La Nacon Revolution X Unlimited est une manette sous licence officielle Xbox, compatible PC et mobile, avec un prix de lancement à 200 €, ça attire forcément l’attention. Surtout quand Nacon, marque connue pour ses périphériques solides mais rarement révolutionnaires, annonce une liste de fonctionnalités longue comme le bras : sticks Hall effect, boutons mécaniques, écran LCD, poids ajustables, et même un dock de charge.

Un déballage qui en impose

Tout est soigneusement rangé dans un étui rigide, massif mais robuste, avec une fermeture éclair qui glisse facilement. À l’intérieur, on trouve un câble USB-A vers USB-C tressé de 3 mètres, parfait pour jouer sans se prendre les pieds dedans. Il y a aussi un dongle 2,4 GHz avec un capuchon protecteur. Le dock de charge est un ajout sympa, même si j’ai pesté contre son couvercle en caoutchouc qu’il faut retirer à chaque fois. Pourquoi ne pas l’avoir intégré directement au design, Nacon ?

On trouve aussi une ribambelle d’accessoires : trois paires de poids (10, 14 et 16 g) pour alourdir les poignées, deux options de D-pad (un hybride à huit directions et un classique à quatre), et six capuchons de sticks, allant des concaves courts aux dômes mi-hauts. Il y a même des anneaux pour ajuster la course des sticks, une fonctionnalité qui promet une précision chirurgicale. Une carte d’essai d’un mois à Xbox Game Pass Ultimate complète le package, un petit bonus qui fait toujours plaisir. Le manuel, en couleur et bien détaillé, tranche avec les habituels bouts de papier illisibles. Bref, Nacon sait soigner la première impression, même si cet étui encombrant ne sera pas votre meilleur ami pour voyager léger.

Un design qui ne fait pas l’unanimité

Quand j’ai pris la manette en main, j’ai tout de suite noté sa taille. Elle est imposante, avec un poids de base déjà costaud. Les grips caoutchoutés offrent une prise ferme, et la coque en plastique soft-touch ajoute une sensation agréable sous les doigts. J’ai opté pour les poids de 16 g pour un feeling plus premium (un peu comme si je chargeais une arme avant une mission, marrante comme sensation). Mais tout n’est pas parfait. Les poignées amovibles, bien qu’ingénieuses pour accueillir les poids, créent une couture un poil gênante sous les doigts. On sent trois textures différentes – caoutchouc, plastique lisse, et soft-touch – et cette transition casse un peu l’unité du design. Pire, une légère bosse au niveau des grips donne l’impression que la manette n’est pas aussi ergonomique qu’elle pourrait l’être. Je chipotte ? On est à 200 balles je rappelle, je peux chipotter.

Les boutons, eux, brillent par leur qualité. Les touches ABXY, légèrement plus grandes et plus plates que sur une manette Xbox classique, utilisent des switches qui claquent avec une réactivité impressionnante. Le D-pad hybride, avec ses directions surélevées et ses crans pour les diagonales – élément Ô combien important chez moi – m’a convaincu dès les premières manipulations, surtout pour naviguer dans les menus ou jouer à des titres rétro. Si vous préférez un style plus traditionnel, le D-pad à quatre directions fourni est facile à installer. Les sticks à effet Hall, censés éliminer tout risque de drift, offrent une glisse fluide grâce à des anneaux antifriction, mais j’ai trouvé leur tension un peu légère à mon goût. Rien de dramatique, mais j’aurais aimé un peu plus de résistance pour les jeux exigeants comme les FPS.

Sur le dessus, les bumpers (L1/R1) utilisent des switches ALP premium, silencieux et précis, bien que l’absence de texture antidérapante m’ait fait légèrement glisser lors de sessions de jeu nerveuses. Les gâchettes (L2/R2), aussi à effet Hall, sont larges et confortables, avec un verrouillage mécanique qui les transforme en clics instantanés pour les jeux de tir. Un vrai régal pour viser et tirer très rapidement. À l’arrière, quatre boutons programmables (deux en haut, deux en bas) promettent une personnalisation poussée, mais les deux boutons inférieurs, trop proéminents et en plastique lisse, m’ont parfois gêné. J’ai fini par les désactiver pour éviter les pressions accidentelles. Enfin, un bouton de verrouillage pour les touches Menu et View semble superflu – qui appuie sur ces boutons par erreur en pleine partie ?

L’écran LCD : gadget ou révolution ?

Le clou du spectacle, c’est cet écran LCD niché au centre de la manette, un peu comme le TouchPad d’une DualShock 4 (mais pas tactile). D’un simple appui sur le bouton multifonction, on accède à un menu intuitif pour ajuster le volume, la sensibilité du micro, le mixage jeu/chat, ou même les courbes de réponse des sticks. On peut aussi reconfigurer les six boutons programmables (quatre à l’arrière, deux sur le dessus) sans passer par un logiciel. L’écran affiche en temps réel le mode de connexion (filaire, Bluetooth, ou 2,4 GHz), le profil actif, et le niveau de batterie. C’est fluide, lisible, ça donne un vrai sentiment de contrôle et surtout, on a tout à portée de main. Sur PC, un mode gyroscopique s’ajoute à la liste, une fonctionnalité absente sur Xbox, mais que je trouve en général très anecdotique pour la plupart des jeux.

Cet écran est une belle idée, surtout pour ceux d’entre nous qui aiment bidouiller sans ouvrir une application. Mais il a ses limites. En mode « avancé », les options sont curieusement plus restreintes qu’en mode « classique », où l’on peut ajuster les zones mortes des sticks ou activer un mode « Shooter Pro » pour une réactivité maximale. Et soyons honnêtes, avec une batterie estimée à seulement 10 heures (et encore, sans RGB ni vibrations à fond), vous passerez plus de temps à admirer l’écran qu’à jouer si vous ne faites pas attention. Le dock de charge aide, mais il faut compter 7 heures pour une charge complète, ce qui est loin d’être rapide.

Le logiciel : puissant mais fichtrement capricieux

L’application Nacon Revolution X Unlimited, disponible sur le Microsoft Store, est le cœur de la personnalisation. Elle permet de créer jusqu’à quatre profils par plateforme (Xbox et PC), avec des préréglages pour les jeux de course, de tir, ou d’arcade. On peut tout ajuster : les courbes de réponse des sticks, les zones mortes, les gâchettes, les vibrations (quatre moteurs, deux dans les grips, deux dans les gâchettes), et même l’égaliseur audio pour les casques connectés via la prise 3,5 mm. Sur PC, les boutons programmables peuvent être mappés à des touches clavier, une fonctionnalité absente sur Xbox, mais limitée (pas de touches F ni de commandes souris, par exemple). Les effets lumineux du liseré RGB autour du stick droit sont aussi personnalisables, même si les options de couleur restent basiques.

Mais l’expérience n’est pas sans accrocs. Lors de mes premiers tests, l’application refusait de reconnaître la manette sur Xbox, et les mises à jour initiales ont pris un temps fou – jusqu’à 15 minutes pour la première ! Pire, un plantage pendant une mise à jour a temporairement rendu la manette inutilisable, m’obligeant à jongler avec des combinaisons de boutons pour la réanimer. Ces bugs, bien que corrigés depuis, m’ont beaucoup énervé (surtout la non-reconnaissance du logiciel, j’ai eu un mal fou à obtentir des captures). L’interface, bien que fonctionnelle, est parfois maladroite, avec une obligation de l’utiliser en plein écran et des menus qui pourraient être plus intuitifs. Cela dit, une fois configurée, la manette fonctionne sans avoir besoin de revenir à l’application, grâce à l’écran LCD.

Performances en jeu : un sérieux concurrent

En jeu, la Revolution X Unlimited brille par sa son temps de réponse. J’ai testé la manette sur Batman Arkham Knight et d’autres titres qui étaient installés sur mon PC, et les résultats m’ont impressionné. Les sticks Hall effect offrent une précision redoutable, avec un retour au centre parfait (0,00002 sur Gamepad Tester, même avec une zone morte à zéro). Les tests de circularité confirment une calibration impeccable, et les chiffres de latence sont solides : 1 ms en filaire sur PC et 2 ms en sans-fil 2,4 GHz. C’est parmi les meilleures performances que j’ai vues sur une manette sous licence Xbox.

Les boutons mécaniques et les gâchettes à verrouillage cliquent avec satisfaction, parfaite pour les jeux de tir façon Call of Duty. Le D-pad, quant à lui, excelle dans les jeux de combat ou les menus complexes. J’ai personnalisé un profil pour Forza Horizon 5, en ajustant les courbes des sticks pour une conduite plus précise, et un autre pour Halo, avec les gâchettes en mode instantané. La possibilité de basculer entre profils via le bouton dédié à l’arrière est un classique toujours appréciable. Cela dit, les jeux de course auraient bénéficié d’une résistance plus progressive sur les gâchettes – façon Dualsense, m’voyez ?

Un bémol ? La batterie. Avec seulement 10 heures d’autonomie en conditions optimales, elle s’épuise vite si vous laissez l’écran et les vibrations activés. Et l’absence de charge rapide est frustrante.

Une manette très ambitieuse, mais imparfaite

Après une bonne semaine à dompter la Nacon Revolution X Unlimited, je suis partagé. D’un côté, elle coche presque toutes les cases d’une manette pro : sticks Hall effect, boutons réactifs, personnalisation poussée, et un écran LCD qui facilite les réglages à la volée. Elle se démarque dans un marché encombré, et son design imposant dégage une aura vraiment premium. Mais les défauts – ergonomie inégale, application très capricieuse, autonomie limite – empêchent de la couronner reine des manettes Xbox. Face à des concurrentes comme chez Razer, elle se bat vaillamment mais ne domine pas, de peu.

Nacon Revolution X Unlimited

Titiks

Ergonomie
Conception
Fonctionnalité
Autonomie
Rapport qualité / prix

Summary

Si vous cherchez une manette polyvalente avec des fonctionnalités uniques, elle vaut le coup d’œil, surtout si vous jouez beaucoup sur PC et Xbox. Mais à 200 €, le prix pique, et des détails comme les grips mal pensés ou les mises à jour laborieuses (gniiiiii ! Vraiment) pourraient vous faire hésiter. Pour nous, passionnés de précision et de personnalisation, c’est une bonne option solide, mais pas sans compromis.

3.8
Show Full Content

About Author View Posts

Titiks

Quadra assumé, daron de 3 apprenties gameuses, fan de tout ce qui est capable de raconter une bonne histoire. Touche-à-tout, mais surtout de bonnes aventures qui savent surprendre, et dévoué à l'univers console depuis que Sega était plus fort que tout, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée #2AMFather.

Previous Yu Suzuki et ININ Games annoncent Shenmue III Enhanced à la Gamescom
Next Gamescom 2025 : Capcom montre Resident Evil Requiem, Onimusha Way of the Sword et Monster Hunter Wilds
Close

NEXT STORY

Close

Génération Amstrad CPC chez Pix’n Love – Fiche de lecture

10/10/2024
Close