Si j’avais su dans quoi je mettais les doigts, je n’aurais sans doute pas tenté un avis sur Library of Ruina. Non pas que le jeu soit mauvais (il existe d’ailleurs déjà sur d’autres plateformes depuis un moment), mais il est bien plus grand que ce à quoi je m’attendais. On va donc se contenter d’un avis à chaud.

Les livres et la mort

J’adore les bibliohèques. J’aime aller y emprunter des livres, découvrir des ouvrages que je n’aurais sans doute jamais ouvert autrement, et rentrer avec un sac rempli. Mais si le jeu vidéo nous a déjà offert des bibliothèques lugubre, qu’en serait-il si elle était un véritable piège ? Tel est la proposition de Library of Ruina, un nouveau jeu publié la semaine dernière par les développeurs coréens de Project Moon.

Library of Ruina suit Roland, un mercenaire vivant dans un monde futuriste cauchemardesque qui tombe accidentellement sur la bibliothèque en question. Après avoir ignoré la sécurité de la bibliothèque, il est rencontré par la bibliothécaire en chef Angela qui, après un conflit très unilatéral, emprisonne Roland dans la bibliothèque et le force à devenir un serviteur. Dans sa nouvelle fonction, Roland est chargé de recevoir les invités de la bibliothèque, ce qui signifie que lui et ses collègues de la bibliothèque font de leur mieux pour assassiner les invités qui ont été conviés à la bibliothèque. Si l’invité survit, il est autorisé à prendre n’importe quel livre de la bibliothèque, mais s’il ne survit pas, son âme est transformée en livre. Ces livres sont ensuite rassemblés et étudiés par Angela, qui a son propre objectif énigmatique.

Avec une durée de vie d’une centaine d’heures pour en voir le bout, vous allez en avoir pour votre argent ! Vendu actuellement à 34,99 € sur Switch, c’est un jeu qui offre un excellent rapport qualité-prix, surtout quand on voit que sur Steam, certains joueurs y ont passé plus de 200 heures ! Alors, je ne sais pas si vous allez aimer, mais si c’est le cas, ça risque de vous occuper un bon bout de temps.

Il me semble que « Library of Ruina » est la suite de « Lobotomy Corporation », ou du moins qu’il y a des liens entre les deux titres. Mais a priori, il n’est pas nécessaire d’avoir fait le premier pour comprendre le suivant.

Alors, « Library of Ruina », c’est quoi ? C’est un mélange entre RPG et Deck Builder. Rien que ça devrait en intéresser certains, et j’en ai sûrement perdu d’autres, je l’avoue. J’aime les jeux de carte, alors c’est avec une certaine curiosité que je me suis lancé dedans.

« Library of Ruina » est un jeu de la mort à l’envers, puisque dans la plupart des jeux du genre, vous incarnez des héros qui cherchent à survivre. Ici, Angela demande à Roland de faire venir des gens dans la bibliothèque, leur proposant de choisir entre survivre et partir avec le livre de leur choix, ou mourir en essayant.

Le jeu est disponible uniquement en anglais, en japonais, en chinois et en coréen, et l’audio est disponible en japonais et en coréen.

Je vais être honnête : je ne me suis pas avancé très loin dans le scénario, juste ce qu’il faut pour me faire une idée du gameplay et de m’imprégner de l’ambiance. On se retrouve dans une sorte de dystopie où l’humanité court à sa perte, et chacun fait ce qu’il peut pour avoir une chance de voir le lendemain. Notre cher Roland fait venir le tout de l’humanité dans son jeu de la mort, et vous allez croiser une galerie assez hétéroclyte de personnages, avec des pillards et autres cannibales. Ais-je mentionné que le jeu était interdit aux moins de 18 ans ?

Mais ce qui nous intéresse vraiment, c’est le gameplay. Sans entrer dans trop de détails, le jeu est divisé en chapitres, avec à chaque fois une introduction où l’on découvre les nouveaux protagonistes, un ou des combats, et une conclusion. Le tout se termine assez rapidement, puisque les scènes de dialogue et surtout les affrontements se déroulent rapidement. En fait, ce qui va prendre le plus de temps, c’est d’aller dans les menus et de préparer votre équipe puisque le jeu est assez difficile.

Il semble y avoir deux types de combats : ceux liés à l’histoire, qu’il est difficile de rater, et les autres, plus compliqués, mais qui permettent d’obtenir des objets bien plus intéressants. Je trouve ces affrontements beaucoup plus formateurs que ceux liés à l’histoire. Là, il faut vraiment réfléchir à son équipement, son deck, les techniques à utiliser pour venir à bout de l’ennemi. En plus, ce sont souvent des ennemis au design intéressant qu’on affronte, bien macabres qui renforcent l’ambiance du jeu.

Vous avez un ou des personnages dans votre équipe et vous pouvez leur équiper jusqu’à neuf cartes, qui ont différents coûts d’activation. Le jeu est donc un deck builder, mais avec une composante RNG assez importante, puisqu’il mélange cartes et dés.

Chaque tour démarre avec un dé au-dessus de la tête de chaque personnage. Vous appuyez sur un bouton pour arrêter les dés, et les actions se font en fonction du personnage qui a le dé avec la plus forte valeur en premier. Vous avez également une jauge de lumière qui se remplit de un à chaque tour, et qui sert à activer une carte.

Vous devez donc sélectionner une carte et une cible. Les cartes ont trois types d’attaque : frapper, trancher, broyer. Et vous avez deux barres de vie, ou pour être plus précis, une barre de vie et une barre d’endurance. Un personnage meurt quand sa barre de vie tombe à zéro, et il devient indisponible pour un tour si sa barre d’endurance tombe à zéro. Sachant que dans ce cas, toutes les attaques subies seront des critiques. Les cartes que vous aurez à votre disposition peuvent faire des dégâts, bloquer, esquiver, ou un mélange de ces trois actions, avec à chaque fois des dommages potentiels liés à la puissance de la carte.

À chaque bataille remportée, vous gagnerez des livres que vous pourrez brûler pour gagner de nouvelles cartes. Vous ne gagnerez pas que des cartes, mais également de l’équipement représenté par un costume d’un personnage que vous venez de tuer.

Au niveau des soucis potentiels, les déplacements dans les menus ne sont pas toujours intuitifs. Il y a plusieurs écrans divisés en trois parties, et il faut appuyer sur les gâchettes pour passer d’une partie à l’autre. On sent que c’est un jeu prévu pour le PC, si vous jouez en nomade ou trop loin de votre télé, une grande partie des textes est quasiment illisible.

Library of Ruina


SupportsPC, PS4, Xbox One, Switch
GenreDeck-builder
Date de sortie15 mai 2020
ÉditeurProjectMoon
DéveloppeurProjectMoon
MultiNon


  • Un jeu à la durée de vie phénoménale
  • Le scénario, les personnages
  • Le système de combat et le rythme
  • Pas trop pensé pour jouer sur sa TV, de loin
  • Pas de tactile sur Switch ?

Library of Ruina

Titiks

L’avis de Titiks sur PS4

En bref

L’ambiance est sombre et les combats de Library of Ruina sont prenants. Je ne saurais pas dire si c’est le meilleur deck builder du monde, mais si vous êtes la cible et que vous souhaitez vous investir dans un bon jeu à la fois narratif et disposant d’un gameplay intéressant, allez-y !

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