ou Chinatown Wars, mais avec un polish plus moderne. Les effets de lumière, surtout la nuit, donnent à la ville une aura presque hypnotique. J’ai adoré voir le cycle jour-nuit transformer les rues, avec des ombres qui s’étirent sous les lampadaires ou des averses qui rendent les routes glissantes. La bande-son, un mélange de synthwave et de beats rétro, m’a bien plut. Chaque poursuite en voiture, sirène allumée, prenait des airs de clip des années 80. Manquait plus que le générique de Chip’s !

Mais Averno, ce n’est pas juste un décor. La ville grouille de vie – ou plutôt, de chaos. Des passants nerveux, des graffeurs qui taguent les murs, des conducteurs qui filent à toute allure… Tout semble conçu pour nous tenir en alerte. J’ai vite compris que je pouvais interagir avec presque tout le monde : vérifier une plaque d’immatriculation, fouiller un coffre, ou plaquer un suspect au sol. Cette liberté m’a donné l’impression d’être un vrai flic de quartier, même si, parfois, l’intelligence artificielle des PNJ m’a laissé perplexe. Plus d’une fois, j’ai vu un suspect s’arrêter net devant une barrière ou me fixer bêtement avant de se rendre. Dommage, car ces petits ratés cassent un peu l’immersion, mais ça peurt être patché.

Dans The Precinct, on n’est pas un super-héros ni un flic d’élite à la John McClane. Non, on est un flic de quartier qui enchaîne les tâches ingrates : coller des amendes pour stationnement illégal, arrêter des vandales, ou courir après un type qui vient de nous fausser compagnie. Le gameplay repose sur une boucle simple mais satisfaisante. On patrouille, à pied, en voiture ou même en hélicoptère, et on répond aux crimes qui surgissent aléatoirement. Une agression par-ci, un braquage de banque par-là, ou un excès de vitesse à l’horizon. Chaque intervention suit un protocole : contrôle d’identité, fouille, vérification du comportement du suspect, et cocher les bonnes infractions pour marquer de l’expérience. Si on se plante, on perd des points. Ça m’a forcé à rester attentif, à bien observer les détails, comme un vrai flic.

Ce système d’arrestation m’a vite accroché. J’ai aimé la tension de devoir choisir entre verbaliser ou menotter, entre escorter moi-même un suspect au commissariat ou appeler une patrouille. Les courses-poursuites, surtout, sont un régal. Lancer les gyrophares, slalomer entre les voitures, appeler des renforts ou déployer des herses… J’avais l’impression de vivre un épisode de Chip’s. Les environnements destructibles ajoutent du piquant : un suspect peut défoncer une barrière ou envoyer une poubelle valser, et moi, je peux raser un lampadaire sans trop de scrupules. La conduite est nerveuse mais fun, même si, je l’avoue, j’ai fini dans le décor plus d’une fois.

Mais là où The Precinct fonctionne bien, c’est dans sa progression. En accumulant de l’expérience, on débloque des rangs (20 au total), des armes, des véhicules, et des améliorations via un arbre de compétences. Par exemple, on peut réquisitionner des voitures civiles pour ne plus me retrouver à pied face à un suspect en fuite. J’ai aussi renforcé mon endurance pour courir plus longtemps ou blindé la voiture avec des vitres pare-balles. Ces améliorations donnent un vrai sentiment d’évolution, comme si on passait de bleu bite à flic aguerri. Plus tard, j’ai même pu personnaliser mes patrouilles : choisir la durée, le quartier, ou le type de mission. Cette liberté m’a permis de jouer à mon rythme, de me concentrer sur les poursuites en bagnole ou les enquêtes à pied.

Pourtant, cette boucle finit par montrer ses limites. Après quelques heures, une certaine monotonie s’installe. Contrôler des identités, fouiller des coffres, courir après des suspects… On tourne vite en rond. Les missions principales, qui tournent autour de la traque des gangs et du mystère sur la mort du père du protagoniste (un vrai héro), manquent de punch. L’histoire, franchement, tient sur un ticket de métro. Nick Cordell Jr. cherche à venger son père, un chef de police assassiné, tout en démantelant les gangs d’Averno. Mais les dialogues, parfois mal joués, et les rebondissements prévisibles ne m’ont pas tenu en haleine. Même la collecte d’indices pour monter des dossiers contre les chefs de gang m’a semblé répétitive : on ramasse des preuves en résolvant des crimes, on les dépose au commissariat, et on attend que la jauge se remplisse pour débloquer une mission. C’est trop mécanique, pas assez organique.

The Precinct met en scène une guerre des gangs dans Averno City. Après avoir arrêté un boss dès la première mission, je me suis retrouvé face à un vide de pouvoir que d’autres gangs cherchent à combler. Cette idée m’a plu : une ville au bord de l’implosion, où chaque patrouille peut croiser un braquage ou une fusillade. Pour avancer, on doit collecter des preuves sur les membres des gangs, du petit dealer au grand patron, en fouillant les scènes de crime ou en interrogeant des informateurs. Une fois assez d’indices réunis, une mission scénarisée se lançait pour coffrer le suspect.

Sur le papier, c’est plutôt chouette. En pratique, ça tourne vite à la routine. Les crimes procéduraux, générés aléatoirement, sont variés – vols, agressions, trafics – mais les enquêtes se ressemblent toutes. J’ai passé des heures à cocher des cases pour identifier les bonnes infractions, mais sans vraie surprise ou rebondissement. Les missions principales manquent cruellement de mise en scène. Une descente dans un repaire de gang, par exemple, se résume souvent à une fusillade confuse où la visée imprécise fait rater plus d’un tir.

J’espérais aussi que l’histoire personnelle de Nick Cordell Jr. allait offrir quelques bons moments. La mort de son père, tué dans des circonstances troubles, aurait pu être un fil rouge prenant. Mais le scénario reste en surface, avec des dialogues qui sonnent parfois comme une parodie de série B. J’ai fini par me désintéresser de cette quête de vengeance, préférant me concentrer sur les patrouilles. Dommage, car un récit plus travaillé aurait pu donner du poids à mes actions.

Des bugs qui cassent le rythme

Je dois être honnête : The Precinct n’est pas le jeu le plus stable que j’ai testé. Les bugs sont assez présents, et même s’ils n’ont pas ruiné mes parties, ils m’ont souvent agacé. Par exemple, j’ai eu des arrestations bloquées, avec des suspects figés que je ne pouvais pas menotter. Une fois, mon coéquipier a carrément disparu, me laissant seul face à un braqueur armé. Et ne parlons pas de cette mission où un fugitif est tombé d’un toit, m’obligeant à recommencer depuis le début.

L’IA, comme je l’ai dit, est un point faible. Entre les suspects qui s’arrêtent bêtement et les renforts qui restent coincés dans le décor, j’ai souvent eu l’impression de jouer contre le jeu lui-même. Heureusement, ces bugs ne se répètent pas systématiquement, mais ils brisent le plaisur de jeu quand ils se produisent, surtout lors des moments tendus.

Cela dit, pour un studio de cinq personnes, sortir un jeu aussi ambitieux est un exploit. Comparé à leur précédent titre, American Fugitive, The Precinct est un bond en avant sur tous les plans. Le jeu tourne sans ralentir, même dans un open-world grouillant d’activité. Avec un bon patch, beaucoup de ces soucis techniques pourraient être corrigés, et je croise les doigts pour que les développeurs continuent à peaufiner leur bébé.

Malgré ses défauts, The Precinct a un truc qui fait qu’on y revient quand même. Peut-être est-ce cette satisfaction bizarre de coller une amende bien méritée ou quand une poursuite s’emballe, avec des renforts qui bloquent les rues et un hélicoptère qui braque son projecteur sur le suspect. Il y a quelque chose d’addictif à enchaîner les patrouilles, à voir son rang grimper et les compétences s’étoffer.

Fallen Tree Games


SupportsPC, PS5, XBox Series
GenreAction, simulation
Date de sortie13 mai 2025
ÉditeurKwalee
DéveloppeurFallen Tree Games
MultiNon


  • Une ambiance rétro irrésistible.
  • Les mécaniques d’arrestation, de fouille et de poursuite donnent l’impression d’être un vrai flic de quartier.
  • Une progression gratifiante qui récompense l’investissement.
  • Les courses en voiture, avec renforts et environnements destructibles.
  • Entre les missions principales, les crimes procéduraux et les activités annexes, il y a de quoi faire une vingtaine d’heures.
  • Une histoire anecdotique.
  • Les patrouilles et les contrôles finissent par se ressembler.
  • Les problèmes techniques.
  • Une conduite perfectible : La maniabilité et la visée imprécise frustrent dans les scènes d’action.
  • Les suspects et les renforts ont des comportements parfois absurdes.

The Precinct

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En bref

Si vous avez grandi avec les premiers Grand Theft Auto, vous trouverez votre compte dans cette ambiance nostalgique. Mais si vous cherchez un scénario travaillé ou un polish digne d’un Triple A, passez votre chemin. The Precint est un petit plaisir brut, imparfait mais sincère, qui mise sur l’immersion et la liberté plutôt que sur la perfection technique.

3.5
Close

NEXT STORY

Close

Le Livre de cuisine officiel Persona arrive en librairie chez Mana Books

10/09/2025
Close