Après deux ans d’absence, Milestone revient avec une nouvelle itération qui promet de remettre la série sur les rails, en revenant à ses racines tout en peaufinant quelques aspects. Le résultat ? Un jeu dans les grandes lignes réussis mais qui m’a aussi laissé un peu sur ma faim à cause de quelques lacunes frustrantes.
Une présentation en demi-teinte, mais des pistes qui en jettent
Dès les premières minutes, je me rends compte que Supercross 25 ne va pas révolutionner la manière dont Milestone présente ses jeux. Les menus, bien qu’un peu plus fluides que dans les opus précédents, restent familiers, presque trop. Si vous avez déjà touché un titre de la série, vous ne serez pas dépaysés. Les animations des pilotes sont propres, et l’ambiance générale s’inspire des retransmissions officielles de l’AMA Monster Energy Supercross, avec ce côté clinquant qui donne l’impression d’être au cœur d’un événement sportif. Mais, soyons honnêtes, les introductions avant les courses sentent un peu le réchauffé. Les commentateurs balancent des lignes génériques, souvent reprises des épisodes précédents, et l’annonceur du stade répète ses phrases en boucle, au point que j’ai fini par baisser le son.

Là où le jeu brille, c’est sur la piste. Les 17 circuits de la saison 2025, d’Anaheim 1 à Salt Lake City, sont reproduits avec un soin impressionnant. J’ai passé un temps fou à admirer la texture de la boue, surtout sur mon écran OLED en 3440×1440 avec HDR activé. Les jeux de lumière sous les projecteurs donnent une profondeur saisissante, et les détails des motos – du cadre rutilant aux pneus encroûtés de terre – m’ont scotché. Milestone a même ajouté le support natif du format 21:9 pour les écrans ultrawides, ce qui élargit le champ de vision pendant les courses. Dommage que les menus et les replays restent coincés avec des bordures noires, un oubli qui trahit un manque de finition.

En piste, Supercross 25 m’a rappelé pourquoi je reviens toujours à cette série. Le gameplay est nerveux, exigeant, et diablement satisfaisant quand tout s’aligne. Milestone a peaufiné les physiques, tant au sol qu’en l’air, pour offrir une sensation de contrôle plus fluide. Les motos ont du poids, de l’inertie, et chaque virage demande de l’anticipation. J’ai adoré la sensation de planter l’avant dans une ornière, de sentir la roue arrière déraper, et de corriger ma trajectoire à la dernière seconde. Les animations des pilotes, plus naturelles, renforcent cette impression de réalisme, et les mouvements de caméra dynamiques donnent un vrai coup de boost à l’immersion.
La grande nouveauté, c’est le système d’ornières dynamiques. Pour la première fois dans la série, les pistes évoluent au fil des tours. La boue se creuse, des sillons se forment, et ce qui était une ligne fluide au premier tour devient un champ de bosses au cinquième. J’ai dû adapter ma stratégie à chaque course, slalomer entre les obstacles ou changer de trajectoire pour éviter de m’enliser. Mais, même si l’idée est géniale, elle m’a laissé un goût d’inachevé. Les ornières semblent suivre des schémas prédéfinis, et l’évolution des pistes manque de cette spontanéité qu’on pourrait attendre d’un système vraiment dynamique. C’est un pas dans la bonne direction, mais j’espère que Milestone poussera le concept plus loin dans le futur.

Une autre addition, c’est le counter-steering, ou contre-braquage. En théorie, ça permet de mieux négocier les virages en inclinant la moto dans la direction opposée. Quand ça fonctionne, c’est jouissif : je me suis surpris à sourire bêtement en carve un virage à la perfection, la roue arrière glissant juste comme il faut. Mais en l’air ou lors des collisions, le système devient confus. Les contrôles s’inversent sans crier gare, et j’ai souvent perdu l’équilibre en plein saut à cause de cette mécanique mal calibrée. Un toggle pour désactiver le contre-braquage en l’air ou lors des contacts aurait été bienvenu. Malgré ces accrocs, dompter une moto dans Supercross 25 reste un défi gratifiant. Réussir un triple saut ou un whip bien placé m’a arraché des cris de victoire, même si les animations des whips manquent parfois de fluidité.

L’IA, elle, m’a donné du fil à retordre. Sur les difficultés élevées, les adversaires sont agressifs, n’hésitant pas à jouer des coudes pour me pousser hors de la piste. Ces duels au coude-à-coude m’ont fait transpirer, mais l’IA peut être incohérente. Parfois, elle me percute sans raison apparente, ou semble invincible sur les modes difficiles, tandis qu’elle devient trop passive en difficulté moyenne. Quand tout s’aligne, ces batailles sont électrisantes, mais un meilleur équilibrage aurait rendu l’expérience plus juste.
Une académie qui patine et des modes absents
Pour les nouveaux venus, Supercross 25 risque de poser problème. L’Académie Supercross, censée apprendre les bases, m’a déçu. Dans les opus précédents, comme Supercross 5, des tutoriels narrés par Ricky Carmichael détaillaient les techniques essentielles – comment aborder un virage, gérer les sauts, ou maintenir l’équilibre. Cette année, l’Académie semble bâclée, avec des explications minimales et une structure qui donne l’impression d’avoir été ajoutée à la va-vite. Pour un jeu aussi technique, où chaque erreur peut vous envoyer dans le décor, ce manque de pédagogie est un vrai faux pas. Si vous débutez, attendez-vous à galérer avant de maîtriser les bases.

Côté modes de jeu, on retrouve les classiques : championnat, attaque rythmique, course simple, et un mode coop en écran partagé qui fait plaisir aux amateurs de soirées canapé. Le multijoueur, avec crossplay via un compte Epic Games, promet des courses en ligne entre PC et consoles, mais je n’ai pas pu le tester en early access. La personnalisation s’étoffe avec la possibilité de créer ses propres tenues, casques et stickers, un ajout sympa pour ceux qui aiment afficher leur style. Le mode éditeur de circuits est toujours là, fidèle à lui-même, et permet de concevoir des tracés tortueux à partager avec la communauté.
Mais il y a un absent de taille : le Compound, cet espace ouvert où l’on pouvait rouler librement, sans contraintes. À la place, Milestone propose une poignée de circuits MX créés par le studio, accessibles en course ou en contre-la-montre. Ces tracés, vastes et variés, sont franchement fun, avec des environnements qui changent des stades habituels. Pourtant, ils ne remplacent pas la liberté du Compound. Ce choix m’a laissé perplexe, et je ne suis pas sûr que tous les fans apprécieront ce compromis.

Le mode carrière reste le cœur de Supercross 25, et il m’a accroché dès les premières courses. La structure est familière : on gravit les échelons, on améliore sa moto, on gagne en réputation pour rejoindre des équipes plus prestigieuses. Mais Milestone a ajouté des mécaniques qui donnent du relief à l’expérience. Les interactions via un réseau social intégré permettent de façonner l’histoire de votre pilote. J’ai pris un malin plaisir à provoquer Felipe Mercy, un rival fictif, en vantant mes victoires sur la toile. Nos duels sur la piste en étaient d’autant plus intenses, avec cette envie de lui clouer le bec à chaque virage. Dommage que ces rivalités s’essoufflent vite. Une fois un segment de la carrière terminé, les adversaires comme Felipe disparaissent dans l’ombre, et j’aurais aimé que ces tensions perdurent pour ajouter du piquant sur le long terme.

Le système de synergie d’équipe est une autre nouveauté bienvenue. En performant bien et en nouant des liens avec votre écurie, vous débloquez des améliorations pour votre moto – meilleure suspension, moteur plus puissant, ou pneus optimisés. Ce mécanisme, qui rappelle le système de reconnaissance des pilotes dans F1 d’EA Sports, ajoute une dimension stratégique. Faut-il privilégier une équipe avec de bons bonus, même si les sponsors sont moins généreux ? Ou miser sur la réputation pour viser une écurie de pointe ? Ces choix m’ont poussé à réfléchir au-delà de mes performances en piste, et j’ai apprécié cette profondeur.
Avec ses nombreuses courses, ses objectifs variés et ses options de personnalisation, le mode carrière m’a tenu en haleine pendant des heures. C’est un vrai RPG du Supercross, où chaque décision compte, et où l’on sent vraiment sa progression. Si vous cherchez un mode qui vous scotche au guidon pour des semaines, celui-ci fait le job.
Côté son, les motos grognent avec conviction. J’ai pris plaisir à tester différentes machines, chacune avec son propre timbre, du rugissement rauque d’une 450cc au vrombissement plus aigu d’une 250cc. Les effets d’écho dans les stades et les réactions de la foule – qui s’enflamme quand vous prenez la tête ou vous crashez – ajoutent à l’atmosphère. La bande-son, fidèle à la tradition de la série, balance des morceaux rock et électro qui mettent dans l’ambiance dès les menus. Pas de révolution, mais ça fait le job.

Techniquement, le jeu est stable. En huit heures de test, je n’ai croisé aucun bug majeur, juste quelques bizarreries typiques de Milestone, comme des mains qui disparaissent en vue casque – un problème déjà vu dans Supercross 5. Les menus sont rapides, et la navigation ne traîne pas, ce qui est toujours appréciable. L’authenticité est au rendez-vous avec la licence officielle AMA, incluant les pilotes réels (sauf Eli Tomac, absent pour des raisons de droits), les équipes et les stades. Ce souci du détail renforce l’immersion, surtout en carrière.
Les améliorations du gameplay, le mode carrière étoffé et les pistes vivantes montrent que Milestone écoute sa communauté. Mais les lacunes – une Académie bâclée, une IA capricieuse – empêchent le jeu d’être une pleine réussite.
Monster Energy Supercross 25
| Supports | PC, PS5, XBox Series |
| Genre | Simulation |
| Date de sortie | 10 avril 2025 |
| Éditeur | Milestone |
| Développeur | Milestone |
| Multi | Oui |

Supercross 25 fait le job même si tout n’est pas parfait.
On a aimé
- Le gameplay, toujours aussi exigeant et gratifiant, avec des physiques affinées et une vraie sensation de contrôle.
- Le mode carrière avec ses rivalités et sa synergie d’équipe.
- Les pistes, magnifiques et dynamiques grâce au système d’ornières.
On a moins aimé
- L’Académie Supercross, trop légère pour les débutants.
- Le contre-braquage, génial mais mal calibré en l’air ou lors des collisions.
- Des premières courses parfois rudes.
- L’IA, parfois trop agressive ou incohérente.
- Une présentation générale qui manque de fraîcheur, avec des menus et des intros recyclés.
Monster Energy Supercross 25
Titiks

En bref
Si vous êtes un fan de la série, ce nouvel opus vaut le détour pour ses sensations fortes et son contenu généreux. Si vous cherchez une révolution ou si vous êtes novice, le manque de polish pourrait vous freiner.
À propos de l’auteur
Titiks
Quadra assumé, daron de 3 apprenties gameuses, fan de tout ce qui est capable de raconter une bonne histoire. Touche-à-tout, mais surtout de bonnes aventures qui savent surprendre, et dévoué à l’univers console depuis que Sega était plus fort que tout, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée #2AMFather.