Rennsport, ce projet qui traîne ses pneus depuis des betas fermées et un early access plutôt chaotique à ce que j’ai compris, débarque enfin en version 1.0 le 13 novembre 2025, sur PC, PS5 et Xbox Series. J’ai passé des soirées entières à le dompter, à enchaîner les tours sur Monza, et à me demander si ce titre parvenait enfin à tracer sa ligne après tant de virages manqués. Pas de révolution ici, juste une quête obstinée pour recréer le bitume, avec ses joies… et ses bosses.
Les rênes du sport auto
Imaginez-vous au volant d’une Porsche 911 GT3 R, le cœur battant au rythme des tours. Vous sentez le poids de la voiture qui s’incline dans les virages de Spa, les bosses qui remontent dans le volant comme des reproches d’un vieux mécano. C’est ce que Rennsport promet : une physique qui colle à la réalité, où chaque blocage de roue vous punit d’une glissade incontrôlable. Nous avons testé cela sur une PS5 standard et les GT3 se comportent avec une honnêteté rafraîchissante. Elles demandent de la précision sans être impitoyables : vous entrez en courbe large, le train arrière qui mord juste ce qu’il faut, et vous ressortez avec une accélération qui plaque votre dos au siège. Pas de script arcade ou spectaculaire pour vous sauver les fesses : si vous surchargez une gomme, elle chauffe, perd de l’adhérence, et vous valdinguez dans les murs.
Mais nous ne nous voilons pas la face. Derrière cette sensation palpable, le jeu trébuche sur ses propres lignes blanches. L’IA, par exemple, m’a souvent laissé perplexes. Dans une session solo sur Jeddah, j’ai vu une Audi R8 GT3 freiner à contretemps au milieu d’une ligne droite, comme si son pilote consultait un GPS à la ramasse. Elle m’accroche au dépassement, ou pire, elle s’écrase contre un mur sans raison apparente, rendant la course imprévisible d’une manière qui n’a rien de stratégique. Les développeurs de Competition Company reconnaissent ce type d’anomalies – des patchs sont en route – mais pour l’instant, cela transforme le mode carrière en une loterie.
La progression se fait à travers des championnats structurés en trois niveaux : débutant, amateur, pro, avec des séries comme la GT4 Asia ou la Touring Trophy. Chaque étape enchaîne pratiques libres, qualifications et courses courtes, mais sans option pour ajuster la difficulté, on se retrouve à dominer des adversaires trop lents ou à slalomer entre des épaves virtuelles. C’est frustrant pour qui cherche une opposition cohérente, pas un pardon automatique.
Passons au cœur du bitume : le multijoueur. C’est là que Rennsport respire, où les serveurs cross-platform – PC, PS5, Xbox – injectent une vraie dose d’adrénaline. On rejoinds sans souci les ses sessions hebdomadaires qui se renouvellent toutes les cinq minutes, et l’expérience coule sans accroc.
Jusqu’à 24 pilotes en ligne, avec des transitions fluides entre pratiques, qualifications solos et courses endiablées. Le netcode tient la route, les collisions se résolvent sans lag, et le système de pénalités – points pour infractions, menant à des drive-through ou des disqualifications – impose un fair-play qui rappelle les circuits pros. Imaginez une grille serrée : vous anticipez un freinage groupé, calculez votre angle, et si vous touchez, le jeu vous le fait payer sans pitié. On a droit aussi à des classement où chaque course rapporte des XP indépendamment du résultat final. C’est addictif, cette montée graduelle qui récompense la constance plus que les victoires. Et avec le crossplay, vous affrontez des pilotes consoles et PC qui apportent une variété intéressante, entre instinct et setup millimétrés.
Pourtant, même ici, les ombres planent. Les serveurs, encore frais du lancement, peinent parfois à remplir les grilles en dehors des heures de pointe. J’ai attendu dans des salons vides, et dans un jeu qui mise sur le compétitif pour survivre, sans une communauté critique, cela reste une piste déserte. Les retours post-lancement confirment : une semaine après la sortie, les pics d’activité flirtent avec les milliers de connexions simultanées sur Steam, mais la moyenne stagne autour de 500-800 joueurs actifs, loin des mastodontes. C’est un cercle vicieux : le multiplayer a une excellente structure – calendriers régionaux avec des départs toutes les cinq minutes, ligues structurées – mais il a besoin de joueurs pour ronronner. Sur PS5, le titre tourne à 60 FPS stables en mode performance, une aubaine pour ceux qui n’ont pas investi dans un volant haut de gamme.
Les voitures, parlons-en. Rennsport aligne 18 bolides au lancement, un roster éclectique mais inégal. Les GT3 dominent – McLaren 720S, Porsche 911 GT3 Cup 2021, BMW M4 GT3 – avec une maniabilité qui différencie chaque modèle : la Ford Mustang GT3, bonus de précommande, tire droit comme un trait mais sous-vire en entrée de courbe, tandis que l’Aston Martin Vantage mord avec une agressivité qui récompense les setups spéciaux. J’ai passé un bon moment à bidouiller les suspensions, à ajuster l’angle de carrossage pour dompter une Porsche 963 en prototype, sentant la différence entre une hypercar stable et une bête agressive. Les hypercars comme la BMW M Hybrid V8 offrent une vitesse folle, mais leur adhérence excessive les rapproche plus d’un Gran Turismo que d’une simu hardcore – vous glissez moins que prévu, ce qui flatte les débutants mais lasse les habitués. Du côté des GT4 et TCR, l’Audi R8 GT4 excelle en traction, idéale pour les circuits bosselés comme Okenheim, tracé alpin fictif aux 11 km de folie.
Et les circuits ? Treize au total, un mélange de réel et d’imaginaire. Les scans laser de Monza, Spa ou le Nürburgring GP (avec sa variante Nordschleife en DLC) reproduisent chaque bosse, chaque dénivellation avec fidélité. Jeddah, exclusive à ce simu hors F1, apporte son ambiance nocturne saharienne, mais voilà le hic : les cycles jour-nuit fonctionnent à moitié. De nuit, les phares peinent, vous roulez à l’aveugle sur Fuji, les ombres avalant les points de cordes, rendant les sessions inutilisables sans patch. Les fictifs comme Founders Track – tracé en forme de logo Rennsport, gravé des noms des early backers – ajoutent une touche plutôt sympa, presque nostalgique, pour les courageux qui ont suivi le projet depuis ses balbutiements.
Technique oblige, Rennsport s’appuie sur Unreal Engine 5, ce qui promet des visuels saisissants mais livre une optimisation bancale. La PS5 s’en sort bien – 60 FPS verrouillés en qualité – mais des clippings persistent, avec des ombres qui clignotent comme un stroboscope. Le force feedback ? Correct, mais brut, il transmet les bosses et les sous-virages sans la finesse d’un Assetto Corsa Competizione. Quant au son, c’est un patchwork : le V8 de la Mustang gronde avec une présence qui vibre, mais la McLaren 720S sonne étouffée, comme un pot d’échappement mal vissé. Les replays amplifient les incohérences, avec des moteurs qui bafouillent en boucle.
Les championnats structurés – M2 Series pour débutants, GT4 pour intermédiaires – offrent une progression linéaire : dix minutes de libres, autant en qualifs, puis une course courte. C’est basique, presque brouillon, sans sauvegarde ou rejouabilité profonde. On peut terminer une GT4 Asia sur Jeddah en écrasant l’IA, et un sentiment d’accomplissement qui s’évapore face à des adversaires qui ignorent les lignes de course. Pas de météo dynamique pour l’instant – juste des cycles jour-nuit basiques – ni de setups avancés en solo. C’est un amuse-bouche pour tester les voitures, pas une carrière qui va vous maintenir éveillé. Et pourtant, personnellement, j’y suis revenu pas mal de fois pour peaufiner ma maitrise des véhicules.
Rennsport n’est donc pas un échec : c’est un bon prototype, prometteur, freiné par ses propres limites. Sur consoles, à 60-70 euros selon l’édition, il comble un vide depuis Assetto Corsa Competizione – un simu accessible, avec une maniabilité qui pardonne sans pour autant être infantilisante. Sur PC, à 50 euros, il pèche face à une concurrence pléthorique façon iRacing. Le modèle économique pivote vers des DLC – Endurance Classics fin 2025 avec une Porsche 956, Touring Classics début 2026 incluant des DTM classiques comme l’Alfa Romeo 155 V6 TI de Nicola Larini – mais à 60 euros au lancement, cela laisse un goût d’inachevé. Les microtransactions pour livrées persistent, malgré les promesses, et la boutique in-game sent le grind.
Rennsport
| Supports | PC, PS5, Xbox Series |
| Genre | Simulation |
| Date de sortie | 13 novembre 2025 |
| Éditeur | Nacon |
| Développeur | Competition Company |
| Multi | Oui |

Rennsport a tout pour être une plateforme moderne de course mais il manque encore de contenu pour décoller vraiment.
On a aimé
- Physique des GT3 et GT4 crédible, avec une gestion des pneus qui réagit en temps réel à la chaleur et à l’usure.
- Multijoueurs cross-platform stable, avec pénalités justes et sessions rapides qui maintiennent l’engagement.
- Circuits variés et scannés pour une fidélité qui élève les courses nocturnes (quand les phares coopèrent).
- Accessibilité console : 60 FPS solides, calibration automatique du volant ou de la manette dès le menu.
- Setups fins qui récompensent l’expérimentation, sans barrière insurmontable pour les intermédiaires.
On a moins aimé
- IA erratique en solo, freinages absurdes, accroches systématiques, rendant les championnats prévisibles ou chaotiques.
- Optimisation à revoir : popping et aliasing
- Contenu limité : 18 voitures, 13 pistes, avec un déséquilibre vers les GT3 et peu de variété en hypercars ou TCR.
- Cycles nuit inutilisables sans visibilité, et absence de météo dynamique pour pimenter les sessions.
- Multiplayer déserté hors pics, avec une communauté qui peine à s’établir une semaine après lancement.
Rennsport
Titiks

En bref
Si vous êtes sur console, affamé de simu compétitive, sautez dedans, le crossplay pourrait bien repeupler les grilles. Sur PC, attendez un mois, le temps que les patchs comblent les trous et que la communauté gonfle les serveurs. Moi, je garde le volant chaud, en espérant que ce 1.0 ne soit pas une ligne d’arrivée, mais un départ en côte. Après tout, les meilleures courses se gagnent sur la distance.
À propos de l’auteur
Titiks
Quadra assumé, daron de 3 apprenties gameuses, fan de tout ce qui est capable de raconter une bonne histoire. Touche-à-tout, mais surtout de bonnes aventures qui savent surprendre, et dévoué à l’univers console depuis que Sega était plus fort que tout, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée #2AMFather.