Je vais poser le contexte tout de suite : The Elder Scrolls IV: Oblivion n’a jamais été mon préféré dans la saga. À sa sortie, je l’avais boudé, et ce n’est que suite à l’épopée grandiose de Skyrim que je me suis penché sur son cas… sur PS3. Autant vous dire que je n’ai pas connu l’âge d’or dont tout le monde parle (mais qui concerne davantage Morrowind, maintenant que j’y pense). Alors, quand Bethesda a surpris tout le monde avec la sortie de The Elder Scrolls IV: Oblivion Remastered, j’étais curieux, mais pas non plus super enjoué. La nostalgie est un piège : après quelques heures, je me rends compte que le Cyrodiil de 2006 ne peut pas totalement rivaliser avec mes attentes de 2025. On ne va pas partir sur un test complet d’un titre de quasi 20 piges, mais allons-y pour un avis.

Des Visuels qui Claquent, mais à Quel Prix ?

Avec Unreal Engine 5, des visuels refaits de A à Z, des mécaniques modernisées et tout le contenu additionnel inclus, est-ce que ce remaster allait me faire changer d’avis ? Après y avoir passé plusieurs heures, je peux dire que c’est un timide retour en Cyrodiil qui a du panache, mais qui trébuche sur des écueils techniques et une ergonomie d’un autre temps. La création de personnage m’a fait rire. C’est mieux qu’avant, mais on a quand même toujours du mal à avoir un personnage qui n’est pas trop moche. Mais c’est mieux qu’avant, je l’avoue.

Dès que j’ai mis les pieds dans le cachot du tutoriel, l’évidence m’a sauté aux yeux : ce remaster est une claque visuelle. Virtuos, le studio chargé de ce lifting, a tout reconstruit avec Unreal Engine 5, et le résultat est impressionnant.

Au début, il faut composer avec le stuff qu’on trouve…

Cyrodiil n’a jamais été aussi beau. Les forêts sont plus touffues, les plaines s’étendent sous une lumière douce, et l’Imperial City scintille comme un joyau. Les textures, refaites de zéro, donnent une profondeur incroyable aux environnements. J’ai passé de longues minutes à observer des détails : des bancs de poissons frétillant sous l’eau, des papillons virevoltant dans les airs, ou encore le brouillard matinal qui enveloppe les collines. Comparé à l’original, qui avait un côté “plastique” avec ses couleurs saturées façon parc d’attractions médiéval, ce remaster mise sur une palette plus sobre, presque réaliste. Mais parfois, j’ai trouvé ça trop grisâtre, comme si un filtre terne avait été appliqué, loin du charme de 2006. Certains fans hardcore pourraient regretter le kitsch d’antan, et je les comprends un peu.

L’éclairage en temps réel, une des stars d’Unreal Engine 5, fait des merveilles. Les ombres dynamiques varient selon l’heure du jour, transformant l’atmosphère d’une ruine ou d’une auberge. Explorer un cachot avec une simple torche, où la lumière danse sur les murs, c’est vraiment joli à voir. C’est le genre de détail qui donne envie de s’arrêter pour observer. Les modèles de personnages, eux, ont aussi droit à une refonte complète.

Les Argoniens arborent des écailles détaillées, les Khajiits ont des poils plus réalistes, et même les gobelins ont des “gueules” pleines de caractère, « de porte-bonheur » si vous voyez ce que je veux dire. Les PNJ humains bénéficient de nouvelles animations faciales et d’une synchronisation labiale modernisée, bien plus convaincante qu’en 2006. Cela dit, certains visages m’ont semblé bizarres, avec des traits parfois trop exagérés qui flirtent avec l’étrange. Virtuos a voulu garder l’excentricité d’Oblivion tout en lissant les aspérités, mais le résultat n’est pas toujours homogène.

Le hic, c’est que toute cette débauche visuelle a un coût. Les performances sur PS5 m’ont un peu déçu. Je m’attendais à une fluidité irréprochable pour un jeu de 2006 remis au goût du jour, mais le frame rate chute dès qu’on galope dans le monde ouvert. J’ai ressenti des baisses notables, parfois brutales, surtout dans les zones chargées. L’Unreal Engine 5, malgré ses réussites, semble mal optimisé pour les grands espaces, et j’ai même eu droit à des saccades agaçantes et un crash qui m’a fait râler. Des bugs d’époque, comme des PNJ coincés ou des collisions mal gérées, sont toujours là, et ça casse l’ambiance. Bethesda promet du 4K à 60 fps, mais pour l’instant, on est loin du compte. J’ai l’impression qu’on sacrifie trop de fluidité au profit des superbes éclairages. C’est d’autant plus rageant qu’Oblivion a été une porte d’entrée pour beaucoup de joueurs console. J’espère des patchs rapides, parce que là, ça gâche un peu la fête.

Un gameplay modernisé, mais toujours d’époque

Passons au gameplay, où Virtuos a tenté de dépoussiérer les mécaniques tout en respectant l’ADN d’Oblivion. J’ai créé une humaine impériale, parce que j’aime leur côté brut de décoffrage, et je me suis lancé avec une épée basique, une armure lourde et un bon bouclier – avouons-le, j’ai un faible pour les build hyper classiques qui ne posent pas de question. Le combat au corps à corps a été retravaillé pour être plus dynamique, avec des animations fluides, des réactions aux coups et des effets visuels comme des étincelles ou des éclaboussures de sang. Le retour haptique de la DualSense ajoute une petite couche de brutalité que j’aime beaucoup, surtout quand on bloque un coup. Mais malgré ces efforts, ça manque encore de punch au niveau de nos propres impacts. Les bruitages sont faiblards, comme si je tapais avec une branche molle plutôt qu’une épée. On sent que Virtuos a voulu moderniser sans trahir l’original, mais on reste loin des standards actuels. Ce n’est pas un remake, juste un remaster, et ça se sent dans les mécaniques qui restent ancrées en 2006.

Les ennemis du tutoriel, comme les rats ou les gobelins, m’ont à peine égratigné, au point que je me suis demandé si mon armure de départ était cheatée ou s’il y avait un bug. Cette sensation de “god mode” m’a un peu sorti de l’ambiance, même si les choses se corsent plus tard. Heureusement, le remaster apporte des améliorations qu’on apprécie. Le sprint, absent de l’original, change la donne : on traverse Cyrodiil plus vite, et ça rend l’exploration moins laborieuse. La vue à la troisième personne, souvent délaissée en 2006 à cause de son manque de précision, a été repensée façon Skyrim. Un réticule à l’écran facilite le tir à l’arc ou les sorts, et les animations, avec une meilleure séparation entre le haut et le bas du corps, donnent des mouvements plus naturels. Je dois dire que c’est un vrai plus, surtout pour les builds à distance.

La gestion d’inventaire, par contre, reste une plaie. On passe un temps fou à naviguer dans les menus, un défaut typique des Elder Scrolls que Virtuos n’a pas vraiment corrigé. Ces interfaces laborieuses m’ont fait perdre patience, surtout quand je compare à des jeux plus modernes comme The Witcher 3, où tout est fluide. C’est comme si Bethesda était resté coincé 15 ans en arrière sur l’ergonomie.

Cela dit, l’interface pour assigner des raccourcis aux armes et sorts est franchement bien pensée, et j’en suis fan. Le crochetage, modernisé mais fidèle à l’original, m’a moins convaincu. Comparé à Skyrim ou Fallout, où le système a un feedback physique, celui-ci semble plat, surtout sur les serrures complexes où j’ai galéré sans plaisir.

Côté progression, le remaster emprunte à Skyrim pour rendre le leveling plus intuitif. Fini les ennemis qui s’étoffent à l’infini au point de transformer chaque combat en marathon. Le système récompense toujours l’usage des compétences – j’ai vu mon armure lourde grimper juste en la portant – mais il est mieux équilibré. D’ailleurs, j’ai trouvé que les premiers affrontements semblaient moins punitifs que sur ma copie d’époque. Par contre, je grogne toujours contre les capacités journalières limitées à un usage par jour. Dans un RPG solo, ce genre de bride me semble inutile. Et le voyage rapide ? Je l’évite comme la peste la plupart du temps. Me balader à pied, tomber sur une ruine ou un PNJ qui vous téléporte à l’autre bout de la carte, c’est ça l’âme d’Elder Scrolls pour moi : la découverte inopinée.

L’histoire d’Oblivion n’a pas bougé, et c’est une bonne nouvelle. On démarre en prison, on croise l’empereur, et on se lance dans une quête pour sauver Tamriel des portes d’Oblivion. La routine d’un The Elder Scrolls, mais sans doublage français, qui de mémoire avait marqué à l’époque. Bonne nouvelle, j’ai lu qu’un patch sur PC réalisé par un fan ramenait l’expérience de doublage de l’époque.

Sans spoiler, le scénario conserve son charme désuet, porté par des dialogues parfois lunaires qui font le sel de la série. Virtuos a ajouté de nouveaux doublages anglais pour diversifier les races – les Khajiits et Argoniens ont enfin des timbres distincts –, et la synchronisation labiale, boostée par une nouvelle technologie, rend les conversations plus naturelles.

Le monde ouvert reste un terrain de jeu exceptionnel où on aime se perdre pour tomber sur une quelconque ruine perdue. Cyrodiil regorge de biomes variés, des forêts brumeuses aux montagnes escarpées, sublimés par les nouveaux visuels. J’ai adoré me perdre dans la nature, tomber sur un fort en ruine ou une auberge isolée. La météo dynamique, comme le brouillard qui limite la vue, ajoute une touche d’ambiance tout en soulageant le frame rate – un mal pour un bien. Les ruines ayleïdes, avec leurs pièges tordus, évoquent les donjons de The Elder Scrolls Online, même si j’aimerais plus de variété. Les nouveaux sons d’ambiance, des bruissements de feuilles aux échos dans les cachots, renforcent l’atmosphère, et la bande-son reste un délice, même si je la trouve un poil en deçà de Skyrim.

Cela dit, tout n’est pas parfait. Les forts, éternellement en ruine, manquent d’originalité, et certains pièges, comme ceux perchés en hauteur qui vous tombent dessus, semblent plus décoratifs qu’efficaces. La nourriture, comme le pain ou la viande de rat, régénère à peine, et mon sort de soin était si faible que je me demandais s’il fonctionnait. Bref, on sent encore les limites de 2006.

Un Contenu Massif pour un Retour Nostalgique

Le remaster inclut tout : les expansions Shivering Isles et Knights of the Nine, plus tous les DLC, de Mehrunes’ Razor à The Thieves Den, sans oublier le mythique Horse Armour Pack. Shivering Isles, avec son monde délirant et ses quêtes inoubliables, reste un sommet de la série, et Knights of the Nine ajoute une touche de chevalerie épique. À 49,99 € pour l’édition standard, c’est une aubaine vu la quantité de contenu. La Deluxe Edition, à 59,99 €, propose des armures, armes et un artbook numérique, mais sauf si vous êtes collectionneur, l’édition de base suffit.

Les Mods, Grand Absents (Pour l’Instant)

Un point qui fâche : pas de support officiel pour les mods au lancement sur PC (mais m’en fous, je joue sur console). Bethesda a confirmé que les mods ne sont pas pris en charge, du moins pas officiellement. Les moddeurs PC trouveront sans doute comme toujours des solutions non officielles, mais pour l’instant, il faudra jouer à la version vanilla. C’est un peu frustrant, surtout pour une communauté habituée à personnaliser Oblivion à l’infini, mais ça donne aussi l’occasion de redécouvrir le jeu dans sa forme “pure”.

The Elder Scrolls IV: Oblivion


SupportsPC, PS5, XBox Series
GenreRPG
Date de sortie22 avril 2025
ÉditeurBethesda
DéveloppeurVirtuos
MultiNon


  • L’Unreal Engine 5 transforme Cyrodiil en un monde vivant, avec des éclairages dynamiques et des textures refaites de zéro.
  • Toutes les extensions et tous les DLC offrent des dizaines d’heures de jeu.
  • Sprint, vue troisième personne avec réticule, et leveling inspiré de Skyrim rendent l’expérience plus fluide.
  • Les nouveaux doublages et l’OST iconique préservent l’âme d’Oblivion.
  • Les chutes de frame rate dans le monde ouvert frustrent.
  • Les coups manquent de punch, et les bruitages ne suivent pas les standards modernes.
  • Naviguer dans les menus reste une corvée, malgré quelques améliorations.
  • Pas de support officiel pour les mods au lancement, un coup dur pour les fans.

The Elder Scrolls IV: Oblivion Remastered

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En bref

Alors, est-ce que ce remaster vaut le coup ? Si vous êtes un fan hardcore d’Oblivion ou que vous voulez découvrir un pilier du RPG, il y a de quoi s’amuser. Les visuels retravaillés et le contenu gargantuesque en font un investissemetn qui va vous occuper un bon moment, surtout à 49,99 € ou via Game Pass. Mais les bugs, les performances bancales et les menus laborieux risquent de refroidir ceux qui ont été biberonnés aux mondes ouverts modernes comme The Witcher 3. Les mécaniques datées et les soucis techniques m’ont vite rappelé que 2006, c’est loin. Pour un joueur d’aujourd’hui, habitué à des interfaces fluides, Oblivion peut sembler d’un autre temps, même avec un lifting visuel.

3.5
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