On se souvient encore tous de nos premières parties sur R-Type, cette claque vidéoludique qui nous a fait comprendre que certains jeux d’arcade allaient devenir intemporel. À l’époque, Irem, ce studio légendaire, forgeait des jeux qui marquaient les esprits, et aujourd’hui, grâce à Irem Collection Volume 3, je découvre une partie de l’héritage inconnu du studio avec Mr. Heli, Mystic Riders et Dragon Breed.
Irem Collection Volume 3
Ces trois titres, sortis entre 1987 et 1992, incarnent une époque où les développeurs osaient tout, mêlant créativité débridée et défis impitoyables. Avec cette compilation, disponible sur Switch, PS4, PS5 et Xbox depuis le 1er juillet 2025, ININ Games et Tozai Games nous invitent à revisiter une fois encore ces pépites, accompagnées de la version PC Engine de Mr. Heli pour les masochistes puristes.

Mr. Heli : L’hélicoptère qui marche et qui cogne
Dès que j’ai lancé Mr. Heli, j’ai souri face à ce petit hélicoptère orange digne d’un Parodius, doté de petites pattes, une mascotte improbable pour un jeu qui ne fait pourtant pas de cadeaux. Sorti en 1987, ce shoot’em up multidirectionnel brise les codes du genre. Oubliez le défilement forcé à droite : ici, on explore des niveaux labyrinthiques, on creuse dans les débris pour dénicher des cristaux, et on amasse de l’argent pour améliorer son arsenal. Les trois armes – tirs frontaux, missiles verticaux et bombes roulantes – demandent une gestion tactique, car les ennemis sont nombreux et ne pardonnent aucune erreur. Les stages regorgent de chemins cachés et de puzzles intégrés au level design, une approche qui évoque toujours un Fantasy Zone dans des décors d’Alex Kidd mais avec une exploration plus présente. J’ai passé des moments à hésiter entre foncer tête baissée ou fouiller chaque recoin pour booster mon équipement avant d’affronter les boss, souvent imposants.



La version PC Engine, incluse dans cette collection, m’a surpris par sa fidélité à l’arcade. Les sprites diffèrent légèrement, la bande-son s’adapte aux contraintes de l’époque, mais l’esprit reste intact. Jouer sur une console de salon, même émulée, donne une vibe rétro que j’ai aimé retrouver, comme si je redécouvrais un trésor oublié dans une vieille boîte à souvenirs. Les ajouts plus modernes, comme le rewind ou les sauvegardes rapides, rendent le jeu plus accessible sans trahir sa difficulté originelle. Si vous cherchez un shoot’em up qui sort du lot par son rythme posé et son côté chasse au trésor, Mr. Heli vous parlera certainement.
Mystic Riders : La pépite magique qui vole la vedette
Mystic Riders élève d’un cran le niveau de cette compilation. Sorti en 1992, ce shoot’em up horizontal m’a immédiatement séduit par son univers fantastique. On y incarne Mark ou Zeal, un sorcier et une sorcière chevauchant des balais volants, dans un monde qui n’est pas sans rappeler Cotton où se croisent tortues géantes, dragons et spectres cartoonesques.

Les graphismes, d’une richesse éclatante pour l’époque, rappellent les dessins animés des années 90, avec des arrière-plans détaillés qui n’entravent jamais la lisibilité. Chaque niveau déborde de détails, des chutes d’eau scintillantes aux forêts enchantées tandis que la bande-son donne une énergie folle dès les premières secondes.

Ce qui m’a marqué, c’est la variété des mécaniques. Votre balai ne se contente pas de tirer : il peut lancer des projectiles élémentaires, exécuter un dash (qui préfigure le dodge roll moderne) ou même tournoyer comme une toupie pour faucher les ennemis en mêlée. Les boss, loin de se limiter à des murs de balles, exigent d’observer leurs patterns pour trouver la faille. J’ai adoré ce mélange de stratégie et de réflexes. Le mode coop local, où un ami peut rejoindre l’aventure, ajoute une du fun, même si coordonner nos mouvements face à une tortue volante géante nous a valu quelques fous rires et crises de nerf. Si vous ne devez jouer qu’à un seul titre de cette collection, Mystic Riders s’impose comme un incontournable, une perle qui rivalise avec les meilleurs du genre, Cotton compris.

Dragon Breed : Le dragon qui change la donne
Personnellement, j’ai adoré Dragon Breed, sorti en 1989, est le titre le plus audacieux du lot. Ici, pas de vaisseau spatial ou de balai magique, mais un dragon colossal chevauché par un jeune homme. Ce qui frappe d’emblée, c’est le contraste entre la vulnérabilité du dragonnier, seul point sensible aux tirs ennemis, et l’invincibilité du dragon, capable d’absorber les projectiles, d’être un vrai bouclier qui entoure le héros et de balayer les adversaires avec sa queue. Ce parti pris donne une sensation de puissance rare dans un shoot’em up. On peut slalomer entre les tirs tout en laissant le dragon faire le ménage, ou carrément foncer dans le tas en améliorant ses attaques.



Les niveaux, baignés dans une ambiance post-apocalyptique, alternent entre des grottes sombres et des cieux ravagés. Les orbes ramassées en chemin modifient les attaques du dragon, passant du feu à la foudre, ce qui demande d’adapter sa stratégie. J’ai trouvé les derniers stages particulièrement corsés, mais en maîtrisant l’utilisation du corps du dragon comme bouclier, j’ai pu surmonter des sections qui auraient été infranchissables dans un shooter plus classique. Ce titre, souvent méconnu à sa sortie, m’a impressionné par son originalité et sa fraicheur même aujourd’hui. Si vous aimez les expériences qui sortent des sentiers battus, Dragon Breed vous offrira des moments inoubliables.

On pourrait dire que le fil rouge de cette compilation et ce qui lie ces trois jeux, c’est leur refus de suivre la norme. Mr. Heli mise sur l’exploration et la gestion de ressources, Mystic Riders excelle par sa créativité visuelle et ses mécaniques variées, et Dragon Breed redéfinit la notion de puissance du joueur. Ensemble, ils montrent pourquoi Irem a marqué l’histoire du jeu vidéo. À une époque où les shoot’em up modernes s’enferment parfois dans des bullet hell sans âme, cette collection rappelle que des ennemis bien placés, des niveaux ingénieux et des idées originales suffisent à créer des expériences mémorables.

Cela dit, tout n’est pas parfait. La présentation, bien que fonctionnelle, est toujours aussi simpliste. J’aurais aimé un mode musée avec des artworks, des anecdotes de développement ou des interviews, comme on en trouve dans certaines compilations rétro. Avec seulement trois jeux, la collection peut sembler un peu légère, surtout si vous enchaînez les volumes 1 et 2. Mais sur le plan technique, rien à redire : les jeux tournent impeccablement, les contrôles sont fluides, et les options modernes (sauvegardes, rewind, filtres visuels) facilitent l’accès sans dénaturer l’expérience. Le mode cheat avec vies infinies m’a sauvé plus d’une fois, même si je me suis forcé à le désactiver pour ressentir la tension des arcades.
Irem Collection Volume 3
| Supports | PS4, PS5, Xbox One, XBox Series, Switch |
| Genre | Shm’up |
| Date de sortie | 01 Juillet 2025 |
| Éditeur | ININ Games |
| Développeur | Tozain Games, Irem |
| Multi | Oui |

Mystic Riders et Dragon Breed ne se contentent pas de vous faire voler, il vous donne l’impression de danser avec les ennemis.
On a aimé
- Mystic Riders brille par son design et ses mécaniques.
- La variété des trois jeux offre un panorama riche de l’âge d’or d’Irem.
- La version PC Engine de Mr. Heli ravira les amateurs de rétro.
- Les options modernes rendent les jeux accessibles sans trahir leur ADN.
On a moins aimé
- La présentation minimaliste manque d’extras pour les fans de préservation.
- Trois jeux, c’est un peu juste pour une compilation à 24,99 €.
Irem Collection Volume 3
Titiks
En bref
Que vous soyez un vétéran des salles d’arcade ou un curieux attiré par le rétro, Irem Collection Volume 3 est une porte d’entrée idéale vers l’héritage d’Irem. Ces jeux, nés d’une époque où les développeurs japonais prenaient des risques insensés, nous rappellent que l’innovation naît souvent de l’audace. Mystic Riders m’a scotché, Dragon Breed m’a fait sentir invincible, et Mr. Heli m’a donné envie de fouiller chaque recoin de ses niveaux. Si vous n’avez pas encore exploré les volumes précédents, ce troisième opus est peut-être le meilleur point de départ grâce à sa diversité.
À propos de l’auteur
Titiks
Quadra assumé, daron de 3 apprenties gameuses, fan de tout ce qui est capable de raconter une bonne histoire. Touche-à-tout, mais surtout de bonnes aventures qui savent surprendre, et dévoué à l’univers console depuis que Sega était plus fort que tout, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée #2AMFather.