Je l’avais presque oublié, ce Death Stranding 2: On The Beach. Mais il ne m’a fallu que quelques minutes pour réembarquer aux côtés de Sam et Lou, comme si on ne s’était jamais quittés. Après avoir passé des dizaines d’heures à explorer ce monde, à livrer des colis sous des cieux apocalyptiques et à me frotter à d’étranges ennemis, vous voulez certainement savoir si le jeu vaut le détour, s’il est accessible sans avoir touché au premier, ou ce qui le rend si spécial, je vais tout vous raconter mais accrochez-vous, on part d’abord pour le Mexique, et ça va secouer.

Retour dans un monde perché, mais plus accueillant

Reprendre les rênes de Sam Porter Bridges, c’est comme retrouver un vieil ami – faut dire que Norman Reedus est attachant . Quelques mois après les événements du premier Death Stranding, où on reconnectait une Amérique déchirée, Sam s’est exilé près du Mexique avec Louise, libérée de sa condition de Brise-Brouillard (BB). Ce duo, je l’avoue, m’a tiré une petite larme dès les premières minutes, quand je les ai vus contempler un panorama aride, bercés par une musique qui encoire une fois va chercher des artstes qui fera chauffer Shazam. D’ailleurs, vous débloquerez les morceaux au fil du jeu, c’est plus pratique pour les retrouver par la suite dans os Playlists. Si vous n’avez pas joué au premier Death Stranding, Kojima Productions a prévu un récapitulatif accessible dès le menu principal pour résumer les enjeux et les personnages en quelques slides.

Cette fois, on va creuser habilement dans les passé de Lou, ce fameux BB-28, et tenter d’en percer les mystères. Cette fois, Sam aura de nouvelles visions en se connectant au BB, mais pas les siennes cette fois. Celles de Lou ? Peut-être. Et le passé de Sam remontera également à la surface, d’une manière aussi intime qu’inattendue.

C’est un peu succint et je trouve que c’est très mal présenter un jeu qui s’apprécie au feeling, mais bon. Pour ceux qui veulent creuser, un codex détaille chaque concept, des échoués à la pluie qui fait vieillir. On sent que l’équipe veut embarquer tout le monde, même les nouveaux, et ça fonctionne ps trop mal passé la première heure.

Par contre, j’espère que vous vous souvenez de tout le monde et des enjeux du premiers, parce que cette fois, on ne présente plus grand chose : Fragile, Deadman, Heartman, BB, les UCA, le DOOMS, la Grève… on part du principe que tout ça vous est acquis et on démarre. Un poil perturbant, je l’avoue.

La première zone, au Mexique, agit comme un tutoriel géant. On y retrouve les bases du premier opus : livrer des colis à pied ou en véhicule (accesibles assez rapidement cette fois), gérer son équilibre sur des terrains accidentés, et reconnecter des abris avec des PNJ aux quêtes parfois absurdes.

Mais tout va bien plus vite, comme si le jeu voulait nous remettre dans le bain sans traîner. Une fois cette introduction passée, l’aventure décolle vraiment, avec une idée des implications de tout ce qu’on a accompli dans le premier épisode. Et si reconnecter le monde avait été une erreur ? Et si les intentions derrière n’étaient pas celles que l’on pense ?

Là où le premier Death Stranding misait sur une solitude pesante, cette suite prend un virage beaucoup plus collectif. Sam n’est plus un loup solitaire. Il voyage avec un équipage très hétéroclite, allant du manequin au pantin de bois à une fille qui fait tomber la pluie en passant par celle dont le contact fait accélérer le temps, modélisé avec un soin hallucinant grâce à la performance capture et au travail d’une société serbe spécialisée dans les méta-humains. Les expressions faciales, les regards, les gestes : tout respire la crédibilité. Le pilote Tarman, incarné par George Miller, dégage une autorité tranquille, tandis que Fragile, toujours jouée par Léa Seydoux, brille par sa présence et sa chaleur.

Mention spéciale à Dolman, la marionnette animée en stop-motion accrochée à la ceinture de Sam, qui distille des conseils sans jamais devenir envahissante (un peu comme la tête accrochée à la ceinture de Kratos…). Ce petit bonhomme, animé avec une finesse digne d’un film d’animation, ajoute une touche d’humour et de chaleur à l’aventure. Je trouve que le spersonnages profitent vraiment des étrangetés de l’esprit de Kojima. J’espère que vous êtes prêts à accepter quelques étrangetés…

L’histoire, découpée en épisodes, avance à un rythme soutenu, avec des longueurs variables. Plusieurs scènes m’ont scotché, par leur mise en scène ou leur impact émotionnel. Sans rien dévoiler, disons qu’un passage sous une pluie de feu d’artifice, visible dans un trailer, m’a laissé bouche bée une fois en jeu. Kojima pousse sa réalisation cinématographique encore plus loin, avec des séquences qui rivalisent avec les meilleurs blockbusters.

C’est beau, soigné, détaillé et j’ai trouvé que les environnements étaient plus variés que dans le premier épisode. Sans rien vous spoiler, vous allez très rapidement entendre parler de Portail Interplaque, qui va vous permettre de rejoindre une toute nouvelle zone, avec ses propres spécificités, effets météos et topologie… et ses points à relier.

La musique, signée par des artistes comme Woodkid ou toujours Low Roar ou Grimm Grimm, amplifie chaque moment. Cette trackliste se débloque au fil des heures et vous pourrez réécouter les morceaux en jouant, et croyez-moi, elle est soignée.

Le baladeur permet d’écouter les morceaux débloqués dans les zones connectées au réseau chiral. J’ai passé des heures à randonner avec certains morceaux en boucle, et ça transforme chaque livraison en une promenade agréable. Enfin, sauf dans les montagnes, mais bon… À l’image du premier épisode, Death Stranding 2 prend un malin plaisir à vous faire traverser sa carte de long en large, surtout vers la fin de l’aventure, où on vous enverra chercher des marchandises près du début de la carte, pour les transmettre à l’autre bout, parce que vous comprenez bien, toutes les options de voyage rapide sont indisponibles pour le moment, m’voyez… ça agace un tantinet… Mais ça passe, parce qu’on a l’occasion de visiter des lieux que nous avons sans doute ignoré à notre premier passage ou un nouvel itinéraire avec quelques surprises à dénicher.

Parlons technique, parce que Death Stranding 2 « repousse les limites de la PS5 » (on aime cette expression… blague à part, c’est superbe). Le Decima Engine, déjà impressionnant dans Horizon Forbidden West, atteint de nouveaux sommets ici. Les paysages, qu’il s’agisse de déserts, de jungles ou de montagnes enneigées, frôlent le photoréalisme.

La distance d’affichage est vertigineuse, les textures d’une grande finesse, le tout agrémenté d’effets météo – pluie battante, tempêtes de sable, incendies – qui donnent vie à ce nouveau monde hostile. Le ciel, surtout, m’a marqué : de jour, il s’étire avec des nuages cotonneux, de nuit, il scintille d’étoiles magnifiques. J’ai souvent arrêté ma progression juste pour admirer un panorama, la manette en pause. Le mode photo a chauffé, comme vous le constaterez dans cet article (plus de 2Go de photos… c’est pas sérieux !).

Le jeu propose deux modes graphiques : résolution (4K à 30 fps) et performance (60 fps). J’ai opté pour la résolution, qui offre un rendu d’une netteté bluffante, sans sacrifier la fluidité. La DualSense s’en donne à cœur joie, avec des vibrations qui crépitent quand on dévale une pente ou qu’on traverse un torrent. Le sound design, lui, est très subtil. Le vent qui fouette la combinaison de Sam, les bruits mécaniques des équipements, la musique qui s’adapte à l’altitude, le haut-parleur de la manette qui diffuse quelques sons ambiants : tout concourt à une ambiance organique.

Seule ombre au tableau : quelques accrocs dans les animations, hérités du premier jeu. Sur des terrains escarpés, Sam peut sembler mal ancré, et les motos ont parfois une physique capricieuse – priez pour ne pas vous retrouver bloqué sur des rochers, à sauter comme un imbécile avec votre van pour vous débloquer. Rien de rédhibitoire, mais dans un titre aussi soigné, ces détails sautent aux yeux. Pensez- sauvegarder en partant en livraison, ça vous évitera des déconvenues.

Si le premier Death Stranding divisait par son gameplay radical, cette suite fait tout pour séduire un public plus large. Fini le simulateur de trekking impitoyable : Death Stranding 2 gomme les aspérités qui rebutaient certains. Les véhicules sont pratiques et accessibles. Les munitions pullulent avant et pendant les combats de boss, comme si d’autres joueurs les avaient laissées pour nous. Et un système de voyage rapide, via le DHV Magellan – un vaisseau-sous-marin volant à l’esthétique très Metal Gear – permet de zapper les longues traversées. Même l’escalade d’un pic vertigineux, en pleine tempête de neige s’est révélée plus fluide que dans le premier opus. Et pourtant, j’étais à cours de batterie, mes chaussures totalement usées et en pleine poudreuse ! Détail amusant: Sam avait des angelures par la suite.

Mais que les puristes se rassurent : l’ADN du jeu reste intact. La boucle de gameplay, où l’on souffre pour connecter le monde et rendre les livraisons plus faciles, est toujours là. Construire des monorails, relier des terminaux, optimiser son sac à dos pour avoir ce qu’il faut d’arme, de gadgets et un bon exosquelette adapté : tout cela demande stratégie et patience. Le sac, d’ailleurs, peut s’équiper de nouveaux éléments comme des charges antigravité ou des poches à grenades, voire même des batteries supplémentaires, tout comme les véhicules, qui facilitent énormément les déplacements. Un arbre de compétences permet d’améliorer des aspects comme la visée ou la robustesse des colis, offrant une progression tangible. Et pour les fans d’exploration, une « route virtuelle » affiche distance, topographie et risques potentiels pour vous permettre de planifier au mieux votre route. Et même comme ça, il y a toujours de surprises.

De l’action au parfum de Metal Gear

Le plus gros changement, c’est l’accent mis sur l’action. Sam n’est plus juste un livreur : il manie fusils d’assaut, grenades et gadgets avec autant d’aisance qu’un Snake (dont on apprécie aussi le rappel via un personnage du jeu). Les combats, autrefois rigides, gagnent en nervosité et en dynamisme. On peut poser son sac pour gagner en mobilité, zoomer pour marquer les ennemis, ou déclencher des ralentis à chaque impact. Les affrontements contre les échoués ou les humains offrent trois approches : frontal, infiltration, ou contournement. À vous de voir ce qui vous convient le mieux. Personnellement, j’aime l’approche frontal au fusil à pompe, mais ce n’est pas toujours le plus adapté.

On dispose d’un arsenal plus étoffé aussi, entre différents fusils, lance-grenades, grenades voire même… cristaux d’échoués (je vous laisse découvrir ses effets), bottes ou exosquellettes, tourelles, améliorations de véhicules ou gadgets de randonnées comme les transporteur ou le sarcophage… On a de quoi crafter entre chaque livraison. Sans compter toutes les infrastructures chirales à bâtir comme les ponts ou les routes pour « reconnecter » tout ça et faciliter les déplacements ensuite.

Certaines missions, comme extraire un otage ou détruire une base, sentent bon MGS V. Kojima distille des clins d’œil à son passé : Design de certains protagonistes ou machines, combat de boss évoquant Phantom Pain, ou un gadget rappelant The Sorrow. Le Magellan, avec son équipage et sa cabine façon Nautilus, renforce la sensation d’aventure collective.

Et les boss sont dantesques. Sans spoiler, disons que les combats sont plus simples à gérer si vous êtes bien préparer, et cette accessibilité pourrait froisser ceux qui aimaient souffrir dans le premier opus. Ce n’était pas mon cas, je préférais largement parcourir les grandes étendues avec mon leitmotiv « toujours tout droit, quoi qu’il en coûte » en tête. J’ai souffert aussi, d’ailleurs…

Du burlesque, mais un univers toujours mélancolique

Le monde de Death Stranding 2 est plus mouvant que jamais. Aux pluies acides et aux échoués s’ajoutent des tremblements de terre (et les avalanche qui suivent), des glissements de terrain, des tempêtes de sable, voire des pluies de météorites. Ces événements dynamiques rendent chaque expédition imprévisible. Les biomes, plus variés, passent de déserts à des forêts ruisselantes, en passant par des lacs immenses et des falaises escarpées. On croise aussi plus de vie : animaux (que l’on peut capturer pour une quête), livreurs PNJ à saluer, ou abris au design soigné.

Mais l’univers reste désolé, fidèle à sa mélancolie. Le vide sert littérallement l’introspection, mais j’ai trouvé que le jeu laissait un peu moins la place au grand vide, en nous donnat toujours plus de narration. Bon point ? Mauvais point ? Disons que la solitude recherchée m’a parfois manqué, mais je n’ai pas vu défiler les heures !

La météo joue un rôle clé. Une pluie battante gonfle les rivières et les fait déborder, rendant des passages impraticables, tandis qu’un soleil écrasant assèche le sol et vous brûle ou la raréfaction de l’ai en altitude rend votre progression plus difficile. Ces changements forcent à adapter son itinéraire, renforçant le sentiment d’un monde vivant. Et puis, il y a ces moments où la caméra s’éloigne, dévoilant un panorama grandiose alrs qu’une nouvelle musique démarre (mon téléphone et shazam n’étaient jamais loin). Ces instants, hérités du premier jeu, sont encore meilleurs ici.

L’accessibilité accrue, si elle rend le jeu plus accueillant, dilue un peu la tension du premier opus plus désespéré. Là où chaque pas était une épreuve, Death Stranding 2 offre plus de confort, au risque de perdre ce sentiment de soulagement intense qu’on ressentait en atteignant un abri. Les puristes pourraient y voir une trahison, même si le jeu conserve sa boucle d’exploration et de connexion. Certains design aussi, un peu déjantés, pourraient rendre l’expérience un peu moins haletante.

Comment craindre un antagoniste qui ressemble à un chanteur de Kiss ? Comment être une nouvelle fois surpris de voir un cyborg ninja dans un jeu Kojima ? Comment croire à Dollman ou au manequin de bois à réalité augmentée qui nous sert de chef (nommé « Charlie » – on a l’air de drôle de dames ?). Un côté « WTF » très Kojima qui rend Death Stranding 2 On the Beach moins mélancolique que le premier. Pas moins bon pour autant, juste une différence de ton qui surprend. Une fois dans la seconde zone, l’ambiance devient plus légère, malgré les drames du premier acte.

Malgré ces bémols, Death Stranding 2 m’a captivé. L’open world, plus vivant, l’action dopée à l’adrénaline, et la narration plus rythmée et les nouvelles intrigues (Qui est cet étrange soldat ? Qui est réellement Louise ?) forment une excellente alchimie. Kojima, en mêlant l’ADN de Death Stranding à celui de Metal Gear Solid V, signe une œuvre bourrée de clins d’œil et d’audace. On sent qu’il s’amuse vraiment, et ça transpire dans chaque détail, de la marionnette Dollman à tonne de référence qu’il implémente ici et là, juste pour son plaisir.

Death Stranding 2: On The Beach n’est heureusement pas une redite. C’est vraie suite, qui sait évoluer là où il faut pour proposer plus sur la même base, et qui conserve l’âme introspective du premier tout en embrassant une action plus franche et une narration plus chaleureuse. Je n’avais qu’une envie : repartir crapahuter, livrer des colis, et découvrir ce que Kojima nous réservait de plus fou encore.

Death Stranding 2 On The Beach


SupportsPS5
GenreAction Aventure
Date de sortie26 juin 2025
ÉditeurKojima Productions
DéveloppeurKojima Productions
MultiOui


  • Une direction artistique et technique époustouflante, portée par le Decima Engine.
  • Un gameplay plus accessible, avec des combats nerveux et des options d’infiltration.
  • Une narration rythmée, soutenue par un casting toujours aux oignons et des cinématiques intéressantes.
  • Quelques moments vraiment mémorables
  • Un monde plus varié et dynamique, avec des biomes et une météo qui influencent le gameplay.
  • Des clins d’œil à Metal Gear Solid V, qui raviront les fans de Kojima.
  • Quelques bugs d’animation et de physique, hérités du premier opus.
  • Une ergonomie made in Kojima qui pourrait frustrer
  • Quelques livraisons qui font clairement du remplissage, surtout vers la fin.

Death Stranding 2 On The Beach

Titiks

L’avis de Titiks sur PS5

En bref

Si vous cherchez une aventure qui sort des sentiers battus, qui mêle contemplation, surprise, émotion, stratégie et adrénaline, Nul doute que Death Stranding 2 On the Beach sera pour vous – mais faites le premier d’abord.

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