Octopath Traveler 0 est sorti le 4 décembre 2025 sur à peu près tout : PS5, PS4, Switch et Switch 2, Xbox Series, PC, au prix de 59,99 €. Il existe en physique sur consoles, avec une carte pour la Switch 2. Par contre, une ombre au tableau : pas de textes en français, seulement en anglais, japonais et quelques langues asiatiques.
8 voyageurs à nouveau
Les deux premiers opus avaient une traduction française solide, celui-là non. Square Enix semble estimer que le public n’est pas assez large pour rentabiliser l’effort. Dommage, surtout quand on sait que le jeu demande beaucoup de lecture. Une démo gratuite couvre les trois premières heures et la progression passe dans la version complète, ce qui permet de tester sans risque.
Nous commençons dans Wishvale, un village calme où tout le monde se connaît. On crée notre personnage – garçon ou fille, apparence, voix muette –, on grandit auprès de parents aimants, on apprend le maniement des armes avec le père, on prépare la fête du village et un mariage entre deux amis d’enfance. Vous connaissez le truc : tout cela sent la catastrophe à plein nez, et elle arrive vite. Le village est rasé, presque tout le monde meurt, seuls notre héros et Stia, l’amie d’enfance fille du charpentier, s’en sortent. Le pacte est simple : on rebâtira Wishvale et on fera payer les trois responsables, les Maîtres de la Richesse, du Pouvoir et de la Renommée, qui cherchent des anneaux divins.
Le ton est plus sombre que dans les épisodes précédents, plus adulte, avec une vraie vengeance au centre. Notre héros reste muet, ce qui crée une certaine distance, mais le prologue fait le travail : on a envie de réparer les dégâts et de poursuivre les coupables.
L’aventure se découpe en chapitres et sous-chapitres, ce qui permet de jouer par petites sessions ou en longues soirées. On choisit l’ordre dans lequel on traque les trois grands antagonistes, et les vignettes s’entremêlent avec la reconstruction du village. Ça rappelle Suikoden ( ou plus récemment Eiyuden Chronicle) pour le recrutement massif, Bravely Default pour certains mécanismes et la reconstruction, ou même Final Fantasy VI pour le design élégant des ennemis. Acquire et Square Enix ont repris beaucoup d’éléments de Champions of the Continent, le jeu mobile, mais sans gacha ni microtransactions, et avec une vraie adaptation console. On respire hein ?
Le combat reste au tour par tour, avec le système break and boost qu’on connaît. On casse les boucliers des ennemis pour les étourdir, on accumule des points de boost pour multiplier les actions. La grosse nouveauté, c’est la formation à huit personnages : quatre au front, quatre à l’arrière. Ceux de derrière récupèrent vie, mana et points de boost à chaque tour, et on peut swapper à tout moment avec son partenaire direct.
Certains skills sont plus forts en arrivant du banc, d’autres soignent le partenaire avant. Il faut bien composer les paires pour couvrir les faiblesses – épées, lances, haches, faux, grimoires – et éviter les doublons inutiles. Les combats de base se terminent souvent en un tour, surtout avec la vitesse x2, mais les boss demandent de la réflexion : où placer le tank, qui mettre en réserve pour un swap décisif. Les ultimate techniques, débloquées plus tard, se chargent en cassant des boucliers et persistent entre les fights si on ne les utilise pas.
Wishvale, c’est la seconde grande boucle. On dégage des terrains, on pose des maisons pour deux personnages, des champs, une forge, une taverne. On invite les PNJ croisés dans le monde, on décore comme on veut. Au début c’est basique, ensuite ça devient indispensable : meilleurs repas, entraînement pour les compagnons non utilisés, commerce de raretés, passifs comme parler aux animaux ou voyage rapide amélioré. Les compagnons gagnent de l’amitié, débloquent des dialogues et des bonus pour le village. On passe facilement des heures à optimiser le plan, à aligner les lanternes pour que ça rende bien la nuit. Ça ancre l’aventure, ça donne un vrai foyer à retrouver entre deux chasses.
Les Path Actions changent aussi. Plus liées au job ou à l’heure, elles dépendent maintenant du type d’influence de chaque PNJ : Pouvoir, Richesse ou Renommée. On peut acheter, marchander, impressionner par combat, recruter avec un pourcentage… Le succès monte avec notre influence globale, améliorées via quêtes et compagnons affiliés. C’est pratique pour voler des skills temporaires ou des alliés en combat, mais les pourcentages peuvent pousser à recharger sa sauvegarde.
Techniquement, le HD-2D reste magnifique : effets d’eau, lumières, particules. La caméra est un peu plus basse, les chemins plus directs, moins de petits secrets cachés derrière un pilier comme avant. Ça rend l’exploration plus fluide mais moins intéressante. L’OST de Yasunori Nishiki est un régal, plus dramatique, avec des pistes de boss qui marquent dès le prologue. Le jeu tourne bien, 60 fps stables sur PS5.
Octopath Traveler 0
| Supports | PC, PS4, PS5, Xbox One, XBox Series, Switch, Switch 2 |
| Genre | RPG |
| Date de sortie | 04 décembre 2025 |
| Éditeur | Square-Enix |
| Développeur | Square-enix |
| Multi | Non |

Un melting pot de nombreux ingrédients savoureux qui laisse un arrière gout étrange, mais pas si désagréable
On a aimé
- Combats à huit tactiques et satisfaisants
- Reconstruction de Wishvale utile et attachante
- Plus de 30 compagnons variés, jamais identiques
- OST excellente et plus sombre
- Durée de vie énorme, facilement 80-100 heures
- Ton adulte, vengeance crédible
On a moins aimé
- Pas de textes français, un vrai frein
- Protagoniste muet qui tient à distance
- Début long et lent
- Exploration plus linéaire qu’avant
- Path Actions à pourcentage parfois frustrantes
- Certains compagnons temporaires qu’on perd trop vite
Octopath Traveler 0
Titiks

En bref
Octopath Traveler 0 n’est pas le plus accessible de la série – commencez plutôt par le 1 ou le 2 si vous débutez. Mais pour qui connaît déjà Orsterra, c’est une évolution solide, plus massive, plus personnelle. On y passe des dizaines d’heures sans lassitude, on s’attache à ce village qu’on rebâtit pierre par pierre, on peaufine des équipes de huit pour exploser les boss. Ce n’est pas parfait, l’absence de français pèse lourd, le héros muet freine un peu l’empathie, mais le plaisir reste là. Si l’anglais ne vous bloque pas et que vous aimez les grands JRPG old-school, foncez. La démo vous dira vite si ça clique.
À propos de l’auteur
Titiks
Quadra assumé, daron de 3 apprenties gameuses, fan de tout ce qui est capable de raconter une bonne histoire. Touche-à-tout, mais surtout de bonnes aventures qui savent surprendre, et dévoué à l’univers console depuis que Sega était plus fort que tout, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée #2AMFather.