Imaginez-vous errant dans une ville où les maisons semblent taillées dans du bois vieilli, où les lampadaires vacillent comme des chandelles sur le point de s’éteindre, et où chaque habitant porte des yeux en boutons cousus sur un visage de tissu. Bienvenue à Random, un monde que je ne connaissais pas et qui servira de fond à Lost in Random: The Eternal Die.
Un univers en ruines
Pour être honnête, je n’ai absolument pas eu le temps de jouer au premier opus, malgré son ambiance à la Tim Burton et son rythme contemplatif qui m’attirait énormément. Quand j’ai appris que cette suite embrassait le roguelike, je me suis dis qu’un virage aussi large pouvait rabattre les cartes. Après une vingtaine d’heures à mourir, relancer, triompher et mourir à nouveau, je peux vous dire que Stormteller Games a bien réussi son coup.

Random, c’est un endroit où tout semble à la fois vivant et sur le point de s’effondrer. Dans The Eternal Die, on suit Aleksandra, l’ancienne reine déchue, qui arpente les ruelles de son royaume après un coup d’État, du moins c’est ce que j’ai compris. L’histoire, dévoilée par bribes, plante un décor sombre : elle veut reconquérir ce qui lui appartient, et chaque run dans les biomes du jeu est un pas vers cet objectif. L’ambiance est assez folle, avec une esthétique gothique qui évoque un vieux théâtre de marionnettes. Les personnages, avec leurs textures de bois éraflé et leurs coutures apparentes, dégagent une certaine mélancolie. Cette impression s’amplifie au fil des parties, quand nous découvrons peu à peu des souvenirs perdus d’Aleksandra, mais aussi d’autres anciens habitants de Random, qui viennent peupler peu à peu le hub.

Le jeu s’ouvre dans le Sanctuaire, un hub baigné d’une lumière tamisée où l’on croise des soldats de plomb abîmés et des marchands aux sourires en coin. Ces interactions, souvent ponctuées de dialogues pleins de mordant, donnent une consistance à l’univers du jeu. C’est ici qu’on prépare ses runs, qu’on améliore ses armes ou qu’on dépense des points avant de plonger dans l’un des quatre biomes. Chaque biome a sa propre personnalité, avec plein de détails visuels : une statue fissurée dans un coin, un stand de carnaval abandonné, ou des runes gravées sur un coffre. Ces éléments ne sont pas juste décoratifs ; ils cachent souvent des événements optionnels qui pimentent l’exploration.

Si l’univers pose l’ambiance, les combats sont le moteur de The Eternal Die. Oubliez le rythme posé qui semblait faire le premier jeu : ici, tout va vite. Aleksandra dispose de différentes armes dans lesquelles investir, chacune avec des différences marquées. La rapière, équilibrée, permet de danser entre attaques et esquives. La hache, massive, récompense ceux qui savent lire les patterns ennemis. Les dagues jumelles brillent dans les combos rapides, tandis que l’arc offre une option à distance pour les plus prudents. J’ai vite trouvé mon bonheur avec l’arc, dont la portée et l’attaque chargée m’ont permis de contrôler le champ de bataille. Chaque arme peut être améliorée via trois voies : vitesse, chances de critique ou affinités élémentaires, ce qui permet de les adapter à votre style.


Au cœur de ces affrontements, il y a Fortune, le dé compagnon d’Aleksandra. On peut lancer Fortune sur le terrain. Le résultat du lancer déclenche des effets variés : une explosion qui touche plusieurs ennemis, un ralentissement temporaire, ou un boost de stats. Un bon lancer peut renverser un combat mal engagé, mais il faut ensuite récupérer le dé, ce qui vous force à plonger dans la mêlée. J’ai adoré cette dynamique, même si parfois, un mauvais lancer m’a laissé dans une position… délicate.


Les cartes, héritage du premier opus, reviennent avec une twist. On n’en équipe qu’une à la fois, activée via une jauge remplie en combat. Certaines cartes balancent des attaques à distance, d’autres des effets de zone. Leur efficacité dépend du timing : appuyer au bon moment transforme une carte en version plus puissante, un peu comme un mini-QTE intégré. J’ai trouvé ça particulièrement satisfaisant contre les boss, où une carte bien placée peut faire la différence. Cela dit, le système peut déstabiliser au début, surtout si la carte tirée en début de run ne colle pas à votre approche. Avec l’expérience, on apprend à s’adapter, mais les premières heures demandent de la persévérance.
Les reliques, ou l’art de sculpter son build
Ce qui donne à The Eternal Die sa profondeur, c’est son système de reliques. À la fin de chaque arène, on choisit parmi trois reliques, chacune avec un effet spécifique et une couleur associée. Équiper trois reliques de la même couleur côte à côte débloque un bonus permanent pour le run, comme une augmentation des dégâts ou une meilleure défense. Par exemple, j’ai déniché une relique qui fait jaillir des éclairs entre les ennemis touchés rapidement – un régal avec l’arbalète. Une autre convertit les dégâts excédentaires en bouclier temporaire, parfait contre les boss qui bombardent de projectiles. Avec plus de 100 reliques à débloquer, les combinaisons semblent infinies, et après des dizaines et des dizaines de runs, je n’en ai exploré qu’une fraction.


Ce système se distingue par sa flexibilité. Les reliques ne se contentent pas de booster vos stats ; elles redéfinissent votre façon de jouer. Une relique qui réduit le coût des cartes m’a poussé à adopter un style agressif, enchaînant les attaques spéciales. Une autre, qui augmente la vitesse après une esquive, m’a rendu accro à un gameplay plus fluide. Le hic, c’est que certaines reliques, notamment celles qui améliorent la mobilité, sont difficiles à obtenir tôt dans le jeu. Aleksandra se déplace lentement de base, et l’esquive standard a une fenêtre d’invincibilité limitée. Une relique de dash avancée aide énormément, mais elle demande du temps à débloquer, ce qui peut rendre les premiers runs un peu pesants.


Une progression qui demande du temps, mais qui paie
Comme tout roguelike, The Eternal Die mise sur la rejouabilité. Chaque échec vous ramène au Sanctuaire avec des ressources persistantes, à dépenser pour améliorer vos armes ou fusionner vos cartes. Les armes évoluent via trois voies – vitesse, critique ou élémentaire – et j’ai vite orienté mon arc vers plus de dégâts de zone et pour charger Fortune plus souvent. La progression m’a semblé équilibrée : chaque amélioration a un impact tangible, mais les premières heures manquent parfois de perks de mobilité, ce qui peut frustrer.

L’exploration des biomes réserve aussi son lot de surprises. On tombe sur des événements optionnels, comme un stand de carnaval où l’on parie ses ressources ou un coffre runique qui demande un lancer précis de Fortune. Ces moments brisent la routine et ajoutent un peu d’imprévu. Les ennemis, variés, vont des gardes mécaniques armés de lances aux ennemis en porcelaine qui lancent des dés explosifs. Les boss, comme le crapaud géant du marécage, impressionnent par leur design et leurs patterns, même si leurs attaques restent accessibles pour les nouveaux joueurs. Ce qui m’a marqué, c’est la façon dont certains boss réagissent à vos performances après plusieurs runs, renforçant l’idée qu’on est tous prisonniers du même cycle infernal qu’Aleksandra.

Visuellement, The Eternal Die est un petit bijou. Le château, avec ses couloirs de pierre et ses chandeliers vacillants, contraste avec le marécage, où des lianes tordues et des mares de goudron créent une atmosphère oppressante. Les personnages, avec leurs textures de bois usé et leurs yeux en boutons, semblent tout droit sortis d’un atelier de jouets maudit. L’éclairage met en valeur chaque détail, des coutures effilochées aux reflets métalliques des ennemis. La bande-son, avec ses notes de harpe et ses chimes de boîte à musique, tisse une ambiance à la fois chaleureuse et inquiétante. J’ai noté quelques baisses de framerate lors de combats chargés en effets de feu, mais rien qui ne gâche l’expérience.
Lost in Random: The Eternal Die
| Supports | PC, PS5, Xbox Series, Switch |
| Genre | Roguelike / Action |
| Date de sortie | 17 juin 2025 |
| Éditeur | Thunderful Publishing |
| Développeur | Stormteller Games |
| Multi | Non |

Dans Lost in Random: The Eternal Die, chaque lancer de dé est un pari, mais c’est en domptant le chaos qu’on trouve son rythme.
On a aimé
- Le système de reliques, profond et flexible encourage l’expérimentation.
- Des combats dynamiques et rythmés, mêlant habilement hasard et précision grâce à Fortune et aux cartes.
- Une direction artistique somptueuse, avec des biomes visuellement distincts et une esthétique gothique fidèle à l’univers du premier opus.
- Une bande-son envoûtante.
- Une progression équilibrée qui récompense la persévérance.
On a moins aimé
- Le rythme de déplacement d’Aleksandra, un peu lent de base, peut rendre les premiers runs laborieux sans les bonnes reliques.
- L’esquive standard, avec une fenêtre d’invincibilité limitée, manque de réactivité en début de jeu.
- Certains ennemis deviennent répétitifs à force de runs.
- Les reliques de mobilité, essentielles pour fluidifier le gameplay, sont difficiles à débloquer tôt dans la progression.
Lost in Random: The Eternal Die
Titiks

En bref
Stormteller Games a su donner une âme de cet univers tout en le réinventant dans un format plus nerveux. Ce virage roguelike pourrait surprendre ceux qui préféraient l’aventure narrative de l’original, mais pour les amateurs de builds et de défis, c’est une belle surprise. Ce voyage dans Random m’a donné envie de relancer les dés, encore et encore.
À propos de l’auteur
Titiks
Quadra assumé, daron de 3 apprenties gameuses, fan de tout ce qui est capable de raconter une bonne histoire. Touche-à-tout, mais surtout de bonnes aventures qui savent surprendre, et dévoué à l’univers console depuis que Sega était plus fort que tout, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée #2AMFather.