Les Suikoden se distinguent par un univers riche et une générosité inégalée, bien que les scénarios impliquant 108 personnages puissent souvent inclure des personnages peu intéressants. Suikoden II, par exemple, bien qu’il soit souvent cité, ne figure pas parmi mes favoris – la faute sans doute à l’avoir découvert sur le tard.

Je suis Koden

Le premier contact avec le jeu peut sembler difficile, tant Eiyuden rappelle Suikoden. Il met vraiment du temps à décoller, mais au fur et à mesure que les heures passent, les choses se mettent en place. Les personnages arrivent, on assiste à la création de leurs relations, les événements prennent progressivement de l’ampleur, et on se retrouve happé dans l’aventure.

Eiyuden Chronicle n’est pas parfait, mais il respire la générosité et une volonté de bien faire. Il y a des problèmes, comme des menus archaïques et une carte en 3D vraiment d’un autre temps, mais ces défauts ne sont pas ce qui reste en mémoire.

À l’époque des premières PlayStation, la différence entre un RPG moyen et un excellent RPG n’était pas aussi marquée qu’aujourd’hui. La plupart des JRPG tentaient des choses et on avait vraiment de la qualité. L’offre de jeux est maintenant pléthorique et notre temps limité, ce qui nous pousse à privilégier les productions les plus cotées pour rentabiliser notre temps. Qui va tenter de se plonger encore dans une soixantaine d’heures sans trop savoir dans quoi il met les pieds ?

Bien qu’il s’agisse d’un jeu se référant énormément à la saga, il serait plus juste de rapprocher Eiyuden du premier Suikoden en tant qu’introduction à leur univers.

N’étant plus un grand amateur de stratégie qui passe du temps dans moult menus pour optimiser son équipe, j’apprécie les options du jeu qui me permettent d’automatiser les combats, de regarder mes héros se dépatouiller seuls et, de temps en temps, de reprendre le contrôle. Mais, comme pour le combat au tour par tour, les amateurs de contrôle pur, de statistiques et de gestion des chiffres regretteront peut-être sa relative simplicité.

Le combat est quelque peu modifié en changeant votre équipe. Au cours de votre périple à travers Allraan, vous recruterez de nombreux alliés, facilement reconnaissables à leur charadesign plus travaillé. Certains ne se laissent pas convaincre, tandis que d’autres vous demandent de les combattre ou de leur rendre service.

Il est un peu dommage que l’équipe ne puisse être modifiée que dans les auberges ou parfois aux points de sauvegarde, voire permettre le changement en plein combat à partir d’une réserve limitée, ç’aurait pu rendre le voyage plus agréable et dynamiser la progression. Eiyuden loupe parfois le coche de la modernisation d’un genre à cause de ces petits détails qui paraissent frustrants en 2024.

C’est toujours un chouette moment quand on ajoute quelqu’un de nouveau et que l’on modifie la configuration de son équipe en essayant de l’incorporer. Parfois, ça ne fonctionne tout simplement pas et on le laisse de côté, mais d’autres fois, c’est exactement le type de personnage qui manquait à votre équipe. On passe alors un peu de temps à les remettre à niveau, et on profite alors de belles synergies, surtout avec 6 personnages ! Le jeu gère bien la différence de niveaux de vos héros, puisque les plus faibles reçoivent des tonnes d’EXP supplémentaires jusqu’à ce qu’ils aient rattrapé leur retard, ce qui fait que les nouveaux héros ne sont pas immédiatement mis hors concours et restent des options viables.

En dehors du champ de bataille, les Héros trouvent leur place dans votre repaire, qui sert de hub central à votre armée et dans lequel vous investissez tout au long du jeu. C’est un lieu énorme et agréable pour voir vos amis se réunir, récolter des ressources, jouer à des mini-jeux amusants (cuisine ou encore course) et son développement suit votre progression et vos investissements.

Eiyuden Chronicle : Hundred Heroes conserve le charme et les petites habitudes des jeux rétro, et même si ça peut paraître étrange pour les joueurs les plus jeunes, les vieux comme moi ont directement retrouvé leurs marques.

L’appel du voyage est réel, et on a du mal à lâcher l’histoire une fois pris dedans- ce qui peut prendre un petit moment quand même. On traverse des vallées enneigées, des jungles touffues et magnifiques et des déserts suffocants comme dans n’importe quel JRPG tout en assistant régulièrement des moments surprenant qui vont relancer votre intérêt. On citera des duels, des courses ou même des chansons.

Les moments forts de l’histoire sont souvent marqués par un autre type de combat au tour par tour, mais d’une manière différente. Les combats se déroulent sur une grille sur laquelle vous essayez d’anticiper les mouvements de votre adversaire en plaçant vos jetons de leader à des endroits qui vous sont favorables. Une fois le tour commencé, la caméra zoome sur un affrontement automatique où l’on voit de petites troupes manier leurs armes et se battre à coup de magie.

J’avoue que ce n’est pas toujours très clair, car malgré la possibilité de changer de chef pour conférer des avantages à vos soldats, il y a très peu d’informations sur la façon dont vos autres héros contribuent au combat. Ou du moins, je ne l’ai pas compris. Je me contente de déplacer quelques éléments et la bataille se déroule jusqu’à son terme sans que je comprenne réellement si j’aurais pu terriblement échouer.

La particularité de Hundred Heroes se situe au niveau de combos de héros, où certains membres du groupe peuvent effectuer des mouvements superpuissants, comme Nowa et Lian qui peuvent éradiquer les ennemis avec un coup de taille et un coup de poing. La différence avec les combats de boss, c’est qu’ils sont souvent dotés de tactique à exploiter, comme multiplier les attaques sur des pattes pour exposer un point faible, ou bien d’autres dont je vous laisse la surprise tant ils constituent parfois de belles découvertes.

Dans l’ensemble, Eiyuden Chronicle est un bon JRPG rétro, qui parlera davantage aux quadras qu’aus jeunes. Il se concentre sur le sentiment nostalgique et réconfortant d’un JRPG classique, et même toutes les distractions secondaires et activités annexes ne détournent pas trop l’attention de la mission première du jeu.

Ajoutez à cela des sprites magnifiques et superbement animés, ainsi qu’une bande-son de qualité, et vous obtiendrez un jeu imparfait, mais prenant et passionant. mais pas assez pour vous faire abandonner le jeu.

Eiyuden Chronicle : Hundred Heroes


SupportsPC, PS4, PS5, XBox One, Xbox Series, Switch
GenreJRPG
Date de sortie23 avril 2024
Éditeur505 Games
DéveloppeurRabbit & Bear Studios
MultiNon


  • Excellente patte graphique 2D
  • Superbe bande-son
  • Une narration bien rythmée qui vous donne envie de connaître la suite des événements
  • Des personnages pleins d’originalité et de personnalité avec lesquels il est agréable de recruter et d’interagir
  • La construction du repaire
  • Grosse durée de vie
  • Long à démarrer
  • Quelques artefacts rétros pas toujours pertinents
  • Quelques pics de difficulté
  • Les combats d’armée sont ennuyeux

Eiyuden Chronicle : Hundred Heroes

Titiks

L’avis de Titiks sur PS4

En bref

Si vous êtes un fan de Suikoden, plonger dans Eiyuden Chronicle : Hundred Heroes est une évidence. Et si vous êtes un jeune fan de JRPG ou que vous avez un peu de mal avec les jeux rétros, je vous conseille vivement de l’essayer pour enfin comprendre ce qui a fait la gloire des jeux du genre à l’époque.

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