FINIS, c’est un puzzle game, d’accord, mais qui promet de fouiller dans ma tête, de décortiquer mes choix comme un psy armé d’un carnet et d’un regard perçant ? Ça, c’était une promesse qui piquait ma curiosité. Et des heures à naviguer dans ses 21 multivers, à jongler avec des couleurs, des décisions et des émotions, je peux le dire : Finis ne se contente pas de poser des énigmes. Il vous retourne l’esprit, vous pousse à vous demander si vous êtes vraiment maître de vos choix.
Un puzzle game qui lit dans vos pensées
Dès les premières minutes, Finis pose son ambiance. On ne vous jette pas dans une grille de Sudoku ou un casse-tête géométrique classique. Non, ici, le jeu s’ouvre sur un multivers, un espace éthéré où des couleurs flottent comme des nébuleuses. Chaque univers – au nombre de 21 – incarne une facette de l’existence : la terreur, la paix, la destruction, l’espoir. On ne choisit pas directement où aller ; on avance en sélectionnant des couleurs, inspirées du test de Lüscher, ce psychologue suisse qui croyait que nos préférences chromatiques trahissent notre état d’esprit. Mais Finis va plus loin.

Chaque choix de couleur sculpte votre chemin, modifie l’environnement et, mine de rien, dessine un portrait psychologique de vous. J’ai commencé par sélectionner un bleu profond, pensant que ça m’amènerait vers un univers apaisant. Erreur. Je me suis retrouvé dans un monde où des ombres mouvantes murmuraient des doutes sur mes décisions passées. Perturbant, mais diablement bien pensé.


Le gameplay repose sur des énigmes qui mêlent logique, intuition et observation. Dans un univers, par exemple, j’ai dû associer des teintes à des émotions pour déverrouiller un portail. Dans un autre, il fallait réorganiser des fragments de lumière pour reconstruire une scène onirique. Les mécaniques changent constamment, et c’est là une des forces du jeu : on ne s’ennuie jamais. Les puzzles ne sont pas d’une difficulté écrasante, mais ils demandent de la réflexion, surtout si vous visez les chemins les plus complexes. J’ai parfois passé une heure entière à décoder un motif, seulement pour réaliser que ma solution dépendait d’un choix fait trois univers plus tôt. C’est frustrant, mais ça donne l’impression que chaque décision compte, comme si le jeu vous connaissait mieux que vous ne vous connaissez vous-mêmes.

Ce qui m’a marqué, c’est la manière dont Finis intègre vos choix dans une histoire qui semble taillée sur mesure. Chaque multivers propose une ambiance visuelle et sonore unique. Un monde baigné de rouge cramoisi m’a plongé dans une tension palpable, avec des pulsations sourdes en fond sonore et des énigmes qui jouaient sur la peur de l’échec. Un autre, d’un vert éclatant, respirait la sérénité, mais cachait des pièges narratifs qui remettaient en question ma confiance en moi. Les huit chemins narratifs – j’en ai exploré six – varient énormément. L’un m’a conduit à une fin où j’acceptais mes failles, tandis qu’un autre m’a confronté à une version de moi-même que je n’étais pas prêt à voir. Le jeu ne vous dit jamais explicitement ce qu’il pense de vous, mais il vous pousse à vous poser des questions. Suis-je vraiment aussi rationnel que je le crois ? Mes choix reflètent-ils mes désirs ou mes peurs ?


Cette narration m’a rappelé des titres comme The Stanley Parable ou Her Story, où le joueur devient co-auteur de l’expérience. Mais Finis va plus loin en liant ses mécaniques à une exploration psychologique. Les développeurs ont clairement fait leurs devoirs : le test de Lüscher, qui sert de base théorique, analyse les préférences de couleurs pour révéler des traits de personnalité. Ce test, bien que controversé, peut refléter des tendances émotionnelles. Finis utilise cette idée comme un levier narratif, mais sans jamais tomber dans le didactisme. On ne vous assène pas un diagnostic ; on vous laisse tirer vos propres conclusions.

Visuellement, Finis est une claque. Chaque multivers a sa propre identité graphique, des paysages abstraits aux textures presque tangibles. Dans un univers, j’ai traversé un désert de cendres où des éclats de lumière dansaient comme des lucioles. Dans un autre, des structures géométriques semblaient défier la gravité, évoluant en fonction de mes choix de couleurs. Le moteur du jeu, optimisé pour les configs modernes, offre des effets de lumière et de particules qui donnent vie à ces mondes.

La bande-son, elle, mérite une mention spéciale. Elle alterne entre des nappes ambiantes, des percussions oppressantes et des mélodies éthérées, toujours en phase avec l’émotion du multivers. Dans un monde axé sur la destruction, les sons graves et les silences tendus m’ont donné des frissons. Dans un autre, plus paisible, une harpe discrète m’a presque fait oublier que je résolvais une énigme. Le sound design, précis et immersif, amplifie l’impact de chaque décision. J’ai lu sur IGN (article du 15 juin 2025) que l’équipe audio a collaboré avec des neuropsychologues pour calibrer les sons en fonction des émotions suscitées par les couleurs. Le résultat est bluffant : on sent que chaque note a été pensée pour résonner avec notre état d’esprit.

Ce qui rend Finis si particulier, c’est sa capacité à brouiller la frontière entre le jeu et le joueur. En surface, on résout des énigmes, on explore des mondes colorés, on avance dans une histoire. Mais en creusant, on se rend compte que chaque choix révèle quelque chose de nous. J’ai fini une partie en me demandant si j’avais vraiment opté pour ce vert émeraude parce qu’il me semblait logique ou parce qu’il reflétait un besoin de calme que je n’assumais pas. Le jeu ne vous donne pas de réponses claires, et c’est tant mieux. Il vous laisse avec des questions, des doutes, et l’envie de replonger pour voir ce que vous découvrirez sur vous-mêmes la prochaine fois.
FINIS
| Supports | PC, Xbox One, Xbox Series, PS4, PS5 |
| Genre | Puzzle |
| Date de sortie | 26 octobre 2023 |
| Éditeur | Jandusoft |
| Développeur | k148 Game Studio |
| Multi | Non |

Finis ne vous joue pas seulement des tours ; il vous pousse à vous demander si c’est vous qui jouez ou si le jeu joue avec vous.
On a aimé
- La rejouabilité est immense. Avec des centaines de combinaisons possibles, chaque partie offre une expérience nouvelle.
- Les visuels et la bande-son créent une atmosphère qui colle à la peau.
- Les énigmes, variées et bien dosées, maintiennent l’intérêt sans frustrer outre mesure.
- L’approche psychologique, inspirée du test de Lüscher, ajoute une couche de profondeur rare dans un puzzle game.
On a moins aimé
- Certains multivers manquent de clarté dans leurs énigmes, ce qui peut donner l’impression de tâtonner sans but.
- La courbe de progression est inégale. Quelques univers semblent trop courts, tandis que d’autres s’étirent inutilement.
- L’absence d’un mode multijoueur ou d’interactions en ligne limite l’aspect communautaire.
FINIS
Titiks

En bref
Pour nous, amateurs de jeux vidéo qui cherchons plus qu’un simple défi, Finis est une expérience à part. Il ne s’agit pas seulement de résoudre des puzzles, mais de se confronter à une version de soi-même qu’on ne soupçonnait pas. Est-ce que vous oserez plonger dans ce kaléidoscope psychologique ? Moi, j’y retourne, parce que je sens qu’il me reste encore des vérités à déterrer.
À propos de l’auteur
Titiks
Quadra assumé, daron de 3 apprenties gameuses, fan de tout ce qui est capable de raconter une bonne histoire. Touche-à-tout, mais surtout de bonnes aventures qui savent surprendre, et dévoué à l’univers console depuis que Sega était plus fort que tout, vous me verrez bien plus souvent connecté à la nuit tombée #2AMFather.